Yopougon

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Yopougon
Yopougon
Un petit immeuble résidentiel, en soirée à Yopougon.
Administration
Pays Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région District Autonome d'Abidjan
Département Abidjan
Maire
Mandat
Kafana Koné Gilbert[1]
2018
Démographie
Population 1 071 543 hab. (2014)
Densité 7 004 hab./km2
Géographie
Coordonnées 5° 20′ 56″ nord, 4° 00′ 42″ ouest
Altitude Min. 40 m
Max. 132 m
Superficie 15 300 ha = 153 km2
Localisation

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Yopougon

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Yopougon

Yopougon, surnommée Yop City ou Poye, est l'une des 15 communes du district d'Abidjan.

Avec une population dénombrée à 1.071.543 habitants en 2014[2], Yopougon est la plus grande commune non seulement de la capitale économique ivoirienne, mais aussi du pays. Réputée pour son ambiance populaire et ses nombreux maquis, Yopougon joue un rôle important dans la vie d'Abidjan, en tant que quartier résidentiel mais aussi industriel. Elle compte en effet deux zones industrielles et recevra bientôt l'extension du port autonome d'Abidjan.

Elle se situe entre la forêt du Banco et la lagune Ébrié, à l'ouest dans la zone géographique d'Abidjan nord, un peu excentrée.

Cette commune était connue pour la rue Princesse (ainsi que sa jumelle, la rue des Princes) où se trouvaient de nombreux maquis et boites de nuit, jusqu'à sa démolition en . Un recensement datant de fin 2006 indiquait qu'il existait près de 1 500 maquis dans la commune de Yopougon.

La commune est aussi connue pour ses nombreux quartiers précaires tels que « Sicobois » ou « Yao Sehi » qui contrastent avec les quartiers résidentiels d'appartements et de maisons basses (Sicogi, Sogefiha).

Commune la plus « nationale » d'Abidjan (à peine 8,8 % de non-Ivoiriens alors que la moyenne abidjanaise est de 22,4 %), la commune était réputée « pro-Gbagbo » pendant la crise ivoirienne. Les militants avaient l'habitude de se réunir sur les places CP1 et Ficgayo.

On trouve également sur le territoire de cette commune l'institut Pasteur de Côte d'Ivoire, le siège du CNRA, le Centre suisse de recherches scientifiques[3], un CHU, l'Institut des aveugles, la MACA, la centrale électrique d'Azito (la plus importante du pays), et l'ile Boulay.

La commune est traversée par l'autoroute du Nord ainsi que par la route de Dabou qui continue jusqu'à San Pedro et la frontière du Liberia. L'accès à cette route devrait être facilité par le nouveau pont en construction qui reliera directement le sud de Yopougon au boulevard lagunaire du Plateau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Yopougon signifie : « champs de Yopou » du nom d'un patriarche qui aurait de par sa générosité contribué au développement de cette commune.

Dans les décennies qui ont suivi l'établissement d'Abidjan en tant que capitale, des zones d'habitation anarchiques s'établissent sur ce qui est alors appelé « plateau du Banco », qui seront rasées par la suite pour faire place au projet d'urbanisation formelle.

À partir de la fin des années 1960, des projets urbanistiques planifient une extension de la ville d'Abidjan à l'ouest du Plateau, traversée par l'autoroute et organisée comme une « ville nouvelle », entre la zone industrielle (inaugurée en 1972) et l'extension du port d'Abidjan (planifiée mais toujours en projet depuis lors).

Dans l'esprit des planificateurs, il s'agissait d'une périphérie encadrée, à la fois sur le modèle de la banlieue résidentielle que sur le modèle de la « ville nouvelle » alors à la mode notamment en France, devant accueillir une certaine classe moyenne tout en comptant de nombreux logements sociaux pour des populations plus modestes. Le plan comprend une série de différents quartiers structurés dotés chacun de leur propre centre.

Un des objectifs de Yopougon était de remédier aux déséquilibres d'Abidjan en tant que ville où la plupart des emplois industriels et de service étaient concentrés dans le sud de la ville (Vridi, Treichville, Port-Bouët) alors que la classe ouvrière et l'extension générale de l'habitat se faisait au nord (Adjamé, Abobo ; Cocody et ses extensions de Rivierra, Angré, Palmeraie…). Yopougon offrait donc non seulement des logements pour la population croissante mais aussi un véritable marché de l'emploi localisé (ZI, port).

La zone industrielle de Yopougon marque par ailleurs un jalon dans l'étape du développement économique de la Côte d'Ivoire, avec une production (agroalimentaire, habillement, matériaux de construction, etc.) désormais destinée à un marché local et régional et non plus aux seules activités d'import/export maritime.

