Vincent Jay

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Vincent Jay
Image illustrative de l'article Vincent Jay
Vincent Jay en Coupe du monde un mois avant son sacre olympique en 2010.
Contexte général
Sport Biathlon
Période active 2002-2012
Biographie
Nationalité sportive Drapeau : France Française
Naissance (32 ans)
Lieu de naissance Albertville
Taille 1,82 m (6 0)
Poids de forme 73 kg
Surnom Jay-Z
Palmarès
Compétition Or Arg. Bro.
Jeux olympiques d'hiver 1 0 1
Championnats du monde 0 0 0
Coupe du monde (globes ind.) 0 0 0
Coupe du monde (épreuves ind.) 2 0 2

Vincent Jayécouter, né le à Albertville (Savoie), est un biathlète français, actif de 2002 à 2012. Au cours de sa carrière, il a notamment remporté deux médailles olympiques aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver : un titre en sprint, devenant le premier Français à remporter un titre olympique sur ce format de course, et une médaille de bronze en poursuite. En Coupe du monde, il compte quatorze podiums dont deux victoires individuelles à Vancouver[Note 1] et deux victoires collectives en relais.

Sa victoire olympique intervient un an après sa victoire en Coupe du monde sur la même piste. Considéré comme le quatrième homme de l'équipe de France derrière Vincent Defrasne, Simon et Martin Fourcade, il crée la surprise en apportant la première médaille d'or à la France lors de ces Jeux olympiques. Il confirme deux jours plus tard en remportant la médaille de bronze sur l'épreuve de la poursuite. Cet événement lui permet d'accéder à une notoriété médiatique à laquelle il n'était pas préparé. Après deux saisons en demi-teinte, il annonce sa retraite sportive début décembre 2012 en raison de résultats loin de ses espérances.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Né à Albertville en Savoie, Vincent Jay grandit dans le hameau de Bettex à Saint-Martin-de-Belleville dans une maison construite par sa famille. Il monte très vite sur des skis, initié par une mère Solange[1] monitrice de ski[2] et un père cadre d'une société de remontées mécaniques. Il choisit finalement de pratiquer le ski de fond et, devenant champion de Savoie, il intègre l'équipe du comité de Savoie sous les ordres de Lionel Laurent (biathlète médaillé olympique en 1994 à Lillehammer), Franck Perrot (ancien champion du monde junior de biathlon en 1992) et Julien Bouchet[3], et opte alors pour le biathlon. Il est licencié à l'école militaire de haute montagne et au club des sports Les Menuires[4], station où il a élu domicile[5].

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Vincent Jay fait ses débuts en biathlon en 1999[6]. Il participe à sa première épreuve de Coupe d'Europe le avec une 13e place dans un sprint à Windischgarsten en Autriche[6]. En janvier 2004, il prend part à ses premiers Championnats du monde junior en Haute-Maurienne (Savoie) avec notamment une 5e place en relais[6]. Il poursuit entre 2004 et 2006 son apprentissage en équipe de France junior avec la Coupe d'Europe junior[5] et participe à deux autres reprises aux Championnats du monde junior[6].

En Coupe d'Europe junior, il monte à quelques reprises sur le podium dont une première victoire sur l'individuelle devant Simon Fourcade à Garmisch-Partenkirchen puis une première victoire en relais à Ridanna, toutes deux en janvier 2005[6]. Il obtient le 15e rang mondial en Coupe d'Europe junior en 2004, le 8e en 2005 et remporte finalement la compétition en 2006 avec sept victoires[5] devant six Allemands emmenés par Christoph Stephan[6]. Au cours de ses autres participations aux Mondiaux junior, il décroche trois médailles. En 2005 à Kontiolahti en Finlande, il remporte la médaille d'argent aux côtés de Simon Fourcade, Tanguy Porret et Vincent Roche[5], puis en 2006 à Presque Isle aux États-Unis, il ajoute deux autres médailles dont le titre en relais avec Alexis Bœuf, Damien Gehin et Arnaud Langel ainsi qu'une médaille d'argent en sprint[5]. En fin de saison, il prend part avant ses vingt ans à la clôture de la saison 2005-2006 de la Coupe du monde dans un sprint le à Oslo en obtenant la 65e place, sans parvenir à se qualifier pour la poursuite[5],[6].

