Aiko de Toshi

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Aiko

Biographie
Titulature Princesse de Toshi
Dynastie Maison de Yamato
Nom de naissance Toshi-no-miya Aiko
Naissance 1er décembre 2001 (13 ans)
Tokyo (Japon)
Père Naruhito
Mère Masako Owada
Résidence Palais du Tōgū
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La princesse Aiko de Toshi (敬宮愛子内親王, Toshi-no-miya Aiko Naishinnō?), née le 1er décembre 2001 à l'Hôpital de la Maison impériale dans les jardins du Kōkyo dans l'arrondissement de Chiyoda à Tōkyō, est actuellement l'unique enfant du prince héritier du Japon Naruhito et de son épouse la princesse Masako.

Noms[modifier | modifier le code]

Ses deux noms furent choisis directement par ses parents, marquant ainsi une rupture avec la tradition qui veut que ce soit l'empereur qui donne son nom à un membre de la Maison impériale du Japon. En revanche, la coutume selon laquelle ces noms sont inspirés d'un passage d'un des Classiques chinois a été respectée. Pour leur fille, les princes héritiers ont choisi un extrait du chapitre 28 du livre IV, seconde partie, des enseignements du philosophe confucianiste Mencius qui dit : « 人者人恒之、人者人恒之 »[1], ce qui, une fois traduit du chinois, donne : « Celui qui aime les autres est constamment aimé par eux. Celui qui respecte les autres est constamment respecté par eux. »[2].

Ainsi son prénom, Aiko (愛子?) utilise le kanji mederu (, ai?, « aimer, aimé »)[3] et signifie alors « Celle qui aime », et qui est donc « aimée en retour ».

Son nom de complaisance, Toshi-no-miya (敬宮?) renvoie quant-à-lui à la seconde partie de la phrase avec le kanji toshi (, kei/kyō/uyamau?) qui signifie « respect, respecter, respectueux »[4].

Elle reçoit officiellement ses noms le septième jour après sa naissance, le 7 décembre 2001, en même temps que son emblème personnel (お印, o-shirushi?) : l'Azalée à cinq pétales (五葉躑躅, Goyō-tsutsuji?), afin de symboliser le cœur pur de la princesse[5].

Si la loi de la Maison impériale de 1947 n'est pas réformée, et si elle se marie, elle perdra ses titres pour prendre le nom de son époux, ce qui est fort probable puisque le frère cadet de son père a un fils.

Maison impériale du Japon
Japanese Imperial Seal.svg
Princes d’Akishino
Japanese Crest of Akisino no miya.svg
Princes de Hitachi
Japanese Crest of Hitachi no miya.svg
Princes de Mikasa
Japanese Crest of Mikasa no miya.svg
Princes de Takamado
Japanese Crest of Takamado no miya.svg

Éducation[modifier | modifier le code]

La princesse Aiko a commencé sa scolarité au jardin d'enfant du Château national des Enfants de Tōkyō en 2005 avant de rejoindre en avril 2006 l'école maternelle de la Compagnie scolaire privée Gakushūin, où tous les membres de la famille impériale ont été scolarisés depuis sa création en 1877. En parallèle, elle suit également des cours de gymnastique et de musique au Tōgū-gosho, palais où elle réside avec ses parents, et intègre son premier orchestre scolaire en juin 2011 comme violoncelliste (reprenant le même instrument de prédilection que son grand-père, l'empereur)[6] après avoir par le passé montré de l'intérêt pour le piano (à l'instar de sa grand-mère l'impératrice) et le violon (comme son père). Selon son père, elle montre également un intérêt pour la poterie, le jardinage qu'elle pratique dans les jardins du Palais du Tōgū avec sa mère et pour le sumo, ayant mémorisé les noms de naissance, de combattant et les origines géographiques de nombreux sumotori, suivant les combats à la télévision ou en les reproduisant avec son père[7]. Elle assiste à son premier basho le 10 septembre 2006 en compagnie de ses parents à l'occasion de la première journée du Aki basho, ou tournoi d'automne, au Ryōgoku Kokugikan de Tōkyō[8].

