John Bauer

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John Albert Bauer

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Naissance 4 juin 1882
Jönköping, Suède
Décès 20 novembre 1918 (à 36 ans)
Vättern, Suède
Nationalité suédois
Activités Peintre, illustrateur
Formation Académie royale des arts de Suède, Stockholm
Mouvement artistique Nationalisme romantique

John Bauer, né le 4 juin 1882 et décédé le 20 novembre 1918 est un artiste, peintre et illustrateur suédois surtout connu pour Bland Tomtar och Troll (Parmi des gnomes et des trolls), un livre de contes folkoriques suédois pour enfants édité en Suède à partir de 1907.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

John Bauer est né à Jönköping, de l´union de son père Joseph Bauer, originaire de Bavière, et de sa mère Emma Charlotta Wadell, originaire d´une famille paysanne de Rogberga, un village situé juste à côté de Jönköping[1][2]. Joseph Bauer était arrivé en 1863 en Suède sans le sou, et avait ouvert une charcuterie à Östra Torget dans la ville de Jönköping[2].

La famille habite un appartement au-dessus du magasin jusqu´en 1881, date à laquelle la construction de leur maison à Sjövik s´achève[3]. John naît en 1882 et grandit donc dans la Villa Sjövik, au bord du lac Rocksjön, avec ses parents et ses deux frères, dont il est le cadet. Il a également une sœur qui meurt très jeune[2]. Il fréquente l´école publique d´éducation supérieure de Jönköping (Jönköpings Högre Allmäna Läroverk)[1], puis l´école technique de Jönköping (Jönköpings Tekniska Skola)[4], entre 1892 et 1898. Il dessine déjà beaucoup de caricatures à l´époque.

À l´âge de 16 ans, il décide d´aller étudier l´art à Stockholm et ses parents le soutiennent dans sa démarche[2]. En 1898, il est l´un des 40 candidats à l´Académie royale des arts de Suède mais, bien qu´il soit tout à fait qualifié, il est trop jeune pour pouvoir y entrer. Il passe donc deux ans à l´école pour peintres Kaleb Ahltins.

En 1900, il atteint l´âge nécessaire pour son entrée à l´Académie royale des arts de Suède, et il est l´un des trois étudiants acceptés cette année-là. Les deux autres étudiants étaient ses amis Ivar Kamke et Pontus Lanner[5]. À l´académie, il étudie l´illustration traditionnelle, les études de plantes, les costumes médiévaux et le croquis. Toutes ces matières devaient lui servir pour ses travaux ultérieurs sur les sagas folkloriques suédoises[6].

C´est pendant ses années d´études à l´Académie qu´il reçoit ses premières commandes pour illustrer des magazines (par exemple pour le Söndags-Nisse et le Snöflingan) et des livres (comme De gyllene böckerna, Ljungars saga et Länge, länge sedan) [7][8]. En 1904, il voyage en Laponie où il crée des peintures pour un nouveau livre sur la culture de la région et son aspect sauvage exotique[9]. Il quitte l´Académie fin 1905 et inscrit sur sa carte de visite le titre d´artiste.

Séjour en Laponie[modifier | modifier le code]

Avec la découverte de grands gisements de minerai de fer au début du XXe siècle dans le nord de la Suède, la Laponie perd son statut de contrée exotique et sauvage de la culture sami et du soleil de minuit, au profit de celui de territoire du développement industriel. C´est dans ce contexte que Carl Adam Victor Lundholm décide de publier un livre illustré sur la Laponie, intitulé Lappland, det stora svenska framtidslandet (La Laponie, le grand territoire suédois du futur)[10]. Il engage des illustrateurs suédois célèbres, tel Karl Tirén, Alfred Thörne, Per Daniel Holm ou encore Hjalmar Lindberg, pour créer les illustrations.John Bauer étant encore inexpérimenté en comparaison, Lundholm teste ses capacités en lui proposant de créer quelques images pour illustrer le peuple Sami à Skansen[11].

