Cécile Rol-Tanguy

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Cécile Rol-Tanguy
Cecile Rol-Tanguy 25-08-2012 (cropped).jpg
Cécile Rol-Tanguy en 2012.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 101 ans)
MonteauxVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Marguerite Marie Cécile Le BihanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
RésistanteVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
François Le Bihan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Claire Rol-Tanguy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Distinctions

Cécile Rol-Tanguy, née Le Bihan le à Royan et morte le à Monteaux, est une résistante française. Elle participe en tant qu'agente de liaison à l'insurrection parisienne d'août 1944.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Cécile Rol-Tanguy est la fille du syndicaliste François Le Bihan (1893-1942), ouvrier électricien, membre de la SFIO, optant pour le Parti communiste après le congrès de Tours, déporté à Auschwitz dans le convoi des 45 000[1], et de Germaine Jaganet[2]. Militants du Secours rouge international, ses parents hébergent de nombreux exilés politiques tchèques, hongrois, yougoslaves, italiens et allemands, réfugiés en France[3].

Après l'obtention de son brevet élémentaire à 16 ans, elle est formée au métier de sténodactylographe et suit un stage au secrétariat administratif du syndicat Confédération générale du travail (CGT) de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité (CPDE). En , elle est engagée au syndicat des métaux CGT d'Île-de-France, dont le secrétaire n'est autre qu'Henri Tanguy.

Engagement[modifier | modifier le code]

Cécile Rol-Tanguy et Henri Rol-Tanguy.

Cécile Rol-Tanguy milite à l'Union des jeunes filles de France et participe à des réunions du Comité d'aide à l'Espagne républicaine, puis elle adhère au Parti communiste en 1938. Elle devient la marraine de guerre d'Henri Tanguy, engagé dans les Brigades internationales et qu'elle épouse le . Ils auront cinq enfants : Hélène, maître de conférences honoraire à l'université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand)[4], Jean, journaliste[5], Claire et Francis, haut fonctionnaire[6],[7]; ainsi que Françoise, morte en bas âge[8].

Au début de , elle entre dans la clandestinité ; Henri Tanguy, une fois démobilisé, la rejoint à Paris. Elle devient agent de liaison et prend les surnoms de « Jeanne », « Yvette » et « Lucie »[9]. Seul Marcel Maillard (Génin) connaît leur véritable nom et leur adresse. Elle se sert d'une poussette pour cacher et transporter des documents secrets pour les Francs-tireurs et partisans (FTP). Elle dissimule également pistolets, grenades et détonateurs[3],[10]. C'est elle qui, notamment, informe Jean-Pierre Timbaud qu'il est recherché[11].

Le , elle rédige, sous la dictée d'Henri Tanguy, l'appel à l'insurrection des Parisiens : « Aux patriotes aptes à porter des armes. (…) La France vous appelle ! Aux armes, citoyens ! »[3]. Le 26 août, elle assiste au défilé du général de Gaulle sur les Champs-Élysées[12] et elle est la seule femme invitée à une rencontre pour remercier les membres de la Résistance à l'Hôtel de ville de Paris[13].

Après la guerre : transmission[modifier | modifier le code]

Cécile Rol-Tanguy devient co-présidente de l’association Les Amis des combattants de l'Espagne république (ACER), dont sa fille, Claire, deviendra secrétaire générale. Elle prend l'engagement, avec son mari, de rester adhérente du PCF et abonnée à L'Humanité jusqu'à sa mort. Henri Rol-Tanguy meurt en 2002.

En , elle salue avec Odette Nilès dans une tribune dans Le Monde la décision du transfert des cendres de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay au Panthéon[14].

Le , elle participe aux commémorations organisées à l'occasion de la journée nationale de la Résistance[15].

Elle s'éteint le dans son village de Monteaux, à l'âge de 101 ans, soixante-quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale[16],[17]. Elle est inhumée au cimetière de Monteaux (Loir-et-Cher)[18].

Décorations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. René Gaudy, « François Le Bihan », Le Maîtron,‎ (lire en ligne, consulté le 9 mai 2020).
  2. « François LE BIHAN – (45741 ?) », memoirevive.org
  3. a b et c Antoine Flandrin, « La résistante Cécile Rol-Tanguy est morte », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Hélène Rol-Tanguy, sur le site data.bnf.fr.
  5. « "J'hésite" : Marie-George Buffet ou Ségolène Royal ? », Le Monde.
  6. « Francis Rol-Tanguy, un fils de résistant pour fermer Fessenheim », franceinfo.
  7. « Cécile Rol-Tanguy et Henri : "J’étais son agent de liaison, sa secrétaire... tout !" », L'Humanité
  8. « Une femme dans la Résistance : Cécile Rol-Tanguy vient témoigner à Limoges le 21 mars prochain », France 3 Régions.
  9. « Cécile Rol-Tanguy, une femme dans la Résistance », paris.fr.
  10. « Cécile Rol-Tanguy : « Si on a peur, on ne fait rien » », sur leparisien.fr,
  11. Pierre Outteryck, Jean-Pierre Timbaud. Métallo & résistant, Le geai bleu, 2014.
  12. « Cécile Rol-Tanguy : "Je représente les résistantes qui ont été oubliées" », France 24.
  13. (en) Eva Mbengue. Cécile Rol-Tanguy, 101, French Resistance Fighter Who Smuggled Guns and Grenades Past the Nazis. The New York Times, Wednesday, May 20, 2020, p. B10.
  14. « Trois résistantes ensemble jusqu'au Panthéon », lemonde.fr
  15. « Benoît Hamon commémore avec des élèves et de grands personnages de la Résistance la première journée nationale de la Résistance », education.gouv.fr
  16. « Figure de la Résistance, Cécile Rol-Tanguy est décédée », L'Obs, .
  17. (en-US) Eva Mbengue, « Cécile Rol-Tanguy, French Resistance Fighter, Dies at 101 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 19 mai 2020)
  18. Cimetières de France et d'ailleurs
  19. Décret du 31 décembre 2002 portant promotion et nomination
  20. Décret du 11 juillet 2008 portant promotion
  21. Décret du 12 juillet 2013 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  22. Décret du 18 novembre 2017 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  23. Roger Bourderon, « ROL-TANGUY Cécile, née LE BIHAN », sur maitron.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]