Sarrussophone

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Sarrussophone, vers 1850

Les sarrussophones sont des instruments de musique de la famille des bois. Ils furent inventés durant la deuxième moitié du XIXe siècle par Pierre-Auguste Sarrus et construits par Pierre-Louis Gautrot, un peu après l'invention des saxophones. Les compositeurs français étant insatisfaits des possibilités du contrebasson[1], ils lui préférèrent le sarrussophone.

Les membres de la famille[modifier | modifier le code]

Ils forment une famille de neuf membres, allant du sarrussophone sopranino au sarrussophone contrebasse :

  • sopranino en mi\flat
  • soprano en si\flat (équivalent du hautbois)
  • alto en mi\flat (équivalent du cor anglais)
  • ténor en si\flat (équivalent du hautbois baryton)
  • baryton en mi\flat (équivalent du petit basson en mi\flat
  • basse en si\flat (équivalent du basson)
  • contrebasse en mi\flat, ut ou si\flat (équivalent du contrebasson).

Le Sarrussophone contrebasse en ut était le seul instrument utilisé dans les orchestres symphoniques ; aujourd'hui cette partie est remplacée par le contrebasson[1]. Les autres membres de la famille étaient utilisés dans les musiques d'harmonies.

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont des instruments à anche double, comme le hautbois, le basson ou le cor anglais, mais avec un corps en cuivre. Leur timbre solide et vigoureux était bien adapté au jeu hors des salles de concerts[1] et légitime leur utilisation dans les orchestres où ils ne font pas double emploi avec les hautbois, cor anglais et basson au son plus maigre.

Les doigtés sont semblables à la flûte, au hautbois ou au saxophone[1].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Principalement utilisé dans la musique d'harmonie ou la musique militaire, leur timbre plein et volumineux se prête bien aux sonorités de plein air. Ils y remplacent aisément les hautbois qui dans ces conditions sonnent souvent grêles. Le sarrussophone contrebasse est plus couramment utilisé dans la musique symphonique[1] et se substitue au contrebasson en gardant dans l'extrême grave une sonorité vigoureuse et moins « maigre » que ce dernier.

La deuxième symphonie Apollo and the Seaman (1907) avec chœur d'hommes, opus 51 de Joseph Holbrooke nécessite cet instrument. On le trouve également dans le requiem de Frederick Delius et le 'Threni ....' de Stravinski.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

« Sarrussophone » est la forme utilisée par l'Encyclopædia Universalis et par le Petit Robert. Il semble que la graphie « sarrusophone » vienne de son inventeur Sarrus.

  1. a, b, c, d et e Walter Piston, Orchestration (Londres, Victor Collancz 1955), p. 205.