Lampyre

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Malgré son nom, le Lampyre ou ver luisant (Lampyris noctiluca) n'est pas un ver : c'est un insecte coléoptère de la famille des Lampyridae, de la sous-famille des Lampyrinae. Il s'apparente aux Lucioles, (du genre Luciola, sous-famille des Luciolinae)[1].

Le mot vient du latin lampyris qui vient lui-même du grec λαμπειν, « briller ».

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont les femelles du Lampyre que l'on trouve très facilement, les nuits d'été, grâce à leur postérieur lumineux. Elles mesurent environ 1,5 à 3 cm. Leur corps est ovale, segmenté, mou et aplati, dans les tons bruns. C'est à cet aspect larvaire que l'on doit l'appellation de « ver » luisant.

Un mâle Lampyre
Une femelle Lampyre
Vidéo d'une larve de Lampyre

Les femelles du Lampyre gardent donc adultes une forme de larve : on peut parler de néoténie (ou de pédogenèse) puisqu'elles se reproduisent alors qu'elles conservent des caractéristiques juvéniles. Les femelles adultes diffèrent des larves par l'absence de taches jaune-orangé, latérales, sur la face dorsale des segments.

Lampyre femelle. À droite, le même insecte sans éclairage artificiel.
Organe lumineux d'un Lampyre femelle

Le Lampyre a la faculté d’émettre de la lumière par la partie terminale de son abdomen (seul le dernier segment est lumineux chez les larves et les mâles, alors que la femelle, beaucoup plus lumineuse, émet aussi par la face ventrale des deux avant-derniers segments). Les œufs eux-mêmes sont lumineux. Ce phénomène est dû à un effet de bioluminescence. Cette manifestation prend forme lors d’une forte concentration de luciférine et de luciferase dans les cellules. Lorsque l’on mélange la luciférine avec de la luciferase, cela produit une lumière verdâtre (elle peut être bleue, jaune ou rouge dans d'autres espèces). Cette réaction biochimique est très particulière car elle produit seulement 5 % de chaleur et 95 % de lumière. Ce phénomène est aussi observé chez certains poissons.

Les femelles aptères émettent cette lumière pour attirer les mâles qui, eux, sont pourvus d'ailes, et donc plus mobiles.

Dans les régions densément peuplées par l'homme, la pollution lumineuse nocturne semble être un des facteurs de diminution des populations de Lampyres, en empêchant les mâles de trouver les femelles.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La larve du ver luisant se nourrit d'escargots qu'elle paralyse

Les larves sont prédatrices. Elles se nourrissent avant tout d'escargots et de limaces (et peut-être aussi de petits vers, d’autres larves ou d’insectes), qu'elles paralysent en leur injectant un venin. Puis elles liquéfient leurs proies au moyen d'enzymes digestives avant de les ingurgiter.

Les adultes ne se nourrissent que très peu voire pas, survivant principalement grâce aux réserves établies à l'état larvaire, et se laissent mourir après la reproduction[2].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les yeux du mâle, sensibles à de faibles intensités lumineuses sont situés sous la tête, proches l'un de l'autre et protégés du soleil

Contrairement à la plupart des insectes qui utilisent comme signaux sexuels des phéromones ou des sons, le Lampyre (comme les Lucioles) utilise la lumière. La femelle dresse son abdomen dont elle contrôle l'intensité lumineuse. Le mâle a des yeux hypertrophiés, et le pronotum qui recouvre sa tête, joue sans doute un rôle de réflecteur. Il est sensible à la lumière mais aussi au dessin qu'elle forme sur l'abdomen de la femelle. Une fois rejointe par le mâle, la femelle diminue son émission lumineuse lors de la copulation. La ponte a lieu sur une plante ou sur le sol. Les larves s'enterrent pour la saison froide et ressortent au printemps.

Un mâle
Un accouplement

Niche écologique[modifier | modifier le code]

Photo prise en juin dans l'hémisphère nord.

Les Lampyres vivent principalement dans les herbes hautes et les petits buissons. On repère facilement les femelles grâce à l'émission de leurs lumières. Leurs larves dites (comme les femelles), « vers luisants », vivent dans les forêts, les bocages, les landes, les ripisylves, souvent cachées le jour sous les tapis de feuilles mortes où elles recherchent leurs proies. On en trouve en Europe, du Portugal à la Suède, en Asie, en Amérique et en Afrique du nord. Les vers luisants semblent peu appréciés des prédateurs. Leurs ennemis sont, outre la pollution lumineuse, les insecticides et hélicides, et le gyrobroyage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Chinery, Insectes de France et d'Europe occidentale, Paris, Flammarion,‎ mai 2005, 320 p. (ISBN 978-2-0820-1375-8), p. 270-271
  2. (en) « The UK Glow worm Survey Home Page »

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Liens externes[modifier | modifier le code]