Légion arabe libre

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Légion arabe libre
جيش بلاد العرب الحرة
Image illustrative de l’article Légion arabe libre
Insigne de la Légion arabe libre

Création 1941
Dissolution 1945
Pays Troisième Reich
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Allemagne nazie
Branche Wehrmacht
Effectif 20 000
Batailles Seconde Guerre mondiale

La Légion arabe libre (en arabe : جيش بلاد العرب الحرة Jaysh bilād al-ʿarab al-ḥurraẗ ; allemand : Legion Freies Arabien) était le nom collectif de plusieurs unités du Troisième Reich formées à partir de volontaires arabes du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord de 1941 à 1945 pendant la Seconde Guerre mondiale.

Origines[modifier | modifier le code]

Début , l'homme politique irakien Rachid Ali al-Gillani et plusieurs autres officiers irakiens, membres du groupe nationaliste Carré d'or, renversent le régime pro-britannique au Royaume d'Irak. Le nouveau gouvernement pro-nazi a recherché le soutien de l'Allemagne et de l'Italie à une révolte irakienne contre les forces britanniques dans le Royaume.

Un contact a été établi avec le puissances de l'axe Rome-Berlin-Tokyo avec l’aide du partisan nazi, le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini qui vivait en Irak depuis son évasion de Palestine mandataire peu de temps avant la guerre[1].

En , la guerre anglo-irakienne a commencé avec l'entrée en Irak des forces britanniques. Le chancelier nazi Adolf Hitler avait accepté d'envoyer des escadres de la Luftwaffe pour soutenir l'Irak, ainsi que la Sonderstab F, une mission spéciale dirigée par Hellmuth Felmy, qui devait soutenir la révolte irakienne et constituer une brigade arabe dirigée par l'Allemagne.

À la fin du mois de mai de la même année, les forces irakiennes avaient été battues par les Britanniques. Amin al-Husseini et Rachid Ali al-Gillani avaient alors fui en Iran puis en Allemagne.

Après l'échec, plusieurs sympathisants arabes ont été expulsés du Moyen-Orient via la Syrie française et se sont retrouvés au cap Sounion, en Grèce sous occupation nazie[2].

Unités[modifier | modifier le code]

Entrainement de Sonderverband 287.
Un soldat noir de la Légion Arabe Libre en Grèce.
Soldats de la Légion Arabe Libre distribuant des grenades en Grèce.

En juin, Hellmuth Felmy avait reçu le commandement du Groupe d'armée de la Grèce du Sud et devait poursuivre la levée des unités germano-arabes par l'intermédiaire de la Sonderstab F, qui avait été élargie et « devrait être le bureau central de toutes les questions du monde arabe concernant la Wehrmacht »[3].

Par conséquent, les deux unités Sonderverband 287 et Sonderverband 288 ont été créées.

La Sonderverband 288 se composait d’Allemands principalement, d’un groupe de traducteurs arabes et d’une société d’imprimerie mobile pouvant produire des tracts en langue arabe, ainsi que d’une équipe chargée de la gestion des installations de production de pétrole[4].

En , l'unité entière fut transférée en Libye italienne pour se défendre contre les forces britanniques dans le cadre de la Campagne d'Afrique du Nord. Il était prévu que cette unité soit utilisée lors d’une invasion du Moyen-Orient par le Royaume d'Égypte, mais cela n'est jamais arrivé.

Après plusieurs mois de combats, l'unité a été rebaptisée « Panzer Grenadier Regiment Africa » et finalement capturée par les forces américaines à la suite de la capitulation de toutes les forces de l'Axe en Afrique du Nord en [5].

Sonderverband 287[modifier | modifier le code]

Soldat de la légion arabe libre en service de garde.

Bien que la Sonderverband 288 ne contienne qu'un petit groupe de soldats arabes, la « vraie » Légion arabe libre d'où proviennent les unités arabes venaient de la Sonderverband 287. Le nom « Légion arabe libre » n'était pas le nom d'une unité spécifique, mais un nom englobant toutes les unités arabes de l'armée allemande[6],[7].

L'unité a été créée le avec l'aide de Amin al-Husseini et de Rachid Ali al-Gillani et composé principalement de musulmans irakiens et syriens, renforcé par d'anciens prisonnier de guerre et d'autres volontaires[4].

Le 3e bataillon de la Sonderverband 287 a été retiré de l'unité et envoyé comme « Deutsche-Arabische Lehr Abteilung » au Caucase en . Il a fait partie de l'offensive de l'Axe dans la région et du plan allemand visant à former un gouvernement en exil irakien là-bas.