Bien qu´il ait été un peu réticent à participer à cet exercice-test, Bauer part le 15 juillet 1904 pour la Laponie où il séjourne un mois. Étant originaire des forêts sombres et denses de la province de Småland, il est submergé par les larges panoramas et par les paysages colorés de Laponie. Ses rencontres avec les membres du peuple Sami et la découverte de leur culture reste une source d´inspiration importante pour ses travaux ultérieurs. Il prend beaucoup de photographies pendant son séjour, réalise de nombreux croquis annotés des costumes, outils et objets qu´il voit, mais il a des difficultés à se rapporcher des Samis à cause de leur timidité[11]. Il garde note de ses expériences dans un journal, ainsi qu´à travers les lettres qu´il envoie à sa famille et à ses amis[12]. Après la visite d´une goahti sami, il note : "toute la lumière vient d´en haut. Si la tête est penchée vers le sol, elle est sombre. Les parties éclairées du visage toujours plus claires que la toile de la tente. Les ombres nettement découpées se déplacent comme les roues d´un rayon depuis le centre de la goahti"[13].

Le livre sur la Laponie est publié en 1908 et comporte onze aquarelles de John Bauer. Il les a réalisées à Stockholm presque 18 mois après sa visite dans le nord, en utilisant les photos et croquis rapportés de son séjour[14]. Nombre de ses photos donnent lieu à d´autres dessins et peintures. Ce sont pour la plupart des interprétations romantiques des photographies, mais Bauer arrive à capturer les nuances et l´ambiance des goahtis, ainsi que la richesse des costumes et de l´artisanat des Samis. Des objets de la culture Sami, comme les couteaux courbés, leurs chaussures, les lances, les récipients et les ceintures deviennent plus tard des éléments importants de l´habillement et ornementation des trolls illustrés par Bauer[12]. Le sens du détail de Bauer et sa documentation méticuleuse de son séjour en Laponie sont aujourd´hui encore un matériel ethnographique important pour la région[15].

Vie privée et mariage[modifier | modifier le code]

Sagoprinsessan (La fée princesse), 1905, peinture à l´huile

John Bauer fait la rencontre d´Ester Ellqvist à l´Académie royale des arts de Suède. Elle étudie dans le département réservé aux femmes, puisqu´à l´époque les femmes n´avaient pas le droit d´assister aux mêmes cours que les hommes, la manière de leur enseigner étant quelque peu différente[16]. Ellqvist était talentueuse et ambitieuse, mais elle n´avait pas les mêmes opportunités de se développer que ses camarades masculins[17].

Bauer commence à la courtiser dès 1903[18], mais comme ils ne se voyaient que rarement, le contact se fait plutôt par courrier. Leur relation commence à se développer grâce à cette correspondance dans laquelle ils partagent leurs rêves, aspirations, doutes et incertitudes[19]. Ellqvist devient la muse de Bauer, ainsi que sa « fée princesse » : c´est ainsi qu´il la peint pour la première fois dans Sagoprinsessan (La fée princesse). Bauer en réalise des croquis en 1904, puis réalise la peinture à l´huile en 1905. Ellqvist y est représentée comme une walkyrie forte, éclairée et inaccessible[20]. La peinture est exposée lors de la première exposition de Bauer à l´Académie Valand de Göteborg en 1905 (où il était l´un des onze exposants débutants[21]), puis en 1906 à Norrköping, où elle est vendue à un collectioneur privé[22]. On peut aujourd´hui la voir au Jönköpings Läns Museum[23]. Bauer essaye de faire d´Ellqvist une créature des bois et la femme parfaite pour un artiste: il voulait qu´elle garde le foyer dans un cottage romantique au milieu des bois tandis qu´il se promènerait dans la forêt à la recherche de l´inspiration[24].

Cependant Ester Ellqvist a grandi à Stockholm et est une personne enjouée qui apprécie une vie sociale active, telle qu´on ne peut la trouver que dans les villes et villages. Elle souhaite s´installer dans un cadre confortable avec son mari et avoir des enfants. Bauer n´étant pas encore un artiste établi, il ne peut subvenir aux besoins d´une famille[20], c´est pourquoi il devra compter sur le soutien financier de ses parents toute sa vie durant. Il demande Ester Ellqvist en mariage sans avoir consulté ses parents auparavant, lesquels étaient d´avis qu´il devait attendre d´être mieux établi dans sa profession et indépendant avant de se marier[25].

Le 18 décembre 1906, John Bauer épouse Ester Ellqvist. On ne connaît pas beaucoup de détails sur les premières années de leur vie commune, puisque leur correspondance écrite cesse dès lors qu´ils habitent ensemble. Bauer réalise des illustrations pour des couvertures de magazines, comme par exemple Hvar 8 Dag, et il commence à travailler sur Bland tomtar och troll (Parmi les gnomes et les trolls)[26][27]. En 1908, Bauer et Ellqvist voyagent ensemble en Italie. À leur retour, ils trouvent une maison, la Villa Björkudden, située sur les rives du lac Bunn juste aux abords de la ville de Gränna. Ils achètent la maison en 1914, et leur fils Bengt (surnommé Putte) naît dans les années qui suivent[28]. Cette naissance marque une période joyeuse et harmonieuse pour le couple.

