Robe noire du chat

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Noir

Robe du chat

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Un chat noir uni.

Génotype
Notation B//B (homozygote)
B//b ou B//bl (hétérozygote)
Robe de base Noire
Phénotype
Corps Présence de poil à pigmentation noire.
Fréquence
Porteur(s) Toutes races de chats, chat de gouttière. Le bombay n'accepte que la robe noire.
Représentant(s) Trim, Humphrey, Sybil, Félicette, Oscar, Socks

Chez le chat, la robe noire est due aux poils noirs ; la peau est également pigmentée.

L'apparition des poils noirs est codée par le gène B dont on reconnaît trois allèles. La couleur noire est souvent réduite au chat unicolore noir, cependant, elle peut se marier avec tous les patrons de robe de chat.

La robe unie noire du chat est associée à de nombreuses superstitions ; par exemple, croiser un chat noir porterait malheur.

Cette « mauvaise réputation » a été reprise par les anarchistes qui ont fait du chat noir un de leurs symboles.

Description[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Robe de chat.

La robe de couleur noire s'exprime de façon différente selon les patrons. Un chat uni sera entièrement de couleur noire, avec des coussinets et le nez noir. Un chat tabby noir peut présenter des marques noires sur fond marron (appelé brown tabby) ou des marques noires sur fond gris argenté (appelé black silver tabby) ; le nez est alors de couleur brique. Par l'action du motif colorpoint, la couleur peut être rejetée sur le visage, la queue et les pattes : cette couleur est appelée seal point.

La robe noire sous toutes ses formes représente 31,3 % des chats de races enregistrés au LOOF entre 2003 et 2012. En effet, le seal point représente 6,1 % des chats de races, le brown blotched tabby 3,3 %, le noir uni 2,8 %, le black silver shaded 2,8 %, black chinchilla 2,3 %, brown spotted tabby 2,3 %, brown mackerel tabby 1,9 %, brown blotched tabby & blanc 1,8 %, seal tabby point 1,7 %, noir et blanc 1,7 %, brown mackerel tabby & blanc et black silver blotched tabby (1,6 % chacun), black golden shaded 1,4%[1].

Félinotechnie[modifier | modifier le code]

Nomenclature et classification[modifier | modifier le code]

Le bombay est la seule race qui admet uniquement la robe noire unie.

Dans le milieu de l'élevage félin francophone, la nomination d'une robe de chat est traditionnellement composée d'un mélange de termes anglais et français. Ainsi les couleurs sont directement traduites en français : noir (black), bleu (blue), roux (red), etc[Note 1].

Génétique[modifier | modifier le code]

Races[modifier | modifier le code]

L'homme et le chat noir[modifier | modifier le code]

Les chats noirs dans l’histoire, symbolisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Matagot.

Les chats noirs portent un symbolisme très répandu dans les sociétés humaines. Selon une superstition courante, les chats noirs portent malheur[2].

Dans l’Europe sous domination catholique, les chats noirs étaient considérés comme des incarnations du Diable depuis la bulle Vox in Rama (en) fulminée en 1233 par le pape Grégoire IX[3], créateur de l’Inquisition médiévale. Les chasses aux sorcières, qui débutent à la fin du Moyen Âge, s’amplifient à la Renaissance ; au XVIe siècle le manuel inquisitorial Malleus Maleficarum affirme que les sorcières peuvent se transformer en chats pour leurs expéditions nocturnes. Les personnes qui avaient un chat noir étaient accusés de sorcellerie. Les chats noirs étaient aussi persécutés ; ils étaient parfois brûlés vifs avec leur propriétaire. Une tache blanche trouvée sur la fourrure noire du chat était appelée « le doigt de Dieu » et pouvait sauver le chat noir du destin tragique qui pouvait être le sien jusqu'au début du XVIIIe siècle[4],[5].

