Religion sérère

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Symbole de l'initiation Ndut.

La religion sérère, a ƭat Roog (« la voie du divin »), regroupe les croyances, pratiques et enseignements religieux du peuple sérère installé dans la région de Sénégambie. Les Sérères croient en une divinité suprême universelle appelée Rog (ou Roog). Parmi les peuple cangin, Rog est désigné comme Kooh[1] (ou Koox), Kopé Tiatie Cac, Kokh Kox, etc[1]. Les croyances religieuses sérères se fondent sur des chants et des poèmes anciens ; elles comprennent la vénération et les offrandes aux dieux, déesses, saints et anciens Sérères, ainsi qu'aux esprits ancestraux (Pangool), mais aussi des croyances astronomiques et cosmologiques, des rites d'initiation, des pratiques médicales et une histoire du peuple sérère. Rog est à la fois partout et nulle part. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas de maison de Rog. Les Sérères prient Rog – par le biais d'intercesseurs –, mais ne font pas de sacrifices d'animaux directement à Rog[2],[3],[4].

Croyances[modifier | modifier le code]

Divinité[modifier | modifier le code]

Les Sérères croient en une divinité suprême universelle appelée Rog (également orthographiée Roog) et parfois dénommée Rog Sene (« Rog l'Immensité » ou « Dieu Miséricordieux »[5]). Ils ont une tradition religieuse élaborée traitant des diverses dimensions de la vie, de la mort, de l'espace et du temps, des communications avec les esprits ancestraux, et de la cosmologie. Il y a aussi d'autres dieux et déesses moindres, et des génies tels que le génie Mendis (également orthographié Mindiss), une femme protectrice de Fatick (une région du Sénégal) et un bras de mer qui porte son nom); le dieu Thiorak (également orthographié Tulrakh), dieu de la richesse ; et le dieu Taahkarr (aussi orthographié Takhar), dieu de la justice ou de la vengeance[6]. Le nombre total de cérémonies religieuses et de fêtes sérères est supérieur à celui de toutes les fêtes abrahamiques rassemblées (celles du judaïsme, du christianisme et de l'Islam) ; chacune est aussi ancienne que le peuple sérère lui-même[4]. Rog Sene est le créateur ; il n'est ni un dieu, ni une déesse, mais au-dessus d'eux ; ni diable, ni génie, il est le seigneur de la créature[7]. Rog est l'incarnation même de la foi, mâle et femelle, auquel on fait des offrandes au pied des arbres (comme le baobab, arbre sacré), la mer, le Sine (fleuve sacré), dans les foyers ou dans les sanctuaires collectifs. Rog Sene est inaccessible sauf, dans une moindre mesure, par les grands prêtres et prêtresses sérères (Saltigué), qui ont été initiés et possèdent les connaissances et le pouvoir d'organiser leurs pensées en une seule unité cohérente.

Esprits ancestraux[modifier | modifier le code]

Les Sérères ordinaires adressent leurs prières au Pangool (l'esprit des ancêtres, qui sont les intermédiaires entre le monde des vivants et le divin). Un Sérère orthodoxe doit rester fidèle à l'esprit des ancêtres car son âme est sanctifiée en raison de cette intercession. L'importance du Pangool est autant historique que religieuse. Les esprits des ancêtres sont reliés à l'histoire du peuple sérère du fait de l'association du Pangool à la fondation des villes et des villages sérères : un groupe de Pangool devait accompagner les fondateurs du village, appelés Lamanes (ou Lamans, les anciens rois sérères), sur leur chemin en quête de terres à exploiter. Sans eux, les exploits des Lamanes n'auraient pas été possibles. Les anciens Lamanes ont érigé des sanctuaires au Pangool, devenant ainsi les prêtres et les gardiens du Sanctuaire. En tant que tels, ils sont devenus les intermédiaires entre la terre, le peuple et le Pangool[8]. Lorsqu'un roi, une reine ou tout autre membre de la lignée lamane passe dans le monde des esprits, la communauté sérère tout entière les célèbre en l'honneur des vies exemplaires qu'ils ont vécues dans le monde des vivants. Ces célébrations sont inspirées des enseignements de la religion sérère. De même, en adressant leurs prières au Pangool, les Sérères reprennent les chants anciens et offrent en sacrifice des buffles, des moutons, des chèvres, des poulets ou des récoltes.

