Vidauban

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Vidauban
Blason de Vidauban
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Arrondissement Draguignan
Canton Le Luc
Intercommunalité Communauté d'agglomération dracénoise
Maire
Mandat
Claude Pianetti (UMP)
2014-2020
Code postal 83550
Code commune 83148
Démographie
Gentilé Vidaubanais
Population
municipale
10 608 hab. (2011)
Densité 145 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 25′ 34″ N 6° 25′ 57″ E / 43.4262, 6.4325 ()43° 25′ 34″ Nord 6° 25′ 57″ Est / 43.4262, 6.4325 ()  
Superficie 73 km2
Localisation

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Vidauban est une commune française située dans le département du Var en région française Provence-Alpes-Côte d'Azur, sur les bords de l'Argens. Elle connaît une croissance démographique rapide, de plus de 4 % par an : 9 311 habitants en 2005.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vidauban est située à la fois dans la partie orientale de la plaine des Maures et dans la moyenne vallée de l'Argens. C'est une commune viticole, traversée par la RN7 (devenue Départementale N7) et l'autoroute A8. Ces deux voies routières majeures du département délimitent assez nettement le nord (pins d'Alep, chênes, peupliers) et le sud (pins parasols, bruyères et grès rosés) de cette commune traversée par l'Argens.
Son territoire couvre 7393 hectares. Plus de 4000 ha se composent de forêts et plus de 1100 ha sont à vocation agricole. Les nombreux domaines viticoles qui s’adonnent à la culture de la vigne produisent un vin de qualité reconnue, d’appellation "A.O.C" (la majeure partie) ou "vin de pays".
Vidauban, placé au cœur du Var, est le point de départ idéal pour découvrir les sites historiques et culturels de la Provence. Sa situation privilégiée, ses paysages et sa végétation en font un cadre agréable, qui n'est éloigné de la côte méditerranéenne que de 25 kilomètres, et de moins de 100 kilomètres des premières stations de ski des Alpes du Sud.
Le 11 juillet 2009 a été mise en service la déviation de la départementale N7 à Vidauban. Cette voie de contournement d'environ 3 km, dont la maîtrise d'ouvrage a été confiée au Conseil général du Var, a nécessité 200 000 m3 de terrassement, 5 bassins de traitement des eaux, 2 carrefours giratoires, 5 passages supérieurs et 1 inférieur. Elle diminue désormais les importantes difficultés de circulation liées aux lourds trafics en transit dans l'agglomération.

La commune est traversée par l'Aille, et la Florieye, deux affluents de l'Argens.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du mot Vidauban est Vitis Alba (vigne blanche), c'est-à-dire la clématite que l'on trouve sur les rives de l’Argens. On trouve aussi, dans d'anciens documents, les appellations de Vicus Albanorum et Castrum de Vidalban. Le nom de Vidauban est d'origine romaine. Quelques ruines, inscriptions et le passage de la Voie romaine en attestent. Cette écriture se retrouve plus précisément sur une carte de 1293 sous la forme Vidalban.

Les enceintes fortifiées, situées sur les hauteurs de Sainte-Brigitte, au fort des Mûres, à Châteauneuf, confirment cette présence humaine à l'âge de fer.

Les vestiges de voie romaine ont été dégagés dans le secteur des Blaïs. D'autres permettent de penser que l'antique cité de "Forum Voconii" devait se situer entre le hameau actuel des Blaïs et le domaine des termes au Cannet des Maures.

Vers la fin du premier millénaire, pour éviter les Sarrasins implantés à la Garde Freinet, les habitants se repliaient alors sur les hauteurs mais temporairement, leur vie s'organisant le long de la route d'Italie bordée d'un dizaine de chapelles. C'est à cette époque que l'existence de "Castrum nomine Vite Albano" apparaît dans les chartes. C'était une possession de la famille princière des Comtes de Marseille.

Par la suite, le « fief très noble de Vidalban » apparaît dans diverses transactions, même s’il demeure dans le patrimoine des Vicomtes.

Au XIIIe siècle, Vidauban est sans doute située au Sud de la colline de Sainte-Brigitte, dans le secteur dit « Derrière le château ». En 1220, Bertrand et Jourdan de Vidauban donnent des biens à l’Ordre des Templiers, lesquels formeront plus tard la Commanderie d’Astros.

Au XIVe siècle le lieu de Vidauban était déjà formé en communauté. Les habitants possédaient une bonne partie des terres cultivables et leurs biens ne devaient pas être soumis à la "tasque" en grains et vins.

En 1390, le fief de Vidauban revient à Raimond de Villeneuve, fils de Giraud, Baron des Arcs. Il demeurera dans cette famille pendant plus de 300 ans.

Dans la deuxième partie du XVe siècle, l'histoire de Vidauban est très mal connue. On sait seulement que le terroir a été momentanément déserté par la population, et que l’ancien village, « Derrière le Château », a été détruit en 1500.