Un rituel cruel datant de l’Antiquité consistait, lors de la construction d’un bâtiment, à sacrifier un être vivant qu’on emmurait dans les soubassements pour garantir sa solidité et assurer sa protection[6]. Ce rituel a été repris dans de nombreuses légendes dont beaucoup concernent des enfants ensevelis sous des ponts[7]. Si les sacrifices humains réels ont disparu au fil du temps, l'emmurement d'animaux, fréquemment des chats ou des coqs noirs, a perduré au moins jusqu'à la Renaissance[8],[9] et était destiné à payer tribut le Malin (le Diable)[4],[10]. Ainsi, lors de travaux d’archéologie ou de restauration, on a trouvé des chats que la pierre et le temps avaient conservés momifiés, desséchés, par exemple dans une partie édifiée au XVIe siècle du château de Saint-Germain-en-Laye[10],[11],[4] ou une tour de la même époque au château de Combourg[12].

La mauvaise réputation du chat noir traversa l’Atlantique avec la chasse aux sorcières, dont l’exemple le plus connu est celui des sorcières de Salem. Au début du XXe siècle il est présent, accompagnant la sorcière sur son balai, dans les représentations des livres pour enfants[13].

Le chat noir, représenté hérissé et toutes griffes dehors, est repris par le symbolisme anarchiste, en particulier celui de l'anarcho-syndicalisme. Il a été représenté par Ralph Chaplin, figure de premier plan dans les Industrial Workers of the World (IWW). Comme son attitude agressive le suggère, le chat - appelé en anglais wild cat - évoque des idées telles que des grèves sauvages, sabotage et syndicalisme radical.

Tempérament attribué[modifier | modifier le code]

Une légende urbaine attribue aux couleurs de chats un tempérament différent selon leur couleur. Ainsi, dès 1895, R. S. Huidekoper écrit dans The Cat que le chat bicolore noir et blanc « tend à devenir gros et indolent bien plus que les autres chats et est prédisposé à devenir misérable et loqueteux »[14].

Les précédentes descriptions relèvent de l'opinion personnelle et de la superstition. Certains scientifiques ont proposé une théorie pour tenter de lier comportement et phénotype. La prédominance des chats noirs ou noir et blanc dans les milieux urbains pourrait être reliée à une sociabilité plus importante. Les chats en milieu urbain ont des territoires plus petits et des interactions plus importantes avec les individus de leur espèce : une propension à être sociable éviterait le stress et permettrait par exemple un meilleur élevage des jeunes[14].

Au XVIIe siècle, les couleurs les plus populaires chez les chats de ville étaient le blanc et noir, le bleu et blanc et le noir[14].

Chats bicolores célèbres et de fictions[modifier | modifier le code]

Chats célèbres[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des chats célèbres.


Quelques chats célèbres se démarquent par leur robe bigarrée, sans qu'elle soit la cause de leur célébrité. Trim, tuxedo noir et banc, est le premier chat à avoir fait le tour de l'Australie avec son maître le cartographe Matthew Flinders en 1801[15].

Au Royaume-Uni, deux chats noirs et blancs ont servi en tant que Chief Mouser to the Cabinet Office : Humphrey[16] et Sybil[17].

Socks est le tuxedo noir et blanc de Bill Clinton. Véritablement traqué par les paparazzi, il a inspiré un livre (Socks goes to Washington d'André Suarès et Michael O'Donoghue) et reçu de nombreuses invitations et propositions de saillies. Bill Clinton s'en sépara une fois ses deux mandats de présidents effectués[18].

Chats de fiction[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des chats de fiction.

Austin est un chat noir et blanc au rôle récurrent dans une série de livres de Tanya Huff[19], Gareth est un chat noir avec un ânkh blanc sur la poitrine dans Time Cat de Lloyd Alexander[16] et Pluton est un chat noir avec un médaillon blanc qui apparaît dans la célèbre nouvelle Le Chat noir d'Edgar Allan Poe[20],[Note 2].