Elle intègre l'école élémentaire de cette même compagnie en avril 2008. À cette occasion, de nombreux parents d'élève se sont plaint des aménagements conséquents apportés cette année à l'école en considérant qu'il s'agissait de mesures d'exception entièrement dues à la présence de la princesse : le nombre d'élèves par classe a été réduit de 44 à 33 (l'école devant déplacer une piscine et un gymnase pour construire de nouvelles salles de classes), de nouvelles cartes d'identités à puce ont été distribués aux enfants, de hauts murs ont prévu d'être construits autour de l'école tandis qu'il aurait été demandé que 70 % des élèves de la classe de la princesse soient d'anciens camarades de cette dernière à l'école maternelle (alors que deux tiers des enfants de l'établissement sont des nouveaux arrivants à Gakushūin) ou encore que les familles ne montrent à personne les photographies prises à l'intérieur de l'école.

Les mères d'élèves de Gakushūin ont également demandé à ce que la princesse Masako soit plus présente notamment dans les rencontres entre parents d'élèves ou les sorties scolaires, la seule à laquelle la princesse héritière ait participé lorsque sa fille était à l'école maternelle n'ayant pas réellement permis que celle-ci tisse des liens avec les autres parents[9].

Au début du mois de mars 2010, l'Agence impériale rend public son retrait de l'école pour avoir été harcelée et malmenée, comme d'autres élèves de sa classe, par des garçons d'une autre section[10]. Elle retourne en cours selon un emploi du temps limité, et accompagnée par sa mère, à partir du 2 mai 2010[11]. L'Agence impériale a dû par la suite démentir publiquement d'avoir conseillé à la direction de Gakushūin d'ajouter des médicaments dans les repas des tourmenteurs de la princesse pour les calmer[12]. À l'occasion de son dixième anniversaire, le 1er décembre 2011, il est indiqué que la princesse a pratiquement repris un emploi du temps scolaire normal, que les présences en classe de sa mère se sont largement espacé, ayant recommencé à se rendre seule à l'école à partir de septembre, et que : « Il apparaît qu'elle aura juste besoin d'un petit peu plus de temps pour revenir à la normale. Nous aimerions attendre cela calmement »[6].

La future impératrice régnante ?[modifier | modifier le code]

La crise de succession[modifier | modifier le code]

Selon la loi de la Maison impériale de 1947 qui régit la succession au trône du Chrysanthème, les femmes sont exclues de cet héritage. Toutefois, la fin des pratiques ancestrales des concubines impériales et de l'adoption de cadets issus d'autres branches de la famille impériale à partir des empereurs Meiji puis Taishō, mais surtout la limitation de la succession aux seuls descendants masculins de ce dernier par la loi de 1947, ont fortement réduit le nombre de candidats probables.

Cependant, aucun garçon n'est né dans la maison impériale du Japon entre 1965 (naissance du prince Akishino, frère du prince héritier et oncle de la princesse Aiko) et 2006 (naissance du prince Hisahito d'Akishino, fils du prince Akishino et cousin de la princesse Aiko). Quoi qu'il en soit, une forte pression fut mise sur les épaules de la princesse Masako pour mettre au monde un héritier : accumulant les dépressions nerveuses, elle subit une fausse couche en 1999[13] avant de mettre au monde la princesse Aiko en 2001.

Or, parmi les membres actuels de l'ordre de succession impérial, seuls le prince héritier Naruhito et le prince Akishino sont encore potentiellement en âge d'avoir d'autres enfants et donc d'espérer donner à la couronne un nouvel héritier. De plus, seuls le prince Akishino et son épouse ont pour l'instant rempli cet impératif[non neutre] avec la naissance du prince Hisahito. En effet, le prince Hitachi et son épouse n'ont jamais eu d'enfant et ont aujourd'hui, à presque 80 et 75 ans, dépassé l'âge d'en avoir. De même, le prince Takahito Mikasa, doyen de la famille impériale, à presque 100 ans, ne peut plus avoir d'enfant, et cela parait difficile pour ses fils : son aîné, le Prince Tomohito de Mikasa est décédé en 2012, et n'a eu que deux filles; le prince Katsura ne s'est jamais marié et est décédé en 2014, paralysé de la moitié inférieure de son corps ; le dernier fils du prince Mikasa, le prince Takamado, est décédé en 2002 et a eu avec son épouse trois filles. Ainsi, tous les espoirs de la maison impériale sont placés en le prince Hisahito.

