Bidzina Ivanichvili

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Bidzina Ivanichvili
ბიძინა ივანიშვილი
Bidzina Ivanichvili, en 2012.
Bidzina Ivanichvili, en 2012.
Fonctions
10e Premier ministre géorgien

(1 an et 25 jours)
Président Mikheil Saakachvili
Gouvernement Ivanichvili
Prédécesseur Vano Merabichvili
Successeur Irakli Garibachvili
Biographie
Nom de naissance Bidzina Ivanichvili
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Chorvila (RSS de Géorgie)
Nationalité soviétique (1956-1991)
géorgienne (1991-2011, 2012-)[1],[2]
russe (1991-2011)
française (2010-2012)[1],[2]
Parti politique Rêve géorgien
Conjoint Ekaterine Khvedelidze
Enfant(s) Uta Ivanichvili
Bera Ivanichvili
Gvantsa Ivanichvili
Tsotne Ivanichvili
Diplômé de Université d'État de Tbilissi
Université d'État d'ingéniérie ferroviaire de Moscou
Profession Homme d'affaires
Économiste

Signature

Bidzina Ivanichvili
Premiers ministres géorgiens

Bidzina Ivanichvili (en géorgien : ბიძინა ივანიშვილი), né le à Chorvila, dans la région d'Iméréthie, est un homme d'affaires géorgien, classé 153e fortune mondiale en 2012. Il est Premier ministre de Géorgie de 2012 à 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bidzina Ivanichvili, milliardaire géorgien, marié et père de 4 enfants, vit aujourd'hui entre le village géorgien de Chorvila où il est né et sa résidence sur les hauteurs de Tbilissi, conçue par l’architecte japonais Shin Takamatsu et estimée à 50 millions de dollars[3].

Il entame ses études à Tbilissi, où il apprend le russe, puis poursuit son parcours universitaire à Moscou au cours des années 1980[4].

Il s'installe en France en 2002[5]. À la suite de l'obtention de la nationalité française en mars 2010 et conformément à la législation de la Géorgie sur la double nationalité[6], il a été déchu de la nationalité géorgienne[7]. Par ailleurs, il a fini par renoncer à la nationalité russe[5].

Fortune personnelle[modifier | modifier le code]

Il commence les affaires en se lançant avec trois associés dans le commerce d'ordinateurs et de téléphones, ce qui leur permet de créer la banque Rossyiski Kredit, qu'Ivanichvili vendra plus tard pour 352 millions de dollars et qui a joué un rôle important dans la constitution de sa fortune[4],[5]. Avec Vitaly Malkin, un homme d’affaires aujourd'hui engagé sur la scène politique russe, Bidzina Ivanishvili fait ensuite fortune après l'effondrement de l'Union soviétique en Russie et dans les anciens satellites de l'URSS[8] dans l'industrie métallurgique.

En 1999, sa fortune est estimée par le magazine Forbes à 3,2 milliards de dollars américains, ce qui le classe au 191e rang des personnes les plus riches du monde, ex-æquo avec 4 autres personnes[9].

En 2006, Bidzina Ivanichvili a défrayé la chronique en acquérant un Picasso pour 95 millions de dollars, alors que celui n'était estimé qu'à 60 millions de dollars[10]. En 2011, il vend tous ses actifs présent en Russie, avant de se lancer dans la politique[8].

En 2012, sa fortune est à nouveau estimée par le magazine Forbes à 6,4 milliards de dollars américains, ce qui le classe au 153e rang des personnes les plus riches du monde. Rapportée au PIB de la Géorgie (13,8 milliards de dollars), cela représente 46% du PIB national, un cas unique au monde[11].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Après la Révolution des roses en 2003, qui porte Mikhaïl Saakachvili au pouvoir, il soutient financièrement ce dernier. Ils se brouillent par la suite, Ivanichvili devenant la cible de ses critiques[8].

En octobre 2011, il annonce sa volonté de former un parti politique dans le but de participer aux élections législatives prévues en 2012[12]. En avril 2012[13], il crée la coalition Rêve géorgien qui réunit différents partis de l’opposition, dont le Parti républicain, les Démocrates libres, le Forum national, le Parti conservateur ou encore le parti L'industrie sauvera la Géorgie qui reconnaît cependant avoir plusieurs divergences avec le leader de Rêve géorgien, notamment en ce qui concerne l’adhésion du pays à l’OTAN[14].

