Michiko Shōda

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Michiko

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L’impératrice Michiko, en 2005.

Titre

Impératrice consort du Japon

Depuis le 7 janvier 1989
(&&&&&&&&&&&0933525 ans, 6 mois et 23 jours)

Prédécesseur Kōjun
Biographie
Dynastie Maison de Yamato
Nom de naissance Shōda Michiko
Naissance 20 octobre 1934 (79 ans)
Tokyo (Japon)
Père Shōda Hidesaburō
Mère Soejima Fumiko
Conjoint Akihito du Japon
Enfants Naruhito, prince héritier
Fumihito d’Akishino, Prince impérial
Sayako
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Impératrices consorts du Japon

Sa majesté l’impératrice Michiko du Japon (皇后美智子, Kōgō Michiko?), née Michiko Shōda (正田 美智子, Shōda Michiko?) le 20 octobre 1934 à l'hôpital de l'université de Tokyo, dans l'arrondissement de Hongō (aujourd'hui partie de celui de Bunkyō) à Tōkyō, est l'impératrice consort (皇后, Kōgō?) du Japon, en tant qu'épouse de l'empereur Akihito, régnant depuis le 7 janvier 1989 et intronisé le 12 novembre 1990. Elle a succédé à sa belle-mère, l'impératrice Nagako, consort du défunt empereur Shōwa, connue depuis son décès le 16 juin 2000 sous le titre posthume de Kōjun.

Elle fut, de son mariage le 10 avril 1959 au décès de l'empereur Hirohito le 7 janvier 1989, princesse héritière consort du Japon. Elle est la première épouse d'un membre de la famille impériale du Japon à ne pas être issue de l'ancienne aristocratie. Elle a eu avec son époux trois enfants dont l'actuel héritier du trône du Chrysanthème, Naruhito.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

La future impératrice Michiko enfant, en 1940

Michiko est la fille aînée de Hidesaburō Shōda, ancien président de la société de minoterie Nisshin Seifun, et de son épouse Fumiko Soejima. Née et élevée à Tōkyō et issue d'une famille cultivée (elle est la nièce de plusieurs universitaires, notamment le mathématicien Kenjirō Shōda qui fut le président de l'Université d'Ōsaka de 1954 à 1960[1]), elle reçoit une éducation soignée, à la fois traditionnelle et « occidentale », apprenant à parler l'anglais, à jouer du piano, ou étant initiée aux arts tels que la peinture, la cuisine et le kōdō.

Scolarisée dans un premier temps à l'école élémentaire de Futaba dans l'arrondissement de Kōjimachi (actuel Chiyoda), elle doit néanmoins quitter avec sa famille la capitale en mars 1945 lorsque celle-ci est bombardée par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est alors successivement scolarisée dans les préfectures de Kanagawa (dans le bourg de Katase, aujourd'hui partie de la ville de Fujisawa), GunmaTatebayashi, bourg d'origine de la famille Shōda) et Nagano (dans le bourg de Karuizawa, où les Shōda ont une résidence secondaire de villégiature).

De retour à Tōkyō en 1946, elle termine sa scolarité élémentaire à Futaba et intègre l'établissement secondaire privé catholique pour fille de Seishin (ou du Sacré-Cœur) dans l'arrondissement de Minato en 1947. Elle sort diplômée du lycée en 1953. Depuis le collège, elle est surnommée par ses proches « Micchi » (ミッチ), mais a admis avoir également été appelée dans son enfance « Temple-chan », en raison de sa chevelure bouclée et aux teintes rousses inhabituelle pour une Japonaise qui l'aurait faite ressembler à l'enfant actrice américaine Shirley Temple. Bien qu'issue d'une famille catholique et ayant étudié dans des établissements privés chrétiens, elle n'est pas baptisée.

Elle suit ensuite des études brillantes. Elle est diplômée d'un Bachelor of Arts de la faculté des lettres de l'Université privée pour filles du Sacré-Cœur à Hiroo dans l'arrondissement de Shibuya à Tōkyō, en 1957. Elle suit également des cours à l'étranger, à l'université Harvard aux États-Unis et à l'université d'Oxford au Royaume-Uni.

Issue d'une famille particulièrement aisée, ses parents se sont très tôt préoccupés de son mariage, et a ainsi rencontré plusieurs prétendants au cours des années 1950[2]. Yukio Mishima, l'un des plus célèbres écrivains japonais de l'après-guerre connu pour son admiration du Japon traditionnel, semble avoir été l'un de ceux là, selon son biographe Henry Scott Stokes, auteur en 2000 de The Life and Death of Yukio Mishima aux éditions Cooper Square Press[3].

