Jules Porgès

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Jules Porgès

Julius dit Jules Porgès (Prague, 25 mai 1839 - Rochefort-en-Yvelines, 20 septembre 1921), diamantaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un joaillier tchèque, Maurice Porgès (1798-1870) et de son épouse née Henriette Reitlinger, il est issu de la grande bourgeoisie juive austro-hongroise de Prague[1], qui s'impose dans le commerce des diamants. En 1857, à 18 ans, il rejoint son frère Heinrich à Paris, où il crée sa propre affaire "Jules Porgès et Compagnie" et devient un diamantaire réputé.

Sur les conseils de son associé Charles Wernher, il fait l'acquisition de concessions en Afrique du Sud dans le protectorat anglais, devenant ainsi également producteur. En 1873, il y envoie deux de ses protégés, Alfred Beit et Julius Wernher, qui ont tous deux travaillé pour lui à Paris, pour le représenter et n'ira sur place qu'en 1876. Julius Wernher avait eu pour premier employeur Théodore Porgès, le frère de Jules Porgès. Il a épousé Mathilde Weisweiller, proche du Baron Henri de Rothschild, dont elle devient la nièce après un mariage. Son père, le baron de Weisweiller, était représentant de la famille Rothschild à Madrid[2].

Vers 1875, il possédait déjà environ 10 % des mines de diamants à Kimberley. Entre 1875 et 1880, il acquiert de nombreuses mines en Afrique du Sud, en particulier les quatre premiers sites producteurs de diamants: De Beers, Bultfontein, Dutoitspan et surtout Kimberley, association avec le britannique Cecil Rhodes[1]. Sa société assure la taille des diamants à Amsterdam et contrôle leur commerce mondial. Associé à Alfred Beit et Julius Wernher, Jules Porgès crée la « Compagnie française de diamants du cap de Bonne-Espérance ».

Il choisit le camp du britannique Cecil Rhodes lorsque celui élimine son rival Barney Barnato, pour constituer la nouvelle De Beers "unifiée", qui rachète la "Kimberley Central Mining Company" détenant les parts de Barnato, après des négociations menées par Porgès. Le chèque, le plus gros jamais signé à cette époque, s'élève à 4 millions de sterling (équivalent de 2 milliards de sterling en 2010)[3].

Jules Porgès revend la « Compagnie française de diamants du cap de Bonne-Espérance » à De Beers en 1887[4].

Surnommé le « Roi du diamant », il acquiert aussi, entre 1880 et 1888, des mines d'or dans la région de Johannesburg, qui s'avèrent nécessiter des investissements lourds. Très lié à Rodolphe Kann, il parvient à intéresser les Rothschild qui entrent dans le capital de ses affaires.

Il fonde la « Compagnie financière et minière Corner House de Market Square » à Johannesburg, avant de se retirer de ses entreprises sud-africaines en 1890, à 52 ans, pour réinvestir une partie de sa fortune dans l'immobilier parisien.

Hôtel Porgès - Façade sur le jardin

Homme d’une grande distinction, plein d’intuition et de finesse, il a épousé Rose-Anne, dite Anna Wodianer (Vienne, Autriche, 8 juillet 1854 - Kallwang, Autriche, 22 septembre 1937), naturalisée française le 5 février 1898. Le couple devient une figure emblématique de l'aristocratie parisienne. Son épouse viennoise d’une grande beauté, souhaitait revivre les dernières années de l’Ancien Régime.

En 1892, pour 4 millions de francs, ils font construire par Ernest Sanson un hôtel, aujourd'hui détruit, inspiré du château d’Asnières de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, au 18 avenue Montaigne, dans le VIIIe arrondissement, sur l’emplacement de la « Maison pompéïenne » du prince Jérôme Napoleon Bonaparte. La demeure abrite une collection célèbre comptant plusieurs toiles de Rubens, Van Dyck, Rembrandt, Bruegel de Velours et Le Lorrain. Ils y donnent des fêtes brillantes mais solennelles.

À Rochefort-en-Yvelines, le couple rachète le château de la famille de la Rochefoucauld pour 900 000 francs et fait édifier par l’architecte Charles Mewès, qui a déjà conçu l'hôtel Ritz de Paris, une demeure grandiose inspirée de l’hôtel de Salm (Palais de la Légion d'honneur à Paris), mais double de dimensions.

L’entreprise, démesurée, est restée inachevée, après quatre années et 18 millions de francs d'investissement. Pendant la Première Guerre mondiale, ils transforment leur château en hôpital auxiliaire de la Croix Rouge, qui accueille 150 blessés en convalescence.

Leur fille unique, Henriette Hélène, dite « Elly » (Baden, Autriche, 4 juillet 1878 - 1946), sera marquise de la Ferté-Meun.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Pushing the envelope of knowledge: Jules Porges", par Mutumwa D. Mawere, le 01/03/2010 sur New Zimbabwe [1]
  2. Grand Dukes and diamond", par Raleigh Trevelan
  3. Measuring Worth
  4. "Pushing the envelope of knowledge: Jules Porges", par Mutumwa D. Mawere, le 01 mars 2010 sur New Zimbabwe [2]

Lien externe[modifier | modifier le code]