Zouglou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le zouglou est un genre musical populaire et urbain né en Côte d'Ivoire. Il relate les réalités sociales diverses vécues par la jeunesse ivoirienne et porte tantôt des messages humoristiques, tantôt des messages politiques, ou bien, plus souvent, délivre des conseils sur la vie.

Sa philosophie est basée sur la culture de l’amour, de l’amitié, de la fraternité et prône l'idéal de la justice et de la paix.

Le zouglou est également connu sous le nom de wôyô ou woryor et lorsqu'il est pratiqué en acoustique ou en live, sous le nom d'« ambiance facile ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Le zouglou naît au début des années 1990, sur les campus universitaires d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire[1]. À l'époque, des tensions sociales contraignent Félix Houphouët-Boigny, alors président en exercice de la République de Côte d'Ivoire, à une ouverture politique[2]. Dans les universités, des étudiants organisent des manifestations. Quelques-uns, logés à la cité universitaire de Yopougon, créent, à partir du wôyô (« bruit », en malinké), musique acoustique qualifiée d'« ambiance facile »[3], un style musical : le zouglou[1],[4]. L'introduction d'instruments de musique modernes et, surtout, des textes satiriques et contestataires décrivant le quotidien misérable de la vie étudiante à Abidjan, et plus largement du pays tout entier, fondent l'originalité du zouglou[1],[5],[6]. Les groupes Poussins Chocs, Les Garagistes, Système Gazeur et Parents du Campus, mené par Didier Bilé, se forment. Des collectes de fonds auprès des jeunes assurent l'enregistrement et la diffusion d'œuvres de zouglou[1],[4]. Par la suite, cette musique urbaine se propage en Afrique de l'Ouest, notamment au Mali et au Burkina Faso[6],[4].

En évoluant dans le temps, le zouglou a créé et proposé de façon successive des pas de danses sans toutefois changer véritablement la forme musicale : Gnakpa, Kpaklo. Bien qu'en 1999 le zouglou acquiert une notoriété internationale, grâce à Magic System, le genre reste assez méconnu.

On compte à ce jour plusieurs dizaines de groupes et ou d'artistes zouglou : Petit Denis, Espoir 2000, Les Garagistes, Les Patrons, Vieux Gazeur, Les Galliets, Yodé & Siro (meilleur album zouglou 2009 avec Signe Zo, Mèlèkè, Lago Paulin, Khunta & Cisco(Gochinago), Nouveaux Dirigeants, Coco Hilaire, Oxygène...

Podium[modifier | modifier le code]

Une musique abidjanaise et véritablement ivoirienne[modifier | modifier le code]

Apparu dans les années 1990 comme un genre musical typiquement innovant et ivoirien, fait par et pour les jeunes, le Zouglou s'est inspiré de l'Alloukou.Il s'agit d'un rythme de réjouissances joué avec le tam-tam en pays bété, Centre-Ouest de la Côte d'Ivoire. Ce rythme était habituellement pratiqué au cours des manifestations sportives organisées entre villages de cette zone dans la période des vacances scolaires[7]. Il s'est donc exporté en milieu urbain et a été baptisé Wôyô ou Ambiance facile, avant de prendre plus tard le nom de Zouglou.

Si jusqu’à cette époque des chanteurs comme Bailly Spinto ou encore Alpha Blondy beaucoup plus connus avaient réussi à porter haut les couleurs de la musique ivoirienne, il faut toutefois noter que leurs chansons étaient soient d’inspiration du folklore français pour les uns ou totalement reggae pour les autres. Le rock, avec par exemple Gnahoré Jimmy, à cette époque essayait également de se faire une place. D’autres chansons traditionnelles tiraient également leur épingle du jeu. Mais cette fois, une musique « ivoirienne » était née : une musique n’appartenant à aucun groupe ethnique, mais issue de l’ensemble culturel ivoirien et provenant de l’usage de l’argot abidjanais.[8]

Ce concept a évolué pour inspirer de nouveaux genres musicaux et danses (Gnakpa, Mapouka, Youssoumba et plus récemment le coupé-décalé) promus par la jeunesse.

Artistes majeurs[modifier | modifier le code]

Albums phares et classiques du zouglou[modifier | modifier le code]

  • Terre des Hommes (koro), Soum Bill
  • Que la lumière soit, Soum Bill
  • Premier Gaou, Magic System, succès mondial
  • Ki dit mié, Magic System
  • Zouglou Dance, Magic System
  • Tapis rouge, Les Garagistes, considéré comme un classique du zouglou ivoirien.
  • Fauteil présidentiel, Les Garagistes
  • Serie C, Espoir 2000
  • Gloire à Dieu, Espoir 2000
  • Empreinte divine, Les Mercenaires
  • Gohinako, Khunta et sixko
  • Zouglou Tonic, Les Patrons
  • 3e Jour, Molière
  • La Danse des magiciens, Magic System
  • Je bois plus, Révolution

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Usher Aliman, « Espoir 2000, les secrets d'un zouglou insoumis », éditions Eurêka Consulting et Zouglou mag.
  • Pierre-André Krol, Avoir 20 ans en Afrique : reportage, Éditions L'Harmattan, , 249 p. (présentation en ligne).
  • Yacouba Konate, Kla Franck, « Génération zouglou », Cahiers d'études africaines, 168, 2002.
  • Serges Bruno Porquet, extrait du quotidien L'Inter, .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Frédérique Briard, « Tout sur le Zouglou », Marianne, no 1104,‎ , p. 66-67 (ISSN 1275-7500, lire en ligne).
  2. Côte d’Ivoire – Actualité (1990-2001), Encyclopædia Universalis, édition 2002.
  3. « Histoire du Zouglou », sur http://www.zouglounonstop.com/corps/histoire.php,
  4. a, b et c (en) Simon Broughton (dir.), Mark Ellingham (dir.), Richard Trillo (dir.), François Bensignor, Brooke Wentz et al., World Music: Africa, Europe and the Middle East [« Musique du Monde : Afrique, Europe et Moyen-Orient »], vol. 1, Londres, Rough Guides (en), coll. « The rough guide », , 762 p. (ISBN 9781858286358 et 1858286352, OCLC 772716191), p. 474.
  5. (en) Janice Hamilton, Ivory Coast in Pictures, Minneapolis, Lerner Publishing Group (en), coll. « Visual geography series », , 80 p. (ISBN 9780822519928 et 0822519925, OCLC 52980452), p. 52.
  6. a et b (en) Okoth Fred Mudhai (dir.), Wisdom J. Tettey (dir.), Fackson Banda (dir.), George Ogola, Anne Schumann, Michael Olutayo Olatunji et al., African media and the digital public sphere, New York, Palgrave Macmillan, coll. « Palgrave Macmillan series in international political communication », , 260 p. (ISBN 9780230621756, OCLC 427853801), p. 210-213.
  7. « Documentaire sur le Zouglou : l'histoire d'un rythme qui émane de l'Alloucou », sur Abidjan.net, (consulté le 25 février 2017)
  8. « Le Zouglou en Côte d'Ivoire | Music in Africa », sur Music in Africa, (consulté le 25 février 2017)