Frontière entre la Grèce et la Turquie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Frontière entre la Grèce et la Turquie
Image illustrative de l'article Frontière entre la Grèce et la Turquie
Caractéristiques
Délimite Drapeau de la Grèce Grèce
Drapeau de la Turquie Turquie
Longueur totale au moins 206 km
Particularités La frontière terrestre fait 206 km, mais la longueur maritime est disputée
Historique
Création 1832
Tracé actuel 1947

La frontière entre la Grèce et la Turquie suit trois sortes de parcours : en Thrace, un parcours fluvial (en deux sections) le long de la Maritsa et un court parcours terrestre au « triangle de Karaağaç » (portion de territoire sur la rive droite du fleuve en face d'Edirne) et en Mer Égée un long parcours maritime au découpage très complexe, du fait de la multiplicité des îles grecques dont certaines sont situées à proximité immédiate des côtes d'Asie mineure.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de la mer Égée avec en bleu les territoires appartenant à la Grèce et en rouge, ceux appartenant à la Turquie.
Frontière maritime de la Grèce (eaux territoriales en bleu) et de la Turquie (en rouge) en Mer Égée, avec des eaux territoriales à 6 milles.

Jusqu'aux guerres balkaniques, le royaume de Grèce, indépendant depuis 1832, n'avait de frontière terrestre qu'avec l'Empire ottoman, en Épire et en Thessalie, d'Arta à Vólos, ces deux villes étant en territoire ottoman. Elle subit une première modification en 1881 lors de la Conférence de Constantinople, à la suite du Congrès de Berlin après la Guerre russo-turque de 1877-1878 : la Grèce obtint l'essentiel de la Thessalie. La nouvelle frontière passait au sud de Ioannina et du Mont Olympe[1].

À la suite des guerres balkaniques, la Grèce n'eut plus de frontière terrestre avec l'Empire ottoman, dont elle fut séparée par la Bulgarie. À la suite de la Première Guerre mondiale, les traités de Neuilly (avec la Bulgarie) et de Sèvres (avec l'Empire ottoman), lui en fit retrouver une, d'une part sur la « ligne de Tchataldja », à 70 km à l'ouest de Constantinople, et d'autre part en Ionie, autour de Smyrne en Asie mineure.

La défaite dans la guerre contre la Turquie qui suivit, fixa définitivement la frontière terrestre lors du traité de Lausanne de 1923, en suivant le cours de la Maritsa[1] à partir d'un tripoint regroupant les frontières gréco-bulgare et turco-bulgare, situé sur une île fluviale de galets devant la localité turque de Kapıkule, au nord-est d'Edirne.
La rétrocession du Dodécanèse par l'Italie en 1947 fixa définitivement la frontière maritime, à l’exception des deux îlots inhabités d’Imia que la Turquie revendique et a tenté plusieurs fois d’occuper. La limite des eaux territoriales, de 12 milles marins selon la Convention de Montego Bay (non ratifiée par la Turquie qui s’estime lésée par ces règles) a été fixée par la Grèce à 6 milles marins, sous la pression des menaces militaires turques en cas d’application de la convention[2].

Aspects stratégiques[modifier | modifier le code]

L’Évros est considéré par l’armée grecque comme la principale défense naturelle face à la Turquie. Cependant, cette dernière a obtenu lors du traité de Lausanne le « triangle de Karaağaç » sur la rive droite de l'Évros au niveau d'Edirne. Les militaires grecs craignent que ce petit territoire soit utilisé par les Turcs pour y masser des troupes en vue d’une attaque contre la Grèce. La configuration de la plaine littorale de l’Évros favorise une éventuelle avance de troupes terrestres ennemies. Une solution consiste alors à développer une marine de guerre puissante pour couvrir cette plaine littorale[1]. Cette marine est d’autant plus importante que le reste de la frontière avec la Turquie est maritime.

Statut des villages pomaques[modifier | modifier le code]

La proximité des frontières avec la Turquie hostile et avec la Bulgarie communiste a incité, jusqu'à la fin des années 1990, les autorités grecques à placer sous administration militaire certains villages bulgarophones et turcophones du nome de l'Évros, peuplés d’une minorité bulgarophone de confession musulmane : les Pomaques. Tant qu’a duré la guerre froide, ce régime appelé en grec επιτηρούμενη ζώνη, epitirúmeni zóni « zone surveillée », subordonnait en fait le droit commun des villageois concernés et de l’administration civile à l’autorité militaire dans toute une série de domaines (résidence, citoyenneté, déplacement, possession de biens immobiliers). Cette zone était interdite d’accès aux personnes extérieures sauf autorisation spéciale délivrée par le ministère de la Défense grec.

Points de passage[modifier | modifier le code]

Les principaux postes-frontières terrestres situés le long de la Maritsa, entre la Turquie (province d'Edirne) et la Grèce (nome de l'Évros) sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Prévélakis, p. 24
  2. Mark Bailoni, in WACKERMANN Gabriel, Géographie des mers et des océans, Ellipses, 2014, p213

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Prévélakis, Géopolitique de la Grèce., Complexe, Paris, 2006. (ISBN 2804800733)

Article connexe[modifier | modifier le code]