Dans le domaine de la bande-dessinée, Hercule, noir et blanc a été adapté en série télévisée. Moins connu, le chaton noir et blanc Poussy fut inventé par Peyo. En ce qui concerne les dessins animés, le chat noir et blanc le plus célèbre est sûrement Sylvestre le chat connu comme « Gros Minet ». Dans l'univers Disney, Figaro, initialement créé pour Pinocchio, a ensuite fait partie de l'univers de Mickey Mouse[21]. Parmi les rôles secondaires, figurent entre autres Mitaine, dans Volt, star malgré lui, qui est une chatte tuxedo noire et blanche. Au cinéma, les chats bicolores font de nombreuses apparitions comme Ayatollah, chat noir et blanc, dans Diva de Jean-Jacques Beineix[19]

Dans le domaine des légendes, Cait Sith est un chat imaginaire écossais pouvant se transformer en sorcière ; il est noir avec une tache blanche sur la poitrine[19]. Le nom a par la suite été repris dans Final Fantasy VII pour le personnage d'un chat en peluche, lui aussi noir et blanc[22]. Le maneki neko, symbole de chance au Japon, est le plus souvent représenté comme une chatte calico[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cela est cependant valable seulement pour les chats unis. Bien souvent le terme anglais est utilisé pour les patrons plus complexes ; par exemple : le roux colourpoint.
  2. Lire Le Chat noir sur Wikisource.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Bernadette Pautet, présidente du LOOF, « Le nom de la robe, ou « Comment s'appelle cette couleur ? » », sur http://www.loof.asso.fr/, Livre officiel des origines félines,‎ 2011-2013
  2. Voir et écouter sur le site de France-Culture la présentation du livre de Michel Pastoureau, Noir, histoire d'une couleur, Seuil, 2011
  3. Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie en Occident, Tallandier,‎ 1992, p. 170
  4. a, b et c Micetto
  5. Robert de Laroche, L'Enchatclopédie, Archipel, 2010
  6. Henry O'Shea, La maison basque : notes et impressions, Imprimerie de L. Ribaut, Pau, 1887 pp. 25-26 Lire en ligne
  7. Revue des traditions populaires, édité par la Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro, 17e année, tome 17, no 5 pp. 277-278 Paris Lire en ligne
  8. Henry O'Shea, La maison basque : notes et impressions, Imprimerie de L. Ribaut, Pau, 1887 p. 26 Lire en ligne
  9. Revue des traditions populaires, édité par la Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro, 6e année, tome 6, no 5 pp. 288-289 Paris Lire en ligne
  10. a et b Le chat momifié de Saint-Germain, 1862
  11. « Les chats emmurés », article du « Petit Parisien » du 3 septembre 1904, n° 10172
  12. Bruno Martinet, Maisons et paysages du Loiret, Créer, Collection Architecture, 1988 p. 161 (ISBN 978-2902894598)
  13. Stéphanie Hochet, Eloge du chat, Flammarion (ISBN 9782756104454), p. 38
  14. a, b et c (en) Sarah Hartwell, « Is coat colour linked to temperament ? », sur www.messybeast.com, Messybeast (consulté le 30 août 2009)
  15. (en) Patrick Roberts, « Matthew Flinders' Cat Trim », sur www.purr-n-fur.org.uk, Purr ’n’ Fur (consulté le 28 août 2009)
  16. a et b (en) « Famous cats E-L », sur Famous animals (consulté le 27 août 2009)
  17. (en) Nick Assinder, « No 10 gets new feline first lady », sur news.bbc.co.uk, BBC,‎ 12 septembre 2007 (consulté le 28 août 2009)
  18. (fr) Stefano Salviati, 100 chats de légende, Turin, Solar,‎ septembre 2002, 144 p. (ISBN 2263032827), « Chat noir pour Maison-Blanche », p. 62.
  19. a, b et c (en) « Famous cats A-D », sur Famous animals (consulté le 27 août 2009)
  20. Stefano Salviati, op. cit., « Le cauchemar d'Edgar Poe », p. 91
  21. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 207
  22. (fr) « Cait Sith », sur www.ffworld.com, Final Fantasy World (consulté le 28 août 2009)
  23. Stefano Salviati, « Le bonheur à portée de la patte », p. 22-23

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]