Débuts en Coupe du monde[modifier | modifier le code]

Vincent Jay commence sa saison 2006-2007 en Coupe d'Europe senior, cette fois-ci avec des étapes à Obertilliach (Autriche), Cesana, Forni Avoltri (Italie) et Nove Mesto (République tchèque)[6]. Il monte sur un podium en relais à Forni Avoltri, terminant deuxième aux côtés de Lionel Grebot, Alexandre Aubert et Vincent Porret, suivi d'un second podium dans une épreuve individuelle lors du sprint de Nove Mesto derrière l'Allemand Carsten Pump le , puis obtient une 4e place en poursuite[6]. Après onze épreuves sur les dix-huit que compte la saison, il pointe à la troisième place du classement général en Coupe d'Europe, devancé uniquement par les Allemands Jörn Wollschläger (de) et Carsten Pump qui ont plus de huit ans de plus que lui[6].

L'équipe de France décide alors, en raison de ses bons résultats[5], de l'intégrer en Coupe du monde pour les trois dernières étapes de la saison à Lahti, Holmenkollen et Khanty-Mansiïsk[5]. Il prend part à l'individuelle et au sprint de Lahti dans une équipe de France composée de Raphaël Poirée, Simon Fourcade, Loïs Habert, Alexandre Aubert, Ferréol Cannard et Vincent Defrasne[6]. Vincent Jay ne marque aucun point au cours de ces cinq épreuves de Coupe du monde et son meilleur résultat est une 49e place en poursuite à Khanty-Mansiïsk[5].

Durant la saison 2007-2008, Jay devient un membre à part entière de l'équipe française en Coupe du monde qui perd Raphaël Poirée parti en retraite. Il rate de peu de marquer ses premiers points dès la première épreuve lors de l'individuelle de Kontiolahti avec une 31e place[7]. C'est finalement lors de la deuxième étape à Hochfilzen en Autriche qu'il y parvient avec une 30e place à deux reprises en sprint et en poursuite, puis est incorporé pour la première fois dans le relais avec une 4e place où il connaît quelques soucis au tir aux côtés de Julien Robert, Simon Fourcade et Vincent Defrasne[8]. Jusqu'aux Championnats du monde 2008 d'Östersund, il inscrit neuf points en Coupe du monde avec pour meilleur résultat une 26e place sur l'individuelle de Pokljuka[6].

Il accompagne l'équipe de France à Östersund pour les Mondiaux 2008 en tant que remplaçant[9]. Toutefois, Simon Fourcade et Vincent Defrasne décident de ne pas prendre part au relais mixte en vue de se reposer pour la suite des épreuves. Ces absences amènent Christian Dumont, directeur technique du biathlon français, à sélectionner Vincent Jay et Loïs Habert aux côtés de Marie-Laure Brunet et Delphyne Peretto[10]. Positionné en troisième relayeur, il permet à la France de rester à moins de trente secondes d'une médaille de bronze, mais Habert termine le relais septième[11]. Vincent Jay termine sa première saison complète en Coupe du monde sans marquer d'autres points et se classe finalement 83e au général[6]. Il s'agit d'une réelle déception pour lui et il hésite à arrêter sa carrière[12],[13].

Intégration en équipe de France[modifier | modifier le code]

Vincent Jay est reconduit lors de la saison 2008-2009 en équipe de France pour la Coupe du monde derrière les trois titulaires Fourcade, Defrasne et Habert[14] au moment des sélections de pré-saison[15]. Lors de la première épreuve de la saison, il est le seul Français à inscrire des points avec une 28e place de l'individuelle d'Östersund[16]. Il réalise le second week-end à Hochfilzen son premier top dix en prenant la dixième place de la poursuite alors qu'il partait en 28e position[6]. Après les deux premières étapes, il est l'une des rares satisfactions de l'équipe de France en ce début de saison marqué par un manque de confiance des athlètes en eux et en leur matériel[17]. La troisième étape, qui a lieu comme la seconde à Hochfilzen, permet à Jay de monter pour la première fois de sa carrière sur un podium en Coupe du monde avec une troisième place en relais aux côtés de Fourcade, Jean-Guillaume Béatrix et Defrasne. Il y est le premier relayeur et lance parfaitement son équipe dans l'épreuve. Il s'agit alors du premier podium du relais français depuis deux ans en Coupe du monde[18]. Début janvier 2009, ils sont tout près de remonter sur un podium à Oberhof mais terminent quatrièmes du relais où Jay reste le premier relayeur[19]. Ses bons résultats depuis le début de saison lui permettent de prendre part au premier départ en ligne de sa carrière en Coupe du monde à Oberhof[Note 2] où il prend la 16e place.

