Harar

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de la cité éthiopienne, à ne pas confondre avec la capitale du Zimbabwe, voir Harare
Harar
ሐረር
La ville fortifiée de Harar
La ville fortifiée de Harar
Administration
Pays Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Région Région Harar
Démographie
Population 127 000 hab. (est. 2007)
Géographie
Coordonnées 9° 19′ N 42° 08′ E / 9.31, 42.13 ()9° 19′ Nord 42° 08′ Est / 9.31, 42.13 ()  
Altitude 1 885 m
Localisation

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Harar

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Harar

Harar Jugol (« Jugol » désignant les murailles), souvent appelée Harar (Ge'ez : ሐረር) est une ville située à l'Est de l'Éthiopie. Elle est parfois qualifiée de quatrième ville sainte de l'islam[1]. Depuis 2006, elle est classée au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Avant d'être conquise par l'Égypte, elle fut au XVIe la capitale du royaume des Harari (1520-1568) et un important foyer culturel islamique et au XVIIe le centre d'un émirat indépendant. La ville reflète ce riche passé en proposant un concentré de l'architecture de différentes époques : trois mosquées du Xe, des murailles édifiées au XVIe et des maisons traditionnelles dont certaines sont dues à des immigrés indiens arrivés XIXe. C'est pour ces raisons et pour son plan urbain typique que la ville a été classée par l'UNESCO en 2006.

Historique[modifier | modifier le code]

Harrar, vers 1900
"Forêt de Bourca", autrefois située entre Harrar et Addis-Ababa (ici vers 1900)

L'origine de la ville est antérieure au XIIIe. Située à 1 855 m d'altitude sur une colline de granit dans l'escarpement oriental de la vallée du Rift, elle fut fortifiée par l'émir Nur Ibn-Mujahid au milieu de XVIe. La ville domine la grande plaine désertique peuplée par les Afars au nord et les plaines des Somali au sud ; favorisant son développement en tant que centre important pour la culture islamique et carrefour commercial. Harar devient un carrefour commercial entre différentes cultures, et l'on érigera, au XVIe, des murailles de 4 mètres de haut pour se protéger des raids menés par les chrétiens voisins et par les invasions oromo. Une période d'instabilité a conduit à l'affaiblissement de son pouvoir traditionnel entre le XVIe et le XVIIIe mais, au cours du XIXe, elle a reconquis son importance. La ville devint un centre puissant et révéré d'enseignement et de pouvoir islamique. Pendant des siècles, les missionnaires musulmans de Harar rayonnèrent sur une vaste région qui s'étendait jusqu'aux royaumes situés au-delà du fleuve Gibe.

Son renom de quatrième ville sainte de l'islam, son importance commerciale au XIXe et son occupation successive par les Égyptiens, les Italiens et les Amharas, ont amené de fortes influences extérieures. La ville abrite 82 mosquées (dont 3 du Xe) et plus de 300 sanctuaires consacrés à des saints musulmans.

Harar a été conquise par les troupes italiennes du général Rodolfo Graziani pendant la Seconde Guerre italo-abyssin, le 8 mai 1937. Le 1er bataillon du régiment du Nigeria passa par le col de Marda, s'empara de la ville pour les alliés le 29 mars 1941. À la suite de la conclusion de l'accord anglo-éthiopien de 1944, le gouvernement du Royaume-Uni accorda la permission d'établir un consulat à Harar. Après de nombreux rapports faisant état d'activités britanniques dans le Haud violant l'accord de Londres de 1954, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a ordonné la fermeture du consulat en mars 1960[2].

Lors de l'invasion de l'Ogaden par la Somalie en 1977, Harar fut assiégée pendant deux mois avant qu'une contre-offensive de l'armée éthiopienne, soutenue par des armes de l'URSS et de Cuba, ne parvienne à repousser les troupes somaliennes hors de Dire Dawa et de Harar.

Bien que la ville moderne se soit lentement développée hors des murs, Harar a d'une façon générale, préservé une apparence harmonieuse. La cité ancienne est congestionnée, ce qui rend difficile le développement d'infrastructures modernes comme les canalisations d'eau et l'accès aux véhicules. La vieille ville de Harar est l'une des rares cités éthiopiennes qui se soient développées à partir des traditions architecturales islamiques. En même temps, elle conserve une combinaison de différentes cultures éthiopiennes.

Populations[modifier | modifier le code]

Les habitants de Harar parlent différentes langue afro-asiatique. Des ethniques, musulmans et chrétiens, y compris les Oromo, Somalien, Amhara, Tigray et Gurage. Les Harari, qui se définissent comme "Usu Gey" (Les gens de la ville) sont un peuple de langue sémitique qui descend d'une langue axoumite. Écrite à l'origine dans l'écriture arabe, la langue Harari a récemment été convertie en alphabet guèze.

Attractions[modifier | modifier le code]

Un homme nourrit de viande les hyènes tachetées.

La vieille ville abrite 110 mosquées et sanctuaires dont la cathédrale Medhane Alem, la maison de Ras Mekonnen et la maison d'Arthur Rimbaud. Harrar Bira Stadium est le stade du club Harrar Beer Bottling FC.

Une longue tradition consistant à nourrir de viande les hyènes tachetées est devenue au cours des années 1960 un spectacle nocturne pour les touristes[3].

Autre lieu d'intérêt la montagne Kondudo, qui abrite une ancienne population de chevaux sauvages. En 2008, Une mission scientifiques a oeuvré pour leur conservation, car les animaux sont grandement menacés[4].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Le poète français Arthur Rimbaud (1854-1891), s'établit comme négociant pour le compte de factoreries exportatrices de café sises à Aden, au Yémen, de décembre 1880 à mars 1891.
  • L'écrivain et aventurier français Henry de Monfreid (1879-1974), avait fait construire sa résidence d'été à Araoué, à huit kilomètres environ au sud de la cité[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

David Vô Vân (dir), Mohammed Jami Guleid, Berhanou Abebe, Harar, Guide Culturel, Paris, éditions E-dite, 2005. L'ouvrage présente toutes les facettes de la culture harari (il a été traduit et publié en anglais en 2007 : Harar, a cultural guide, Shama Books, Addis Abeba).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. [www.geo.fr/photos/vos-reportages-photo/ethiopie-harar-la-cite-ou-le-temps-s-est-arrete/harar-quatrieme-ville-sainte-de-l-islam Reportage du magasine Géo], [whc.unesco.org/fr/list/1189 notice de l'Unesco]
  2. John Spencer, Ethiopia at Bay: A personal account of the Haile Selassie years (Algonac: Reference Publications, 1984), pp. 282-287
  3. The hyena man of Harar
  4. Wild horses exist in Ethiopia, but face danger of extinction: Exploratory Team
  5. Séjour relaté dans son ouvrage, La Cargaison Enchantée.