Fiançailles, mariage et princesse héritière[modifier | modifier le code]

Une union populaire mais difficile[modifier | modifier le code]

Maison impériale du Japon
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Princes d’Akishino
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Princes de Hitachi
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Princes de Mikasa
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Princes de Takamado
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Le Prince héritier Akihito et Michiko Shōda le jour de leur mariage le 10 avril 1959, en compagnie de l'Empereur Hirohito et de l'Impératrice Nagako

Elle a rencontré le prince héritier Akihito en août 1957 sur un court de tennis dans la station touristique de Karuizawa, près de Nagano, lors d'une partie en double qu'elle aurait remporté avec son partenaire avec une large avance sur le prince. Le conseil de la Maison impériale a officiellement annoncé les fiançailles du prince avec Michiko le 27 novembre 1958. Les médias parlent alors de la « romance du court de tennis » et présentent leur rencontre comme un véritable « conte de fée »[2].

Toutefois, ce mariage n'a pas fait l'unanimité. Pendant les années 1950, les médias avaient avancé que certains membres traditionalistes de l'agence impériale essayaient de l'écarter du prince héritier car elle était considérée comme une fille du peuple, bien qu'elle soit la fille d'un riche industriel. En effet, il était jusqu'à présent de tradition que le futur empereur épouse une aristocrate, Michiko Shōda étant la première roturière à être fiancée à un membre de la famille impériale, et cela bien qu'elle soit issue de l'une des familles les plus fortunées du Japon. De plus, elle est issue d'un milieu catholique et, bien qu'elle n'ait jamais été baptisée, elle a été élevée dans des établissements religieux chrétiens et semble partager la foi de ses parents. En 2000, à la mort de l'Impératrice Kōjun, l'agence Reuters a annoncé que l'ancienne Impératrice faisait partie des plus farouches opposants à ce mariage et que, dans les années 1960, elle avait poussé sa bru à la dépression en l'accusant de n'être pas faite pour son fils[4]. Des menaces de mort poussent les autorités à organiser la sécurité de la famille Shōda[2]. L'écrivain Yukio Mishima, connu pour ses prises de position traditionalistes, déclare alors : « Le système impérial devient "tabloïdesque" (sic) dans un effort de démocratisation du système. L'idée de connecter (la famille impériale) au peuple par une perte de sa dignité est mauvaise »[5].

Toutefois, le jeune couple avait alors acquis un large soutien du public, qui a pris en affection la jeune « Micchi » devenue le symbole de la modernisation et de la démocratisation du Japon (les médias parlent alors d'un « Micchi boom »), ainsi que celui de la classe politique dirigeant le pays. Le mariage eut donc finalement bien lieu, le 10 avril 1959, lors d'une cérémonie traditionnelle shintō. Le cortège nuptial fut suivi dans les rues de Tōkyō par une foule de plus de 500 000 personnes s'étalant sur les 8,8 km du parcours, et les parties du mariage retransmises à la télévision (faisant de cette noce princière la première à être médiatisée au Japon) furent regardées par 15 millions de spectateurs environ[5]. Comme le veut la tradition, elle reçoit lors de son entrée dans la famille impériale un emblème personnel (お印, o-shirushi?) : le bouleau blanc du Japon (白樺, Shirakaba?).

Un couple princier se démarquant des traditions[modifier | modifier le code]

Le prince héritier Akihito et la princesse Michiko à leur descente d'avion lors d'une visite officielle aux États-Unis, le 7 octobre 1987

Le jeune couple s'installe alors au Palais du Tōgū (東宮侍従, Tōgū-gosho?), ou « palais de la Maison de l'Est », nom traditionnel de la résidence officielle du prince héritier installée depuis 1952 dans une demeure du Domaine impérial d'Akasaka, dans l'arrondissement spécial de Minato à Tōkyō. Ils y habiteront jusqu'à l'accession au trône de son mari en 1989.

Le couple princier (puis impérial) eut trois enfants :

  • le Prince héritier Naruhito (徳仁 皇太子 殿下, Naruhito kōtaishi denka?) le 23 février 1960.
  • le Prince Akishino (Fumihito) (秋篠宮 文仁 親王 殿下, Akishino-no-miya Fumihito shinnō denka?) le 30 novembre 1965.
  • la Princesse Nori (Sayako) (紀宮 清子 内親王 殿下, Nori-no-miya Sayako naishinnō denka?) le 18 avril 1969. Suite à son mariage le 15 novembre 2005 avec l'urbaniste (et lui aussi roturier) Yoshiki Kuroda, elle a, comme le veut la loi de la maison impériale de 1947, quitté le palais impérial et perdu son titre de princesse, étant désormais appelée simplement Sayako Kuroda (黒田 清子, Kuroda Sayako?).

