Jean Baptiste Christian Fusée-Aublet

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Portrait de Fusée-Aublet, taille-douce, 1775

Jean Baptiste Christian[1] Fusée-Aublet[2] est un pharmacien, botaniste et explorateur français, né en 1720 à Salon-de-Provence et mort en 1778 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune, il s'embarque à Toulon pour aller à Grenade chez l'apothicaire Don Antonio Sanchez Lopez. Il y reste un an puis retourne à Salon et ensuite à Montpellier pour suivre les cours de Fitzgerald et de François Boissier de Sauvages (1706-1767). Il se rend ensuite à Lyon où il rencontre Jussieu, puis rentre au service des hopitaux des armées de l'infant Dom Philippe. Cet emploi ne lui laissant peu de temps pour herboriser, il se rend à Paris pour suivre les cours de chimie de Guillaume-François Rouelle (1703-1770) et ceux de botanique du jardin du roi. Il rencontre diverses personnalités : Bernard de Jussieu (1699-1777), de Bombarde, D'Holbac, etc.

Après avoir envisagé de se rendre en Prusse, la Compagnie des Indes, sur proposition du ministre de la Marine, décide de l'envoyer à l'île Maurice (île de France à l'époque) pour y établir un laboratoire pour fournir ses comptoirs en médicaments et un jardin botanique. Il part de Paris en 1752 et arrive la même année à l'île de France (actuelle île Maurice) pour y établir une pharmacie et un jardin botanique ; il y travaille comme apothicaire compositeur pour le compte de la Compagnie française des Indes orientales et y demeure neuf ans.

Histoire des plantes de la Guiane Française
Hernandia Guianensis

Tout en réalisant sa mission (pharmacie et création du jardin de Pamplemousse), Fusée-Aublet se montre un bon administrateur. Cependant il entre en conflit avec Pierre Poivre (1719-1786) qui lui avait confié au retour de ses campagnes des Indes des plants de muscadiers et de girofliers. Fusée-Aublet qualifie ces plants de « prétendus muscadiers »[réf. nécessaire] et adresse le 29 octobre 1755 un mémoire au conseil supérieur de l'île. Pierre Poivre réfute ces accusations ; l'avenir montrera qu'il avait raison grâce à une expertise de Jussieu. Mais Fusée-Aublet laisse périr les plants, jaloux du succès de Pierre Poivre[3] (une enquête révèle que Fusée-Aublet avait lui-même tué volontairement les jeunes plantes en les arrosant à l'eau bouillante). Fusée-Aublet fait cependant du bon travail. Il rentre à Paris en 1762 après avoir affranchi tous ses esclaves et épousé une femme de couleur originaire de Madagascar de laquelle il aura un fils. La même année il crée un jardin botanique à Salon-de-Provence au quartier de Canourgues ; il y introduit des catalpas, des tulipiers et des érables.

À peine revenu en France il est sollicité pour se rendre en Guyane. Il reçoit le 2 mai 1762 un ordre du Ministre de se rendre dans ce pays en tant qu'apothicaire botaniste du roi. Il arrive à destination le 23 juillet 1762. Dans ce pays pratiquement inexploré Fusée-Aublet constitue un herbier considérable. Malade il quitte la Guyane en 1764 mais passe par Saint-Domingue à la demande du comte d'Estaing.

Il rentre à Paris en 1765 en apportant un herbier considérable. Il fait vérifier par Bernard de Jussieu ses descriptions et ses dessins avant de les faire graver. Cela lui permet de faire paraître son Histoire des plantes de la Guiane françoise, Paris, 1775, ornée de près de 400 gravures en taille-douce. Il est l’auteur de diverses publications sur les objets et le commerce de la Guyane. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) entre en possession de cet herbier trois mois avant sa mort. Ce n'est qu'en 1953 seulement qu'il rejoint les autres herbiers du Muséum national d'histoire naturelle.

Annexes[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marseille. 2 600 ans de découvertes scientifiques, Publications de l'Université de Provence, 2002
  • Les botanistes à Marseille et en Provence du XVIe au XIXe siècle, Marseille, 1982
  • L’exploration botanique en Guyane française, Allorge L., B. Bordenave et M. Hoff. 123e Congrès National des Sociétés Historiques & Scientifiques, « Antilles - Guyane 1998, Histoire Naturelle », p. 159-172, 2001

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ses prénoms sont parfois donnés séparés par des traits-d’union. Christian est parfois remplacé par Christophore.
  2. Le nom est parfois écrit sans le trait-d’union.
  3. Cité par Allain Yves-Marie (2004). La guerre des épices. in L’Herbier du monde. Cinq siècles d’aventures et de passions botaniques au Muséum national d’histoire naturelle (Morat P., Aymonin G.-G. et Jolinon J.-C., dir.), Muséum national d’histoire naturelle de Paris (Paris) et Les Arènes/L’iconoclaste (Paris) : 54-61.
Aubl. est l’abréviation botanique officielle de Jean Baptiste Christian Fusée-Aublet.
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