Lamane

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le serpent
Symbole du Pangool

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Les Lamanes ou les gardiens de la religion sérère. Ils ont créé des sanctuaires en l'honneur du Pangool (esprits ancestraux et saints sérères).

[1]

Pays Royaume du Sine
Royaume du Saloum
Royaume du Baol
Sénégal Sénégal
Drapeau de la Gambie Gambie
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Titres Lamane

Prédécesseur de :

Maad a Sinig
Maad Saloum
Bour
Bourba
Damel
Teigne
Brak
Déposition Lamane Diaga Dibor Ndofene Diouf, lamane de Tukar, le dernier lamane régnant depuis 2004[2]
Ethnicité Africains
Sénégambiens
Sérères

Lamane ou Laman (également Laam, ou Lam) – c'est-à-dire « maître de la terre » ou « chef propriétaire du sol » en langue sérère[3],[4], – désigne l'aristocratie terrienne, mais c'est aussi le titre des anciens rois sérères de Sénégambie, une région qui correspond au Sénégal et à la Gambie d'aujourd'hui[5],[6]. Avant de sous-groupes de Sérères ont migré du nord, maintenant dans Tekrour ainsi que de la Mauritanie, le Lamanes sérère, contrôlaient la terre ainsi que confirmé les affaires religieuses des Sérères à travers les Pangool (esprits ancestraux Sérères et des saints)[7],[8]. Ce titre sérère a également été emprunté par les anciens rois des royaumes wolofs[9],[10]. Le titre est parfois utilisé de manière interchangeable avec l'ancien titre Maat, Maad ou Mad (anciens rois sérères)[11],[12]. Ces lamanes pré-Guelwar ne doivent pas être confondus avec les lamanes post-Guelwar, après la bataille de Troubang en 1335 qui amena les Guelwar à venir se réfugier au Royaume du Sine. Les lamanes pré-Troubang (ou période pré-Guelwar) étaient des rois, tandis que les lamanes de l'après-Troubang étaient des chefs provinciaux simplement responsables devant le roi du Sine, du Saloum et du Baol[13],[14]. Bien que le Lamanes après Troubang ont toujours été des descendants du anciens Sérère village et ville fondateurs (le Lamans originale), et leurs familles effet jugé les Royaumes du Sine, le Saloum et le Baol, etc, le pouvoir dont ils jouissaient auparavant que Lamans devenu diminuée après Troubang, mais étaient encore intitulé et composé de la classe de la noblesse terrienne[15]. Bien que leur pouvoir était quelque peu diminuée, leur pouvoir économique et politique a été intimement liée à Sérère coutume, l'histoire Sérères ainsi que la Religion sérère. Comme tels, ils étaient extrêmement puissants si elle n'est pas comme les rois vrai après Troubang (1335), comme les gardiens des traditions sérères et des croyances. Ils étaient si puissants qu'ils pouvaient détrôner un monarque régnant s'ils se sentaient menacés[16],[14].

Le Grand Conseil des Lamanes[modifier | modifier le code]

Le Grand Conseil des Lamanes était un ancien Conseil composé de lamanes sérères (les rois et la noblesse terrienne) qui divisaient la Sénégambie en « lamanats » (provinces ou royaumes) qu'ils dominaient[17],[14]. L'une de leurs attributions constitutionnelles consistait à entendre les affaires juridiques, à la manière d'une cour d'appel[14]. Le premier roi Guelwar du Sine, Maad a Sinig Maysa Wali Jaxateh Manneh communément appelé Maysa Wali Jon, fut conseiller juridique auprès de ce Conseil pendant 15 ans avant d'être élu roi du Sine. C'est ce Conseil qui avait donné asile à sa famille (les Guelwar) après leur défaite par la dynastie Ñaanco du Kaabu au Troubang (une guerre dynastique entre les maisons royales de Guelwar et Ñaanco)[14],[18].

Lamanes sérères éminents[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Tukar et Famille Diouf.

Avant la bataille de Troubang (1335)[modifier | modifier le code]