Yopougon était donc bien plus qu'une simple extension périphérique de la ville, mais considérée en partie comme un tout autonome. Elle était également destinée à être le lieu par excellence où la classe moyenne ivoirienne alors naissante allait pouvoir s'épanouir, par opposition ou complément au Plateau, vitrine internationale verticale, moderne et métropolitaine.[4]

Les différents maires de Yopougon qui se sont succédé sont :

  • Pierre Gadié (1980-1985) ;
  • Moustapha Doukouré (1985-1990) ;
  • Joseph Bédji (1990-1995) ;
  • Moustapha Doukouré (1995-2000) ;
  • Djidan Gbamnan (2001-2010) ;
  • Gilbert Koné Kafana depuis 2013.

Géographie[modifier | modifier le code]

Yopougon s'étend sur une superficie de 153,06 km². Elle est située dans l'ouest du district d'Abidjan, délimitée au nord par les communes d'Abobo et d'Anyama ; au sud par la lagune Ébrié ; à l'est par Attécoubé et à l'ouest par Songon.

On y dénombre 14 villages :

  • Adiopodoumé
  • Ayakro
  • Azito
  • Béago
  • île Boulay
  • Konan Ferrand
  • Kouté Village
  • Niangon-Adjamé
  • Niangon-Attié
  • Niangon-Lokoa
  • Petit Bouaké
  • Sikasso
  • Yopougon-Attié
  • Yopougon-Santé

Yopougon se compose de 8 arrondissements, eux-mêmes subdivisés en 32 quartiers :

Yopougon-Attié Banco nord Banco sud Kouté Zone Industrielle Hôpital Niangon Nord Niangon Sud
Sicogi GFCI Toit rouge Camp militaire Zone industrielle Mamie Adjoua Port-Bouet II Niangon Sud à droite
Andokoi Sopim Sideci Prison civile Gesco Première tranche Niangon Sud à gauche
La Gare Nouveau quartier Quartier Maroc Niangon Sud Sicogi
Banco II Quartier résidentiel Ananeraie Cité verte
Selmer Lièvre rouge
Centre urbain Académie de la mer
Siporex
Sogefiha Solic (1 et 2)
Wassakara
Quartier Fanny
St Hubert
11 quartiers 4 quartiers 1 quartier 2 quartiers 2 quartiers 2 quartiers 4 quartiers 6 quartiers

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement du RGPH de 1998, Yopougon comptait à l'époque 688 235 habitants. La population officiellement recensée en 2014 est de 1.071.543 habitants, ce qui en fait la première commune d'Abidjan et de Côte d'Ivoire, juste devant Abobo (1.030.658 habitants). La densité de la population est donc de 7003 hab/km². La population compte 51 % de femmes (49 % d'hommes) et 56 % de jeunes de moins de 20 ans. Près d'un quart (22,7 %) de la population abidjanaise vit à Yopougon.[2]

Yopougon se distingue aussi par sa forte teneur « nationale » : la proportion de non-Ivoiriens vivant dans la commune est seulement de 8,8 %, alors que la moyenne abidjanaise est de 22,4 % (avec un pic à 39,5 % d'étrangers à Treichville).

Historiquement, Yopougon était peuplée essentiellement de tribus tchamans et attiés. Il subsiste aujourd'hui 14 villages de ces ethnies dans la commune de Yopougon. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, notamment après l'indépendance en 1960, la commune d'Abidjan connait une forte immigration de populations venant de toute la Côte d'Ivoire, mais particulièrement des populations de l'Ouest, d'ethnies bété, guéré et wobé.

La population yopougonaise est plutôt de classe moyenne à « populaire ». S'il est vrai que Yopougon, tout comme la commune d'Abobo, est connue pour ses quartiers populaires (et précaires) tels que « Yao Séhi », « Sicobois », « Sicogi », « Mon mari ma laissé », « Doukouré », « Wassakara », il existe aussi des quartiers résidentiels qui se distinguent par un certain confort de vie, notamment à Banco-Nord, Niangon, ou le quartier « Millionaire ». Dans le reste de la commune, les logements alternent entre immeubles d'appartements et maisons basses de standing moyen.