Divinité et humanité[modifier | modifier le code]

Dans la religion sérère, Rog Sene est l'élément vital auprès de qui les âmes incorruptibles et sanctifiées retournent à la paix éternelle quand elles quittent le monde des vivants. Rog Sene n'interfère pas dans les affaires quotidiennes du monde des vivants. Cependant Il voit, sait et entend tout. Des dieux et déesses inférieurs agissent au nom de Rog dans le monde physique. Ainsi, les individus disposent d'un libre arbitre pour vivre une bonne vie spirituelle, conforme aux doctrines religieuses. À l'opposé de ces doctrines, ils peuvent adopter un mode de vie non sanctifié dans le monde physique. Rog Sene n'intervient pas dans la façon dont on vit, chacun dispose donc de la volonté de faire ce qu'il croit être juste. Ceux qui font le bien et vivent une vie spirituellement remplie seront légitimement récompensés dans la vie future. Ceux qui vivent leur vie contrairement aux enseignements seront jugés comme il se doit dans l'au-delà[9].

Symbole du « jaaniiw » (la demeure sacrée des âmes des morts). Seuls les bonnes âmes atteindre jaaniiw.

Après la vie (Jaaniiw)[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de paradis ou d'enfer dans la religion sérère où l'immortalité de l'âme et la réincarnation (« ciiɗ » en langue sérère[10]) sont des croyances fortes. Les esprits des ancêtres —Pangol— qui ont vécu d'une manière pure sur terre atteignent le plus haut degré de spiritualité. À leur mort, ils sont canonisés et vénérés comme des saints et obtiennent le pouvoir d'intercéder entre les vivants et le divin. En raison de leur pureté, ils sont les seuls à posséder la possibilité de se réincarner. Dans la croyance sérère, l'acceptation d'une âme dans le royaume des ancêtres est proche de la notion de paradis alors que le rejet de celle ci, qui sera dès lors condamnée à se perdre et à errer, est proche de la notion de l'enfer[7],[11].

Totems de famille[modifier | modifier le code]

Chaque famille sérère a un totem (Taana). Les totems représentent les interdits aussi bien que les protections. Ils peuvent être des animaux, des plantes, etc. Par exemple, le totem de la famille Diouf est l'antilope. Toute brutalité contre cet animal par la famille Diouf est interdite. Son respect procure à la famille Diouf une sainte protection. Le totem de la famille N'Diaye est le lion ; le totem de la famille Sène est le lièvre et celui de la famille Sarr est la girafe et le chameau[12],[13] .

L'ordre secret du Saltigué[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Saltigué.

Les hommes et les femmes peuvent être initiés dans l'ordre secret du Saltigué. Conformément à la doctrine religieuse sérère, pour devenir un aîné spirituel (Saltigue), il faut être initié, en particulier dans les mystères de l'univers et du monde invisible, ce qui est réservé à un petit nombre. Le Xoy (également orthographié Khoy) est une cérémonie religieuse et un événement spécial dans le calendrier religieux des Sérères. C'est le moment où les grands prêtres et prêtresses sérères (le Saltigué) viennent prédire l'avenir face à la communauté. Ces devins et guérisseurs adressent des sermons lors de la cérémonie de Xoy qui ont trait au temps qu'il va faire, à la politique, à l'économie, etc[14]. C'est un événement très spécial qui rassemble dans cette région du Sine-Saloum des milliers de personnes venues de toutes les parties du monde. Les Sévères ultra-orthodoxes et les Sérères syncrétistes (convertis à l'Islam ou au christianisme et qui mélangent leur religion nouvellement acquise avec l'ancienne religion sérère) ainsi que des peuples non sérères comme le peuple Lébou (qui forment des groupes distincts mais qui respectent toujours les pratiques religieuses de leurs ancêtres sérères) se rassemblent autour du Sine pour cette ancienne cérémonie. Les Sérères qui vivent en Occident planifient parfois leur pèlerinage plusieurs mois à l'avance. L'événement se déroule sur plusieurs jours pendant lesquels les prédictions des Saltigué occupent une place centrale. La cérémonie débute habituellement dans la première semaine de juin à Fatick.

