De Beers

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De Beers

Création 1888
Dates clés Rhodésie (pays) 1965
Fondateurs Cecil Rhodes (1853-1902)
Barney Barnato (1851–1897)
Personnages clés Nicky Oppenheimer
Forme juridique holding de droit luxembourgeois, contrôlant deux grandes sociétés : De Beers Centenary AG de droit suisse, et, en majorité, De Beers Consolidated Mines, de droit sud-africain
Siège social Drapeau d'Afrique du Sud société enregistrée au Luxembourg mais siège social effectif à Southdale, banlieue de Johannesburg (Afrique du Sud)
Actionnaires Anglo American (45 %), famille Oppenheimer (40 %), État du Botswana (15 %), LVMH ?
Activité industrie du diamant
Produits Mine de Diamant, bijoux…
Sociétés sœurs De Beers Diamond Jewellers (2001 à Londres)
Filiales Element Six, Anglo American PLC
Effectif 20000 (environ)

De Beers est un conglomérat diamantaire sud-africain. Fondée en 1888 pour exploiter les mines sud-africaines, la société De Beers est aujourd'hui en activité dans de nombreux pays (Botswana, Namibie, Afrique du Sud). Pendant la majeure partie du XXe siècle, De Beers s’est efforcée de monopoliser la fourniture de diamants bruts à tous les diamantaires et à tous les ateliers de taille du diamant dans le monde, parvenant ainsi à maîtriser le marché, fixer les prix et éviter leurs fluctuations en les maintenant à un haut niveau. La domination de la De Beers sur la commercialisation mondiale du diamant est cependant passée de 90 % (dans les années 1980) à 40 % au début des années 2010[1].

Le président actuel de la société est Nicky Oppenheimer, petit-fils de Ernest Oppenheimer (1880-1957).

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Le premier actionnaire de De Beers est Anglo American (45 %).

Le second actionnaire est la famille Oppenheimer (40 %).

Le troisième actionnaire est la joint-venture Debswana (15 %) (contrôlée par le Botswana et la De Beers).

filiales en détail : Diamond Trading Company, Namibia Diamond Trading Company, Forevermark , Debswana, Element Six, ...

Histoire[modifier | modifier le code]

Siège historique de la De Beers Consolidated Mines à Kimberley

Les frères Diederik Arnoldus et Johannes Nicholas de Beer sont des Boers. L'histoire de la De Beers commence sur leurs champs diamantifères d'Afrique du Sud, plus précisément dans la région de Kimberley où le premier diamant fut découvert en 1866. En quelques années, des hordes de prospecteurs accoururent vers Kimberley, rapidement intégrée à la colonie du Cap, et sur les rives des fleuves Vaal et Orange.

En 1873, le jeune aventurier britannique Cecil Rhodes et son ami Charles Rudd commencèrent à investir dans les matériels de prospections et réinvestirent leurs bénéfices en rachetant progressivement toutes les concessions diamantaires.

En 1880, Rhodes et ses partenaires fondèrent la De Beers Mining Company Ltd. Celle-ci subit pendant quelques années une vive concurrence de la Barnato Mining Company, de Barney Barnato pour tenter de prendre le contrôle des mines sud-africaines. Finalement, prenant l'avantage, la De Beers força Barnato à fusionner et c'est ainsi qu'en 1888, la De Beers Consolidated Mines Limited fut fondée sous la présidence de Cecil Rhodes. Le groupe concentre alors la propriété de quasiment toutes les mines d'Afrique du Sud et 90 % de la production mondiale de diamant[2].

Dans les années qui suivirent, De Beers renforca son contrôle sur le marché du diamant en créant une unique entité chargée de la vente de diamants et de la fixation des prix.

En 1893, De Beers est coté à la bourse de Johannesburg.

La première décennie est cependant marquée par d'importantes fluctuations de la demande et par la seconde guerre des Boers. Kimberley et De Beers furent notamment les enjeux de plusieurs batailles importantes (dont notoirement la bataille de Modder River et la bataille de Paardeberg) du front ouest au début de la Seconde Guerre des Boers en 1899 et 1900. Le siège fut cependant levé après 4 mois.

De Beers fait également face à de nouvelles sources d'approvisionnement en diamants avec la mise en exploitation de nouvelles mines non seulement en Afrique du Sud mais aussi dans le Sud-Ouest africain allemand, au Congo belge et en Angola.

En 1919, un immigrant d'origine allemande, Ernest Oppenheimer, cofondateur de l'anglo american corporation au côté de J.P Morgan, rachète les mines de diamants du Sud-Ouest africain qu'il transfère en 1920 à une de ses entreprises, la Consolidated Diamond Mines of South West Africa Ltd. (CDM). En 1925, il créait le Diamond Syndicate. Tous ses succès sur le marché du diamant l'amenèrent à être élu au conseil d'administration de la De Beers en 1926 et à en prendre la présidence en 1929.

