Catalina de Erauso

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Portrait de Catalina de Erauso

Catalina de Erauso, également connue comme La Monja Alférez (« La nonne lieutenant »), (1592[1] à Saint-Sébastien, Espagne1650 à Cuetlaxtla, Nouvelle-Espagne) fut une personnalité semilégendaire d'Espagne et des Amériques espagnoles de la première moitié du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Catalina de Erauso naît en 1592[1] à Saint-Sébastien, Espagne.

Basque, fille et sœur de soldats de la ville de San Sebastian, elle est destinée à devenir nonne, mais elle abandonne cette voie après une bagarre à l'âge de quinze ans, juste avant de prononcer ses vœux. Elle n'a alors même jamais vu une rue, étant entrée au couvent à l'âge de quatre ans.

Départ du couvent[modifier | modifier le code]

Elle s'habille alors en homme et prend le nom de "Francisco de Loyola", puis quitte San Sebastian pour Valladolid. Depuis là, elle visite Bilbao où elle s'enrôle sur un navire avec l'aide de quelques compatriotes basques. Elle arrive en Amérique espagnole et s'engage comme soldat sous le nom de Alonso Díaz Ramírez de Guzmán. Elle sert sous les ordres de plusieurs capitaines, dont, semble-t-il, son propre frère.

Soldat[modifier | modifier le code]

Elle sert au Chili durant la guerre contre les indiens Araucans. Elle acquiert alors une réputation de soldat courageux, de joueur et de bagarreur. Cette carrière militaire animée culmine par sa promotion au grade de lieutenant, titre qui combiné avec sa jeunesse au couvent lui vaudra le surnom de La nonne lieutenant (La Monja Alférez).

Elle était semble-t-il une duelliste acharnée, responsable de la mort de douzaines d'hommes. Selon son autobiographie, parmi eux, son propre frère qu'elle tua par inadvertance lors d'une altercation nocturne. Elle prétend ne l'avoir pas reconnu avant d'entendre ses cris d'agonie dans la nuit.

Commerçant[modifier | modifier le code]

Elle fait également du commerce, toujours avec des hommes d'affaires basques. Elle continue ses duels et tue indistinctement des soldats, des fonctionnaires ou des officiers de la Couronne espagnole. Elle doit à plusieurs reprises trouver refuge dans des églises, demandant le droit d'asile, pour empêcher les soldats de l'arrêter. Ses origines basques lui permettent toujours de retrouver un emploi, malgré son passé criminel.

Elle rompt à plusieurs reprises des promesses de mariage avec plusieurs femmes.

Bien que condamnée à mort plusieurs fois, elle parvient à fuir le Chili pour ce qui est aujourd'hui l'Argentine, la Bolivie et le Pérou

Après un duel à Cuzco lors duquel elle tue un homme, elle est gravement blessée et confesse son sexe sur ce qu'elle pense être son lit de mort. Elle survit cependant et après une convalescence de quatre mois elle part pour Guamanga. Là-bas, pour échapper à de nouveaux ennuis, elle confesse publiquement son sexe à l'évêque . A son invitation, elle entre alors au couvent et son périple continue des deux côtés de l'océan. En 1620, elle travaille chez l'archevêque de Lima, puis en 1624, elle arrive en Espagne.

Elle se rend à Rome puis dans le reste de l'Italie où elle obtient une notoriété telle qu'elle obtient du Pape Urbain VIII une dispense spéciale l'autorisant à porter des vêtements masculins. Son portait, peint par Francesco Crescenzio sera perdu.

De retour en Espagne, Francisco Pacheco (le beau-père de Velázquez) fait son portrait en 1630.

Elle quitte à nouveau l'Espagne en 1645, cette fois pour la Nouvelle-Espagne avec la flotte de Pedro de Ursua, elle devient conducteur de mules sur la route de Veracruz. Là-bas, elle se fait appeler Antonio de Erauso.

Elle meurt à Cuetlaxtla en 1650.

Physique[modifier | modifier le code]

Pedro del Valle la décrit en 1626, dans une lettre envoyée de Rome à son ami Mario Schipano, comme amateur de conversations, grande et forte avec un aspect masculin et une poitrine enfantine grâce à l'application d'un baume italien. Son visage n'est point repoussant, mais marqué par l'âge, ressemblant plus à un eunuque qu'à une femme. Elle s'habille comme un Espagnol et porte l'épée comme un soldat plutôt que comme un courtisan.

Sexualité[modifier | modifier le code]

Elle pourrait avoir été un hypospadique hermaphrodite, selon une étude du Dr Nicolás León, et fut considérée à son époque comme un eunuque par certains. Son autobiographie utilise pour elle-même plutôt le genre masculin. Elle fantasmait sur certaines femmes et participait aux fantasmes de certaines.

Dans les médias[modifier | modifier le code]

En 1625, Juan Pérez de Montalván (1602 – 1638) écrivit la pièce Comedia famosa de la monja Alférez. La même année, une Véritable narration de ces grands faits... est publiée à Séville, suivie d'une Seconde narration... et d'une Troisième et dernière narration... au Mexique.

Il existe une autobiographie épurée datant de 1626, dont on retrouve la trace dans un manuscrit datant de 1794. L'édition de 1838 de ce livre est disponible en ligne. Sa vie fut aussi le thème de plusieurs nouvelles et études par le Dr Nicolás León.

Emilio Gómez Muriel réalisa en 1943 un film sur sa vie avec María Félix dans le rôle d'Erauso. Un film avec Esperanza Roy comme vedette fut réalisé en Espagne en 1987.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b 1592, selon le registre des baptêmes ; 1585, selon sa supposée autobiographie (Auñamendi Eusko Entziklopedia)

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]