Quelques cérémonies sérères[modifier | modifier le code]

  • Xoy (également orthographié Khoy)
  • Ndut
  • Jobai
  • Randou Rande
  • Mindisse
  • Mbosseh
  • Mboudaye
  • Tobaski
  • Gamo (également Gamou)
  • Tourou Peithie[15]
  • Daqaar Mboob

Pèlerinage Raan à Tukar[modifier | modifier le code]

Le pèlerinage se déroule dans le vieux village de Tukar fondé par Lamane Djigan Diouf (orthographié également Jegan Joof) au XIe siècle[16],[17]. Il est dirigé par les descendants de la lignée lamanique. Il a lieu chaque année, le deuxième jeudi après l'apparition de la nouvelle lune d'avril. Dans la matinée du Raan, le lamane prépare des offrandes de mil, de petit-lait et de sucre, mélange appelé foox dans la langue sérère. Après le lever du soleil, le lamane fait une visite à l'étang sacré - le sanctuaire saint de Luguuñ (le Pangool - les saints ou les esprits des ancêtres) qui a guidé Djigan Diouf lors de sa migration depuis Lambaye (au nord du Sine). Le lamane fait son offrande au Luguuñ et passe la matinée en prière rituelle et méditation. Après cela, il fait une tournée dans Tukar et effectue des offrandes rituelles de lait, de millet et de vin ainsi que de petits animaux, dans les sanctuaires principaux (arbres et lieux sacrés) pendant que les gens se dirigent vers le chef des Saltigués - les prêtres héréditaire de la pluie, sélectionnés dans la lignée lamane pour leurs talents divinatoires[18].

Jour de repos[modifier | modifier le code]

Dans la religion sérère, le lundi est le jour de repos. Des activités culturelles telles que le laamb (lutte sénégalaise), les mariages, etc. sont également interdits le jeudi[7].

Loi religieuse des Sérères[modifier | modifier le code]

La doctrine sur le mariage sérère[modifier | modifier le code]

Courtiser une future épouse est autorisé, mais avec des limites. Les femmes donnent le respect et l'honneur de la religion sérère. La femme ne doit pas être déshonorée et ne doit s'engager dans une relation physique qu'après son mariage. Si un homme désire une femme, il doit lui fournir des cadeaux comme marque d'intérêt. Si la femme et sa famille acceptent, cela devient alors un contrat implicite et elle ne devrait donc plus accepter la cour de tout autre homme ou les cadeaux d'un autre homme dont le but serait de lui faire la cour[19],[20].

La doctrine sur la relation avant le mariage sérère[modifier | modifier le code]

Lorsqu'on s'apercevait qu'un jeune homme et une jeune fille avaient engagé des relations avant le mariage, tous deux étaient exilés pour éviter la honte aux familles, même si une grossesse avait découlé de cette relation[19].

La doctrine sérère sur l'adultère[modifier | modifier le code]

Lorsqu'une femme mariée, par exemple, s'est engagée dans une relation adultère avec un autre homme, les deux coupables sont humiliés de manière différente. Le mari lésé prend les sous-vêtements de son rival et les accroche sur sa maison pour montrer que l'amant a rompu les lois sociales en commettant l'adultère avec son épouse. L'amant devient alors la personne la plus détestée de la société sérère. Tout le monde se moque de lui, personne ne veut se marier avec quelqu'un de sa famille, et il est excommunié. Cela est considéré comme l'expérience la plus humiliante pour un homme. Les Sérères sont régis par un code d'honneur appelé Gorie, beaucoup d'hommes se sont suicidés parce qu'ils ne pouvaient plus supporter une telle humiliation. Quant à la femme infidèle, ses sous-vêtements ne sont pas exhibés, parce que dans la culture sérère les femmes sont respectées et tenues en haute estime. Toutefois, elle est aussi humiliée, mais sous une forme différente : les femmes mariées tressent leurs cheveux dans un style particulier que seules les femmes mariées ont le droit de porter (c'est un symbole de leur statut, les plaçant au plus haut degré de respect parmi les femmes). La femme adultère perd ce droit, et les femmes de sa famille dénouent ses cheveux. Là encore, cela est tellement humiliant et dégradant pour une femme mariée, que de nombreuses femmes se sont suicidées plutôt que d'affronter la honte. L'homme lésé peut pardonner à sa femme et à l'amant de sa femme s'il choisit de le faire ; dans ce cas, les amants adultères et leurs familles doivent se rassembler près du roi, du chef ou du groupe des anciens, et demander officiellement pardon. Ce sera en face de la communauté parce que les règles qui régissent la société ont été rompues. Cette doctrine s'étend à la fois aux hommes et aux femmes mariés ; la protection est accordée au conjoint lésé, indépendamment de son sexe[21],[19].