Arrivent alors les Championnats du monde 2009 de Pyeongchang (Corée du Sud) pour lesquels Jay est qualifié[20]. Ce sont les premiers Mondiaux qu'il dispute en intégralité. Il rate ses débuts avec une 43e place en sprint suivie d'une 39e place en poursuite. Il se reprend sur l'individuelle avec une 23e place et trois fautes[21], mais ses derniers résultats l'excluent d'une participation sur le départ en ligne, tout comme il n'est pas aligné en relais mixte puisque contrairement à 2008 Simon Fourcade et Vincent Defrasne (qui n'ont remporté aucune médaille depuis le début des Mondiaux) décident d'y prendre part[22]. Jay termine ses Mondiaux par le relais masculin. Premier relayeur, il connaît quelques difficultés à ski pour passer le relais à Defrasne en 7e position et à 1 minute et 2 secondes, pour finalement une quatrième place finale à 56 secondes des champions norvégiens[23].

De retour en Coupe du monde pour cette fin de saison, Jay participe à l'étape de Vancouver où se dérouleront les Jeux olympiques d'hiver de 2010[24]. Lors de l'individuelle, il réalise un sans faute au tir et remporte la première épreuve de Coupe du monde de sa carrière. Il s'agit également de la première victoire française de la saison en biathlon. Il s'impose devant l'Allemand Daniel Böhm et l'Américain Jeremy Teela qu'il relègue à vingt secondes. Son meilleur résultat était alors une 10e place en Coupe du monde. Vincent Jay déclare « C'était un jour parfait pour moi, c'est la première fois de ma carrière que je réussis le sans faute sur un 20 km. Tout s'est super bien déroulé sur le pas de tir et sur la piste. J'espère revenir ici l'an prochain pour les JO »[12]. Bien qu'il rate ensuite son sprint avec une 43e place, il monte une autre fois sur le podium avec la deuxième place en relais à six secondes des vainqueurs suédois[25]. Il clôt sa saison avec une neuvième place lors du départ en ligne de Trondheim[26], et termine à la 29e place au classement général[6].

Médailles olympiques à Vancouver[modifier | modifier le code]

Outre son titre olympique en sprint, Vincent Jay, à droite, a également remporté la médaille de bronze de la poursuite aux Jeux olympiques.

Vincent Jay commence la saison 2009-2010 début décembre par une 23e place sur l'individuelle à Östersund[27], suivie de sa première victoire en relais en Coupe du monde avec Defrasne, Simon et Martin Fourcade, dans lequel Jay lance parfaitement son équipe en étant dans la même seconde que le Norvégien Emil Hegle Svendsen[28]. Deux semaines plus tard, il est tout près de monter sur le second podium individuel de sa carrière avec une cinquième place dans l'individuelle de Pokljuka. En janvier 2010, avec le relais français, il prend la tête du classement du relais de la Coupe du monde à la suite de leur deuxième place à Oberhof derrière les Norvégiens[29]. Il poursuit sa saison par des résultats réguliers dans le top 30 et se situe à la 20e place du classement général avant le début des Jeux olympiques d'hiver de Vancouver qu'il dispute à 24 ans.

