Zouglou

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Le zouglou est un genre musical populaire et urbain né en Côte d'Ivoire[1] né au début des années 1990 qui témoigne des réalités sociales vécues par la jeunesse ivoirienne et porte, éventuellement sur un mode humoristique, des messages politiques voire contestataires prônant un idéal de justice et de paix, ou des conseils sur la vie défendant l'importance l’amour, de l’amitié, ou de la fraternité.

Le zouglou se présente également sous forme de wôyô, une musique utilisant des instruments traditionnels (tam tam, bouteilles…) accompagnée de chansons qui traitent de façon rythmique des récits du quotidien. Il est pratiqué en acoustique et le plus souvent en live. On le qualifie aussi d'« ambiance facile ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Le zouglou est né au début des années 1990, sur les campus universitaires d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire[2], au moment où le président Félix Houphouët-Boigny[3] est contraint, après trente années de pouvoir sans partage, à une ouverture politique[4]. Dans les universités, des étudiants organisent des manifestations. Quelques-uns, logés à la cité universitaire de Yopougon[5], créent, à partir du wôyô (« bruit », en malinké), musique acoustique appelée aussi « ambiance facile »[6], un nouveau style musical : le zouglou[2],[7]. Celui-ci s'inspire du tohourou et de l'alloukou[8], un rythme de réjouissances joué avec le tam-tam en pays bété, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire. Ce rythme était habituellement pratiqué à l'occasion des manifestations sportives organisées entre villages pendant la période des vacances scolaires[9].

L'introduction d'instruments de musique modernes et surtout de textes satiriques et contestataires utilisant l’argot abidjanais[10] et décrivant le quotidien misérable de la vie étudiante à Abidjan, et plus largement du pays tout entier, fondent l'originalité du zouglou, une musique proprement ivoirienne contrairement à celle des chanteurs comme Bailly Spinto ou encore Alpha Blondy[11], mondialement connus mais dont l'oeuvre s'inspire ou intègre des influences non ivoiriennes (folklore français, reggae[12], rock - avec par exemple Gnahoré Jimmy[13])

Le premier album est « Gboclo Koffi » de l’ex étudiant Didier Bilé[14],[2],[15],[16]. Les groupes Poussins Chocs, les Salopards, les Garagistes, Système Gazeur et Parents du Campus[17], menés par Didier Bilé, se forment. Des collectes de fonds auprès des jeunes permettent l'enregistrement et la diffusion d'œuvres de zouglou[2],[7].

Dans leurs chansons, les artistes zouglou[18] demandent toujours aux différents peuples de s’unir, de s'entendre, de se respecter et de vivre ensemble. Les peuples du nord, du sud, de l’est, de l’ouest et du centre doivent arborer les couleurs ivoiriennes[19], s’entremêler et se côtoyer sans animosité[20].

Par la suite, cette musique urbaine se propage en Afrique de l'Ouest, notamment au Mali et au Burkina Faso[16],[7].

Le zouglou inspire de nouveaux genres musicaux et danses (Gnakpa, Mapouka, Youssoumba et plus récemment le coupé-décalé) promus par la jeunesse, sans changer toutefois véritablement de forme musicale. Bien qu'en 1999 le zouglou acquiert une notoriété mondiale, grâce notamment au mythique groupe de Magic System[8], le genre reste en outre assez méconnu.

On compte à ce jour plusieurs dizaines de groupes et ou d'artistes zouglou : Petit Denis, Espoir 2000, Les Garagistes, Les Patrons, Vieux Gazeur, Les Galliets, Yodé & Siro[21] (meilleur album zouglou 2009 avec Signe Zodiaque, Mèlèkè, Lago Paulin, Khunta & Cisco(Gochinago), Nouveaux Dirigeants, Coco Hilaire, Oxygène etc.

Artistes majeurs[modifier | modifier le code]

Singles phares et classiques du zouglou[modifier | modifier le code]

  • Terre des Hommes (koro), Soum Bill
  • Que la lumière soit, Soum Bill
  • Premier Gaou, Magic System, succès mondial
  • Ki dit mié, Magic System
  • Zouglou Dance, Magic System
  • Tapis rouge, Les Garagistes, considéré comme un classique du zouglou ivoirien.
  • Fauteil présidentiel, Les Garagistes
  • Serie C, Espoir 2000
  • Gloire à Dieu, Espoir 2000
  • Empreinte divine, Les Mercenaires
  • Gohinako, Khunta et sixko
  • Zouglou Tonic, Les Patrons
  • 3e Jour, Molière
  • La Danse des magiciens, Magic System
  • Je bois plus, Révolution
  • Maman jolie, L'enfant Yodé