La doctrine sérère relative au meurtre[modifier | modifier le code]

Tombes sérères (1821)

La famille de la victime d'un homicide était autorisée à demander vengeance, si elle ne souhaitait pas pardonner. Là encore, la famille du meurtrier devait se présenter dans un centre local devant un chef de tribu, ou au palais royal devant le roi, apportant de la nourriture (du millet) destinée à être partagée entre la communauté et la famille de la victime. Un homme fort était désigné par la famille de la victime pour exécuter le jugement de celle-ci : il se précipitait vers le meurtrier, muni d'une lance où était fiché un morceau de viande. S'il tuait le meurtrier avec sa lance, c'était une vengeance acceptée ; la nourriture apportée n'était pas consommée et les deux familles se séparaient dans l'indifférence. S'il offrait la viande au meurtrier, en signe de pardon, la communauté consommerait le millet, et les deux familles deviendraient alliées, allant parfois jusqu'à marier leurs enfants ensemble[19],[22].

Tenue religieuse[modifier | modifier le code]

Les Sérères portent des reliques de leurs ancêtres, telles que des cheveux, ou un objet précieux leur ayant appartenu ; l'objet devient un juju (charme religieux) et est porté, soit sur leurs vêtements, soit visiblement autour de leur cou[23].

Médecine, récoltes et offrandes[modifier | modifier le code]

Les Sérères ont aussi une ancienne connaissance de l'herboristerie qui est transmise et dont l'acquisition nécessite des années d'apprentissage[24],[25]. Le gouvernement sénégalais a créé une école et un centre pour préserver ce savoir ancien et l'enseigner aux jeunes. Le CEMETRA (Centre expérimental de médecine traditionnelle de Fatick), dans la région sérère du Sine-Saloum, est composé d'au moins 550 guérisseurs sérères professionnels[26].

Plusieurs pratiques traditionnelles liées aux activités terrestres et agricoles sont connues, deux exemples sont décrits ci-dessous :

  • Prédiction des cérémonies organisées par le Saltige, qui sont considérés comme les gardiens du savoir autochtone. Ces réunions sont destinées à fournir de l'information, en particulier avertir les gens de ce qui se passera dans le village pendant la saison des pluies suivante.
  • Préparation des semis, une cérémonie appelée Daqaar Mboob visant à assurer une bonne récolte de mil ou d'arachide. À cette fin, chaque producteur doit obtenir le Xos, suite à une cérémonie compétitive composé de chasses, de courses, etc[24].

Influence de la religion sérère en Sénégambie[modifier | modifier le code]

De même que les anciennes fêtes païennes ont été reprises et adaptées par le christianisme[27], les fêtes religieuses des anciens Sérères ont été reprises par les musulmans de Sénégambie. Les Sérères sont l'une des rares tribus de Sénégambie (si ce n'est la seule en dehors des Diolas) qui ont réellement un nom pour Dieu (ou les dieux) qui ne soit pas emprunté à l'arabe, mais indigène à leur langue. En effet, bien que les autres tribus aient eu des noms pour leurs divinités dans les temps anciens, quand ils ont commencé à se convertir à l'islam en grand nombre, ils ont perdu cette partie de leur histoire à la différence des Sérères. Toutes les fêtes musulmanes de Sénégambie, comme Tobaski, Gamo, Korité, Weri Kor, etc. correspondent an fait à des fêtes religieuses sérères anciennes ; elles ne sont pas arabes, et portent un nom sérère à l'origine. Tobaski était une ancienne fête de chasse sérère ; Gamo, une fête de divination ; Korité (du mot sérère Kor) était un rite d'initiation masculine ; Weri Kor était le mois où les anciens garçons sérères passaient leurs rites d'initiation. D'ailleurs, l'Aïd Al Kabir (qui est arabe) est totalement différent du Tobaski sérère, mais les musulmans de Sénégambie ont emprunté le terme sérère pour décrire l'Aïd al Kabir. De même, ils ont emprunté le mot sérère Gamo au lieu de Mawlid (qui célèbre la naissance de Mahomet)[28]. Enfin, Weri Kor (le mois du jeûne, Ramadan en arabe) n'a rien à voir avec l'islam.