La semaine olympique débute par un sprint. Vincent Jay, parti avec le dossard 6 sur le dos, effectue un sans faute et prend la première place. Quelques instants après avoir franchi la ligne d'arrivée, le temps capricieux bouleverse la course puisque la pluie et la neige font leur apparition au moment où les meilleurs biathlètes s'élancent. Toutefois, le favori Svendsen, parti avec le dossard 10, prend la seconde place avec une faute au tir et devance le Croate Jakov Fak parti avec le dossard 4. Alors qu'il n'avait jamais remporté le moindre sprint en Coupe du monde, il réalise une performance exceptionnelle et inattendue en gagnant l'or olympique sur cette épreuve. De plus, cette victoire lui permet de se placer idéalement pour la poursuite[30]. Il déclare après la course : « De là à envisager la victoire, je ne pensais pas quand même... je n'ai jamais skié comme ça de ma vie, mais c'est les JO. Tout est permis et j'avais peut-être moins de pression que les leaders », son entraîneur Stéphane Bouthiaux de son côté loue le sérieux de Jay et souligne que « c'est amplement mérité, c'est la médaille du mérite. C'est un bosseur énorme. Ca signifie 8 à 900 heures d'entraînement physique dans l'année, 4 à 500 heures passées derrière la carabine dans une chambre ou dans un garage. C'est la victoire de l'abnégation »[31]. Jay s'élance donc idéalement pour la poursuite deux jours après. Lors de cette épreuve, il réalise un nouveau sans faute au tir couché, ce qui lui permet de prendre vingt secondes d'avance sur ses poursuivants. Après le dernier tir debout, il est au coude à coude avec le Suédois Björn Ferry et compte vingt-cinq secondes d'avance sur l'Autrichien Christoph Sumann. Jay ne parvient pas à résister au retour de Sumann mais remporte la médaille de bronze avec trois secondes d'avance sur un autre Autrichien, Simon Eder, confirmant son titre olympique acquis en sprint[32]. Ses deux médailles viennent s'ajouter à la médaille de bronze acquise par sa compagne Marie-Laure Brunet en poursuite féminine quelques heures auparavant[33]. Il déclare à l'issue de la journée : « J'espérais une médaille sur le 20 km, parce que je suis un bon tireur, mais là deux médailles en sprint et en poursuite, c'est vraiment un rêve, c'est incroyable. Ce qu'on vit avec Marie-Laure est grandiose : elle m'a mis les larmes aux yeux, je lui avais dit que c'était sa course. C'est vraiment une grande »[34]. Il passe à côté de l'individuelle 20 km avec une 60e place mais termine huitième du départ en ligne à moins de vingt secondes du podium[35]. Enfin, en relais, Vincent Jay tient le rôle de premier relayeur et lance parfaitement son équipe, permettant à Defrasne de s'élancer à quelques secondes des leaders russes, mais ce dernier rate son tir et fait un tour de pénalité que les frères Fourcade ne parviennent pas à rattraper : la France termine sixième du relais[36].

De retour en Coupe du monde, il reste encore trois étapes à Kontiolahti, Holmenkollen et Khanty-Mansiïsk. À Kontiolahti, Jay prend la septième place du sprint puis monte sur son quatrième podium individuel en Coupe du monde avec une troisième place en poursuite derrière Martin Fourcade qui fête la première victoire de sa carrière[37]. Ses deux derniers week-ends sont moins prolifiques malgré deux top dix en départ en ligne. Vincent Jay clôt la saison avec le meilleur classement général de sa carrière : la onzième place. Il fête ses médailles à l'occasion des Championnats de France à Prémanon (Jura) où il remporte un titre national en départ en ligne début avril 2010[38], puis le caporal Vincent Jay est reçu par le Ministre de la défense Hervé Morin pour recevoir ses félicitations en tant qu'athlète militaire[39]. Enfin, le , il est promu chevalier de la légion d'honneur[40].

2011, une année difficile[modifier | modifier le code]

Après une saison 2009-2010 épique, Vincent Jay rehausse ses ambitions en affirmant vouloir se mêler au top dix, il se sait attendu et déclare avant l'ouverture de la saison : « Les Jeux ont changé ma vie. Les vingt-cinq minutes de mon sprint ont changé mon existence »[41]. Cependant, son début de saison est mitigé avant le relais de la deuxième étape à Hochfilzen où il monte sur la troisième marche du podium. Jay, premier relayeur, avait mis à l'issue de son relais l'équipe de France en tête[42]. À Pokljuka, lieu de la troisième étape, Jay passe tout près du cinquième podium individuel de sa carrière. Il le rate pour une vingtaine de secondes sur le 20 km qu'il termine à la cinquième place, pénalisé par son temps à ski[43]. Il obtient en revanche un podium par équipes avec une troisième place en relais mixte aux côtés de Marie Dorin, Marie-Laure Brunet et Martin Fourcade[44]. Son mois de janvier 2011 est en revanche plus compliqué, avec pour seule performance une dixième place en départ en ligne à Antholz[45], suivie d'un mois de février sur la même dynamique où malgré tout il parvient à réaliser deux top 15 à Presque Isle en sprint[46] et en poursuite[47].