Ils devaient ensuite utiliser la région comme station de force et comme base pour conquérir l'Irak, ce qui ne fut jamais suivi, l'Opération Saturne de la fin de 1942 ayant causé un lourds revers aux allemands.

L'unité fit une action contre l'Armée rouge dans cette région avant son envoi à la bataille en Tunisie par l’Italie en .

La Deutsche-Arabische Lehr Abteilung était utilisée pour protéger le flanc sud du Groupe d'armées Afrique (Panzerarmee Afrika) et de recruter davantage d'Arabes locaux qui ont formé un deuxième bataillon d'auxiliaires utilisés à des fins de garde et de construction.

Toute l'unité a été capturée avec le reste des forces de l'Axe en Afrique, en [8]. Les soldats restants du troisième bataillon, le Deutsche-Arabische Lehr Abteilung, qui n’avaient pas été envoyés en Afrique du Nord, ont été utilisés, avec des musulmans français d’Afrique du Nord, pour former le German-Arab Batallion 845 à l’été 1943[7]. Ils servirent dans la région du Péloponnèse en Grèce en tant que membres de la 41e division d'infanterie de la Wehrmacht à partir du mois de novembre de la même année.

Le German-Arab Batallion 845 a lutté contre l'Armée populaire de libération nationale (ELAS - Armée de libération populaire grecque) de la Résistance grecque[8],[2]. En , il fut retiré de la Grèce pour entrer sur le Front yougoslave et fut renforcé au début de 1945 par l’ajout d'autres Arabes d’un bataillon de volontaires arabes démantelé avant sa formation complète. Il a mis fin à la guerre près de Zagreb dans le cadre de la 104e division de chasseurs de la Wehrmacht.

Les 1er et 2e bataillons de la Légion Arabe Libre qui ne faisaient pas partie de la Deutsche-Arabische Lehr Abteilung ont été utilisés le pour remplacer les pertes et reconstruire le Grenadier Regiment 92 avec une compagnie d'artillerie légère et de pionniers légers, qui a ensuite été rebaptisé en « Grenadier Regiment 92 (MOT) » le .

Le régiment s'installe en Yougoslavie pour lutter contre les Partisans yougoslaves et fait partie du Groupe d'armées F.

Le régiment subit de lourdes pertes lors de l'offensive de Belgrade en et ses restes furent intégrés à la 2e Panzer Armee, où ils furent reconstitués en Panzergrenadier Brigade 92 en .

Toute l'armée a capitulé dans le désarroi en Autriche nazie en [6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Winston Churchill, « 14: The Revolt in Iraq », in The Grand Alliance: The Second World War vol. III, Houghton Mifflin Company, 1951, réédité (ISBN 0-395-41057-6)
  2. a et b (en) Gordon Williamson, Afrikakorps 1941-43, Osprey Publishing, (ISBN 978-1-8553-2130-4)
  3. (de) Walther Hubatsch, Hitlers Weisungen für die Kriegführung 1939-1945 : Dokumente des Oberkommandos der Wehrmacht, Bernard & Graefe Verlag, 1962, réédité chez Müller en 1999 (ISBN 978-3-8607-0801-9).
  4. a et b (de) Roland Kaltenegger: Die deutsche Gebirgstruppe 1935–1945. Weltbild Verlag, Augsburg 2000, (ISBN 3-8289-0351-7).
  5. (en) Gregory Douglas, « Sonderverband 287 & 288 », in The Military Advisor, vol. 4, no 3.
  6. a et b (de) Rolf Stoves, Die gepanzerten und motorisierten deutschen Großverbände, Podzun-Pallas-Verlag, Friedberg, 1986 (ISBN 3-7909-0279-9), pp. 288-289.
  7. a et b (en) Carlos Caballero Jurado, Foreign Volunteers of the Wehrmacht 1941-45, Osprey Publishing, (ISBN 0-8504-5524-3)
  8. a et b (en) Nigel Thomas, The German Army 1939-45 (2) : North Africa & Balkans, Osprey Publishing, (ISBN 1-85532-640-X)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Antonio J. Munoz, Lions of the Desert : Arab Volunteers in the German Army 1941-1945, Axis Europa Books, 2002 (ISBN 978-1-8912-2703-5).
  • (en) Antonio J. Munoz, The East Came West : Muslim, Hindu, and Buddhist Volunteers in the German Armed Forces 1941-1945, Axis Europa Books, 2001 (ISBN 978-1-8912-2739-4).
  • (id) N. Hidayat, Brigade Arab Hitler, Jakarta, Nilia Pustaka, 2009 (ISBN 978-9-7916-6884-2).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]