Marine de la République de Corée

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Marine de la République de Corée
대한민국 해군 (大韓民國 海軍)
Pavillon de la Marine de la République de Corée
Pavillon de la Marine de la République de Corée

Période 5 septembre 1948 - présent
Pays Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Branche Marine de guerre
Type Marine de guerre
Effectif 68 000 personnes
Fait partie de Ministère de la Défense nationale
Composée de Flotte de la République de Corée
Corps des Marines de la République de Corée
Commandement de la logistique navale
Commandement de l'Éducation et de l'entraînement navals
Académie navale
Devise 바다로, 세계로 (jusqu'à la mer, jusqu'au monde)
Marche 해군가 (hymne de la marine)
Anniversaire 11 novembre
Guerres Guerre de Corée
guerre du Viêt Nam
Opération Enduring Freedom
Opération libération de l'Irak
Guerre du Crabe
Commandant Amiral Choi Yoon-hee, chef des opérations navales
Lieutenant général Lee Ho-yeon, commandant du Corps des Marines
Vice-amiral Koo Ok-hyoe, commandant de la Flotte
Commandant historique Vice-amiral Sohn Won-yil, premier chef d'état-major

La Marine de la République de Corée (Hangul: 대한민국 해군 ; Hanja: 大韓民國 海軍 ; romanisation: Daehanminguk Haegun) est la marine militaire des Forces armées sud-coréennes, « en charge, organisée en équipée aux fins des opérations navales et amphibies et de l'entraînement »[1]. La Marine de la République de Corée inclut le Corps des Marines de la République de Corée, lequel est une unité quasiment autonome. En tant que plus ancienne branche des Forces armées du pays, la Marine a fêté son 60e anniversaire en 2005.

Histoire[modifier | modifier le code]

De la fondation à la guerre de Corée[modifier | modifier le code]

Bien qu'il existât dès 1945 des organismes comme l'Unité des affaires maritimes (Haesadae) ou les Force de défense côtière (Haebangbyungdan), la Marine de la République de Corée est née officiellement le 5 septembre 1948, peu de temps après la fondation de la République de Corée le 15 août 1948. Quant au Corps des Marines de la République de Corée, il a été créé le 15 avril 1949[2].

Très modeste au début de la guerre de Corée, elle remporta son premier fait d'armes lors du combat au large de Pusan où l'unique patrouilleur dont elle dispose à cette époque, le PC-701 Pak Tu San, coula un navire de transport nord-coréen[3],[4]. Cependant, la Marine sud-coréenne restait largement surpassée en nombre par son adversaire du Nord, la Marine populaire de Corée : au début du conflit, la première rassemblait 6,956 hommes et 71 bateaux de tous types alors que la seconde comprenait 13,700 hommes et 110 vaisseaux[5].

Le développement de la Marine de la République de Corée[modifier | modifier le code]

A ses débuts, la Marine sud-coréenne était uniquement constituée d'anciens navires de la United States Navy, notamment des bâtiments de classe Allen M. Sumner et Gearing. Ce n'est que dans les années 1980, avec les frégates de classe Ulsan, que la Corée du Sud a commencé à se doter de bateaux conçus et construits localement, une tradition qu'elle a conservé. Une autre étape a été franchi avec la création de la classe Gwanggaeto le Grand : les premiers destroyers construits par la Corée du Sud[6].

Les développements récents de la Marine sud-coréenne ont été éclipsé par celles de ses deux voisins, la marine chinoise et la force maritime d'autodéfense japonaise qui ont focalisé l'attention en laissant de côté les nouvelles acquisitions de l'armée de Corée du Sud. Cette dernière est régulièrement engagée dans les exercices et manœuvres internationales comme le RIMPAC mais aussi dans des opérations internationales. Ainsi, la Marine sud-coréenne est partie intégrante de la Combined Task Force 151 qui combat la piraterie en Somalie[7].

Lors de l'incident de Baengnyeong, une des corvettes Pohang, le Cheonan, est torpillée le 26 mars 2010 très probablement par un sous-marin de poche nord-coréen[8].