En 1511, un « acte d’habitation » est signé entre Louis de Villeneuve et 17 « manants ». Le seigneur dispose de ses privilèges (justice, impôts...), mais les habitants peuvent se constituer en communauté ; ils peuvent aussi élire des administrateurs qui, pendant leur mandat d’un an, s’occupent des affaires communales et des services publics. Ce contrat régira les rapports entre seigneur et habitants jusqu’à la Révolution de 1789.

Au début du XVIe siècle, le village se déplace en direction de la route d'Italie, autour de l'église actuelle. L'époque des Villeneuves durera jusqu'en 1698, date à laquelle le Comte de Vintimille recevra, de Messire de Raity, le fief, terre et seigneurie de Vidauban. À cette époque-là, Vidauban compte 146 chefs de familles, 83 maisons habitées et 72 non habitées.

En 1707, le village est pillé et brûlé, l’église exceptée, par l’armée de Savoie qui venait de lever le siège de Toulon. De nombreux habitants parviennent à fuir ; d’autres, réfugiés dans l’église, y seront massacrés. Le village sera progressivement reconstruit. Une nouvelle invasion aura encore lieu en 1747.

En 1776, Vidauban compte 1205 habitants. En 1786, l’ancien cimetière, « Derrière le Château », est abandonné au profit de celui de l’Aubrède.

La Révolution atteint Vidauban en 1790, avec l'application d'un décret de l'Assemblée Nationale demandant le recensement des "Biens Nationaux", autrement dit des biens des Nobles, du Clergé et, à Vidauban, de l'ordre étranger de Malte. En effet, les Chevaliers de Malte avaient pris possession du domaine d’Astros, à la suite de la dissolution de l’Ordre des Templiers par Philippe le Bel en 1308.

C'est ainsi que débutent, le 18 février 1790, l'estimation, fixation, évaluation et cotisation de toutes les propriétés, droits et revenus appartenant au Seigneur, Comte de Vintimille. Le 12 frimaire An II (novembre 1793) des lots sont formés et vendus. 1793 est aussi l’année de la destruction du château. Par la suite, l’ancienne place du château deviendra la place de la Mairie.

Lors de la Deuxième République, Vidauban est une commune dont la population est républicaine convaincue : les 8 chambrées comptent 560 membres en 1849[1]. Par ailleurs, Cavaignac recueille 170 voix en novembre 1848, Ledru-Rollin 83, et Louis-Napoléon Bonaparte seulement 113[1].

Après le coup d'État du 2 décembre 1851, la commune se soulève dès que la nouvelle de la dissolution de l’Assemblée nationale par Louis-Napoléon Bonaparte est connue. Ainsi, le jeudi 4 décembre, c’est la prise du pouvoir à Vidauban, durant laquelle Les républicains s’emparent de la mairie. Le 6 décembre, les colonnes d’insurgés venant du Luc et de la Garde-Freinet se rallient à Vidauban. Les Vidaubannais se joignent à elles et partent le lendemain, 7 décembre, vers Les Arcs pour la bataille d’Aups[2]. Le 10 décembre, marquera pourtant le début d’une terrible répression, qui laissera une cinquantaine de morts parmi les 6 000 hommes de l’armée républicaine, notamment à Lorgues.

Après la bataille, c’est le 6e régiment d'infanterie de ligne qui occupe le village et impose le retour à l’ordre[3]. 288 Vidaubannais sont poursuivis, et 77 condamnés (dont 39 par contumace) : avec les deux morts de la commune, on peut estimer à environ 300 au moins le nombre de Vidaubannais ayant participé à la résistance au coup d’État[4].

Avant 1850, on dénombrait beaucoup de fours à poix sur le territoire communal. La plupart produisait de la poix « navale », substance résineuse et collante. À la fin du XIXe siècle, Vidauban est devenue une commune à vocation semi-industrielle, prospère notamment grâce à l’industrie du liège et des bouchons.

Lors de la Première guerre mondiale, la commune met à la disposition de la 15e région militaire l’établissement numéro 12, pour l’assistance aux convalescents militaires (ACM). Cette structure dispose de 20 lits pour accueillir les blessés du front.

