Fusil Dreyse

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Le fusil Dreyse d'origine est le troisième en partant de la gauche ; les autres fusils sont les versions ultérieures de cette arme.

Le fusil Dreyse est l'un des premiers fusils de guerre à chargement par la culasse. Doté d'un canon rayé augmentant portée et précision, il équipa l'armée prussienne à partir de la guerre des duchés et montra toute son efficacité lors de la guerre austro-prussienne. Le fusil Dreyse fut opposé au Chassepot français lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

Développement de l'arme[modifier | modifier le code]

Culasse Dreyse

Le fusil Dreyse a été mis au point par Johann Nikolaus von Dreyse[1], reprenant les idées de Jean-Samuel Pauly[2].

Il allonge le percuteur (appelé alors « aiguille ») de façon à ce que traversant la charge de poudre, il aille frapper une amorce de fulminate de mercure logée dans un évidement du sabot sur lequel s’appuie la balle[3].

En 1837, il invente la culasse mobile verrouillée (à obturateur coulissante) sur un épaulement par la rotation imprimée par un levier latéral : c'était l'ancêtre de la fameuse culasse Mauser. Les crachements étaient rejetés vers l'avant par la conception de l'arrière du canon et de l'avant de la culasse : le premier en cône saillant, la seconde en cône creux.

En 1839, arme et munitions étaient au point : elles furent proposées à la Prusse qui fit des essais dans le plus grand secret. L'arme fut adoptée le 4 décembre 1840 sous la dénomination Percussionsgewehr Modell 1841. Une petite série donna entière satisfaction lors de l’insurrection badoise de 1847. Dès lors le « Dreyse » fut produit en très grande série, mais distribué aux corps de troupe avec discrétion.

En 1864 au Danemark, puis en 1866 contre l'Autriche à Podol et Sadowa, les fusils Dreyse montrent leur supériorité face aux armes à chargement par la bouche.

Il permet :

  • de porter la cadence de tir à 6-8 coups par minute ;
  • de tirer en position couchée, plus stable, ce qui expose moins le tireur au feu adverse ;
  • de rayer le canon, ce qui augmente la précision et la portée.

Le Dreyse sera remplacé dès 1872 dans l'armée allemande par le Mauser Modèle 71, plus sûr.

La société Munitions- und Waffenfabrik AG de Sömmerda, d'abord spécialisée dans la fabrication de fusils Dreyse, se diversifia à la fin du XIXe siècle dans les armes à feu, balles de fusil et détonateurs ; lorsqu'elle fit faillite en 1901, les actionnaires de Rheinmetall la rachetèrent et l'incorporèrent au groupe.

Caractérisitiques techniques[modifier | modifier le code]

Le fusil[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques du modèle d'origine de 1841, dit M41, étaient :

  • Calibre : 15,4 mm[4]
  • Longueur : 142,5 cm
  • Canon : 90,7 cm (4 rayures à droite, profondeur des rayures 0,78 mm, largeur des rayures 6 mm, pas de 732 mm)
  • Masse : 4 615 g
  • une hausse à curseur mobile
  • capacité : 1 coup

Les cartouches[modifier | modifier le code]

La cartouche combustible en papier a un diamètre de 16 mm. Elle est chargée de 4,8 g de poudre noire et d'une balle de 31 g en plomb de forme ovoïde[5] sous-calibrée (diamètre de 13,6 mm).

  • Longueur de la cartouche : 56 mm environ.
  • Vitesse initiale : 295 à 305 m/s et portée maximale de 600 m.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né à Sömmerda le 20 novembre 1787 - décédé à Sömmerda le 9 décembre 1867
  2. , armurier d'origine suisse (1766-1820) établi à Paris. Il employa J.N. Dreyse de 1809 à 1814. Pauly travailla sur des prototypes à chargement par la culasse et à percussion centrale.
  3. principe de l’amorçage en tête (en avant de la charge), alors considéré comme meilleur.
  4. 0,59 Zoll (pouce prussien équivalent à 26,15 mm).
  5. en fonction des périodes de fabrication (1841-1874) la forme de la balle et de son sabot varia légèrement mais la balle conserva toujours une forme caractéristique assez semblable à une pomme de pin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ludwig Baer, Die leichten Waffen der deutschen Armeen 1841 - 1945, Schwäbisch Hall, Journal Verlag Schwend,‎ 1976, in-8°, 111 p.
  • Werner Eckardt, Otto Morawietz, Die Handwaffen des brandenburgisch-preußischen Heeres 1640 - 1945, Hambourg, Schulz Verlag,‎ 1957 (réimpr. 1973), 258 p.
  • Hans-Dieter Götz, Militärgewehre und Pistolen der deutschen Staaten 1800-1870, Stuttgart, Motorbuchverlag,‎ 1978 (réimpr. 1996, 2e éd. augm.), 352 p. (ISBN 3879435332)
  • Host W. Laumanns, « "Parole ist Sömmerda" - Nikolaus v. Dreyse, seine Fabrik und seine Waffen », Deutsches Waffen-Journal, no 3,‎ 1984, p. 326 - 329
  • Gustaf Lehmann, Die Mobilmachung von 1870/71, Berlin, E.S. Mittler,‎ 1905 (lire en ligne)
  • Rolf Wirtgen, Handfeuerwaffen, vol. II : Preußen bis 1870, Rastatt, Wehrgeschichtliches Museum,‎ 1979 (ISBN 3764810378)
  • Gerhard August von Witzleben, Heerwesen und Infanteriedienst der Königlich Preußischen Armee, Berlin, A. Bath,‎ 1864 (réimpr. 1880) (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]