Sous-marinier

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Un sous-marinier est un membre d'équipage d'un sous-marin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous-mariniers allemands[modifier | modifier le code]

Équipage de sous-marin allemand dans la base sous-marine de Saint-Nazaire le 15 juin 1942.

Les équipages des Unterseeboote de la Marine impériale allemande se sont illustrés durant la bataille de l'Atlantique. Sur les 345 U-Boote opérant durant la Première Guerre mondiale, 274 U-Boote coulèrent 6 394 navires marchands représentant 12 800 733 tonneaux et une centaine de navires de guerre représentant 366 490 tonnes.

229 ont été perdus dont 178 en opération et sur 13 000 officiers et matelots ayant servi dans les U-Boote, 515 officiers et 4 849 marins ont trouvé la mort au combat, soit 40 % des effectifs[1].

Près de 39 000 marins allemands ont combattu dans les U-Boote de la Kriegsmarine durant la seconde bataille de l'Atlantique[2]. De ceux-ci, le mémorial de Kiel conserve les noms de 27 491 morts[2],[3]. 5 000 autres furent faits prisonniers de guerre[2]. En dépit de ce pourcentage énorme de pertes (85 %[3],[note 1]), les sous-mariniers allemands combattront jusqu'au bout.

Les raisons sont plurielles et en premier lieu parce que les hommes des U-Boote ne connaissaient pas les taux de pertes dans leurs rangs. Les pertes n'étaient pas révélées par le commandement et ils passaient trop peu de temps à terre pour le découvrir[4],[note 2].

Les marins des U-Boote étaient choyés du mieux possible, tant pour renforcer leur sentiment d'appartenance à une élite que de bénéficier de privilèges. Le comportement de leur chef Karl Dönitz à leur égard les conduisait à lui donner le surnom de Onkel Karl (l'Oncle Karl). Fréquemment présent lors des retours au port, serrant la main et discutant avec chaque membre de l'équipage[6] contribuait à sa popularité et à leur obéissance.

De même, l'envoi de nouvelles personnelles dans un message à un U-Boot en opération (pour signaler une naissance, par exemple[6]) contribuait à entretenir le moral des marins. Leurs conditions de vie à terre étaient, autant que possible, les plus agréables. Ainsi existait-il le BdU Zug (le train du QG ou le train du commandant) pour ramener rapidement chez eux les permissionnaires. Partant de Nantes et de Brest, passant par Paris, Charleroi puis Rotterdam, Brême et Hambourg, ces trains express permettaient aux marins d'être chez eux en 48 heures. Avec des attentions supplémentaires comme la possibilité à Rotterdam, au printemps, de prendre au passage des bouquets de fleurs pour la famille[7]. Pour ceux qui ne rentraient pas chez eux, des propriétés avaient été réquisitionnées, loin des bombardements possibles, pour servir de camps de repos (U-bootsweiden)[7].

La solde des sous-mariniers était double de celle des autres marins. Payée en une fois au retour de patrouille, en argent français, elle permettait au marin d'acheter des denrées introuvables en Allemagne avant de gagner son foyer, ou de trouver de quoi passer une agréable détente sur place[8].

Sous-mariniers français[modifier | modifier le code]

Les forces sous-marines françaises ont dans les années 2010 un effectif de moins de 4 600 personnes dont 2 000 sous-mariniers comptant en autre 180 atomiciens.

Féminisation[modifier | modifier le code]

Voici, en date de mai 2014, les nations qui autorisent des femmes à servir à bord d'un sous-marin de leur marine de guerre par date[9] :

  • Drapeau du Danemark Danemark : En 1988, les femmes ont été autorisées à intégrer les équipages de sous-marins danois. Elles en ont été exclues en 2004, pour des raisons non précisées.
  • Drapeau de la Suède Suède : Depuis 1989, les femmes peuvent être affectées à bord des sous-marins suédois.
  • Drapeau de la Norvège Norvège : En 1995, la marine royale norvégienne a accepté des femmes dans ses sous-marins. Elle est devenue la première marine au monde à nommer une femme commandant de sous-marin.
  • Drapeau de l'Australie Australie : Depuis 1998, les femmes servent à bord de sous-marins de la marine royale australienne.
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : En 1998, les femmes peuvent être affectées à bord des sous-marins. Elles sont désormais intégrées dans les sous-marins de classe Agosta.
  • Drapeau du Canada Canada : En 2001, l'armée canadienne a accepté l'affectation de femmes à bord de ses sous-marins, à la faveur de l'achat des bateaux de la classe Victoria à la Grande-Bretagne.
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : En avril 2010, elles sont autorisées à servir dans les sous-marins de la United States Navy[10] et trois d’entre elles reçoivent leurs insignes de sous-mariniers le 5 décembre 2012[11] ; Fin 2013, la United States Navy embarquera des femmes à bort de ses SNLE.
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : Fin 2011, la Royal Navy a décidé d'ouvrir ses submersibles au recrutement féminin. Les femmes ont commencé leur formation fin 2013 et devraient être intégrées aux équipages de sous-marins en 2014.
  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : Au printemps 2014, la Deutsche Marine a affecté sa première femme officier à bord d'un sous-marin, le Unterseeboot Type 212 U31.
  • Drapeau de la France France : la marine française a décidé, en avril, d'affecter à titre expérimental trois femmes officiers, dont un médecin, à bord d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins. Elles commenceront leur formation en 2015 et devraient embarquer en 2017. Cette première pourrait conduire à terme à l'ouverture pérenne de la filière sous-marine française au personnel féminin, ses SNA de la classe Suffren, dont la livraison interviendra à partir de 2017, étant conçus pour embarquer du personnel féminin[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour comparaison, les pertes de la Première guerre mondiale sont de 5 409 morts[3].
  2. A l'été 1943, en moyenne, un U-boot est détruit avant sa quatrième patrouille[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Philippe Dallies-Labourdette, Les U-Boote du Kaiser", Histoire et collections, 2009, (ISBN 978-2-913903-95-1)
  2. a, b et c Middlebrook, op. cit., p. 326-327.
  3. a, b et c Terraine, op. cit., p. 669.
  4. Middlebrook, op. cit. p. 70.
  5. Costello & Hughes, op. cit., p. 300.
  6. a et b Middlebrook, op. cit. p. 73.
  7. a et b Middlebrook, op. cit. p. 66.
  8. Middlebrook, op. cit. p. 65.
  9. « Femmes à bord de sous-marins: des précédents », sur Dhnet, (consulté le 12 mai 2014)
  10. « Le Pentagone annonce la fin de l’interdiction faite aux femmes d’embarquer sur sous-marin »,
  11. (en)Sam Fellman, « 3 female submariners make history », sur Navy Times, (consulté le 21 décembre 2012)
  12. « Des femmes sur les sous-marins britanniques à partir de 2013 », sur Mer & Marine, (consulté le 15 janvier 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]