Chen Guangcheng

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Chen Guangcheng (陈光诚) est un avocat chinois et un juriste autodidacte né en 1971, aveugle depuis l'enfance, et qui a appris le droit en braille.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il a défendu la cause de femmes forcées à être stérilisées ou à avorter, parfois à quelques jours de l'accouchement[1],[2]. Dans la ville de Linyi, dans la province de Shandong, ce sont sans doute plus de 10 000 femmes qui auraient subi des avortements forcés. Bien qu'officiellement illégales, ces pratiques sont utilisées par les autorités locales pour ne pas troubler les statistiques en dépassant leurs quotas et ainsi éviter d'être sanctionnés par leurs supérieurs pour non-respect de la politique de l'enfant unique.

Son activité met en lumière trois importants problèmes de société :

  • le statut juridique d'un fœtus ayant plusieurs mois ;
  • la réalité de l'adhésion de la population chinoise à la politique de l'enfant unique ;
  • le meurtre des bébés féminins dans une société où les parents veulent avant tout un garçon.

Après avoir attaqué en justice les autorités locales et s'être rendu à Pékin auprès du planning familial, il devient célèbre mais devient aussi la cible des autorités locales dont certains officiels sont arrêtés après la parution d'un article à son sujet dans Time magazine. Placé en résidence surveillée, harcelé par des policiers et des voyous payés par les autorités locales, il est défendu par ses partisans qui renversent trois voitures de police et perturbent la circulation[1]. En août 2006, à l'issue d'un procès truqué et joué d'avance où ses avocats n'ont pas accès à l'audience, il est reconnu coupable pour « troubles à l'ordre public, dégradation volontaire des biens de l'État et obstruction de voies de circulation» et condamné à quatre ans et trois mois de prison ferme[1].

En juin 2007, il est torturé par des codétenus et n'a pas accès à des soins médicaux[1]. Sa femme est empêchée à l'aéroport de Pékin d'assister à la remise d'un prix en son honneur aux Philippines[3].

Libéré en septembre 2010 après avoir purgé l'intégralité de sa peine, il est détenu à son domicile en compagnie de sa femme et de sa fille[4],[5]. Après avoir dénoncé leurs conditions de détention à domicile dans une vidéo parue le 9 février 2011, Chen et sa femme auraient été roués de coups par la police, selon l'organisation de défense des droits de l'homme ChinaAid[6].

Le 14 janvier 2011, à l'occasion de la prochaine visite du président Hu Jintao à Washington, Hillary Clinton a évoqué le cas de Chen Guangcheng. Lors de cette communication, madame Clinton a aussi lancé un appel à la libération de Liu Xiaobo prix Nobel de la paix en 2010 et évoqué le cas de Gao Zhisheng disparu depuis avril 2010[7].

En juin 2011, Chen Guangcheng et sa femme sont passés à tabac à leur domicile par plusieurs dizaines d'hommes envoyés par le Parti Communiste Chinois. Leur appartement a été mis à sac, et leurs appareils électroniques volés[8].

[modifier] Références

  1. a, b, c et d Le défenseur des avortées par force In Chine, l'empire du double langage, Le Nouvel Observateur, N°2265, p61, avril 2008
  2. Pedroletti, Brice « Les violences de la politique de l'enfant unique continuent d'être taboues », Lemonde.fr, 3 novembre 2011.
  3. Reuters, China stops activist's wife leaving country, reuters
  4. « Chen Guangcheng, célèbre militant chinois, dénonce dans une vidéo sa prison à domicile », Le Monde, 10 février 2011.
  5. Amnesty International « Un défenseur des droits humains assigné à résidence », 16 septembre 2010, 3 pp.
  6. Radio France Internationale, 11 février 2011 Chen Guangcheng dénonce les « méthodes de voyous » de la police chinoise
  7. États-Unis: Clinton appelle la Chine à libérer ses dissidents avant la visite de Hu
  8. L’opposant aveugle Chen Guangcheng passé à tabac

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

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