Contrairement à la tradition qui voulait que les enfants de la famille impériale soient séparés de leurs parents et confiés à des précepteurs privés, le prince héritier Akihito et son épouse Michiko ont décidé dès le départ d'élever eux-mêmes leurs deux fils et leur fille. Tous se sont depuis mariés avec des personnes issues du peuple. Elle et son époux ont également acquis une assez forte popularité auprès du grand public, de par leurs voyages fréquents dans les 47 préfectures du pays pour aller à la rencontre de la population mais aussi pour les libertés prises par le couple princier vis-à-vis du protocole. Sur un plan plus officiel, le prince héritier et la princesse ont visité, entre 1959 et 1989, 37 pays étrangers.

Elle a subi, du fait de la pression de l'étiquette, des médias et, selon Reuters, de l'attitude de sa belle-mère, plusieurs dépressions nerveuses qui ont eu pour conséquence notamment de lui faire perdre la voix pendant sept mois dans les années 1960 puis de nouveau à l'automne 1993. Plus récemment, l'impératrice a dû annuler plusieurs de ses obligations officielles au printemps 2007, souffrant alors d'ulcères buccaux, de saignements de nez et d'hémorragies intestinales, dus, selon ses médecins, au « stress psychologique »[6]. Cela l'aurait particulièrement rapproché de sa belle-fille, la princesse héritière Masako, qui elle aussi a subi plusieurs dépressions nées des pressions de sa nouvelle condition[7].

Impératrice consort du Japon[modifier | modifier le code]

L'Empereur Akihito et l'Impératrice Michiko, le 28 juin 2005.

À la mort de l'empereur Shōwa en 1989 son époux devint le nouvel empereur et elle devint impératrice. Tous deux furent intronisés au palais impérial de Tokyo, le 12 novembre 1990.

Depuis leur intronisation, le couple impérial a visité 18 pays et a fait en sorte d'être plus proche du peuple, en se rendant dans les 47 préfectures du Japon.

Mais ses obligations officielles consistent également à accompagner son époux lors des manifestations et cérémonies (elle était ainsi à ses côtés, notamment, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Nagano en 1998), à recevoir les hôtes officiels du Japon dont les chefs d'État étrangers mais aussi de visiter des institutions sociales, culturelles et caritatives. Au décès de sa belle-mère l'impératrice douairière Kōjun le 16 juin 2000, elle lui succède comme présidente d'honneur de la Croix-Rouge japonaise[8].

En tant qu'impératrice, elle est tout particulièrement responsable de la Momijiyama Imperial Cocoonery, une ferme séricicole située dans le parc du palais impérial. Elle participe ainsi à la cérémonie annuelle de récolte de la soie, nourrit personnellement les vers à soie avec des mûres et est chargée de s'occuper de ces animaux, des bâtiments et du personnel de la ferme. Depuis 1994, une partie de la soie récoltée est donnée par l'impératrice au dépôt Shôsô-in du temple bouddhique Tōdai-ji à Nara[9].

Loisirs, passions et œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Michiko Shōda au piano en octobre 1958

L'impératrice du Japon apprécie particulièrement la musique, et joue du piano. D'ailleurs, la famille impériale est connue depuis plusieurs décennies pour former occasionnellement un petit orchestre familial, le prince héritier puis empereur Akihito jouant du violoncelle, la princesse puis impératrice Michiko du piano, et le prince puis prince héritier Naruhito du violon. L'impératrice est également connue pour être particulièrement férue de gagaku, genre de musique de cour traditionnel japonais.

Elle est également amatrice de poésie, notamment de l'œuvre de Michio Mado dont elle a sélectionné, compilé et traduit plusieurs poèmes dans une série de recueil sous les titres de Dobutsu-tachi (les Animaux) en 1992 et Fushigina Poketto (la poche magique) en 1998. Elle a elle-même composé plusieurs poèmes, notamment des waka. Certains d'entre eux ont été publiés : une série de wakas composés par Akihito et Michiko, encore prince et princesse héritiers, ont été édités en 1987 puis réédités en 1991 sous le titre Tomoshibi: Light. Enfin, une collection de 367 waka de l'impératrice ont été publiés en 1997 sous le titre Seoto (瀬音?, littéralement « Le Son du Courant »), et 53 d'entre eux ont été traduits en français et publiés en France par Signatura sous le titre Sé-oto, Le chant du gué[10].

Elle a enfin écrit en 1991 un livre pour enfant, illustré par Wako Takeda : Hajimete no Yamanobori (« Ma première montagne »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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