La Vie parisienne (magazine)

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La Vie parisienne
Image illustrative de l'article La Vie parisienne (magazine)
Couverture du 12 février 1876.

Périodicité hebdomadaire
Fondateur Émile Marcelin
Date de fondation janvier 1863
Date du dernier numéro 1970
Ville d’édition Paris
Exemple d'article illustré ironisant sur la mise en scène du Macbeth de Verdi joué au Théâtre Lyrique le 13 mai 1865.
La Vie parisienne de mars 1918.

La Vie parisienne est un magazine français culturel illustré créé en 1863 et publié sans interruption jusqu'en 1970. Il a donné son nom au célèbre opéra-bouffe éponyme de Jacques Offenbach, La Vie parisienne[1].

Développant une approche littéraire et critique singulière jusqu'en 1905, il s'oriente peu après vers un public plus masculin, faisant place à des illustrations érotiques.

Sans rapport direct, un magazine a repris ce nom en 1984 ciblant, lui, un « public averti »[2].

Origines du magazine[modifier | modifier le code]

L'expression « vie parisienne » entre dans l'usage courant avec la Restauration puis connaît un franc succès quand Balzac publie, dès 1834, un recueil de romans intitulé Scènes de la vie parisienne, et qui composera tout un pan de ses histoires de mœurs regroupées sous le titre générique de La Comédie humaine. Mais c'est sous le Second Empire que Paris devient une référence en matière de vie culturelle, notamment pour tout ce qui concerne la mode et les soirées.

Profitant d'une très relative liberté d'expression qui se fait sentir au milieu du Second Empire, Émile-Marcelin-Isidore Planat dit « Marcelin » (1825-1887) envisage de lancer à la fin de l'année 1862, à Paris, un magazine intitulé La Vie parisienne, sous-titré « Mœurs élégantes, Choses du jour, Fantaisies, Voyages, Théâtres, Musique, Modes » : il s'agit d'un hebdomadaire illustré qui propose dès janvier 1863 de montrer les joies et les plaisirs mondains de la capitale, avec comme ligne de fond le théâtre. Amoureux d'une comédienne, costumier à ses heures, Marcelin dessine dans un premier temps la plupart des images puis accueille des écrivains et des illustrateurs, non sans essuyer quelques critiques outragées face aux potins rapportés et son audace grivoise qui consiste parfois à esquisser les jambes d'une actrice ou à évoquer les demi-mondaines. Mais c'est surtout que ce périodique va très vite oser critiquer un certain théâtre et ses mises en scène figées, et quand la plupart des journalistes usent de termes polis, Marcelin convoque un style imagé et sans ambages, jugé peu élégant voire indélicat et amoral. Le public visée est bien le couple bourgeois en quête de soirées, de loisirs, de divertissements, amateur de la scène, des bals, des chansonniers et de la dernière mode, sans doute lassé des comptes rendus corsetés de journaux conservateurs comme Le Gaulois et que les caricatures amusent[3]. Notons que la même année, sort également Le Petit Journal, un quotidien du soir qui va rapidement s'opposer à une presse jugée trop sérieuse.

Contenu[modifier | modifier le code]

La Vie parisienne propose également des nouvelles et des contes dialogués destinés à un lecteur pressé. Dès juin 1866, Jules Barbey d’Aurevilly souligne toute l'originalité du contenu, notamment quant aux textes de Gustave Droz : « Mais enfin si ce n’est pas exactement toute la vie parisienne que ce journal, c’en est une partie. C’en est la mousse, le pétillement, la surface, les petits vices, — viciolets, — les élégances, et les élégances jusqu’aux extravagances, tout cela très animé d’esprit, très cinglant d’ironie, très indifférent — et même trop — à la morale, et j’allais presque dire à la littérature ; car les hommes de talent qui font ce journal ont le dandysme de ne pas se montrer littéraires... »[4]

Les chroniqueurs signent d'initiales ou de pseudonymes assez fantaisistes qui renvoient le lecteur aux « indiscrétions » d'un certain milieu, les mondains ou l’aristocratie décalée et anticonformiste, anticipant la presse que l'on qualifierait aujourd'hui de « people ». Jusqu'en 1914, La Vie parisienne eut une influence notable sur l'évolution du théâtre et des mœurs culturelles : dès 1889, le théâtre Antoine commence à porter sur la scène de courtes pièces tirées des nouvelles et contes publiées dans le magazine. Le style fait bientôt école, d'autant que l'opéra-bouffe d'Offenbach avait connu un énorme succès, les librettistes Ludovic Halévy et Henri Meilhac ayant écrit dans le magazine à ses débuts.

Le siège fut un temps situé au 9 place de la Bourse.

En 1905, le titre est racheté par Charles Saglio, membre de la rédaction du Petit Journal, qui, profitant d'un relâchement de la censure, ouvre La Vie parisienne à des illustrations érotiques, ce qui lui vaudra plus tard quelques ennuis. En avril 1907, Colette y publie sa première nouvelle. Dans les années 1920, le cinéma commence à y tenir une place importante, et les premières photographies noir et blanc de femmes en déshabillé font leur apparition dans les années 1930.

Vers la fin des années 1940, le titre est repris par Georges Ventillard, la photographie couleurs y fait son apparition, au profit de pin-ups de plus en plus dénudées...

Principaux contributeurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cet opéra-bouffe est dédié à Marcelin, fondateur du magazine.
  2. En réalité, deux titres se font concurrence depuis 2005 : La Vie parisienne Magazine et La Vie parisienne, votre mensuel libertin, contenant entre autres des petites annonces. Sources : « La Vie Parisienne Magazine » : imbroglio entre les droits sur une marque, sur une dénomination sociale et sur un titre original éponymes, en ligne.
  3. « La Vie parisienne ou la mise en scène de la mondanité » par Clara Sadoun-Édouard in Médias 19, 19 octobre 2012, en ligne.
  4. Jules Barbey d’Aurevilly, « Monsieur, Madame et Bébé et Autour d’une source de Gustave Droz » in Le Nain Jaune du 20 juin 1866, rapporté par C. Sadoun-Édouard (supra, 2012).

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Liens externes[modifier | modifier le code]