Appel à la terreur

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L'appel à la peur[1] est un procédé de psychologie sociale faisant appel à des mécanismes cognitifs et qui permet d'amener une personne ou un groupe de personnes à produire un comportement en faveur d'une cause sociale et est parfois utilisé de manière fallacieuse par d'autres personnes (marketing, charlatans...) que les professionnels de psychologie sociale

Exemples[modifier | modifier le code]

  • Si tu ne te fais pas vacciner, ta grand-mère pourrait mourir ;
  • Si tu te fais vacciner, tu risque de développer une sclérose en plaque ;
  • Tu devrais arrêter de fumer, sinon tu mourras jeune, comme ton père ;
  • Tu devras croire en Jésus si tu ne veux pas aller en Enfer ;
  • La masturbation rend sourd.

Explication[modifier | modifier le code]

L'appel à la peur est privilégié dans les campagnes de préventions sanitaires, quand un pronostic vital est mis en jeu comme dans le cas du tabagisme, de la vaccination contre certaines maladies mais aussi dans le domaine de l'environnemental pour lutter contre le réchauffement climatique ou encore dans les spots publicitaires pour la sécurité routière.

La peur en elle-même crée un sentiment d'urgence poussant le sujet au comportement prosocial. Liée à d'autres concepts théoriques, l'appel à la peur permet le développement et la mise en place de campagnes psychosociales généralement efficaces et supportées par la plupart des média à disposition (télévision, journal, flyers, articles de presse, affichages publicitaires, séminaires…). Pour faire simple, c'est le sentiment de peur qui va pousser la personne qui en est sujette à la réévaluation de ses normes personnelles.

Utilisation concrète[modifier | modifier le code]

L'appel à la peur est utilisé dans le domaine de la psychologie sociale pour répondre aux demandes d'intervention, particulièrement concernant le milieu médical :

  • Pour la vaccination contre une maladie contagieuse et mortelle pour les personnes les plus fragiles (comme la grippe ou le VIH);
  • Contre le tabagisme.

L'appel à la peur est le plus souvent utilisé en lien avec des théories du comportement tels que la Norm Activation Model theory (Schwartz, 1977)[2] par exemple, qui fait appel aux normes morales altruistes du sujet, dont voici les composants :

  • La conscience du problème et de ses conséquences : "La grippe est une maladie dangereuse pour Mamie" ;
  • L'attribution de responsabilité : "Si je ne me fais pas vacciner, je pourrais refiler la grippe à Mamie"  ;
  • L'efficacité des résultats/solutions : "Il existe un vaccin contre la grippe pour réduire sa propagation" ;
  • L'auto-efficacité à mettre en œuvre les solutions : "Je peux prendre rendez-vous chez mon médecin pour me faire vacciner".

Grâce à cela, on pourrait donc mettre en place une intervention psychosociale à base d'affiches publicitaires dans les rues et utilisant un slogan du type "Sauvez Mamie, vaccinez-vous maintenant" (appel à la peur centré sur l'altruisme) avec une photo d'un médecin pour illustrer la solution.

Dans les utilisations fallacieuses[modifier | modifier le code]

L'appel à la peur s'apparente, dans une certaine mesure, au faux dilemme, dans lequel une solution est proposée comme seule alternative à une situation effrayante.

Il s'agit également d'un Argumentum ad consequentiam dans laquelle la conséquence-preuve est une peur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme Blondé, Fabien Girondola, « Faire « appel à la peur » pour persuader ? Revue de la littérature et perspectives de recherche », L'année Psychologique,‎ , p. 67-103
  2. (en) Erik Laes, « Norm Activation Model (Schwartz, 1977) », sur researchgate.net