Pour les Championnats du monde de mars 2011 à Khanty-Mansiïsk, treize mois après son épopée olympique, Jay tente de réduire ses contacts avec la presse pour retrouver sa concentration[48],[49]. Il débute par une 45e place en sprint en raison de soucis de glisse à ski[49] malgré une seule faute au tir[50], hypothéquant ses chances pour la poursuite qu'il termine à la 56e place[51]. Il se positionne comme un outsider pour l'individuel du 20 km, réalise un sans faute au tir mais avec des skis moyens ne termine que 19e[52]. Il déclare après l'épreuve sa satisfaction au tir malgré un temps à ski très moyen et une ambition retrouvée pour le relais masculin[53]. Ce relais se transforme cependant en calvaire pour Jay en tant que premier relayeur, diminué physiquement et ayant un problème avec sa carabine, il transmet son relais en 21e position, annihilant toute chance de médaille pour le relais français[54].

De retour en Coupe du monde pour l'ultime étape à Oslo, il clôt sa saison avec une treizième place en départ en ligne après ne pas s'être qualifié en poursuite[55]. C'est une 20e place au général qu'il atteint, loin de ses ambitions du début de saison[6].

2012, dernière année au plus haut niveau[modifier | modifier le code]

Lors de la saison 2011-2012, les deux premières épreuves individuelles disputées par Vincent Jay lui amènent des résultats éloignés des meilleurs avant de monter sur un podium en relais avec ses coéquipiers de l'équipe de France pour une troisième place à Hochfilzen[56]. Sur cet élan lors de son troisième week-end et avec un 9/10 au tir, il réalise sa meilleure course en Coupe du monde depuis plus d'un an avec une 9e place en sprint, permettant pour la première fois à l'équipe de France de placer quatre des siens dans les neuf premiers d'une épreuve de Coupe du monde, avec Martin Fourcade (2e), Jean-Guillaume Béatrix (4e) et Simon Fourcade (6e)[57]. Début janvier 2012, malgré une quinzième place sur l'individuelle de Nove Mesto[58], il rate son passage du relais en lançant la France au 18e rang[59]. Cela a pour conséquence son remplacement en relais par Béatrix lors du relais suivant[60] que l'équipe de France remporte, une première depuis décembre 2009[61]. Avant les Championnats du monde de Ruhpolding, Vincent Jay ne réalise pas de bonnes performances sur les épreuves individuelles, confiant manquer cruellement de motivation[62], mais remporte une victoire en relais mixte avec Sophie Boilley, Anaïs Bescond et Béatrix à Kontiolahti, cette fois-ci en tant que dernier relayeur[63].

Pour les Mondiaux de Ruhpolding, il est sélectionné en tant que cinquième homme de l'équipe de France derrière le quatuor qui compose désormais le relais masculin[64]. La France ayant un quota de quatre biathlètes, il n'est pas aligné en sprint, mais participe à l'individuelle avec une 29e place qui constitue son unique résultat dans ces Mondiaux[65].

Au lendemain de ces Mondiaux, Vincent Jay annonce qu'il met un terme à sa saison et ne se déplacera pas aux dernières épreuves de Coupe du monde de Khanty-Mansiïsk en raison d'une fatigue physique et mentale[66], son classement final en Coupe du monde est une 48e place. Fin mars, il est opéré en urgence en raison de violentes douleurs au ventre dues à une inflammation de l'appendice[67]. Un mois plus tard, il passe son brevet d'état de ski alpin, ne participant pas au premier regroupement de l'équipe de France de biathlon[68].

