Victoria Thérame

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Victoria Thérame
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Victoria Thérame, née le [1] à Marseille, est une écrivaine, poétesse et dramaturge française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Infirmière, chauffeur de taxi et journaliste (Sorcières, Charlie Hebdo, L'Humanité, entre autres), Victoria Thérame se fait connaître du public en 1974 avec Hosto-blues, publié aux éditions des femmes[2]. Le roman jouit d'une accueil critique très favorable et connaît un succès de librairie[3]. En 1982, elle obtient le prix Jean Macé de l'enseignement pour son roman Staboulkash[4].

Thérame est issue d'une famille que l'on pourrait qualifier de « bourgeoisie populaire ». Son père, immigré italien, ruiné après la mort de son propre père, vient s'installer à Marseille au début des années 1930. Elle est scolarisée dans une école privée « par standing », pour éviter les populations ouvrières de son quartier de résidence plus que par une stratégie de promotion sociale. Elle cesse ses études à l'âge de seize ans avec deux années de retard[5]. Pour s'assurer une stabilité professionnelle et financière, elle entreprend, à l'âge de vingt-trois ans, des études d'infirmière[6]. Simultanément avec la parution de Trans-Viscère-Express, qui relance ses aspirations à la professionnalisation littéraire, elle quitte son métier d'infirmière pour être chauffeur de taxi[7].

En 1977, elle cosigne dans Le Monde une tribune minimisant la gravité d'actes pédophiles[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Morbidezza, récit, Julliard, 1960.
  • Trans-Viscère-Express, poésie, éd. Saint-Germain-des-Près, 1970.
  • Hosto-blues, récit, éditions des femmes, 1974.
    • lu par Michèle Moretti, éditions des femmes, coll. « La Bibliothèque des voix », 1980.
    • rééd. éditions de femmes, 2007.
  • La Dame au bidule, récit et théâtre, éditions des femmes, 1976.
  • Lizzie détective, feuilleton dans Charlie-Hebdo.
  • Staboulkash, roman, éditions des femmes, 1981.
  • L'Escalier du bonheur, théâtre, éditions des femmes, 1982.
  • Bastienne, roman, Flammarion, 1984.
  • Le Nageur de l'île noire, nouvelle, éd. Océanes, 1987.
  • Journal d'un dragueuse, récit, Ramsay/de Cortanze, 1990.
  • Scorpion, yeux bleus, roman, Ramsay/de Cortanze, 1991.
  • Kérosène infini, poésie, éd. Lachenal et Ritter, 1995.
  • Les cerisiers sont descendus prendre le bus, poésie, éd. Océanes, 1996.
  • L'oiseau qui traînait la locomotive, poésie, éd. Librairie Galerie-Racine, 1997.
  • Sperm River, roman, Atout éditions, 2002.
  • La Semeuse d'amour, Editoo.com, 2003.
  • Babette a disparu, théâtre, Editoo.com, 2004.
  • Sous les bombes avec Charlotte, récit, éd. Atlantica, 2007.
  • Mademoiselle sème l'amour, roman, éd. Wallada, 2011.
  • Les doutes du divisionnaire Vallandra, éd. Chèvre-feuille étoilée, 2015.

Controverses[modifier | modifier le code]

En , la sociologue Delphine Naudier publie dans la revue Genèses un article consacré au parcours de Victoria Thérame. Cette dernière réclame à la directrice de la revue, Florence Weber, un droit de réponse, estimant que ses propos ont été déformés pour la faire passer pour une arriviste ; le texte est publié en 2008, accompagné d'une présentation qui en minimise la portée. L'affaire devient un cas d'école pour les chercheurs réfléchissant sur l'éthique en sociologie, et la façon dont la parole des sujets étudiés doit être respectée[9].

En , rebondissant sur l'affaire Matzneff, Valeurs actuelles affirme que le Victoria Thérame, alors journaliste pour Charlie Hebdo a écrit un article, « Mœurs », pour soutenir les 3 prévenus accusés d'attentat à la pudeur sur mineurs dans l'affaire de Versailles[10].

En voici le texte, toujours d'après Valeurs actuelles :

« Si vous aimez les petites filles et les petits garçons quand ils ont encore le cartable dans le dos, si vous les suivez dans la rue, si, eux, vous regardent, vous attendent à la station du bus, s'ils viennent s'asseoir juste en face de vous, s'ils frôlent vos genoux comme par mégarde mais ne s’excusent pas, si vous les retrouvez à la sortie de l'école, si vous leur parlez, s'ils viennent dans votre chambre, si vous découvrez les ciels de cuisses tendres et sans duvet, leur trouble et le vôtre, quand ils vous disent "tu" et êtes leur ami-confiance, leur ami-plénitude, si vous allez ensemble au bois, à la clairière, derrière les volets où la lumière filtre à point, si vous les photographiez pour prolonger la vie, pour la fixer, parce qu'elle est fugitive et trop courte et que vous êtes trop amoureux, allez défendre Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, emprisonnés depuis trois ans, qui passent devant la cour d'Assises de Versailles les 27, 28 et 29 janvier à 13 h et risquent cinq à dix ans de réclusion criminelle pour amour à enfant. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne, BnF, consulté le 19 mars 2012.
  2. « Victoria Thérame », Depuis 30 ans des femmes éditent..., Paris, éditions des femmes, 2006, p. 303.
  3. Bibia Pavard, Les éditions des femmes. Histoire des premières années 1972-1979, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 127-130.
  4. Victoria Thérame, m-e-l.fr, consulté le 19 mars 2012.
  5. Naudier 2006.
  6. Naudier 2006, p. 74.
  7. Naudier 2006, p. 75.
  8. https://www.lemonde.fr/archives/article/1977/01/26/a-propos-d-un-proces_2854399_1819218.html.
  9. Jean-Louis Genard, « Ethique de la recherche en sociologie », sur Google books (consulté le )
  10. Amaury Brelet, « Quand Charlie Hebdo défendait (aussi) la pédophilie », sur Valeurs actuelles (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delphine Naudier, « Victoria Thérame. Sociologie d'un miracle éditorial dans un contexte féministe », Genèses, no 64,‎ , p. 67-87.

Livre audio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]