Le projet de réforme de la loi de succession[modifier | modifier le code]

Le gouvernement a, entre 2005 et 2006, réfléchi à une série de solutions pour régler ce problème de succession :

  • Le 24 janvier 2005, le gouvernement japonais de Jun'ichirō Koizumi propose de remettre au goût du jour une vieille tradition japonaise interdite par la loi de 1947, à savoir la possibilité pour le prince et la princesse héritiers d'adopter un fils issu d'une maison cadette de la famille impériale, soit (le prince Hisahito n'étant pas encore né), un garçon né dans une ancienne branche impériale déchue de ses droits après 1947.
  • Le 25 octobre 2005, un panel d'experts réuni à la demande du Premier ministre appelle dans son rapport à une révision pure et simple de la loi de succession impériale pour y introduire le principe de primogéniture absolue.
  • De novembre 2005 à février 2006, plusieurs médias nationaux et internationaux font échos des recommandations du prince Tomohito de Mikasa, cousin germain de l'empereur, connu pour ses positions traditionalistes. Celui-ci, dans les colonnes du magazine mensuel Bungei Shuju appartenant à une association caritative dont il est président, s'est opposé à la suppression de la primogéniture masculine et a proposé à la place plusieurs solutions à la crise de succession : outre la reprise de la proposition de l'adoption d'un enfant issu d'une branche cadette, il appelle également à la réintégration dans la famille impériale des vieilles familles déchues en 1947 et, solution la plus fracassante, envisage même l'éventualité de recourir à nouveau à l'ancien système des concubines[14],[15].
  • Le 20 janvier 2006, le Premier ministre Jun'ichirō Koizumi annonce, dans son discours annuel de politique générale, qu'il a prévu de présenter un projet de loi à la Diète du Japon permettant aux femmes d'accéder au trône du chrysanthème, dans la droite ligne des conclusions énoncées par le panel d'expert fin 2005, sans pour autant préciser le contenu de ce projet de loi ni de calendrier précis quant à sa préparation[16].
  • Le 1er février 2006, une nouvelle controverse est lancée lorsque Takeo Hiranuma, ancien ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie de Koizumi limogé par ce dernier en 2005 en raison de son opposition au projet de privatisation de la poste, organise un meeting, où se sont rendus 40 parlementaires, contre le projet de loi de réforme de la succession japonaise. En effet, il dit craindre alors que, si la réforme est mise en place et que donc la princesse Aiko devienne un jour impératrice, elle épouse plus tard un étranger « aux yeux bleus »[17].
  • Le 6 février 2006, il est annoncé que l'épouse du prince d'Akishino, la princesse Kiko d'Akishino, est enceinte. Suite à cette nouvelle, le gouvernement décide finalement que l'éventuel projet de loi de réforme ne sera présenté qu'au cours de la session parlementaire de 2006[18]. Le 6 septembre 2006, la princesse Kiko accouche d'un garçon, appelé prince Hisahito d'Akishino, le premier fils à être né dans la famille impériale depuis son père en 1965 et donc désormais 3e dans l'ordre de succession au trône.
  • En janvier 2007, le nouveau Premier ministre, Shinzō Abe, a annoncé qu'il abandonnait l'idée de la révision de la loi de succession, suite à la naissance du prince Hisahito[19].