La momification et le culte des pierres dressées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire ancienne des Sérères.

Les morts, surtout ceux des plus hauts échelons de la société, étaient momifiés, afin de les préparer à l'au-delà (Jaaniiw). Ils étaient accompagnés par des objets funéraires y compris de l'or, de l'argent, du métal, leurs armures et d'autres objets personnels, etc. La momification est devenue moins fréquente dans le Sénégal contemporain[29],[22] [30],[31].

Les morts étaient enterrés dans une tombe en forme de pyramide[22],[32].

Les pierres dressées, comme les cercles mégalithiques de Sénégambie, ont également été un lieu de culte. Des mégalithes de latérite étaient taillés et dressés en direction du ciel[33],[34],[35].

Cosmologie sérère[modifier | modifier le code]

Yoonir, symbole de l'Univers[36],[37].

L'une des étoiles les plus importantes dans la cosmologie des peuples sérères est Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel, que les Sérères appellent Yoonir (ce qui peut signifier « le compagnon », « l'accompagnateur », etc.). Elle est très importante et sacrée ; c'est un des nombreux symboles religieux. Yoonir est liée à l'agriculture[38],[39], car elle annonce le début des inondations et permet aux agriculteurs sérères de commencer à planter des graines[40] ; Yoonir est représentée sous la forme de Pangool, intercesseur entre Rog, la divinité suprême, et l'homme. L'étoile apparaît avant la cérémonie annuelle où les prêtres et les prêtresses sérères (le Saltigué) se réunissent pour prédire le cours de l'hiver[41].

Dans sa représentation symbolique, le pic de l'étoile (pointe haute) représente la divinité suprême (Rog). Les quatre autres pointes représentent les points cardinaux de l'Univers. Les deux lignes entre ces quatre pointes s'identifient aux axes de l'Univers, par lesquels passent toutes les énergies. Le point haut est « le point de départ et de conclusion, l'origine et la fin »[37]. Les Sérères qui ne peuvent pas lire ou écrire l'alphabet latin signent très souvent les documents officiels de l'étoile de Yoonir, laquelle représente aussi « la bonne fortune et le destin[37] ».

Symboles sérères
De gauche à droite : « mort » + « homme » + « agriculture » + « chasse » + « pêche » signifie « L'honorable défunt a consacré sa vie à l'agriculture, la chasse et la pêche ».

