Crise de la quarantaine

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La crise de la quarantaine est un terme employé dans la société occidentale pour décrire la période de doute que ressentent certaines personnes à la « moitié de leur vie », ayant pour résultat une sensation de passer de la jeunesse à la vieillesse. Quelquefois, des évènements vécus lors de ces années là, tels que le vieillissement, la ménopause, la mort des parents, le départ de la maison des enfants peut déclencher cette crise. La personne atteinte souhaite alors faire des changements radicaux dans sa vie de tous les jours ou dans sa situation professionnelle, son mariage ou ses relations amoureuses.

Des recherches académiques faites depuis les années 1980 ont rejeté l'idée que la crise de la quarantaine touchait la plupart des adultes. Selon une étude, 10 % environ des adultes présentent les symptômes psychologiques de cette crise due à leur âge ou vieillissement[1]. On pense que le type de personnalité et l'historique psychologique prédisposent certaines personnes à la crise de la quarantaine[2]. Les personnes touchées par ce trouble montrent des symptômes et comportements variés.

De nombreux quadragénaires vivent des événements qui peuvent aboutir à une période de stress psychologique ou de dépression, comme la mort de l'être aimé ou un échec professionnel. Toutefois, ces événements peuvent survenir plus ou moins tôt. Dans ce cas, la crise « de la quarantaine » est qualifié de crise de l'âge adulte.

Certaines études semblent indiquer que certaines cultures sont plus sensibles à ce phénomène que d'autres. Une étude notamment a montré une très faible prévalence de cette crise de la quarantaine chez les personnes de culture japonaise ou indienne, mettant en exergue que cette crise a une origine profondément culturelle. Les auteurs de cette étude ont émis l'hypothèse que la « culture de la jeunesse » présente dans la société occidentale expliquerait, au moins en partie cette crise[3].

Certains chercheurs ont montré que la quarantaine est le moment de la réflexion et de la remise en question personnelle, mais que ce questionnement ne débouche pas nécessairement sur une crise psychologique.

Occurrence[modifier | modifier le code]

Approximativement 10 % des quadragénaires connaissent une crise de la quarantaine. Cette crise peut survenir entre 35 et 50 ans (une étude en 1990[4] a montré que l'âge moyen de cette crise est de 46 ans). La crise de la quarantaine dure de 3 à 10 ans chez l'homme et de 2 à 5 ans chez la femme. Une analyse[5] a identifié une dizaine de sujets sur lesquels les individus passant la quarantaine changent d'avis.

La crise de la quarantaine peut être due au vieillissement proprement dit ou en combinaison avec les causes suivantes :

  • Travail ou carrière ;
  • Relation inter-époux ;
  • Indépendance des enfants ou désir d'en faire enfin... tout en se rendant compte de son âge avancé ;
  • Vieillissement ou mort des parents ;
  • Changements physiques dus au vieillissement (rides, ménopause, etc.).

La crise de la quarantaine semble affecter hommes et femmes de façon différente. Selon des chercheurs[6] le déclencheur de cette crise diffère chez l'homme et la femme. Chez l'homme, le déclencheur est souvent un événement dans la vie professionnelle.

Quelques-uns[7] ont émis l'hypothèse qu'une autre cause de la crise de la quarantaine chez l'homme pourrait être la ménopause imminente de l'épouse mettant fin à sa fécondité, ce qui renouvellerait l'intérêt pour l'homme de séduire des femmes plus jeunes bien que leur propre infertilité croisse avec l'âge et malgré les risques liés à la paternité tardive[8]. Corrélativement, l'on peut observer un intérêt des femmes de la quarantaine pour les hommes plus jeunes et plus fertiles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Midlife Without A Crisis », Washington Post,‎ lundi 19 avril 1999.
  2. (en) Lachman, « Development in Midlife », Annual Review of Psychology, vol. 55,‎ 2004, p. 305-331.
  3. (en) Menon, « Middle Adulthood in Cultural Perspective », dans Lachman, Handbook of Midlife Development, John Wiley,‎ 2001.
  4. (en) « More On The Midlife Crisis You May Never Have »,‎ 10 juillet 2006
  5. « Crise de la quarantaine, les questions qui changent »,‎ juillet 2014
  6. « Are Male and Female Midlife Crises Different? »,‎ 19 juillet 2006
  7. « Ten Politically Incorrect Truths About Human Nature »,‎ 6 juillet 2007
  8. « La paternité tardive pourrait favoriser autisme et schizophrénie »,‎ 23 août 2012


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elliott Jaques, « Death and the Midlife Crisis », International Journal of Psychoanalysis, 1965.
  • Gail Sheehy, Passages: Predictable Crises of Adult Life, 1976, (ISBN 0-553-27106-7).
  • Margie Lachman, ed., Handbook of Midlife Development, John Wiley & Sons, 2001, (ISBN 0-471-33331-X).
  • « Midlife Without A Crisis », Washington Post, Monday, 19 avril 1999 ; Page Z20.
  • Kruger, A. (1994), « The Mid-life Transition: Crisis or Chimera? », Psychological Reports, n° 75, 1299-1305.
  • Margie Lachman, « Development in Midlife », Annual Review of Psychology, vol. 55, p. 305-331, 2004.
  • David G. Myers, « Adulthood's Ages and Stages », Psychology, n° 5, 196-197, 1998.
  • D.T.L. Shek, « Mid-life Crisis in Chinese Men and Women », Journal of Psychology, 130, 109-119, 1996.
  • Valérie Domain, Attention, maman va craquer !, Paris, Chiflet et Cie,‎ 2011, 235 p. (ISBN 978-2-35164-138-5).
  • Valérie Domain, Au secours, maman veut tout changer !, Paris, Chiflet et Cie,‎ 2013, 251 p. (ISBN 978-2-35164-188-0).