Georges Favon

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Buste de Georges Favon sur la plaine de Plainpalais

Georges Favon, né le 2 février 1843 à Plainpalais (Genève) et mort le 17 mai 1902 à Plainpalais, est un homme politique suisse membre du Parti radical-démocratique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'un milieu conservateur, Favon passe son baccalauréat classique à l'Académie de Genève puis suit des cours de droit à Heidelberg. Après avoir milité dans une association politique conservatrice, il rallie le camp radical vers 1872. En 1875, il fonde Le Petit Genevois (devenu Le Genevois en 1877), organe du radicalisme populaire et conserva jusqu'à sa mort la propriété et la rédaction du journal. Élu député au Grand Conseil en 1876, conseiller aux États puis conseiller national dès 1881, il accède au Conseil d'État et prend en charge le département de l'instruction publique à partir de 1899.

Au sein du radicalisme genevois, Favon appuie la politique anticléricale d'Antoine Carteret puis s'en éloigne et oriente son parti vers l'action sociale en prônant l'alliance avec les socialistes et en courtisant l'électorat catholique. En 1889, il se retrouve à la tête d'un parti divisé et minoritaire qu'il ramène au pouvoir en 1897 en s'alliant aux socialistes. Favon se signale aussi par son opposition épicurienne au piétisme réformé. À ce titre, il prononcera le premier discours du 1er Mai à Genève en 1890. Au plan fédéral, il préconise des mesures étatistes souvent repoussées en votation : il propose ainsi sans succès l'assurance maladie généralisée et les syndicats obligatoires. Au plan cantonal, il s'oppose en vain à l'introduction de la représentation proportionnelle ou au vote à la commune[1]. Il est par contre l'un des artisans de la loi scolaire de 1886 qui modernise l'instruction publique genevoise. Au gouvernement, il développe l'université par l'agrandissement des bâtiments ou l'extension de l'enseignement des sciences sociales.

Mort en fonctions, Favon laisse un bilan marqué par le succès dans le domaine scolaire et universitaire mais aussi l'échec de projets sociaux pour lesquels l'opinion n'était pas mûre, il est enseveli au Cimetière des Rois à Plainpalais.

Franc-maçon, Favon est de 1893 à 1895 Vénérable Maître de la loge "Fidélité et Prudence", appartenant à la Grande Loge suisse Alpina.

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom est plus tard donné à un grand boulevard de Genève et son buste installé dans un petit square voisin[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jusque-là, le vote se fait uniquement dans le Bâtiment électoral situé dans le quartier de Plainpalais à Genève, contraignant ainsi les électeurs à faire plusieurs kilomètres depuis leur domicile. La réforme permet la création de bureaux de vote dans les communes, ce qui tend à faciliter l'action civique.
  2. Le buste est de Rodo. Il a été érigé à cet emplacement, au bout de la plaine de Plainpalais, à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de Favon, en 1952. Ceci selon un article du Journal de Genève du 20 décembre 1951.

Sources[modifier | modifier le code]