Durant l'intersaison pour préparer la saison 2012-2013, il se rend aux Jeux olympiques de Londres, répondant favorablement à l'invitation du comité olympique français[69]. Il repart pour une nouvelle saison mais ses quatre premières épreuves individuelles sont très loin de ses ambitions puisqu'il ne parvient à marquer des points qu'à une seule reprise en sprint à Hochfilzen. Le , il annonce, par le biais d'un communiqué de la fédération française de ski (FFS)[70], qu'il met un terme à sa carrière de sportif de haut-niveau[71] sans pour autant renoncer à l'ultime relais qu'il dispute le même jour[72]. Son retrait à seulement 27 ans est la conséquence de difficultés physiques selon le directeur technique national de la FFS Fabien Saguez[70]. Son dernier relais se termine par un ultime podium en Coupe du monde avec une seconde place derrière la Norvège ; ses coéquipiers déroulent alors une banderole comportant le message « Merci Vincent » dans l'aire d'arrivée pour lui rendre hommage[73].

Après-carrière[modifier | modifier le code]

Le 7 mai 2013, Vincent Jay obtient un diplôme à l'issue d'une formation de « Sécurité en milieu montagnard sur pistes et hors pistes », lui permettant de devenir par la suite moniteur national de ski. Il entame en septembre 2013 une carrière médiatique en rejoignant la radio RMC ainsi que France Télévisions en vue de commenter les Jeux olympiques de 2014 à Sotchi[74],[75]. Jay devient en juillet 2014 directeur du Club des Sports de Val-d'Isère[76].

Performances sportives[modifier | modifier le code]

Pendant ses meilleures années, Vincent Jay possède un pourcentage au tir tout proche de 90 % de réussite. Révélation en 2009[77], il confirme les deux années suivantes au point d'être considéré comme l'un des meilleurs tireurs aux côtés de l'Autrichien Simon Eder. Cela lui permet de se trouver dans le top 10 des tireurs de la Coupe du monde[78]. Toutefois, il ne possède pas les meilleurs temps en ski de fond, ce qui constitue sa faiblesse[79].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Vincent Jay a vécu en couple avec la biathlète Marie-Laure Brunet, elle aussi membre de l'équipe de France et médaillée aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver[80],[81]. Il est supporter de l'Olympique lyonnais[74]. Il est marié depuis juin 2014 avec la skieuse de l'équipe de France Marie Marchand-Arvier[82],[83]. Renaud Jay, cousin de Vincent Jay, pratique également le sport de haut niveau. Fondeur, il participe aux Jeux olympiques d'hiver de 2014 au sein de l'équipe de France[84].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Vincent Jay a remporté deux médailles lors des Jeux olympiques d'hiver, une en or et une en bronze, lors de son unique participation en 2010. Après un titre olympique en sprint devant Emil Hegle Svendsen et Jakov Fak, il confirme en poursuite avec une médaille de bronze derrière Björn Ferry et Christoph Sumann. Il rate ensuite l'individuelle mais se reprend avec une place d'honneur au départ en ligne. Enfin, il prend la sixième place du relais.

Épreuve / Édition Individuelle Sprint Poursuite Départ en ligne Relais
JO 2010
Drapeau : Canada Vancouver
60e Médaille d'or, Jeux olympiques Médaille de bronze, Jeux olympiques 8e 6e

Légende :

  • Médaille d'or, Jeux olympiques : première place, médaille d'or
  • Médaille de bronze, Jeux olympiques : troisième place, médaille de bronze

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Vincent Jay a disputé quatre éditions des Championnats du monde entre 2008 et 2012. Son meilleur résultat est une quatrième place en relais masculin aux Mondiaux 2009 à Pyeongchang. Son meilleur résultat individuel est une 19e place lors de l'individuelle aux Mondiaux 2011 de Khanty-Mansiïsk.

Épreuve / Édition Individuelle Sprint Poursuite Départ en ligne Relais
masculin mixte
Mondiaux 2008
Drapeau : Suède Östersund
7e
Mondiaux 2009
Drapeau : Corée du Sud Pyeongchang
23e 43e 39e 4e
Mondiaux 2011
Drapeau : Russie Khanty-Mansiïsk
19e 45e 56e 12e
Mondiaux 2012
Drapeau : Allemagne Ruhpolding
29e

Coupe du monde[modifier | modifier le code]

  • Meilleur classement général final : 11e en 2010.
  • 14 podiums[Note 3] :
    • 4 podiums individuels : 2 victoires, 0 deuxième place et 2 troisièmes places.
    • 10 podiums en relais : 2 victoires, 4 deuxièmes places et 4 troisièmes places.