Économie[modifier | modifier le code]

Yopougon est une commune très importante dans l'économie abidjanaise et ivoirienne. Tout d'abord, une grande partie de sa population travaille dans des bureaux et commerces du Plateau et de Cocody. Ensuite, elle compte deux zones industrielles d'importance, où sont installées diverses usines de ciment, plastiques (Industrielle ivoirienne de plastique, International Packing, Afriplasti, Afric Industry, etc.), sidérurgie (Sotaci), produits pharmaceutiques et cosmétiques (Ubipharma, SIVOP (Société ivoirienne de parfumerie), Gandour), textiles (Uniwax), produits laitiers et agroalimentaire (Ivograin, Cargill, Brasseries ivoiriennes, Solibra, Eurolait) , etc. On y trouve notamment le centre de recherche de Nestlé et la nouvelle chocolaterie Cémoi (la première chocolaterie du pays).

Deux installations majeures se retrouvent sur le territoire de la commune : la centrale thermique d'Azito et l'extension du port autonome d'Abidjan.

Yopougon compte également de nombreux marchés.

Au niveau des transports, Yopougon compte plusieurs gares routières comme Siporex, même si leur importance ne peut rivaliser avec la gare d'Adjamé. Yopougon est cependant la principale porte entre Abidjan et l'« intérieur » du pays. C'est en effet au niveau du quartier Gesco que l'autoroute du Nord quitte Abidjan. Vers l'ouest, c'est depuis Yopougon aussi que part la route côtière qui relie Abidjan à San-Pédro en passant par Dabou, Grand-Lahou et Sassandra.

Transports urbains[modifier | modifier le code]

L'accès à Yopougon à partir des autres quartiers d'Abidjan se fait par une autoroute (la « voie express de Yopougon » qui devient « autoroute du Nord » à partir de Gesco) qui quitte Adjamé et longe le bord nord de la commune (ou plus exactement passe entre la commune proprement dite, à gauche, et la zone industrielle, à droite). On accède à la commune par quatre points d'entrée à partir de cette autoroute, dénommés communément « Premier pont », « Deuxième pont », etc. (en référence au fait que le véhicule, pour tourner à gauche, quitte l'autoroute par une sortie à sa droite et fait une boucle avant de passer au-dessus de l'autoroute par un pont qui descend dans la commune).

À noter qu'un pont sur la lagune, reliant le sud de la commune directement au boulevard lagunaire du Plateau, et dont les travaux ont été officiellement lancés en aout 2018, devrait considérablement modifier les flux de circulation dans la commune.

L'axe qui quitte le « premier pont » passe entre les quartiers Attié et Banco, par les lieux-dits Sable, Bel-Air et Complexe puis continue vers la caserne des sapeurs-pompiers, le camp militaire, le quartier Koweit et Attécoubé.

L'axe du « deuxième pont » passe par la gare de Siporex, les lieux-dits Ficgayo, Keneya, Saint-André, et se prolonge vers l'ancien cinéma de Saguidiba, le palais de justice puis Niangon-Sud.

Le troisième pont descend directement sur le CHU d'un côté et mène à la zone industrielle de l'autre.

La route issue du quatrième pont marque quant à elle la limite de la commune ; elle longe le cimetière à droite, Niangon-Nord à gauche, puis continue vers Dabou et, de là, vers San Pedro.

La gare du « Lavage » de Saint-André, en plein centre de Yopougon, est le principal point de convergence des lignes de taxis intercommunaux appelés « wôrô-wôrô », qui relient Yopougon aux autres communes d'Abidjan. De nombreuses lignes de « gbakas » font également la navette le long des grands axes et vers les autres communes.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des évêques de Yopougon.

Yopougon est le siège d'un évêché catholique créé le 8 juin 1982. La commune compte également de très nombreuses églises évangéliques et une forte communauté musulmane. Elle abrite beaucoup de mosquées et autres lieux de prières dans toutes les zones d'habitation.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Paroisse Saint-Laurent, à Yopougon.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rita Bossart, « En ville, chacun est dans son chacun » : une étude anthropologique sur l'importance des relations sociales en cas de maladie à Abidjan (Côte d'Ivoire), Berne, Peter Lang, , 406 p. (ISBN 3039108263, lire en ligne), p. 94
  • Jean-Fabien Steck, Yopougon, Yop city, Poy... périphérie et modèle urbain ivoirien, 2008 (lien)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Armand Tanoh, La Diplomatique d'Abidjan, « Yopougon : Un hôtel communal bientôt construit sur la place FICGAYO, annonce le maire Koné Kafana », sur http://ladiplomatiquedabidjan.com, (consulté le 11 septembre 2013)
  2. a et b « Recensement général de la population et de l'habitation », Institut national des statistiques,‎
  3. Centre suisse de recherches scientifiques.
  4. Jean-Fabien Steck, Yopougon, Yop city, Poy… périphérie et modèle urbain ivoirien,
  5. Historique de la Paroisse Saint-Laurent

Lien externe[modifier | modifier le code]