Rottrollen (les trolls-racine), 1917

Bauer réalise les illustrations finales de armi les gnomes et les trolls, son grand adieu aux séries, ce qui lui permet d´explorer librement ar la suite la dramaturgie et l´art de la fresque. Il montre ses peintures au public lors d´expositions et s´essaye au modernisme[29], mais non sans incidence sur sa vie privée[30]. Bauer est souvent absent tandis qu´Ellqvist se retrouve seule à la maison, et ils ne disposent plus des revenus réguliers que rapportaient les illustrations auparavant[31]. En 1917, leur mariage semble en danger et en 1918, Bauer évoque l´idée du divorce dans une lettre à sa femme.[32][20].

Le temps passant, Bauer à de moins en moins recours à Ellqvist en tant que modèle pour ses créations[33]. Suite à la naissance de leur fils, Bauer commence à intégrer des enfants dans ses compositions. La peinture Rottrollen (les trolls-racine) réalisé en 1917, représente leur fils Putte en train de dormir au milieu de la forêt, entouré de trolls en forme de racines[34].

Séjour en Italie[modifier | modifier le code]

En 1908, Bauer et sa femme réalisent un long séjour en Italie, aux frais de Joseph. Ils décident de passer par l´Allemagne avant d´arriver en Italie, Bauer ayant été très impressionné par les villages médiévaux allemands, lors d´un séjour dans le pays avec père en 1902. Une fois en Italie, le couple visite Vérone, Florence, Sienne puis passent deux mois à Volterra. Ils poursuivent leur voyage en passant à Naples et Capri, avant de passer l´hiver à Rome[35].

Svanhamnen (la jeune fille aux cygnes), 1908

Durant leur voyage, ils étudient l´art et visitent des églises et monuments. Le soir ils vont dans de petites tavernes pour s´imprégner de l´ambiance, comme ils le racontent dans les lettres[19] envoyées à la famille Bauer[36]. Les carnets de croquis réalisés par Bauer durant son séjour comportent de nombreuses études d´objets antiques de l´art de la Renaissance qu´il réutilisera plus tard dans ses illustrations. Ainsi, un portrait de Domenico Ghirlandaio réalisé par Sandro Botticelli aurait servi de modèle pour le Svanhamnen (la jeune fille aux cygnes) de Bauer et les œuvres de Piero della Francesca lui inspirèrent sa fresque Den helige Martin (Saint Martin). Bauer s´intéresse également aux fresques italiennes. Il déborde d´enthousiasme face aux œuvres qu´il étudie, mais il ressent le mal du pays et la sérénité des forêts suédoises lui manque[37]. C´est ce qui donnera naissance à certaines de ses plus belles images hivernales figurant la neige blanche, les bois sombres et le ciel illuminé de minuscules étoiles[38].

Un meurtre commis dans l´immeuble où ils vivaient à Rome met un terme à leur séjour. Bauer est interrogé par la police italienne suite à un malentendu. Il n´est pas suspecté mais le cas fait sensation auprès du public, et l´affaire leur laissera un souvenir amer du temps passé à Rome[39].

Mort sur le lac Vättern[modifier | modifier le code]

L´épave du Per Brahe après son remorquage en 1922

John Bauer, Ester Ellqvist et leur fils Bengt, alors âgé de deux ans se rendent vers leur nouvelle maison à Stockholm, où Bauer espère trouver un renouveau spirituel et une nouvelle vie pour lui et sa famille. Un accident de train spectaculaire étant survenu quelques temps auparavant dans la ville de Getå[40], causant la mort de 42 personnes, Bauer décide de rentrer à Stockholm en bateau à vapeur, à bord du Per Brahe[41]. La nuit du 19 novembre 1918, le bateau quitte Gränna chargé de réchauds en fonte, de socs de charrue, de machines à coudre et de barriques. Toute la marchandise ne pouvant être contenue dans les cales, une grande partie est stockée sur le pont, alourdissant ainsi la partie haute du navire. La météo est mauvaise, et le bateau se trouve pris dans une tempête alors qu´il est en mer : le vent fait glisser la marchandise posée sur le pont, une partie tombe à l´eau tandis que le reste déstabilise le bâtiment. Le navire chavire alors et coule la poupe en avant alors qu´il se trouve à seulement 500 mètres de Hästholmen, le port le plus proche. Les 24 passagers, dont la famille Bauer, sont tués, la plupart d´entre eux étaient coincés dans leurs cabines[42].

