Rahab

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Rahab aidant les deux espions de Josué.

Rahab est une figure biblique du Livre de Josué. Prostituée à Jéricho, cette Cananéenne accueille les deux espions envoyés par Josué, les cache, et a la vie sauve lors de l'attaque et de la destruction de la ville.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Le rôle de Rahab lors de la prise de Jéricho est évoqué dans le livre de Josué[1].

Lorsque des soldats de la ville se rendent chez elle pour arrêter les deux espions, ceux-ci se cachent sur sa terrasse. Elle confirme alors les avoir accueillis chez elle sans savoir qui ils étaient, mais ment en disant aux soldats qu'ils ont quitté la ville. De nombreux soldats se mettent alors à la recherche des deux fugitifs dans tous les recoins de la région de Jéricho. Pendant ce temps, Rahab indique aux espions des montagnes où les soldats ne les chercheront pas, et les deux hommes quittent sa maison pour aller s'y cacher. Après l'arrêt des recherches, ces derniers sortent des montagnes et retournent auprès de Josué qui se trouve sur la rive opposée du Jourdain.

Avant de quitter la maison de Rahab, les deux espions lui demandent d'attacher un cordon de fil écarlate à la fenêtre par laquelle elle les a fait descendre - Josué 2:17. De cette manière, pour avoir aidé le peuple juif, elle et toutes les personnes se trouvant à l'intérieur de la maison seront épargnées lors de l'attaque de la ville. Rahab et sa famille seront ainsi les seuls habitants de Jéricho à ne pas être tués.

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Exégèse rabbinique[modifier | modifier le code]

Dans la littérature rabbinique, Rahab est décrite comme une femme d'une beauté exceptionnelle[2]. Prosélyte sincère, elle est considérée comme un modèle de conversion entière qui lui vaut son salut. Le Midrash lui attribue, par son mariage avec Josué, une descendance de huit prêtres et prophètes, dont Jérémie[2], Ézéchiel et Hulda[3].

Nouveau testament[modifier | modifier le code]

Rahab est également louée pour sa foi dans l'épître aux Hébreux et pour ses œuvres dans l'épître de Jacques.

Elle fait partie des cinq femmes dont le nom apparait dans la généalogie de Jésus[4] au début de l'Évangile selon Matthieu, avec Tamar, Ruth, Bethsabée et Marie[5]. Ce texte fait de Rahab la femme de Salmôn et la mère de Boaz, figurant à ce titre parmi les ancêtres des rois davidiques, donc de Jésus[6]. Toutefois le Holman Illustrated Bible Dictionary signale que pour quelques exégètes, Rahab la Catin et Rahab mère de Boaz ne sont pas la même femme[7]. Contrairement à Tamar, Ruth et Bethsabée, Rahab n'est pas mentionnée dans le Premier Livre des Chroniques parmi les ancêtres de David.

Rahab dans l'art[modifier | modifier le code]

Chester Brown adapte l'histoire de Rahab en bande dessinée dans son ouvrage Marie pleurait sur les pieds de Jésus[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Livre de Josué, chapitre 2 et chapitre 7
  2. a et b « Rahab », sur Jewish encyclopedia
  3. Frédéric Manns, « Luc 7,47 et les traditions juives sur Rahab », Revue des Sciences Religieuses, vol. 61, no 1,‎ , p. 1–16 (DOI 10.3406/rscir.1987.3064, lire en ligne, consulté le 4 décembre 2019)
  4. Thomas P. Osborne, « Les femmes de la généalogie de Jésus dans l'évangile de Matthieu et l'application de la Torah », Revue Théologique de Louvain, vol. 41, no 2,‎ , p. 243–258 (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2019)
  5. (Mt 1:1-17), au verset 5
  6. Jean-Michel Maldame, Origines de Jésus, Éditions du Cerf, (ISBN 978-2-204-13187-2, lire en ligne), « Des étrangères. Rahab », p. 25-26.
  7. (en) « Rahab », dans Chad Brand et Eric Mitchell (dir.), Holman Illustrated Bible Dictionary, B&H Publishing Group, , 1800 p. (ISBN 978-0-8054-9935-3, lire en ligne), p. 1331-1332.
  8. Chester Brown, Marie pleurait sur les pieds de Jésus, Paris, Cornélius, , 268 p. (ISBN 978-2-36081-115-1), p. 39-65.