Hérisson (arme)

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Hérisson pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un hérisson (anglais : Hedgehog) est une sorte de mortier utilisé sur les navires et destiné à la lutte anti-sous-marine. Il a été utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre de Corée.

Origine[modifier | modifier le code]

Cette arme a été développée lors de la Seconde Guerre mondiale par le Directorate of Miscellaneous Weapons Development (en) de la Royal Navy. Elle visait à pallier une insuffisance des systèmes de lancer de grenades anti-sous-marines en permettant de lancer les projectiles sur l'avant du navire attaquant, sans perte de contact ASDIC.

Elle équipait essentiellement les navires d'escorte de convois tels que les destroyers, frégates et corvettes, pour compléter l'habituelle grenade anti sous-marine (« depth charge »).

Description[modifier | modifier le code]

L'arme se composait d'un certain nombre de projectiles de mortiers, 24 charges, 6 sur 4 rangs. Chacun est de 28 kilos dont la moitié de TNT ou Torpex.

Les projectiles sont tirés en succession et n'explosent qu'au contact, et non selon une profondeur déterminée à l'avance. Ce qui en faisait une arme très efficace par sa discrétion, le sous-marin ne prenant conscience d'être attaqué qu'au moment où une charge déchire sa coque. C'est à cause de cet ensemble de mortiers que l'arme prend le nom de hérisson.

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Rechargement d'un « hérisson », sur une frégate sud-coréenne de la classe Tacoma, en 1950.
  • Préparation
  • Visée et tir
Le tir est déclenché par un officier sur la passerelle. Il utilise une formule complexe qui utilise le relèvement ASDIC, le temps de vol des projectiles, le vent, la vitesse de l'escorteur, etc[1]. Les projectiles tombent une trentaine de mètres en avant du navire, formant une sorte de cercle.
  • Rechargement
Le temps de rechargement de l'engin est manuel et long ; le HMS Tavy arrive à tirer 5 salves en 90 minutes pour couler le U-390 (en), cadence considérée comme une performance[2].

Efficacité[modifier | modifier le code]

Les projectiles du Hérisson forment un cercle encadrant la position de la cible (U-853, qui ne survivra pas à ce tir).

L'intérêt de cette arme est qu'en tirant sur l'avant du navire, elle permet de pallier une insuffisance de l'ASDIC. Celui-ci ayant un faisceau ultrasonore fixe, le contact est perdu quand le navire chasseur est très près de sa cible au-dessus de laquelle il doit passer pour lancer des grenades anti sous-marins[3].

Évolution[modifier | modifier le code]

« Mousetrap », la version US du « hérisson » britannique.

Le hérisson a été remplacé par le mortier « squid » (« calmar »), plus efficace, qui fut à son tour remplacé par le « Limbo (en) ». Les États-Unis ont produit une arme similaire appelée « Mousetrap (en) » (« piège à souris ») et l'U.R.S.S. a également fait sa propre version de l'arme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lavery 2006, p. 91.
  2. Lavery 2006, p. 92.
  3. Lavery 2006, p. 88-95.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Campbell, Naval weapons of WW2, Conway Maritime Press,‎ 1985, réédité en 2007 par la Naval Institute Press, (ISBN 978-0-87021-459-2).
  • (en) David Owen, Anti-submarine warfare, an illustrated history, Annapolis, Seaforth Publishing & Naval Institute Presse,‎ 2007 (ISBN 978-1-59114-014-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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