Louis Couffignal

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Louis Pierre Couffignal, né le 16 mars 1902 et mort le 4 juillet 1966[1], est un mathématicien et cybernéticien français.

Il enseigne d'abord dans des lycées du sud-ouest de la Bretagne puis à l'École navale et enfin au lycée Buffon.

Après l'agrégation Couffignal hésite à faire une thèse de logique symbolique mais sa rencontre avec Maurice d'Ocagne le décide à se consacrer aux machines et à la logique mécanique. Il publie diverses notes à l'Académie des sciences, en particulier l'emploi de la numération binaire dans les machines à calculer qui pose à nouveau, après Leibniz, l'emploi de la numération binaire en tant que principe de base des machines à calculer. Il devient docteur ès Sciences en 1938 avec sa thèse L'analyse mécanique, application aux machines à calculer et à la mécanique céleste. Il commence à s'intéresser à la cybernétique, ses rencontres avec Louis Lapicque en 1941 et le père de la cybernétique Norbert Wiener en 1946 sont déterminantes. Avec Lapicque il étudie les analogies entre le fonctionnement du système nerveux humain et le fonctionnement des machines mécaniques, tandis que Wiener prépare son livre Cybernetics, fondation de la cybernétique, qu'il publie en 1948, à Paris.

De 1938 à 1960 il est directeur du laboratoire de calcul mécanique de l’Institut Blaise Pascal avec dès 1942 l'objectif de construire le premier ordinateur français. En 1945 il est nommé inspecteur général de l'instruction publique. En 1947, le projet de machine de Couffignal est réaffirmé avec force "Le CNRS veut consacrer les crédits nécessaires à l'étude et à la réalisation d'une machine universelle tenant compte des réalisations faites aux États-Unis, mais sans les copier ; grâce aux travaux de M. Couffignal nous gardons une avance du point de vue théorique"[2]. En 1951 il participe à l’organisation du colloque international du CNRSles machines à calculer et la pensée humaine’ qui va réunir pour la première fois, du 8 au 13 janvier, les plus grands spécialistes de cette science nouvelle qui allait devenir l’informatique. : Wiener, Ashby, Aiken, Lapicque, Malavard, Torres-Quévédo fils, etc.… A la même époque quelques éléments de la machine pilote seront réalisés sous sa direction, mais le projet complet n'arrivera jamais à son terme, n'arrivant pas à résoudre la difficile question de la mémoire en utilisant une plus grande complexité des circuits arithmétiques et en passant à côté d'une solution plus algorithmique qui aurait consisté à réduire l'intelligence arithmétique de la machine, ce qui allait contre ses principes. Le projet, sera définitivement abandonné en 1957. Un échec pour le CNRS qui avait placé l'essentiel de ses investissements pour la réalisation d'un ordinateur français entre les mains de Louis Couffignal au détriment d'autres projets.

En tant qu'inspecteur général il est à l'origine des premiers BTS en France.

Il est le premier président de l'Association nationale des clubs scientifiques (ANCS).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les machines à calculer : leurs principes, leur évolution, Gauthier-Villars, Paris, 1933
  • Les machines à penser, Éditions de Minuit, 1952
  • La cybernétique, Éd. PUF, coll. « Que sais-je ?  », no 638
  • Kybernetische Grundbegriffe, notions de base, Agis-Verlag, Baden-Baden, 1962
  • Les lieux des erreurs scientifiques, Girolamo Ramunni, Le Cavalier Bleu, 2012.
  • Ronan Le Roux, « L'impossible constitution d'une théorie générale des machines ? : la cybernétique dans la France des années cinquante », in Revue de synthèse, no 1, p. 5-36, 2009
  • Une histoire de la cybernétique en France, 1948-1970, Paris, Classiques Garnier, 2013.
  • P. Mounier-Kuhn, L'informatique en France, de la Seconde Guerre mondiale au Plan calcul : l'émergence d’une science, Paris, PUPS, 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] sur le site du catalogue général de la BnF
  2. J. Perès, Les grands machines mathématiques. Annales des Télécommunications, 2, 1947.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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