En juin 2012, une enquête est ouverte à l’encontre de la coalition Rêve géorgien pour des faits d’achat de voix, des activistes étant soupçonnés d’avoir distribué des tracts promettant des cadeaux de valeur aux électeurs qui assisteraient à la manifestation du 5 juin à Koutaïssi[15]. Le 11 juin, une amende de 90,9 millions de dollars pour violation des règles de financement de parti politique est notifiée à Bidzina Ivanichvili[16].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Il est nommé Premier ministre par le président Saakachvili le et investi par le Parlement le 25 du même mois[17], instaurant donc une cohabitation jusqu'à la présidentielle de 2013. Celle-ci se révèle être brutale à l'égard du clan Saakachvili, plusieurs hauts dignitaires étant poursuivis par la justice (comme l'ancien ministre de l'Intérieur Vano Merabichvili), ce qui est dénoncé comme une « chasse aux sorcières ». Saakachvili lui-même est invité par certains de ses proches à quitter la Géorgie et à s'expatrier aux États-Unis pour y échapper[18].

Le nouveau gouvernement géorgien est composé entre autres d'Irakli Alassania, nommé ministre de la Défense, et de l'ancien footballeur Kakhaber Kaladze, nommé ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles[19].

L'élection présidentielle de 2013 est remportée par Giorgi Margvelachvili le candidat du Rêve géorgien (parti d'Ivanichvili) par 62 %, battant le candidat David Bakradze du MNU (parti de Saakachvili) qui en obtient 22 %[20]. Il annonce alors sa prochaine démission et sa volonté de créer une ONG pour « enseigner la démocratie aux Géorgiens », même si les observateurs politiques considèrent qu'il continuera à diriger le pays en sous main. Parallèlement, plusieurs proches de Saakachvili, dont d'anciens ministres, sont arrêtés, alors que celui-ci est invité à quitter le pays pour les États-Unis, dans la crainte d'une vengeance judiciaire de la part d'Ivanichvili[8].

Le 2 novembre, il annonce qu'il a choisi son ministre de l'Intérieur Irakli Garibachvili pour lui succéder au poste de Premier ministre[21]. Ce dernier est investi par le Parlement le 20 novembre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Georgia illegally denied Ivanishvili citizenship
  2. a et b Georgian President returns Bidzina Ivanishvili's citizenship
  3. (en) « Bidzina Ivanishvili's Art-Filled Fortress In Tblisi », Forbes,‎ 16 février 2012 (consulté le 13 juillet 2012)
  4. a et b (en)Bidzina Ivanishvili: The billionaire with a Georgian dream, The Independent, 8 septembre 2012
  5. a, b et c Géorgie : Bidzina Ivanichvili, l'oligarque qui veut faire tomber Saakachvili, Le Monde, 29 septembre 2012
  6. (en) « Law of the Republic of Georgia on citizenship of Georgia », Site officiel du Conseil de l'Europe (consulté le 13 juillet 2012)
  7. Matthieu Ranvier, « Géorgie: mais qui est cet étrange oligarque franco-russe ? », The Huffington Post,‎ 11 mai 2012 (consulté le 13 juillet 2012)
  8. a, b, c et d Arielle Thédrel, « Ivanichvili, l'homme qui va vraiment diriger la Géorgie », in Le Figaro, mardi 29 octobre 2013, page 8.
  9. (en) Luisa Kroll, Matthew Miller et Tatiana Serafin, « The World's Billionaires 2009 », Forbes,‎ 11 mars 2009 (consulté le 3 septembre 2009)
  10. (en) « Georgia: Billionaire Politician Plans Guggenheim-Style Museum For Georgia », Eurasia Review (consulté le 13 juillet 2012)
  11. voir le reportage "l'effet papillon" sur CANAL+ du 20 avril 2013.
  12. (en) « Georgian Billionaire Plans Political Party », Civil Georgia,‎ 5 octobre 2011 (consulté le 13 juillet 2012)
  13. (en) « Ivanishvili's Political Party Launched », Civil Georgia,‎ 21 avril 2012 (consulté le 13 juillet 2012)
  14. (en) « Industrialists Party Joins Ivanishvili-Led Coalition », Civil Georgia,‎ 11 avril 2012 (consulté le 13 juillet 2012)
  15. (en) « Statement of the Office of Chief Prosecutor of Georgia », Ministère de la Justice de la Géorgie,‎ 7 juin 2012 (consulté le 13 juillet 2012)
  16. (en) « Ivanishvili Fined with USD 90.9 Million », Civil Georgia,‎ 11 juin 2012 (consulté le 13 juillet 2012)
  17. « Géorgie : Ivanichvili premier ministre », Le Figaro, 25 octobre 2012.
  18. Arielle Thedrel et Régis Genté, « Saakachvili encouragé à s'expatrier aux États-Unis », in lefigaro.fr, 27 octobre 2013.
  19. Composition du gouvernement géorgien sur France Diplomatie.
  20. « Géorgie : le protégé du Premier ministre remporte la présidentielle saluée par l'OSCE », in ladepeche.fr, 27 octobre 2013.
  21. « Géorgie : le Premier ministre démissionnaire désigne son successeur », La Libre Belgique, 2 novembre 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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