Abraham Moles

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Abraham Moles

Naissance 19 août 1920
Décès 22 mai 1992 (à 71 ans)
Nationalité Française
Profession
Universitaire, chercheur
Formation

Abraham Moles, né le 19 août 1920 et décédé le 22 mai 1992[1], est l'un des précurseurs des études en sciences de l'information et de la communication en France (il est l'auteur de la préface de l'œuvre canonique de Weaver et Shannon). Professeur, il a enseigné à la Hochschule für Gestaltung d'Ulm et à l'Université de Strasbourg. Son étude sur le kitsch a fait date. Il est également l'inventeur du morphophone (en collaboration avec Jacques Poullin), l'une des premières chambres d'écho électroniques[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Abraham Moles a suivi des études d'ingénieur en électricité et en acoustique à l’université de Grenoble, en même temps qu'une licence ès sciences. Il est nommé assistant au Laboratoire de physique de métaux, dirigé d’abord par Félix Esclangon, puis par Louis Néel. Il s'initie aux techniques de la métallurgie, à la manipulation de l’appareillage électrique et électronique, et rédige des rapports d’essais de matériaux ou d’analyses techniques. À la fin de la guerre, il entre au CNRS, au Laboratoire d’acoustique et de vibrations à Marseille, et au CRSIM (Centre de recherche scientifique industriel et maritime), héritier d’un Laboratoire de la Marine nationale (futur Laboratoire d’études mécaniques du CNRS). Il suit également les cours d'Aimé Forest et de Jacques Chevalier en philosophie à l’Université de Grenoble, puis ceux de Gaston Berger à l’Université d'Aix et Gaston Bachelard à la Sorbonne.

En 1952, il soutient en Sorbonne une thèse de doctorat d’État sur La structure physique du signal musical et phonétique (sous la direction de René Lucas, Edmond Bauer, Henri Pieron et du physiologiste Alexandre Monnier).

Il participe aux travaux du Centre d’études de la radio-télévision (Jean Tardieu, dir.), rue de l’Université, organisme de recherche de la Radiodiffusion française, et en particulier de l’équipe réunie autour de Pierre Schaeffer, créateur de la musique concrète.

Mais sa situation professionnelle est précaire. Il reçoit deux bourses de la Fondation Rockefeller qu'il met à profit au cours d'un séjour à l'université Columbia (au Département de musique dirigé par Vladimir Ussachevsky).

En 1954, il soutient en Sorbonne une seconde thèse de doctorat d’État, en Lettres (Philosophie) cette fois-ci, intitulé "La création scientifique", thèse menée sous la direction de Bachelard. Il obtient le grade et publiera peu de temps après ses travaux en 1957.

De 1954 à 1960, avec de nombreuses interruptions, Abraham Moles occupe la charge de directeur du Laboratoire d’électroacoustique Scherchen, situé dans le petit village de Gravesano en Suisse italienne, sous la direction du chef d’orchestre Hermann Scherchen, l’un des pionniers de Radio Berlin jusqu’en 1933 qui avait révélé des compositeurs aussi fameux que Luciano Berio, Iannis Xenakis, Bruno Maderna, Luigi Nono.

Simultanément, Abraham Moles enseigne à l’Université de Stuttgart (dans le département de Max Bense), ainsi qu'à l’Université de Bonn, à Berlin et à Utrecht. Il obtient enfin un poste de professeur régulier à la Hochschule für Gestaltung à Ulm, fondée après la guerre par Max Bill, héritière en Allemagne de la tradition du Bauhaus de Weimar. À partir de 1966, il donne des cours à l’Université de Strasbourg (dans le Département dirigé par Henri Lefebvre), d'abord en sociologie puis dans la Chaire de psychologie sociale. On parle de lui au moment des mouvements de contestation étudiante, car les étudiants situationnistes le prennent pour cible et interrompent son cours à coups de tomates[3]. Il y crée en 1966 un Institut de psychologie sociale des communications qu'il dirige jusqu'en 1987, appelé communément l'École de Strasbourg par les anciens étudiants devenus universitaires dans le monde entier et aujourd'hui réunis dans l'Association internationale de micropsychologie et de psychologie sociale des communications. Son ouvrage Art et ordinateur (1971) transpose en esthétique les théories de Shannon et s'inspire des pratiques de l'Oulipo, dont il est l'invité d'honneur en 1970.

Il a présidé la Société française de cybernétique, fondée par Louis Couffignal.

Textes en ligne[modifier | modifier le code]

Captation de conférence[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1952. Physique et technique du bruit, Paris, Dunod
  • 1957. La création scientifique, Genève, Kister
  • 1961. Musiques expérimentales, Zurich, Cercle d'art
  • 1963. Communications et langages (en collaboration avec B. Vallancien), Paris, Gauthier-Villars
  • 1966. Phonétique et phonation (en collaboration avec B. Vallancien) Paris, Masson
  • 1969. L'affiche dans la société urbaine, Paris, Dunod
  • 1970. Créativité et méthodes d'innovation, Paris, Fayard
  • 1971. Art et ordinateur, Paris, Casterman
  • 1971. La communication, Les dictionnaires du savoir moderne (ouvrage collectif sous la direcion d'Abraham Moles et Claude Zeltmann)[4], Paris
  • 1972. Théorie des objets, Paris, Éditions universitaires
  • 1972. Psychologie de l'espace (en collaboration avec Élisabeth Rohmer), Paris, Casterman
  • 1973. Théorie de l'information et perception esthétique, Paris, Denoël
  • 1973. Sociodynamique de la culture, Paris, Mouton
  • 1973. La communication, Paris, Marabout
  • 1976. Micropsychologie et vie quotidienne (en collaboration avec Élisabeth Rohmer), Paris, Denoël
  • 1977. Psychologie du kitsch, Paris, Denoël
  • 1977. Théorie des actes (en collaboration avec Élisabeth Rohmer), Paris, Casterman
  • 1981. L'image, communication fonctionnelle, Paris, Casterman
  • 1982. Labyrinthes du vécu, Paris, Klincksieck
  • 1986. Théorie structurale de la communication et société, Paris, Masson
  • 1990. Les sciences de l'imprécis (en collaboration avec Élisabeth Rohmer), Paris, Seuil
  • 1998. Psychosociologie de l'espace (en collaboration avec Élisabeth Rohmer), textes rassemblés, mis en forme et présentés par Victor Schwach, Paris, L'Harmattan

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF
  2. Cf. Martial Robert, 1999, p. 138. Pierre Schaeffer, des transmissions à Orphée. Paris, L'Harmattan, 416 p.
  3. http://www.esprit68.org/misere.html
  4. catalogue.bibliothequedesociologie.cnrs.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]