Le village de Vidauban est occupé pendant la Seconde guerre mondiale, d'abord par les Italiens, qui s’y installent en 1942, puis par les Allemands en 1943. Pressentant un débarquement imminent en Provence, beaucoup de Vidaubannais sont mobilisés en 1944 pour le travail obligatoire aux défenses du littoral, au Lavandou et à La Londe. Le village est libéré par les troupes américaines le 16 août après-midi, à la suite du débarquement de l’opération « Dragoon » qui a eu lieu la veille sur les côtes varoises.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Antoine Codde    
1791 1792 Alexandre Bernard Sermet    
1792 1795 Pierre Paul Dominique Baliste    
1795 1795 Joseph Tournel    
1795 1800 Alexandre Sermet    
1800 1804 Joseph Sermet    
1804 1813 Pierre Paul Dominique Baliste    
1813 1815 Joseph Fortuné Bernard    
1815 1824 Baltazard Alphonse Codde    
1824 1830 Joseph Fortuné Bernard    
1830 1831 Jean Baptiste Fidèle Sermet    
1831 1848 Alphonse Antoine Aumand    
1848 1850 Adolphe Bouisson    
1850 1871 Lazaret Victor Bernard    
1871 1874 Antoine Édouard David    
1874 1875 Ovide Camail    
1875 1876 Jean Baptiste Codou    
1876 1884 Antoine Édouard David    
1884 1885 Marius Martin Gros    
1885 1890 Antoine Marin    
1890 1892 François Liotard    
1892 1904 Firmin Pécout    
1904 1908 Émilien Berenguier    
1908 1929 Henri Mouriès    
1929 1941 Charles Pellegrin    
1941 1943 Raoul Recugnat    
1943 1944 Marius Chambeiron    
1944 1953 Marcel Mouriès    
1953 1953 Clément Vassal    
1953 1965 Jean Bernard    
1965 1971 Yves Bech    
1971 1995 Édouard Bernard    
mars 1995 en cours Claude Pianetti UMP Entrepreneur de pompes funèbres, conseiller général

Le maire actuel, Claude Pianetti, ancien maçon, est entrepreneur de pompes funèbres. Il est également premier vice-président de la Communauté d’Agglomération Dracénoise, chargé des affaires sportives et Conseiller Général du Var, canton du Luc en Provence (élection du 27 mars 2011).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 10 608 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 320 1 485 1 388 1 476 2 006 1 942 2 088 2 203 2 150
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 296 2 576 2 706 2 880 3 132 2 948 3 003 2 736 2 629
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 650 2 695 3 014 2 752 3 016 3 196 3 062 2 658 2 583
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
2 611 2 757 2 930 3 805 5 460 7 311 9 331 9 569 10 165
2011 - - - - - - - -
10 608 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Profitant de la notoriété grandissante des vins Côtes de Provence, qui ont accédé au rang d’Appellation d’Origine Contrôlée en 1977, la viticulture est devenue l’activité principale de la commune de Vidauban. Elle réunit aujourd'hui cinq châteaux, neuf domaines et une cave coopérative. Le vin rosé représente 80 % des volumes produits.

Au 1er janvier 2005, la commune comptait :

  1. 31 entreprises relevant du secteur de l'Industrie
  2. 99 entreprises relevant du secteur de la Construction
  3. 116 entreprises relevant du secteur du Commerce
  4. 151 entreprises relevant du secteur des Services.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le Domaine des châteaux d'Astros, route de Lorgues a bénéficié d'une protection au titre des monuments historiques par arrêté du 17 avril 2009 : le vieux château et ses dépendances (cad. OA 184) ; le pigeonnier (cad. OA 190) ; la chapelle Saint-Lambert (cad. OA 196) ; les parties du canal d'irrigation, y compris les ponts-aqueducs (cad. OA 138 à 142, 144, 145, 190 à 195, 197 à 199, 202, 203, 207, 208, 223 à 225, 234, 236, 237, 277, 281 à 284) ; le château neuf et ses dépendances (cad. OA 147) ; le parc du château neuf, y compris son mur de clôture et le square des Quatre-Saisons (cad. OA 101, 148 à 163, 165, 168 à 172, 174, 178, 179) ; l'allée de platanes bordant la départementale no 48 (cad. OA 90 à 92, 94 à 98, 115, 164, 248) ; les parties du canal d'irrigation (cad. OA 121, 146 à 148, 150, 151, 153 à 157, 162, 166 à 169, 171 à 173)[7].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules à deux lances de tournoi passées en sautoir, cantonnées de quatre fleurs de lys, le tout d'or.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Cayol, « Vidauban et le coup d’État », p. 164-195 de Provence 1851 : une insurrection pour la République, Actes des journées de 1997 à Château-Arnoux et de 1998 à Toulon, Association pour le 150e anniversaire de la résistance au coup d’État du 2 décembre 1851, Les Mées, 2000.
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et fortifications de la France au Moyen Âge, Strasbourg, éditions Publitotal,‎ 1978, reprint 1991, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. Page 1220 : Vidauban
    .
  • Henri Michel, Une enfance provençale au temps de la première guerre mondiale - Vidauban dans la mémoire d’Henri Michel, Éditions C'est-à-dire, Forcalquier, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Georges Cayol, Vidauban et le coup d’État, p 174
  2. Georges Cayol, Vidauban et le coup d’État, p 181-182
  3. Georges Cayol, Vidauban et le coup d’État, p 185
  4. Georges Cayol, Vidauban et le coup d’État, p 189
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  7. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2009 : Var : Commune de Vidauban (JORF n°0084 du 10 avril 2010 p. 6840)
  8. Nicolas Viton de Saint Allais, Nobiliare universel de France, ou recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume,‎ 1819 (lire en ligne)