Alexandre Marinesko

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Alexandre Marinesko
Marinesko.jpg

Alexandre Marinesko

Naissance
Décès
Nationalités
Activités
officier de marine, sous-marinier +
Distinctions
Ordre de Lénine
Ordre du Drapeau rouge
médaille pour la victoire face à l'Allemagne dans la grande guerre patriotique de 1941-1945 (en)
Héros de l'Union soviétique +

Alexandre Ivanovitch Marinesko (en russe : Александр Иванович Маринеско), né à Odessa le et mort le à Léningrad, est un officier de marine de la marine soviétique de nationalité ukrainienne et d'origine roumaine[1], Héros de l'Union soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1930 il entre à l'École Navale d'Odessa dont il sort en 1933 pour être affecté à la Flotte de la mer Noire où il sert sur les unités Vladimir Ilitch Oulianov et Flotte Rouge, puis se spécialise à Leningrad en torpilles, électricité et lutte sous-marine, pour être nommé à bord du sous-marin Щ-306 Пикша (le "Brochet") de la Flotte de la Baltique.

En mars 1936, Staline rétablit les grades dans l'Armée rouge et dans la flotte : Marinesko est nommé lieutenant, puis, en novembre 1938 commandant en second. Il suit des cours de plongée de combat à Sebastopol, sauve la vie d'un camarade au péril de la sienne pendant un entraînement et reçoit pour cela l'Ordre de l'Étoile rouge. Peu après il est nommé commandant en second du sous-marin Л-1 Ленинец ("Léninetz"), puis du sous-marin ПЛ М-96 dont il devient, en 1940, le commandant.

En 1942, durant la Seconde Guerre mondiale, il parvient à récupérer une machine de codage Enigma à bord d'un sous-marin allemand coulé et reçoit pour cela l'Ordre de Lénine.

Fin 1943 il prend les commandes du sous-marin S-13 avec lequel il coule au canon l'unité allemande Siegfried, ce qui lui vaut l'Ordre du Drapeau rouge. Le il torpille le navire-hôpital allemand devenu transporteur : Wilhelm Gustloff, qui coûta 5 300 à 7 700 morts, l’une des plus grandes catastrophes maritimes de tous les temps, et le un autre transporteur, le General von Steuben. Outre ces trois navires, il coula un petit cargo.

Les quatre torpilles du étaient surnommées « Pour la mère-patrie », « Pour le peuple soviétique », « Pour Leningrad » et « Pour Staline ». La dernière fit long feu et dut être retirée du tube puis désamorcée en catastrophe, tandis que les trois premières touchèrent le Gustloff, qui coula en trois quarts d’heure.

Le Gustloff et le Steuben étant de grosses unités, Marinesko fut le commandant de sous-marin soviétique ayant le plus fort tonnage ennemi coulé à son actif, avec 42 000 tonnes.

Vue de la tombe de Marinesko
Alexandre Marinesko sur un timbre moldave de 2008.

Vie privée et hommages[modifier | modifier le code]

Avant la guerre, son adhésion au Parti communiste de l'Union soviétique fut refusée en raison de ses « mœurs douteuses » : c’était un séducteur qui, en outre, s’adonnait aux jeux de hasard avec ses hommes à bord des unités sur lesquelles il servait, et qui échappa à la dégradation seulement parce que nageurs de combat et sous-mariniers étaient rares, donc précieux dans la marine soviétique. Après-guerre, sa recommandation au titre de Héros de l'Union soviétique fut rejetée par le NKVD parce qu’il avait séduit sans ordre ni autorisation une ressortissante étrangère, ce qui était considéré comme un crime à l’époque : il n’échappa au Goulag qu’en raison de ses excellentes références.

Après la guerre, il apprit que sur le Gustloff et le Steuben il y avait plus de civils fuyant l’avance de l’Armée rouge en Prusse-Orientale que de militaires, et sombra dans l'alcoolisme.

Décédé à l’âge de 50 ans, il est inhumé au cimetière Bogoslovskoïe de Léningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg).

  • Ce n’est qu’en 1990, à la veille du quarante-cinquième anniversaire de la victoire, que lui fut décerné à titre posthume le rang de « Héros de l’Union soviétique »[2].
  • En Russie, il est commémoré à Kronstadt (par une plaque sur le foyer maritime où il fut cantonné), à Saint-Pétersbourg (la rue où il vécut et le Musée des forces navales sous-marines portent son nom) et à Kaliningrad (où une statue le représente et où une promenade sur la falaise porte son nom).
  • Dans la marine marchande russe, son nom a été donné à un cargo de 1776 t.
  • En Ukraine et Crimée, une rue d’Odessa, un quartier de Sébastopol et des écoles portent son nom.
  • La Moldavie lui a consacré un timbre.
  • Günter Grass l’imagine, dans son roman Im Krebsgang ("En crabe").
  • Enfin un film soviétique de 1985, « Oubliez le retour » et autre russe de 2005 « Premier après Dieu », évoquent aussi son personnage.

Références[modifier | modifier le code]

  • Iurie Colesnic (dir.) - article "Alexandru Marinescu", Enciclopedie, éd. Museum, Chișinău, 1997, 576 p., ISBN 9975-906-16-8
  • Tudor Țopa, Voievozii izbînzilor ("Les seigneurs des victoires"), éd. "Bons Offices", Chișinău, 2010, 384 p. ISBN 821.135.1 (478)-34
  1. Selon sa biographie sur le site www.warheroes.ru, il est issu du mariage d'Ion Marinescu (marin militaire roumain établi à Odessa en 1893) avec Tatiana Koval, institutrice ukrainienne de Poltava.
  2. Antony Beevor, La chute de Berlin, 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]