épave est retrouvée le 22 novembre 1918 à une profondeur de 32 mètres, et est remorquée le 12 août 1922. L´enquête montre que seulement un tiers de la cargaison avait était stockée dans les cales, tandis que le reste était sur le pont sans précaution de sécurité [42]. Le remorquage de l´épave éveille l´attention du public d´une façon étrange : par exemple, une machine à coudre retrouvée à bord est brisée afin d´en vendre les morceaux à une couronne pièce. On estime qu´environ 20 000 personnes sont venues assister au tractage de l´épave, des trains supplémentaires avaient même été affrétés depuis Norrköping. Les reportages filmés montrant l´épave sont diffusés dans les cinémas à travers le pays[43]. Afin de financer l´opération de sauvetage, l´épave du Per Brahe réalise par la suite un tour macabre en Suède[44], où elle est montrée de ville en ville. Les journaux nourrissent alors les superstitions du grand public selon lesquelles les créatures mythiques de la forêt auraient réclamé le corps de John Bauer en faisant couler le bateau. L´approche la plus répandue de cette superstition était liée au conte Agneta och sjökungen (Agneta et le roi de la mer), dans lequel le roi de la mer attire une jeune fille dans les abysses[45]. Le 18 août 1922, la famille Bauer est enterrée au cimetière Östra à Jönköping (carré 04 emplacement 06 )[46].

Bauer, l´homme[modifier | modifier le code]

Bauer n´a jamais cessé de douter de lui. Il considère les louanges reçues pour ses illustrations de trolls et de princesses comme « un tapotement amical sur la tête pour avoir réalisé des images amusantes pour les enfants »[47]. Il a toujours souhaité travailler à la peinture à l´huile, et s´adonner à ce qu´il appelait du « véritable art », mais il avait besoin des revenus que lui assuraient ses illustrations[48]. Ses doutes envers lui-même étaient à l´opposé de son image auprès du grand public, et à la façon dont il se dépeignait dans ses autoportraits : un homme fort et empli d´autodérision vis-à-vis de sa relation avec les trolls et les gnomes[49][50].

Carrière[modifier | modifier le code]

Les motifs[modifier | modifier le code]


Trolls avec l'enfant qu'ils ont élevé, 1913
John Bauer, autoportrait, 1908

Le sujet préféré de Bauer est la nature suédoise, les forêts denses où les rayons du Soleil transpercent la canopée. Depuis son plus jeune âge, il arpente les forêts sombres de la province de Småland et imagine les créatures qui la peuplent[51]. Ses peintures contiennent souvent des représentations détaillées de plantes, mousses, lichens et champignons qui peuvent être trouvés dans les bois suédois[52]. Ses illustrations les plus connues sont celles des contes illustrés Parmi les gnomes et les trolls[53].

Dans un article de 1953 pour le Allers Familje-journal, son ami Ove Eklund déclare que « bien que [Bauer] se contente de marmonner à ce propos et n´en parle jamais clairement », ce dernier croyait réellement à l´existence de toutes les créatures qu´il dessine. Eklund avait accompagné Bauer à plusieurs reprises lors de ses promenades à travers les forêts proches du lac Vättern, et les descriptions que Bauer faisait des choses dont il croyait en l´existence donnaient à Eklund l´impression qu´il pouvait les voir aussi[54].

Ove Eklund à propos de John Bauer:

« Oui, il était comme ça John Bauer, avec son éternelle pipe marron collée au coin de sa bouche. De temps en temps il laissait s´échapper un petit nuage de fumée de troll marron qui montait tout droit vers les scintillements du Soleil dans l´espace bleu turquoise. Et il marmonnait quelque chose, pas toujours facile à déchiffrer, entre ses fines lèvres serrées. Mais moi qui en détenais la clé depuis de longues années, je pouvais presque tout comprendre [54] »

Inspiration[modifier | modifier le code]

Troll méditant sur son âge, Theodor Kittelsen, 1911.