Depuis sa première publication de La civilisation sereer[13], Henry Gravrand a fait une importante découverte. Dans le Tassili, il a observé, sur les gravures rupestres répertoriées par Henri Lhote[42], une représentation de l'étoile Yoonir, sous la forme de deux serpents enroulés, symbolisant le Pangool. Le rocher où l'étoile apparaît était probablement un lieu de culte[43].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Ndiaye, Ousmane Sémou, "Diversité et unicité sérères : l’exemple de la région de Thiès", Éthiopiques, no 54, vol. 7, 2e semestre 1991 [1]
  2. (fr) Issa Laye Thiaw, « Mythe de la création du monde selon les sages Seereer », p. 45 [2]
  3. (fr) Salif Dione, L’Éducation traditionnelle à travers les chants et les poèmes sérères, Dakar, Université de Dakar, 1983, 344 p. (Thèse de 3e cycle)
  4. a et b (fr) Henry Gravrand, La civilisation sereer, vol. II : Pangool, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1990
  5. (fr) Louis Diène Faye. Mort et Naissance le monde Sereer. Les Nouvelles Editions Africaines, 1983. ISBN 2-7236-0868-9. p44
  6. (en) Day Otis Kellog et William Robertson Smith, The Encyclopedia Britannica : A dictionary of arts, sciences and general literature, Volume 25, p. 64, Published by Werner, 1902
  7. a, b et c (fr) Issa Laye Thiaw, « La religiosité des Seereer, avant et pendant leur islamisation », in Éthiopiques, no 54, volume 7, 2e semestre 1991 [3]
  8. (en) Dennis C. Galvan,The State Must Be Our Master of Fire: How Peasants Craft Culturally Sustainable Development in Senegal, Berkeley, University of California Press, 2004
  9. Fondation Léopold Sédar Senghor. Éthiopiques, Issues 55-56. 1991. pp 62-95
  10. Ciiɗ signifie la poésie en langue sérère, il peut aussi signifier la réincarnation ou la mort qui cherchent à se réincarner dans la religion sérère. Deux chapitres sont écrits à ce sujet par Faye. Voir: Faye, Louis Diène, Mort et Naissance Le Monde Sereer, Les Nouvelles Edition Africaines (1983), pp 9-10, ISBN 2-7236-0868-9
  11. (fr) Louis Diène Faye, Mort et Naissance le monde Sereer, Les Nouvelles Editions Africaines, 1983. pp 17-25 (ISBN 2-7236-0868-9)
  12. (fr)Jean-Marc Gastellu (M. Sambe - 1937). L'égalitarisme économique des Serer du Sénégal. IRD Editions, 1981. p 130. (ISBN 2709905914).
  13. a et b (fr) Henry Gravrand, La civilisation sereer, vol. I : Cosaan, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1983
  14. (fr) Alioune Sarr, « Histoire du Sine-Saloum » (introduction, bibliographie et notes par Charles Becker), in Bulletin de l'IFAN, tome 46, série B, nos 3-4, 1986-1987 pp 31-38
  15. (fr) Mor Sadio Niang, « Cérémonies et fêtes traditionnelles : Tourou Peithie », in Éthiopiques, no 31, 3e trimestre 1982) [4]
  16. (en) Galvan, The State Must Be Our Master of Fire, op. cit., p. 108-111 et 122, 304
  17. (en) Hans Bressers et Walter A. Rosenbaum, Achieving sustainable development: the challenge of governance across social scales, Greenwood Publishing Group, 2003, p. 151 (ISBN 0275978028)
  18. (en) Galvan, The State Must Be Our Master of Fire, op. cit., p. 202
  19. a, b, c et d (fr) Issa Laye Thiaw, La femme Seereer (Sénégal), L'Harmattan, Paris, septembre 2005, (ISBN 2-7475-8907-2),
  20. (fr) La Piaillée (Dakar), no 141, avril 2006
  21. (fr) Issa Laye Thiaw, La femme Seereer (Sénégal), L'Harmattan, Paris, septembre 2005, 169 p. (ISBN 2-7475-8907-2)
  22. a, b et c (fr) Marguerite Dupire, « Les "tombes de chiens" : mythologies de la mort en pays Serer (Sénégal) », Journal of Religion in Africa, 1985, vol. 15, fasc. 3, p. 201-215
  23. (en) Joshua Project: "What are their beliefs?"
  24. a et b (en) A. Seck, I. Sow et M. Niass, « Senegal », in The biodiversity of traditional leafy vegetables, p. 85-110 [5]
  25. (fr) Simone Kalis, Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Seereer Siin du Sénégal, L'Harmattan, 1997 (ISBN 2-7384-5196-9)
  26. (fr) Présentation du CEMETRA sur le site Prometra France (promotion des médecines traditionnelles) [6]
  27. (en) Bible Review (Biblical Archaeology Society), vol. 18-19, 2002 (ISBN 0967790107)
  28. Niokhobaye Diouf, « Chronique du royaume du Sine, suivie de Notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume du Sine par Charles Becker et Victor Martin (1972)», . (1972). Bulletin de l'IFAN, tome 34, série B, no 4, 1972, pp 706-7 (pp 4-5), pp 713-14 (pp 9-10)
  29. (en) Lech Krzyżaniak, Karla Kroeper, Michał Kobusiewicz, Muzeum Archeologiczne w Poznaniu. Interregional contacts in the later prehistory of northeastern Africa, Poznań Archaeological Museum, 1996, p. 57-58 (ISBN 8390043475)
  30. (en) Cheikh Anta Diop, The African origin of civilization: myth or reality, L. Hill, 1974, p. 197 (ISBN 1556520727)
  31. (en) African forum (American Society of African Culture), volumes 3-4, 1967, p. 85
  32. (fr) Ousmane Sémou Ndiaye, « Diversité et unicité sérères : l’exemple de la région de Thiès », Éthiopiques, no 54, vol. 7, 2e semestre 1991 [7]
  33. (en) Cheikh Anta Diop, The African origin of civilization: myth or reality, L. Hill, 1974, p. 196 (ISBN 0882080210)
  34. (fr) Gravrand, La Civilisation Sereer - Pangool, op. cit., p. 9, 20 et 77
  35. (fr) Becker, Charles, Vestiges historiques, témoins matériels du passé clans les pays sereer, CNRS-ORSTOM, Dakar, 1993
  36. (fr) Gravrand, La civilisation sereer : Pangool p 20
  37. a, b et c (en) Clémentine Faïk-Nzuji Madiya, Tracing memory: a glossary of graphic signs and symbols in African art and culture, Canadian Museum of Civilization, 1996, p. 27, 115 (ISBN 0660159651)
  38. (en) Elizabeth L. Berg et Ruth Wan, Cultures of the World: Senegal, Benchmark Books (NY), 2009, 144 p. (ISBN 978-0761444817)
  39. (fr) Simone Kalis, Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Sérères Siin du Sénégal. La Connaissance de la nuit, L'Harmattan, 1997, p. 25-60 (ISBN 2-7384-5196-9)
  40. Pour la même raison, cette étoile est importante dans la cosmologie des autres peuples de cette région ; ainsi, les Dogons du Mali l'appellent Sigui, et ont une mythologie détaillée qui lui est associée.
  41. (en) Faïk-Nzuji Madiya, Tracing memory, op. cit., p. 5, 27, 115. (ISBN 0660159651)
  42. Où apparaît la trace de l'histoire sérère pour une période remontant au troisième ou au quatrième millénaire
  43. (fr) Gravrand, La civilisation sereer : Pangool, op. cit., p. 9