La Marine sud-coréenne dans les années 2010[modifier | modifier le code]

Photographie du Dokdo (LPH-6111), le plus grand navire sud-coréen, en compagnie de destroyers américains.

La Marine de la République de Corée est composé de 68 000 personnes, de 70 aéronefs et de 120 navires. Même si elle possède moins de bateaux que sa rivale nord-coréenne, la Marine sud-coréenne dépasse cette dernière en tonnage. Fortement inspirée par la United States Navy, qui lui avait fourni des navires durant les premiers temps de son existence, la structure de la Marine de la République de Corée ressemble à celle de l'institution américaine : elle possède trois flottes (la 1e, la 2e, et la 3e et une dédiée aux opérations lointaines, la flotte de manœuvres stratégiques) dirigées par un chef des opérations navales[6].

Les forces sud-coréennes comptent douze destroyers, trois de la classe Sejong le Grand, six de la classe Chungmugong Yi Sun-sin et trois de la classe Gwanggaeto le Grand, les plus anciens. La Marine de Corée du Sud possède aussi une flotte de neufs frégates de classe Ulsan qui sont en train d'être remplacées par six frégates de classe Incheon (qui seront quasiment aussi bien armées que les destroyers Gwanggaeto, seuls l'absence de missiles Sea Sparrow les différenciera). Mais c'est du côté des navires d'assaut amphibie que le progrès est le plus marqué avec la construction de trois Landing Platform Helicopter de Classe Dokdo, et ce malgré le fait, qu'en 2014, un seul exemplaire ait été construit (un autre ayant été financé et le dernier étant juste prévu)[6]. Les navires de classe Dokdo sont les plus grands bâtiments jamais construits par la Marine sud-coréenne[9].

Quant aux corvettes sud-coréennes, bien que nombreuses elles sont destinées à être retirées du service : les vingts-et-un exemplaires de la classe Pohang, construits dès le milieu des années 1980, sont petit à petit mis en retraite ou vendus à des marines étrangères. Les soixante-quinze bateaux de patrouilles de classe Chamsuri subissent le même sort que ceux de la classe Pohang et sont destiné à être progressivement remplacés par, au minimum, une vingtaine de patrouilleurs de classe Gumdoksuri plus lourds et mieux armés[6].

La Corée du Sud possède aussi son propre groupe de sous-marins qui regroupe neuf Type 209, acquis dans les années 1990, et neuf autres Type 214 encore construction en 2013. Ces derniers ont été construits pas la Corée du Sud avec l'aide technique allemande. Une nouvelle classe devrait faire son apparition, aux alentours des années 2020, avec la réalisation du programme KSX-III qui prévoit la construction de neuf sous-marins de 3000 tonnes chacun[8].

Le Corps des Marines de la République de Corée dans les années 2010[modifier | modifier le code]

Drapeau du Corps des Marines de la République de Corée.

Le Corps des Marines de la République de Corée compte 25 000 personnes regroupées en deux divisions : la 1e et la 2e division, et la 4e brigade marine. L'organisation des deux divisions est calquée sur celle des Marines américains, ainsi elles comportent chacune trois régiments d'infanterie, un régiment d'artillerie, un bataillon de tank et un d'assaut amphibie. Quant au matériel utilisé il comprend, 124 véhicule blindé lourd amphibie AAV-7A1, cinquante chars K1A1 mais aussi des obusiers K9 Thunder et KH179[6].

Doctrine[modifier | modifier le code]

La Marine de Corée du Sud joue un rôle majeur dans le bon fonctionnement du pays en ayant pour objectif de sécuriser les voies maritimes vitales à l'économie de la Corée du Sud. C'est dans cette optique que la Marine s'oriente vers la constitution d'une flotte moderne pouvant faire de l'armée coréenne une marine de haute-mer capable de projeter sa puissance non plus seulement dans la péninsule mais dans tout l'océan Pacifique[6]. Elle ambitionne ainsi de devenir une marine de haute-mer dans les années 2030 avec, en autre, le lancement de porte-avions légers[10].