Toutefois, le principe d'étendre le droit de succession aux femmes n'a pas encore totalement été écarté. Le professeur de droit constitutionnel, et l'un des principaux partisans de la réforme successorale, Kōichi Yokota prévient ainsi qu'« il n'y a aucune garantie de continuité pour la famille impériale tant que des règles souples de succession n'auront pas été adoptées ». De plus, une majorité de l'opinion reste largement favorable à cette révision et ainsi à l'avènement futur d'une impératrice en la personne de la princesse Aiko. C'est ainsi que, au cours de la campagne pour l'élection du président du PLD et ainsi pour la désignation d'un successeur à Abe, le candidat favori, à savoir Yasuo Fukuda qui est devenu ensuite Premier ministre, a fait savoir qu'il est favorable à l'introduction des femmes de la famille impériale dans l'ordre de succession au trône[20]. Il n'a pourtant rien fait en ce sens durant son mandat, ayant démissionné le 1er septembre 2008. Son successeur, Tarō Asō, avait, à l'époque où la réforme était d'actualité, appelé la classe politique à bien réfléchir avant de se prononcer sur ce projet. De plus, il est le beau-frère du prince Tomohito, principal adversaire à l'accession à l'ordre de succession des femmes[21].

Si un jour la loi de 1947 est bien réformée, la princesse Aiko serait seconde dans l'ordre de succession derrière son père et serait amenée à devenir la huitième impératrice régnante du Japon et la première depuis Go-Sakuramachi qui a régné de 1762 à 1771. Elle serait également la première à accéder au trône dans des circonstances normales, c'est-à-dire en succédant à son père après avoir porté le titre de princesse héritière (même si ce fut le cas déjà une seule fois, pour l'impératrice Kōken, reconnue héritière par son père l'empereur Shōmu et qui est donc encore à ce jour la seule femme à avoir porté le titre de Kōtaishi, au masculin) et en transmettant à ses enfants le droit de succession, ses prédécesseurs ayant toutes régné dans des contextes exceptionnels (essentiellement pendant les minorités des héritiers masculins légitimes).

Problèmes de santé[modifier | modifier le code]

Début novembre 2011, la princesse Aiko ayant contracté le germe Mycoplasma pneumoniae, fut hospitalisée pour une pneumonie naissante[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (zh) Texte original des Enseignements de Mencius
  2. (en) The Works of Mencius : Book IV, Part II, Chapter XXVIII, trad. par James Legge, éd. Clarendon Press, 1895
  3. (en) Wiktionary : 愛
  4. (en) Wiktionary : 敬
  5. (en) « Goyo-tsutsuji or Five-leaf Deciduous Azalea » sur le site de http://www.paghat.com
  6. a et b (en) Mainichi, « Princess Aiko Celebrates 10th Birthday », Royalty in the news, 01/12/2011
  7. (en) « Press Conference by His Imperial Highness The Crown Prince on the Occasion of His Birthday », Agence impériale, 21/02/2006
  8. (en) « Princess Aiko sees sumo live for 1st time », Nipponify-Japan News Online, 10/09/2006
  9. (en) S. Post, trad. par T. Fujimoto, « Princess Aiko to Begin Schooling; Concerns for Security, Friends », Mr.Kureiton, 29/03/2008
  10. (en) « Japan princess "bullied by boys" », 05/03/2010
  11. Kyodo News, « Princess Aiko returns to school », Japan Times, 02/05/2010
  12. (en) Kyodo News, « Imperial Household Agency demands publisher apologize over Aiko article », Japan Today, 05/06/2010
  13. O. Corriez, « La princesse Masako pourrait être enceinte », LCI, 17/04/2001
  14. (en) J.McCurry, « Bring back concubines, urges emperor's cousin », The Guardian, 04/11/2005
  15. (en) « ROYAL NEWS: JANUARY 2006 », Brève du 9 janvier 2006
  16. (en) « Japan bill to let women on throne », BBC News, 20/01/2006
  17. (en) « Rally against Japan royals change », BBC News, 01/02/2006
  18. (en) « 2ND LD: Imperial succession bill may not be introduced: Koizumi hints », Kyodo News international, 13/02/2006
  19. (en) The Associated Press, « Japanese emperor celebrates heir's birth in New Year's poem », International Herald Tribune, 01/01/2007
  20. (en) The Associated Press, « PM candidate: government must clean up act, allow female monarch », International Herald Tribune, 21/09/2007
  21. (en) « Japan minister urges royal debate », BBC News, 03/02/2006
  22. Danielle Demetriou, « Japan's Princess Aiko suffering from pneumonia », Daily Telegraph, London,‎ 03/11/2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]