Différents classements[modifier | modifier le code]

Saison Individuelle Sprint Poursuite Départ en ligne Général
Courses Points Position Courses Points Position Courses Points Position Courses Points Position Courses Points Position
2007-08 2/3 5 52e 8/10 3 78e 3/8 1 70e 0/5 13/26 9 83e
2008-09 4/4 91 8e 10/10 48 51e 5/7 72 34e 3/5 82 20e 22/26 293 29e
2009-10 4/4 72 17e 10/10 167 17e 5/6 174 7e 5/5 131 12e 24/25 563 11e
2010-11 4/4 105 7e 10/10 114 29e 5/7 76 30e 4/5 102 17e 23/26 397 20e
2011-12 3/3 38 29e 8/10 47 53e 5/8 45 46e 0/5 - - 17/26 130 48e
2012-13 1/3 - - 2/10 2 - 1/8 - - 0/5 - - 4/26 2 -
  • Courses : nombre d'épreuves disputées/nombre total d'épreuves ; points : nombre de points en Coupe du monde ; position : classement en Coupe du monde.
  • Les épreuves des Jeux olympiques et des championnats de monde sont comptabilisées par l'Union internationale de biathlon (International Biathlon Union ou IBU) comme des épreuves de Coupe du monde.

Détail des victoires individuelles[modifier | modifier le code]

Édition / Épreuve Sprint Poursuite Individuelle Mass Start Total
2008-2009 Drapeau : Canada Vancouver 1
2009-2010 Drapeau : Canada Vancouver(JO) 1
Total 1 0 1 0 2

Championnats du monde junior[modifier | modifier le code]

Vincent Jay a participé à trois éditions des Championnats du monde junior. Il y a remporté trois médailles dont un titre en relais en 2006 avec Alexis Bœuf, Damien Gehin et Arnaud Langel, et deux médailles d'argent en sprint en 2006 et en relais en 2005[6].

Épreuve / Édition Individuelle Sprint Poursuite Relais
Mondiaux 2004
Drapeau : France Haute-Maurienne
7e 15e 15e 5e
Mondiaux 2005
Drapeau : Finlande Kontiolahti
38e 14e 14e Médaille d'argent
Mondiaux 2006
Drapeau : États-Unis Presque Isle
10e Médaille d'argent 7e Médaille d'or

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sa victoire olympique en sprint compte également comme une victoire en Coupe du monde.
  2. Seuls les 30 meilleurs biathlètes ont la possibilité de prendre part à une épreuve de départ en ligne en Coupe du monde.
  3. L'Union internationale de biathlon inclut dans les statistiques de Coupe du monde les médailles obtenues aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Solange Jay : «Les Jeux c'était son rêve» », sur rmcsport.fr, (consulté le 13 décembre 2012)
  2. « Vincent Jay et Frédéric Covili, destins croisés », sur ledauphine.com, (consulté le 13 décembre 2012)
  3. « Le vieux lion et le jeune loup », Le Dauphiné,‎ (lire en ligne)
  4. Mirko Hominal, « Les Menuires organisent la "Vincent Jay" », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i Mirko Hominal, « La nouvelle génération du biathlon », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q (en) « Vincent Jay », sur biathlonresults.com, International Biathlon Union Datacenter (consulté le 13 décembre 2012)
  7. Mirko Hominal, « La victoire pour Defrasne », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
  8. Mirko Hominal, « La Norvège écœure ses rivales », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
  9. Yassine Ben Rajeb, « Jay : "Je me tiens prêt" », sur eurosport.fr, (consulté le 13 décembre 2012)
  10. Mirko Hominal, « Ostersund : relais mixte », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
  11. Mirko Hominal, « L'Allemagne en or », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
  12. a et b Mirko Hominal, « Biathlon : Vincent Jay remporte le 20km de Whistler », sur ski-nordique.net, (consulté le 13 décembre 2012)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]


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