Cependant, cette orientation prise dans les années 2000 et 2010 a aussi été critiqué. Ainsi, le spécialiste des questions de défense asiatique, Kyle Mizokami, explique dans un article que la nouvelle Marine sud-coréenne « est impressionnante... et inutile ». Il affirme effectivement que la Corée du Sud en voulant à tout prix devenir une puissance maritime orientée vers la lutte contre d'éventuel ennemis étrangers (Japon ou Chine par exemple) a négligé ses défenses contre son adversaire de toujours : la Corée du Nord. Mizokami souligne, par exemple, que la classe de navire amphibie Dokdo serait particulièrement inutile dans une guerre contre cette dernière[N 1] alors qu'à l'inverse elle serait un atout majeur dans un éventuel conflit territorial, comme celui qui oppose Japon et Corée du Sud autour des îles Dokdo. L'auteur rappelle dans le même temps que la constitution d'une marine aussi moderne demande énormément de moyens, des moyens que l’État ne peut donc pas investir dans d'autres branches de l'armée qui seraient plus à même de lutter contre la Corée du Nord. Plus globalement, Mizokami soutient qu'à terme un tel basculement stratégique pourrait conduire à un retrait des forces américaines stationnées dans la péninsule, qui ne verraient plus de raison de défendre la Corée du Sud contre un adversaire qu'elle ne prendrait plus en considération (étant donné qu'elle s'oriente vers le Pacifique, le Japon et la Chine)[11].

Cependant, le développements de la Marine sud-coréenne peut aussi avoir de multiples autres objectifs. En effet, posséder des bâtiments puissant et de haute technologie revient également à disposer d'un « symbole de prestige national » qui aide « à envoyer un message de force et d'engagement politique ». D'ailleurs, la dimension internationale n'est pas à négliger : certains pays du sud-est asiatiques ayant des marines importantes, la Corée du Sud montre juste la volonté de s'afficher comme une nation d'envergure. Dans un dernier temps, la construction de navires, tels que ceux de classe Dokdo, peut agir comme une véritable publicité pour l'industrie de la défense et navale de la Corée du Sud[12].

Navires[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Duty of the ROK Navy », sur http://www.navy.mil.kr/, Marine de la République de Corée (consulté le 3 décembre 2008)
  2. (en) « History of Korea and the Navy : Establishment Era », sur http://www.navy.mil.kr/ (consulté le 5 juin 2014)
  3. (en) « Chapter II Armed Forces of North and South Korea », sur http://www.kmike.com/ (consulté le 6 juin 2014)
  4. (en) « Submarine Chaser Photo Archive PC-823 », sur http://www.navsource.org/ (consulté le 6 juin 2014)
  5. (en) Edward J. Marolda, « Republic of Korea Navy », sur http://www.history.navy.mil/,‎ 2000 (consulté le 6 juin 2014)
  6. a, b, c, d, e et f Kyle Mizokami, « Two Koreas, Three Navies », sur http://news.usni.org/,‎ 8 mai 2014 (consulté le 6 juin 2014)
  7. (en) « South Korea: Asia's Other Rising Naval Power », sur http://thediplomat.com/,‎ 2 octobre 2012 (consulté le 6 juin 2014)
  8. a et b (en) Kyle Mizokami, « Asia’s Submarine Race », sur http://news.usni.org/,‎ 13 novembre 2013 (consulté le 6 juin 2014)
  9. (en) Kyle Mizokami, « Asian Carriers By the Numbers », sur http://news.usni.org/,‎ 29 août 2013 (consulté le 6 juin 2014)
  10. (en) Jung Sung-Ki, « S. Korea Envisions Light Aircraft Carrier », sur Defense News,‎ 26 octobre 2013 (consulté le 27 octobre 2013)
  11. (en) Kyle Mizokami, « South Korea’s New Navy is Impressive … and Pointless », sur https://medium.com,‎ 19 octobre 2013 (consulté le 6 juin 2014)
  12. (en) « Why South Korea’s Building an Impressive Navy », sur http://thediplomat.com/,‎ 24 octobre 2013 (consulté le 6 juin 2014)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour Mizokami le nombre de soldat que cette classe peut débarquer est ridicule comparé à la taille de l'armée nord-coréenne.

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