Abbaye Saint-Benoît de Quinçay
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[modifier] Histoire
On trouve la trace des origines de l'abbaye de Saint-Benoît au VIIe siècle siècle sous le nom de Quinciacus Monasterium.
Fondée par saint Achard, elle ne groupa jamais plus de 15 à 20 moines, mais sa renommée fut grande en Aquitaine et son histoire mouvementée. Lors des invasions normandes, au IXe siècle, elle accueillit les reliques de saint Benoît, apportées par les moines d'Aizenay fuyant les pillages des Vikings. Elle fut elle-même détruite, brûlée et resta en sommeil jusqu'à ce que l'évêque de Poitiers, Isembert Ier, ordonne sa reconstruction au XIe siècle : elle est alors mentionnée dans les textes avec précision sous le nom de Abbas Sancti Benedicti de Quinciaco (1027) qui devient Saint-Benoît de Quinçay avec le retour des reliques de Saint-Benoît d'Herbauges.
En 1569, lors du siège de Poitiers, Gaspard II de Coligny y installa son quartier général, laissant le cloître en piteux état et la salle capitulaire transformée en écurie.
Sous Louis XIV, l'église fut remise en état.
La Révolution chassa définitivement les derniers moines, baptisa le village Quinçay-les-Plaisirs (1794) et mit en vente l'abbaye.
Dans les années 1950, la salle du dortoir servait de salle des fêtes. La salle capitulaire quant à elle tenait lieu de bibliothèque paroissiale.
Les bâtiments ont été acquis par la commune en 1993 pour être restaurés. Après une campagne de fouille qui a permis de retrouver les fondations de la galerie du cloître, le site retrouve vie avec une nouvelle vocation dédiée à l'expression artistique.
L'ancienne église abbatiale et le bâtiment conventuel sont classés comme Monument historique depuis 1984, le sol est inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis 1996.
[modifier] Descriptif
La façade et la nef sont romanes et datent de cette époque. La flèche est gothique et a été rajoutée sur le clocher roman.
L'église est à nef unique. Elle est périodiquement inondée par les grandes crues comme en 1982 et 1983 où l'eau est montée jusqu'à 1,5m à l'intérieur de l'édifice.
A la deuxième fenêtre à gauche, il est possible de discerner un petit Christ en remploi.
A droite en entrant,un grand sarcophage dont le couvercle est brisé.
Dans le croisillon nord, un grand gisant mutilé d'un abbé repose à coté d'un sarcophage dégradé où fut trouvée en 1971 une belle crosse médiévale du XIIIe siècle en cuivre doré et émaillé. Sur la plaque, une Vierge à l'Enfant et sur le douille, des figures d'appliques représentent l'Annonciation.
Un beau retable du XVIIème siècle est dominé par une fresque restaurée qui représente un Christ en Majesté.
Le chœur possède des stalles du XVIIIème siècle.
Deux fresques monochromes se situent sur deux piliers du clocher. L'une d'elles représentent Saint Christophe.
Au dehors, à droite, un passage conduit à une galerie de l'ancien cloître. Les arcades reposent sur de petits chapiteaux dont certains représentent l'Annonciation et la Visitation.
A quelques mètres de la façade de l'église, à droite, se trouve l'ancienne porte de l'enceinte de l'abbaye.