Pendant et après la période Guelwar[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Galvan, Dennis Charles, The State Must Be Our Master of Fire: How Peasants Craft Culturally Sustainable Development in Senegal, University of California Press, Berkeley, 2004, p. 53, 185 (ISBN 978052023591[à vérifier : isbn invalide])
  2. a et b (en) Galvan, The State Must Be Our Master of Fire, op. cit., p. 109-111
  3. (fr)Boulègue, Jean. Le Grand Jolof, (XVIIIe - XVIe Siècle). (Paris, Édition Façades), Karthala (1987), p 30
  4. (fr)Dyao, Yoro. Légendes et coutumes sénégalaises. Cahiers de Yoro Dyao: publiés et commentés par Henri Gaden. p 12. (E. Leroux, 1912)
  5. (en) Galvan, The State Must Be Our Master of Fire, op. cit., p. 202
  6. Dyao, p 12
  7. (fr) Henry Gravrand, La Civilisation Sereer - Pangool, Nouvelles éditions africaines du Sénégal, 1990, p. 9, 20 et 77 (ISBN 2-7236-1055-1)
  8. (fr) Charles Becker, Vestiges historiques, témoins matériels du passé dans les pays sereer, CNRS-ORSTOM, Dakar, 1993
  9. (en) Ajayi, J. F. Ade ; Crowder, Michael. History of West Africa, Longman, 1976, p. 462
  10. a et b Boulègue, p 30
  11. (en) Oliver, Roland ; Fage, John Donnelly ; Sanderson, G. N. The Cambridge History of Africa, Cambridge University Press, 1985, p. 214 (ISBN 0521228034)
  12. (en) Ajayi, J. F. Ade; Crowder, Michael, History of West Africa, vol. I, Longman, 1985, p. 468 (ISBN 0582646839)
  13. Sarr, Alioune. "Histoire du Sine-Saloum (Sénégal)." Introduction, bibliographie et notes par Charles Becker. Version légèrement remaniée par rapport à celle qui est parue en 1986-87. p 21
  14. a, b, c, d, e et f (fr) Biram Ngom, « La question guelwar et la formation du royaume du Sine », in Éthiopiques, no 54, nouvelle série, vol. 7, 2e semestre 1991 [1]
  15. (fr) Yves-Jean Saint-Martin, Le Sénégal sous le Second Empire, Karthala, 2000, p. 35 et 610 (ISBN 2865372014)
  16. (fr) Kesteloot, Lilyan, Dieux d'eau du Sahel : voyage à travers les mythes, de Seth à Tyamaba, L'Harmattan, Paris, ; IFAN, Dakar, 2007, p. 123 (ISBN 978-2-296-04384-8)
  17. (fr) Henry Gravrand, La Civilisation Sereer - Cosaan, Les origines, Nouvelles éditions africaines, 1983, p. 295-6 & 303 (ISBN 2723608778)
  18. (fr) Gravrand, La Civilisation Sereer - Cosaan, op. cit., p. 295-6
  19. (en) Galvan, The State Must Be Our Master of Fire, op.cit., p. 80-111
  20. (en) Hans Bressers et Walter A. Rosenbaum, Achieving sustainable development: the challenge of governance across social scales, Greenwood Publishing Group, 2003, p. 151 (ISBN 0275978028)
  21. (en) Joint Center for African Studies. Conference, University of California, Berkeley, Stanford University. Stanford-Berkeley Joint Center for African Studies Annual Conference: papers, Volume 2. Joint Center for African Studies, 1995. p 14
  22. (en) Nnoli, Okwudiba, Ethnic conflicts in Africa, CODESRIA, 1998, p. 241 (ISBN 2869780702)
  23. (fr) Diouf, Niokhobaye, « Chronique du royaume du Sine. Suivie de notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume du Sine par Charles Becker et Victor Martin », in Bulletin de l'IFAN, tome 34, série B, n° 4, 1972, p. 706-708
    La date donnée est de 1264 à 1267. Toutefois, on admet généralement que la date correcte est postérieure à 1350 (après Maysa Wali), mais toujours au XIVe siècle. Voir Alioune Sarr (Bataille de Troubang 1335), Histoire du Sine-Saloum (Sénégal), Introduction, bibliographie et notes par Charles Becker. Version légèrement remaniée par rapport à celle qui est parue en 1986-87

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew F. Clark et Lucie Colvin Phillips, « Lam, laman », in Historical Dictionary of Senegal, The Scarecrow Press, Metuchen (N. J.) et Londres, 1994 (2e éd.), p. 181
  • (fr) Bernard Crousse, Émile Le Bris et Étienne Le Roy (dir.), Espaces disputés en Afrique noire : pratiques foncières locales (colloque, 5-9 décembre 1983, Saint-Riquier), Karthala, 1986, p. 222 (ISBN 2-86537-146-8)
  • (fr) M'Baye Diao, Étude du système foncier traditionnel chez les Wolof du Cayor au Sénégal : son évolution sous l'impact des régimes du lamanat, de la monarchie, de l'Islam et de la colonisation, École pratique des hautes études, Paris, 1973 (Mémoire)
  • (fr) Jean-Marc Gastellu, L'égalitarisme économique des Serer du Sénégal, ORSTOM, Paris, 1981, 808 p. (ISBN 2-7099-0591-4) (Thèse de Sciences économiques soutenue à l'Université Paris 10 en 1978)
  • (fr) André Lericollais, « Les lamanats », in Sob, étude géographique d'un terroir sérèr (Sénégal), vol. 7 de Atlas des structures agraires au sud du Sahara, Mouton, 1972, p. 16-19
  • (fr) André Lericollais (dir.), Paysans sereer : dynamiques agraires et mobilités au Sénégal, Institut de recherche pour le développement, Paris, 1999, 668 p. (ISBN 2-7099-1441-7)
  • (fr) Boulègue, Jean. Le Grand Jolof, (XVIIIe - XVIe Siècle). (Paris, Édition Façades), Karthala (1987), p 30
  • (fr) Dyao, Yoro. Légendes et coutumes sénégalaises. Cahiers de Yoro Dyao: publiés et commentés par Henri Gaden. p 12. (E. Leroux, 1912)

Lien externe[modifier | modifier le code]