Renverser la charge de la preuve (philosophie)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Renverser la charge de la preuve.

Renverser la charge (ou le fardeau) de la preuve signifie qu'un ou plusieurs participants d'un débat heuristique avance un fait en incombant la charge de la preuve de ce fait à son interlocuteur. Le renversement a une portée particulière en droit où on traite de charge de la preuve en droit ainsi qu'en sciences[pourquoi ?].

Normalement, la charge de la preuve repose sur celui qui procède à une affirmation. Bertrand Russell a abordé le sujet dans son analogie de la théière. La formule originale est la locution latine : « Quod gratis asseritur gratis negatur. » (« Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve. »), formule régulièrement utilisée depuis au cours du XIXe siècle[1]. La charge de la preuve est notamment reprise par le philosophe Christopher Hitchens dans son livre Dieu n'est pas grand en 2007 et prend la forme du Rasoir d'Hitchens.

Appel à l'ignorance[modifier | modifier le code]

Dans le cas de l'argumentum ad ignorantiam, ou appel à l'ignorance, il est opéré un renversement de la charge de la preuve par celui sur qui repose la charge de la preuve : il s'agit de tenir pour vrai ce qui n'est pas prouvé être faux. Un tel procédé se soustrait à la réfutabilité.

Article détaillé : Appel à l'ignorance.

Voici quelques exemples d'utilisation du renversement de la charge de la preuve liés à l'appel à l'ignorance :

  • Prouvez-moi que le monstre du Loch Ness n'existe pas, sinon c'est qu'il existe.
  • Prouvez-moi que la télépathie n'existe pas, ou alors c'est qu'elle existe.
  • Prouvez-moi que les extraterrestres n'existent pas, ou alors c'est qu'ils existent.
  • Prouvez-moi que l'astrologie ne fonctionne pas, sinon c'est qu'elle fonctionne.
  • Prouvez-moi qu'une théière céleste n'orbite pas autour du soleil, sinon c'est un fait.
  • Prouvez-moi que le libre arbitre n'existe pas, sinon c'est qu'il existe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. e.g. The Classical Journal, Vol. 40 (1829), p. 312.

Voir aussi[modifier | modifier le code]