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Usher Aliman, « Espoir 2000, les secrets d'un zouglou insoumis », éditions Eurêka Consulting et Zouglou mag.
  • Pierre-André Krol, Avoir 20 ans en Afrique : reportage, Éditions L'Harmattan, , 249 p. (présentation en ligne).
  • Yacouba Konate, Kla Franck, « Génération zouglou », Cahiers d'études africaines, 168, 2002.
  • Serges Bruno Porquet, extrait du quotidien L'Inter, .
  • Archive des radio télévision ivoirienne (RTI)
  • Ajout de sources (à indexer / déplacer) Zouglou, wôyô ambiance facile | Musée national de l'histoire … https://www.histoire-immigration.fr › agenda › zouglou[22]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Y. GBEGUELE, « Art et cohésion sociale », Perspectives Philosophiques,‎ , p. 13-14 (ISSN 2313-7908, lire en ligne)
  2. a b c et d Frédérique Briard, « Tout sur le Zouglou », Marianne, no 1104,‎ , p. 66-67 (ISSN 1275-7500, lire en ligne).
  3. « Félix Houphouët-Boigny : suivez toute l'actualité sur JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  4. Côte d’Ivoire – Actualité (1990-2001), Encyclopædia Universalis, édition 2002.
  5. « Tourisme à Yopougon 2021 : Visiter Yopougon, Côte d'Ivoire », sur Tripadvisor (consulté le )
  6. « Histoire du Zouglou », sur http://www.zouglounonstop.com/corps/histoire.php,
  7. a b et c (en) Simon Broughton (dir.), Mark Ellingham (dir.), Richard Trillo (dir.), François Bensignor, Brooke Wentz et al., World Music : Africa, Europe and the Middle East [« Musique du Monde : Afrique, Europe et Moyen-Orient »], vol. 1, Londres, Rough Guides (en), coll. « The rough guide », , 762 p. (ISBN 978-1-85828-635-8 et 1858286352, OCLC 772716191, lire en ligne), p. 474.
  8. a et b « Zouglou, wôyô ambiance facile | Musée national de l'histoire de l'immigration », sur www.histoire-immigration.fr (consulté le )
  9. « Documentaire sur le Zouglou : l'histoire d'un rythme qui émane de l'Alloucou », sur Abidjan.net, (consulté le )
  10. « Le Zouglou en Côte d'Ivoire | Music in Africa », sur Music in Africa, (consulté le )
  11. « Biographie ALPHA BLONDY, âge et discographie | Culture TV5MONDE », sur TV5MONDE Culture (consulté le )
  12. « Les icônes intemporelles du Reggae », BBC News Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « L'état de la tombe de Gnahoré Djimi suscite indignation et colère sur la toile - Opera News », sur ci.opera.news (consulté le )
  14. Jean-Claude Y. GBEGUELE, « Art et communication », Perspectives Philosophiques,‎ , p. 13 (ISSN 2313-7908, lire en ligne)
  15. (en) Janice Hamilton, Ivory Coast in Pictures, Minneapolis, Lerner Publishing Group, coll. « Visual geography series », , 80 p. (ISBN 978-0-8225-1992-8 et 0822519925, OCLC 52980452, lire en ligne), p. 52.
  16. a et b (en) Okoth Fred Mudhai (dir.), Wisdom J. Tettey (dir.), Fackson Banda (dir.), George Ogola, Anne Schumann, Michael Olutayo Olatunji et al., African media and the digital public sphere, New York, Palgrave Macmillan, coll. « Palgrave Macmillan series in international political communication », , 260 p. (ISBN 978-0-230-62175-6, OCLC 427853801, lire en ligne), p. 210-213.
  17. « Les Parents du Campus », sur Music In Africa, (consulté le )
  18. « Zouglou, dix ans déjà ! (Groupe d'Artistes) - Abidjan.net Qui est Qui », sur Abidjan.net (consulté le )
  19. « An 54 de la Côte d’Ivoire : chronique du drapeau tricolore ivoirien », sur Abidjan.net (consulté le )
  20. Jean-Claude Y. GBEGUELE, « Art et communication », PERSPECTIVES PHILOSOPHIQUES,‎ , p. 15 (ISSN 2313-7908, lire en ligne)
  21. « Côte d’Ivoire : Yodé et Siro, un duo d’artistes dans la tourmente – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  22. [1]