À ce poste, il créa plusieurs structures pour organiser le contrôle du marché dont la Diamond Trading Company (DTC) chargée de centraliser à Londres tous les diamants bruts du monde extraits ou achetés par De Beers, et la Central Selling Organisation (CSO) qui mit en place des pratiques commerciales anti-concurrentielles permettant de contrôler l'approvisionnement du marché.

Sous l'influence de son fils Harry Oppenheimer, De Beers lance une campagne publicitaire efficace dans les années 1940 visant à promouvoir la valeur des diamants et à enraciner l'idée de leur rareté. Le but était de convaincre les femmes que les diamants étaient un symbole éternel, celui par excellence de la romance. La campagne visait aussi à décourager la revente de diamants par les consommateurs et à convaincre que le diamant était le cadeau emblématique à faire à l'occasion de fiançailles et de mariages[3].

Ces campagnes de De Beers, lancées aux États-Unis, frappent l'imagination du public et enracinent des slogans tels que un diamant est éternel ou encore les diamants sont les meilleures amis d'une femme bien que dans le même temps, en raison des lois anti-trust, De Beers ne peut opérer directement aux États-Unis. La campagne est également un grand succès au niveau international, notamment au Japon où le groupe s'enracine encore plus après la Seconde Guerre mondiale.

Au fil des années, De Beers doit cependant relever des défis liés à la politique d'apartheid en Afrique du Sud ou aux crises économiques.

La fin d'un monopole[modifier | modifier le code]

Le monopole prend fin dans les années 2000 quand les États africains nationalisent leur mines. De Beers diversifie sa production en exploitant aussi en Russie, au Canada et en Australie.

En 2001, De Beers s'associe au groupe de luxe français LVMH pour la création et la distribution au travers des boutiques De Beers Jewellers, mais reste indépendant dans son activité d'extraction et négoce de diamants[4].

En , la Commission européenne arbitre sur un conflit entre la société russe ALROSA et De Beers, concernant un accord commercial sur la vente de diamants bruts[5].

Filiales et entreprises du groupe De Beers[modifier | modifier le code]

DeBeers à Beverly Hills
  • De Beers Canada
  • De Beers Consolidated Mines
  • De Beers Diamond Jewellers
  • Debswana
  • Diamdel
  • Diamond Trading Company
  • Diamond Trading Company Botswana
  • Diamond Trading Company South Africa
  • Element Six
  • Forevermark
  • Namdeb
  • Namibia Diamond Trading Company

Critiques[modifier | modifier le code]

De Beers est très critiquée pour sa politique avec certains États autoritaires, notamment en Afrique.

C'est ainsi qu'elle aurait incité le gouvernement du Botswana à faire des pressions sur les Bochimans pour les exproprier, de manière à ce qu'elle puisse exploiter les réserves de diamants présents sur leurs territoires[6].

De Beers est également critiquée au sujet des "Blood Diamond", un trafic de diamants qui est notamment à l'origine de la guerre civile de Sierra Leone. Suites aux trafics liés à la "guerre civile angolaise", les Nations unies adoptent la "Résolution 1173" le 12 juin 1998 sur les origines des importations des diamants[7]. Le film Blood Diamond de Edward Zwick traite exactement de cette problématique.

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Stefan Kanfer, The Last Empire: De Beers, Diamonds, and the World, 1995 (Farrar, Straus and Giroux)
  • Matthew Hart, Diamond: The History of a Cold-Blooded Love Affair, 2002 (First Plume Book)
  • Greg Campbell, Blood Diamonds: Tracing The Deadly Path Of The World's Most Precious Stones, 2004 (Basic Books/Perseus Books Group)
  • Janine Roberts, Glitter & Greed: The Secret World of the Diamond Cartel, 2007 (The Disinformation Company)
  • Tom Zoellner, The Heartless Stone: A Journey Through the World of Diamonds, Deceit, and Desire, 2007 (Picador/Georg von Holtzbrinck Publishing Group)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le diamantaire De Beers cherche à se protéger des visées d'Anglo American, le Monde, 22 septembre 2011
  2. The history of De Beers
  3. The history of De Beers
  4. LVMH décroche les bijoux de De Beers, L'Express, 16 janvier 2001
  5. [1], Rapport final du conseiller-auditeur dans l'affaire COMP/38.381/B2 — De Beers, 27.7.2006
  6. (en) John Simpson,Bushmen fight for homeland, BBC, 2 mai 2005
  7. [2], Security Council resolution 1173 (1998) on the situation in Angola, http://www.un.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]