Ndombolo

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Ndombolo est le nom associé à une danse originaire de République démocratique du Congo, appelé aussi «Seben». La danse est dérivée de la rumba congolaise et du soukous. Elle a connu un engouement et un succès à la fin des années 90 et au début des années 2000[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le ndombolo s'intègre, avec toutes ses composantes, dans le terme générique de rumba congolaise qui rassemble à la fois les styles historiques et les styles les plus récents de la musique de danse urbaine congolaise.

Ce que l'on qualifie ainsi de style musical propre aux Congolais a commencé à être popularisé avec l'orchestre Zaiko Langa Langa de Jossart N'yoka Longo qui incorpora un animateur pour accompagner la danse par des cris, des animations. D'ailleurs, la manière de jouer de la batterie pour accompagner ce style est celle de Ilo Pablo[2], le batteur de Zaïko Langa-Langa dans cette période. Il faudra pourtant attendre la vague Wenge Musica pour que le style soit d'abord pleinement reconnu en Afrique, et ensuite dans le monde entier, c'est ainsi qu'on notera dans l'histoire de la musique congolaise le groupe Wenge Musica et Zaiko langa langa comme étant révolutionnaires de la musique moderne congolaise. Le style ndombolo a été créé par Zaiko, valorisé et popularisé par Wenge Musica.

Le premier prototype du ndombolo fut conçu en 1990 avec la sortie de la chanson Ngoma maguy dans l'album Kin é bouger de Wenge Musica, une chanson comportant de l'animation interprétée entièrement par un animateur, une première dans la musique congolaise. Cependant, il faudrait attendre l'arrivée de la nouvelle recrue de Wenge Musica, Tutu Caludji « créateur du ndombolo », pour populariser le style. Ce dernier, venu dans le groupe en tant que chanteur se transforma en animateur sur idée de Werrason. C'est ainsi qu'on notera l'apparition du premier générique dans l'album Pentagone sorti en 1996 ceci ouvrira un nouveau style dans l'animation, par ses nuances plus chantant et plus rythmé et la danse en elle. Lorsqu'en 1997 JB Mpiana sort l'album Feux de l'amour, chef-d’œuvre d'intelligence et d'habileté sur le plan artistique et thématique, il contient notamment un titre devenu culte dénommé Ndombolo au tempo sensationnel qui connaît un immense succès et fait vibrer l’Afrique et l’Europe. De nombreux artistes-musiciens de la scène congolaise ont incarné le ndombolo dans leurs chansons et ont donné ses lettres de noblesse à ce genre musical, tels Ferre Gola, Fally Ipupa, Koffi Olomidé, Werrason ou encore Papa Wemba. L'amour, l'esthétique et le pays sont les thèmes dominants et chantés dans les chansons.

Aujourd'hui, le ndombolo fait souvent le générique d'un album avec le tout premier titre en général, et porte parfois le nom de l'album lui-même avec un ou plusieurs de ses titres ; certains albums comportent plus d'un générique. On appelle aussi un générique une chanson ndombolo qui peut être structurée en tout ou partie autour d'animations dansantes.

Description[modifier | modifier le code]

Le ndombolo est une animation dansante durant laquelle intervient un « animateur » (ou un DJ rappeur, c'est selon, le ndombolo est aujourd'hui imprégné d'influences de la culture rap), à la fois chanteur (« crieur »), joueur de hochets et danseur. L'animateur lance des animations vocales au rythme des percussions et des guitares solos : c'est la citation des noms (le libanga[3]) à l'adresse, pêle-mêle, de certains artistes, de certaines personnalités de la vie politique et de la société civile que l'on remercie pour leur soutien et pour leur concours financier à la musique ; l'interaction entre la musique et la société passe aussi au travers de paroles qui, à l'inverse, peuvent prendre à partie ou même choquer par leur caractère immoral voire obscène sur des danses qui ne le sont pas moins, dénaturant l'image et l'esprit de musique de danse. Les cris lancés sont aussi juste des paroles comme un mode expressif support à l'animation-distraction. Au-delà, l'essence du ndombolo est de faire danser lors de soirées arrosées, tout en sensualité et agrémentées d'une belle ambiance festive.

Pour ce faire, le ndombolo se caractérise généralement par une composition des chansons en deux parties, une première, lyrique, en tempo modéré, communément appelée rumba congolaise ou soukous, et une seconde partie, dénommée sebene[3],[2] (ce terme - prononcer sébéné - vient de l'anglais seven, sept, et désignait à l'origine l'accord de septième) ; cette séquence, plus rapide, appelé aussi « partie chauffée », est davantage consacrée à la danse.

En termes de danse, le Ndombolo est basé sur un mouvement de balance du corps d'avant en arrière. À ce balancement de base se rajoutent un déhanchement précis du bassin et des figures rapides, plus ou moins complexes, exécutées avec les bras et les jambes. La position de départ s'inspire de celle des danses africaines traditionnelles, avec les genoux légèrement pliés et le buste basculé en avant. Cette posture permet notamment de mettre en valeur le mouvement de déhanché. Alors que les ondulations du bassin se font d'une manière plus douce et sensuelle pour les femmes, ils sont saccadés et rapides pour les hommes. Le Ndombolo comporte une dimension d'expression faciale importante, elle permet d'ajouter des mimes et de compléter la danse avec une communication avec le public. En France, quelques professeurs de danse sont spécialisés dans le Ndombolo.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Van Reybrouck, Congo : Une histoire, Actes Sud, , 711 p. (ISBN 978-2-330-00930-4), p. 512
  2. a et b Ilo Bakunde, dit Ilo Pablo ; Jean-Pierre François Nimy Nzonga, Dictionnaire des immortels de la musique congolaise moderne, L'Harmattan, 2012, p. 30
  3. a et b Denis-Constant Martin, « Bob W. White : Rumba Rules. The Politics of Dance Music in Mobutu’s Zaire », Cahiers d’ethnomusicologie http://ethnomusicologie.revues.org/983

Liens externes[modifier | modifier le code]