Saïd Mohammedi

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Saïd Mohammedi
Saïd Mohammedi (à gauche)avec Ali Mellah, Kechai et Amirouche.
Saïd Mohammedi (à gauche)
avec Ali Mellah, Kechai et Amirouche.

Surnom Si Nacer
Naissance
Aït Frah, Larbaâ Nath Irathen (Algérie)
Décès (à 81 ans)
Paris
Origine Algérien
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand (1941-1944)
Drapeau de l'Algérie FLN (1956-1962)
Arme Wehrmacht
ALN
Grade Lieutenant (Allemagne)
Colonel (Algérie)
Commandement Wilaya III
État-Major Général.(EMG)
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Faits d'armes Front yougoslave
Opération Barbarossa
Opération Oiseau bleu
Autres fonctions 1er colonel chef d'état major ALN
Député (1962)
Ministre des Anciens combattants et victimes de la guerre (1962)
2e vice-président du Conseil (1963-1965)
Membre du Comité central et du Bureau politique du FLN (1962)
Organisateur du FIS (1989)

Saïd Mohammedi (connu aussi sous son nom de guerre Si Nacer), né le à Aït Frah, commune de Larbaâ Nath Irathen (Kabylie en Algérie française à l'époque), et mort le à Paris, est un militaire et homme politique algérien. Il fut un ancien combattant de la Wehrmacht et l'un des dirigeants de la Révolution algérienne, en tant que colonel de l'Armée de libération nationale (ALN) en Wilaya III durant la guerre d'indépendance.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Saïd Mohammedi s'engage dans la Wehrmacht et combat dans les Balkans (Yougoslavie et Grèce)[1] ainsi que sur le front russe lors de l'opération Barbarossa. Après un séjour à Berlin, il reçoit la Croix de Fer première classe, et est un soldat exemplaire.

Durant l'été 1944, en même temps que cinq autres compagnons d'armes (Algériens et Allemands), il est envoyé par l'Abwehr en mission de renseignement et de sabotage en Algérie, mais il est arrêté dans la région de Tébessa.

Selon son supérieur, le colonel Franz Wimmer-Lamquet, en cas de succès il aurait été décoré par Hitler en personne, car cette mission aurait empêché le débarquement allié au sud de la France en août 1944.

Il est condamné aux travaux forcés et à l'emprisonnement à perpétuité. Libéré, après plusieurs remises de peine, au début de 1952, il passe à la clandestinité.

De cet épisode, il gardera son Stahlhelm (casque allemand) et sa mitraillette qu'il avait confiés à des militants du nationalisme algérien avant son arrestation et qu'il portera dans le maquis.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Mohammedi Saïd a été militant de l'Étoile nord-africaine, du PPA et du MTLD. Il a pris contact avec la résistance dès sa sortie de prison en 1952. Il est en contact avec Krim Belkacem et d'autres responsables qui s'activent dans la clandestinité. Effectivement sur le plan militaire, Krim a sous la main un officier de la Wehrmacht.

En 1956, il assure la sécurité et le bon déroulement tout en participant au congrès de la Soummam, à l'issue duquel il devient colonel, commandant de la Wilaya III et membre suppléant du CNRA.

En mai 1957, il organise le massacre de Melouza, bourg passé sous l'influence du Mouvement national algérien (MNA). Après avoir pris d'assaut le douar, tous les hommes du village (315) sont massacrés.

Connu pour ses discours mobilisateurs, il organise avec succès les troupes et leur inculque la rigueur et l'esprit militaire, rendant par cela la Wilaya III la plus puissante et la mieux organisée des wilayas. Fait qui lui vaudra d'être choisi par ses pairs pour faire l'Académie des officiers supérieurs du Caire en vue d'être désigné le premier officier général de l'ALN, à la suite de cela il fut nommé par le GPRA chef d'État-Major. Il prend ainsi le commandement de l'ALN. Il dirige en avril 1958 le Comité d'organisation militaire (COM), installé à la frontière algéro-tunisienne (EMG) en octobre 1958. À son retour du Caire, Mohammedi Said est chef d'd'État-Major. Après une première réorganisation il s'occupe du COM Est, qui regroupe les représentants des Wilaya l, II et III.

Lors d'une deuxième réorganisation du COM, il est nommé ministre d'État du GPRA, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Il est élu membre du Bureau politique au congrès de Tripoli. Il est chargé de l'Éducation et de la Santé publique. Député de Tizi Ouzou le 20 septembre 1962, il est nommé ministre des Anciens moudjahidines et des victimes de la guerre le 27 septembre dans le premier gouvernement formé par Ahmed Ben Bella. Le 16 mai 1963, il devient 2e vice-président du Conseil. Membre du Comité Central et du Bureau Politique du FLN le 24 avril 1964. Toujours député, il est écarté par Ben Bella ; il perd son poste ministériel lors du remaniement du 2 décembre 1964, à la suite de son opposition inlassable au système de dictature qui se met en place progressivement . Il appelle à rendre la parole au peuple et à des élections libres.

En 1967, à la commémoration de la mort d'Amirouche Aït Hamouda au village de Tassaft Ouguemoun, c'est son dernier meeting, où il dénonce la politique autocratique de Boumédiène. Il le désigne nommément comme un despote et un dictateur. Ce dernier l'assigne à résidence surveillée pendant trois ans. En 1991, dans le documentaire Les Années algériennes, le colonel Mohammedi assume et couvre ses soldats qui ont pris part au massacre de Melouza, contre les messalistes. À la fin de sa vie, il est sympathisant du Front islamique du salut (FIS), dans lequel il voit un mouvement populaire capable de changer le régime en place.

Il meurt le à Paris.

Publication[modifier | modifier le code]

  • L'islam porte en lui le socialisme, Le Caire, Dar El Watani, Sd., 59 p. (en français) et 52 p. (en arabe)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémi Kauffer et Roger Faligot, Le Croissant et la Croix gammée, Albin Michel, 1990, p. 110.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]