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thiaw, Issa Laye, Myth de la Creation du monde selon les sages Seereer. p. 45
  • Dion, Salif, L’Education traditionnelle à travers les chants et poèmes sereer, Dakar, Université de Dakar, 1983, p. 344
  • Gravrand, Henry, La civilisation sereer, vol. II : Pangool, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1990, p. 9-77, ISBN 2-7236-1055-1
  • Faye, Louis Diène, Mort et Naissance le monde Sereer, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1983, p. 9-44, ISBN 2-7236-0868-9
  • Kellog, Day Otis & Smith, William Robertson, The Encyclopedia Britannica: latest edition. À dictionary of arts, sciences and general literature, Volume 25, p. 64. Published by Werner, 1902.
  • Thiaw, Issa Laye, La religiosité des Seereer, avant et pendant leur islamisation, in Éthiopiques, no. 54, volume 7, 2e semestre 1991
  • Galvan, Dennis Charles, The State Must Be Our Master of Fire: How Peasants Craft Culturally Sustainable Development in Senegal. Berkeley, University of California Press, 2004, p. 108-304, ISBN 0-520-23591-6
  • Fondation Léopold Sédar Senghor. Éthiopiques, Issues 55-56. 1991. p. 62-95
  • Gastellu, Jean-Marc (with ref to notes of : M. Sambe - 1937), L'égalitarisme économique des Serer du Sénégal, IRD Editions, 1981. p. 130. ISBN 2-7099-0591-4
  • Gravrand, Henry, La civilisation sereer, vol. I : Cosaan: les origines, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1983
  • Sarr, Alioune, Histoire du Sine-Saloum (introduction, bibliographie et notes par Charles Becker), [in] Bulletin de l'IFAN, tome 46, série B, nos 3-4, 1986-1987 p. 31-38
  • Niang, Mor Sadio, IFAN. Ethiopiques numéro 31 révue socialiste de culture négro-africaine 3e trimestre 1982.
  • Seck, A., Sow, I., & Niass, M., Senegal, [in] The biodiversity of traditional leafy vegetables, p. 85-110 .
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