Bauer et ses amis appartiennent à une génération de peintres suédois ayant débuté leur carrière juste avant l´avènement du modernisme en Europe ; cependant ils étaient considérablement plus jeunes que les artistes qui dominaient encore la scène artistique suédoise, tels que Carl Larsson, Anders Zorn ou encore Bruno Liljefors [17]. Bauer est influencé par ces artistes, mais également par Fritz Erler, Max Klinger et d´autres illustrateurs allemands, du fait des origines germaniques de son père[55].

Il vit à une époque où le romantisme scandinave reprend à son compte le vieux norrois et Bauer utilise des motifs et des idées issus des travaux de Theodor Kittelsen et d´Erik Werenskiöld par exemple. Cependant, ses œuvres finales dénotent d´un style quil lui est propre[56].

À la suite de son séjour en Italie, ses travaux contiennent des éléments empruntés à la Renaissance du XIVe. On retrouve dans ses illustrations de princes et princesses des motifs provenant des tapisseries des Flandres et les vêtements plissés de ses trolls ne sont pas sans rappeler les habits drapés que l´on peut voir sur les sculptures antiques romaines[57].

Style[modifier | modifier le code]

La technique utilisée par Bauer lorsqu´il peint est coûteuse en temps : il débute en réalisant de petites ébauches pas plus grandes qu´un timbre qui contiennent les traits forts. Il dessine ensuite une esquisse à peine plus grande qui comporte plus de détails. Les esquisses grandissent progressivement, incluant de plus en plus de détails, jusqu´à ce que le dessin atteigne sa taille finale. La plupart des illustrations originales pour Parmi les gnomes et les trolls sont des images carrées de 20 à 25 centimètres de côté. Il gribouille à la main sur tous les supports, sur le dos d´enveloppes par exemple[58]. Beaucoup de ses croquis ressemblent à un comic strip, où les images deviennent de plus en plus grandes et détaillées. Il réalise aussi parfois plusieurs versions d´une même image finale, où par exemple le motif est représenté en été et en hiver[59][60]. À l´époque, il ne respecte pas la hiérarchie traditionnelle des matériaux et des techniques. Il travaille indifféremment au crayon, au fusain et réalise parfois des croquis à la peinture à l'huile[61]. Au début de sa carrière, Bauer doit adapter ses illustrations aux techniques d´impression de l´époque. L´impression couleur était coûteuse et pour cette raison peu répandue, si bien que les illustrations étaient souvent imprimées en noir avec une seule couleur[62]. Au fur et à mesure que les techniques d´impression se sont développées et que ses illustrations ont gagné en succès, ses dessins comportent de plus en plus de tons pour être finalement imprimées tout en couleur[63].

Influences[modifier | modifier le code]

Son influence peut être perçue dans l'œuvre des illustrateurs Arthur Rackham, Kay Nielsen, Brian Froud, Pascal Moguérou, Jean-Baptiste Monge.



Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (sv) Helen Agrenius, Om konstnären John Bauer och hans värld (John Bauer, de l´artiste et de son univers), Jönköping, Suède, Jönköpings läns museum,‎ 1996 (ISBN 91-85692-29-8).
  • (sv) Per Bjurström, Gunnar Lindqvist, Agneta Börtz-Laine et Hans Holmberg, John Bauer: en konstnär och hans sagovärld (John Bauer: un artiste et son univers de conte), Höganäs, Bra Böcker i samarbete med Nationalmus,‎ 1982 (ISBN 91-38-90217-6).
  • (sv) Claes Corin, I John Bauers fotspår (Sur les traces de John Bauer), Laholm, Corzima,‎ 2013 (ISBN 978-91-637-3020-7).
  • (sv) Gunnar Lindqvist, John Bauer, Stockholm, Liber Förlag,‎ 1979 (ISBN 91-38-04605-9).
  • (sv) Elsa Olenius, John Bauers sagovärld: en vandring bland tomtar och troll, riddare och prinsessor tillsammans med några av våra främsta sagodiktare (L´univers de contes de John Bauer: une marche parmi les gnomes et trolls, les chevaliers et princesses, accompagnés par nos poètes les plus féériques), Stockholm, Bonnier,‎ 1966 (ISBN 91-0-030396-8).
  • (sv) Anne Wahlenberg et John Bauer, John Bauer: Länge, länge sedan (John Bauer: il y a très longtemps...), Project Runeberg,‎ 1903.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (sv) Axel L Romdahl, « John Bauer », dans Roger Axelsson, John Bauer, vol. 2, Stockholm, 1920 (lire en ligne), p. 783
  2. a, b, c et d « Den unge Bauer (Le jeune Bauer) », sur www.jkpglm.se, Jönköpings läns museum (consulté le 6 Juillet 2014)
  3. « Villa Sjövik », sur www.jkpglm.se, Jönköpings Läns Museum (consulté le 6 juillet 2014)
  4. Lindqvist 1979, p. 9.
  5. Lindqvist 1979, p. 10.
  6. Lindqvist 1979, p. 10-12.
  7. Lindqvist 1979, p. 13.
  8. Wahlenberg et Bauer 1903, p. 9.
  9. Lindqvist 1979, p. 14.
  10. Agrenius 1996, p. 23.
  11. a et b Lindqvist 1979, p. 16.
  12. a et b Corin 2013, p. 14.
  13. Lindqvist 1979, p. 21.
  14. Bjurström et al. 1982, p. 14.
  15. Lindqvist 1979, p. 20.
  16. Par exemple, lorsque les femmes réalisaient des croquis, les modèles ne se dévêtissaient pas entièrement
  17. a et b « Konstakademien (l´Académie des arts) », sur www.jkpglm.se, Jönköpings Läns Museum (consulté le 6 juillet 2014)
  18. Lindqvist 1979, p. 32.
  19. a et b La majeure partie de la correspondance attribuée à John Bauer (environ 1000 lettres) est aujourd´hui conservée au Jönköpings läns museum. Elles sont en cours de digitalisation. D´autres lettres de Bauer sont conservées à la Bibliothèque royale de Suède ainsi qu´à la Gothenburg University Library.
  20. a, b et c « John & Ester », sur www.jkpglm.se, Jönköpings Läns Museum (consulté le 6 juillet 2014)
  21. Corin 2013, p. 16.
  22. Agrenius 1996, p. 26.
  23. (sv) « Sagoprinsessan (Oljemålning) (La fée princesse (peinture à l´huile)) », sur www.digitaltmuseum.se, Digitalt Museum (consulté le 6 juillet 2014)
  24. Lindqvist 1979, p. 32-34.
  25. Agrenius 1996, p. 29.
  26. Corin 2013, p. 18-20.
  27. (sv) Pia Huss, « Fast i sagans värld (Coincé dans le monde des contes de fées) », sur www.lararnasnyheter.se, Swedish Teachers' Union (consulté le 20 juin 2014)
  28. Corin 2013, p. 40.
  29. On peut voir ses expérimentations dans le modernisme à travers la gouache Fanstyg (magie noire), où il tourne en dérision les personnages de ses travaux précédents en leur faisant subir des distortions, ainsi que dans Blå Eva (Ève bleue), une tempera onirique représentant Ève avec des ombres bleues, peinte en 1918.
  30. « Nya vägar (nouvelles méthodes) », sur www.jkpglm.se, Jönköpings läns museum (consulté le 2 septembre 2014)
  31. Corin 2013, p. 40–42.
  32. Corin 2013, p. 44.
  33. Lindqvist 1979, p. 34.
  34. Bjurström et al. 1982, p. 174.
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  39. Lindqvist 1979, p. 39.
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  42. a et b Lars Bergquist, Per Brahes undergång och bärgning (le naufrage et sauvetage du Per Brahe), Stockholm, Norstedt,‎ 1980 (ISBN 91-1-801012-1, lire en ligne)
  43. (sv) «  Extratåg sattes in – alla ville se bärgningen (trains supplémentaires, tout le monde voulait voir le remorquage) », sur www.svd.se, Svenska Dagbladet (consulté le 23 juin 2014)
  44. « Pengar samlades in på makaber "turné" (de l´argent collecté durant la « tournée » macabre) », sur www.svd.se, Svenska Dagbladet (consulté le 23 juin 2014)
  45. Olenius 1966, p. 86–87.
  46. « Historiska och kända personer begravda på Östra kyrkogården (personnalités et célébrités enterrées au cimetière de l´est) », sur www.svenskakyrkanjonkoping.se, Svenska kyrkan Jönköping (consulté le 23 juin 2014)
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  50. Bjurström et al. 1982, p. 26–27.
  51. Agrenius 1996, p. 30-33.
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  59. Agrenius 1996, p. 41-42.
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  63. Corin 2013, p. 30-ff.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]