Breyten Breytenbach

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Breyten Breytenbach en septembre 2009

Breyten Breytenbach, né le 16 septembre 1939 à Bonnievale, province du Cap, est un poète, écrivain, dramaturge, peintre et aquarelliste sud-africain d'origine et citoyen français, qui écrit tant dans sa langue maternelle (l'afrikaans) qu'en anglais.

Vie[modifier | modifier le code]

Dès le début des années 1960, encore étudiant, il se bat contre le régime d'apartheid avant de partir pour un séjour en France, où il rencontre Yolande, une Vietnamienne, qu'il épouse. Ce mariage, qui tombe sous le coup du Mixed Marriages Act et de l’Immorality Act prohibant, de 1949 à 1985, les mariages mixtes, l'interdit de séjour dans son pays natal. Il s'installe alors à Paris et lance un mouvement clandestin de résistance au régime d'apartheid, Okhela, qui devait organiser des réseaux de Blancs au service du Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela[1]. Breytenbach était aussi lié au réseau Curiel. Au même moment, Jan Breytenbach, son frère, fondateur du South African Special Forces Brigade, conduit, en Namibie, les opérations secrètes de l'armée sud-africaine [1].

Lors d'un séjour clandestin en Afrique du Sud, en 1975, durant lequel il essaie de recruter des membres pour Okhela, il est arrêté puis jugé[1]. Il échappe de peu à la peine de mort, et voit sa peine commuée en neuf années de prison. Breytenbach est finalement libéré en 1982, grâce au soutien du président François Mitterrand[1], et retourne en France, adoptant la nationalité française.

Il put retourner en Afrique du Sud avec la chute du régime d'apartheid, en 1994. Depuis, il partage son temps entre les États-Unis, la France, le Sénégal, où il dirige le Gorée Institute, installée sur l'ancienne île aux esclaves[1], et son pays natal, où il enseigne, publie et donne à voir des pièces de théâtre controversées sur la nation arc-en-ciel. Il a une fille journaliste, Daphnée Breytenbach.

Œuvre[modifier | modifier le code]

D'abord poète appartenant, avec André Brink, au groupe des Sestigers, Breyten Breytenbach se signale rapidement par des fictions fantasmagoriques, comme Om Te Vlieg, dans lequel le personnage fantastique Panus joue un rôle primordial. Son séjour en prison donne naissance à des écrits de type autobiographique, comme The True Confessions of an Albino Terrorist (1983). Il commence aussi, à partir du début des années 1980, à écrire directement en anglais, ce qui ne l'empêche pas pour autant de poursuivre son activité poétique en afrikaans.

Breytenbach est surtout connu, dans son pays comme en Europe, pour ses activités de peintre. Il a présenté, depuis 1996, plusieurs expositions personnelles. Plusieurs de ses livres sont illustrés par ses soins, comme All One Horse (1987), qui fait alterner récits brefs et aquarelles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Feu froid (Het Huis van de dove, 1976), poèmes traduits de l’afrikaans par Georges-Marie Lory, préface de Bernard Noël, Bourgois, 1976 ; réimpression 1983, 128 p.
  • Confession véridique d’un terroriste albinos (The True Confessions of an Albino Terrorist, 1983), récit autobiographique traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1984, 360 p.
  • Mouroir : notes-miroir pour un roman (Bes Pieëlende notas van’n roman, 1983 / Mouroir : Mirror-notes of a Novel, 1984), traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1983, 332 p.
  • Métamortphase : poèmes de prison, 1975-82. Autoportrait-veille de mort, traduit de l’afrikaans par Georges-Marie Lory et l’auteur, Grasset, 1987, 128 p.
  • Une saison au paradis (‘n Seisoen in die Paradis, 1977-1980 [sous le pseudonyme de B. B. Lazarus] / A Season in Paradise, 1981), journal traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Le Seuil, 1986, 282 p.
  • Feuilles de route : essais, lettres, interviews, articles de foi, notes de travail (Ends Papers : Essays, Letters, Articles of Faith, Worbook Notes, 1985), traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Le Seuil, 1986, 322 p.
  • Mémoire de poussière et de neige (Memory of Snow and Dust, 1989), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Grasset, 1989, 372 p. ; nouvelle édition L. G. F., Le Livre de poche n°7337, 1991, 470 p.
  • Tout un cheval : fictions et images (Alles één paard / All One Horse, 1989), 27 poèmes en prose traduits par Jean Guiloineau et 27 aquarelles, Grasset, 1990, 128 p.
  • Retour au paradis : journal africain (Return to Paradise, 1993), traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Grasset, 1993, 340 p. ; nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°13671, 1995.
  • Lady One, (Lady One: Of Love and other Poems, 2002), traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Melville, 2004, 112p.
  • Le cœur-chien, traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Actes Sud, 2005, 323p.
  • L'étranger intime, traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Actes Sud, 2007, 257p.
  • L'empreinte des pas sur la terre : Mémoires nomades d'un personnage de fiction, traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Actes Sud, 2008, 427p.
  • Le Monde du milieu, essais littéraires, traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Actes Sud, 2009, 224p.
  • Outre-voix: Conversation nomade avec Mahmoud Darwich, poèmes, traduit de l' afrikaans par Georges Lory, Actes Sud, Arles, France, 2009, 80p. (ISBN 978-2-7427-8819-4)
Traductions françaises

Le premier traducteur de Breyten Breytenbach fut Georges Lory, qui travailla avec l'écrivain sur le recueil de poèmes de prisons Métamorphase. L'écrivain Breyten Breytenbach fut ensuite traduit par Jean Guiloineau pendant de nombreuses années (qui fut également le traducteur de Gordimer et de Brink). Cependant, son seul roman Mémoire de poussière et de neige fut écrit directement en français.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Pierre Haski, Breytenbach, l’Africain blanc, des prisons de l’apartheid à Gorée, Rue89, 9 juillet 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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