Rahab

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Rahab
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Gravure d'après Marten de Vos.
Biographie
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רחבVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Rahab (en hébreu : רָחָב, Râhâb, « large ») est une figure biblique du Livre de Josué. Prostituée à Jéricho, cette Cananéenne d'une grande beauté accueille les deux espions envoyés par Josué, les cache, et a la vie sauve lors de l'attaque et de la destruction de la ville.

Elle est considérée comme un modèle de pleine conversion au judaïsme, justifiée par sa foi.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Le rôle de Rahab lors de la prise de Jéricho est évoqué dans le Livre de Josué[1].

Lorsque des soldats de la ville se rendent chez elle pour arrêter les deux espions envoyés par Josué, ceux-ci se cachent sur sa terrasse. Elle confirme alors les avoir accueillis chez elle sans savoir qui ils étaient, mais ment en disant aux soldats qu'ils ont quitté la ville. De nombreux soldats se mettent alors à la recherche des deux fugitifs dans tous les recoins de la région de Jéricho. Pendant ce temps, Rahab indique aux espions des montagnes où les soldats ne les chercheront pas, et les deux hommes quittent sa maison pour aller s'y cacher. Ils sortent des montagnes après l'arrêt des recherches et retournent auprès de Josué sur la rive opposée du Jourdain.

Avant de quitter la maison de Rahab, les deux espions lui demandent d'attacher un cordon de fil écarlate à la fenêtre par laquelle elle les a fait descendre (Josué 2:17). De cette manière, pour avoir aidé le peuple juif, elle et toutes les personnes se trouvant à l'intérieur de la maison seront épargnées lors de l'attaque de la ville. Rahab et sa famille seront ainsi les seuls habitants de Jéricho à ne pas être tués.

Exégèse rabbinique[modifier | modifier le code]

Dans la littérature rabbinique, Rahab est décrite comme une femme d'une beauté exceptionnelle[2]. Prosélyte sincère, elle est considérée comme un modèle de conversion entière qui lui vaut son salut.

Le Midrash lui attribue, par son mariage avec Josué, une descendance de huit prêtres et prophètes dont Jérémie[2], Ézéchiel et Hulda[3].

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Rahab et les deux espions, XVe siècle.

Rahab est également louée pour sa foi dans l'épître aux Hébreux[4] et pour ses œuvres dans l'épître de Jacques[5].

Elle fait partie des cinq femmes dont le nom apparait dans la généalogie de Jésus[6] au début de l'Évangile selon Matthieu, avec Tamar, Ruth, Bethsabée et Marie[7]. Ce texte fait de Rahab la femme de Salmôn et la mère de Boaz, figurant à ce titre parmi les ancêtres des rois davidiques, donc de Jésus[8]. Toutefois, le Holman Illustrated Bible Dictionary signale que pour quelques exégètes, Rahab la Catin et Rahab mère de Boaz ne sont pas la même femme[9].

Interprétation[modifier | modifier le code]

Rahab et les émissaires de Josué, XVIIe siècle.

La mention de ces cinq femmes dans la généalogie de Jésus selon Mathieu connaît deux types d'interprétation. Plusieurs exégètes soulignent le fait que Ruth la Moabite et Bethsabée la Hittite comme Rahab la Cananéenne sont des étrangères converties au judaïsme[6].

Rahab aidant les deux espions de Josué, par Elias van Nijmegen (1731), musée de Rotterdam.

Matthieu reprend dans cette généalogie les noms de certaines femmes mentionnées dans les généalogies du Premier Livre des Chroniques : il cite Thamar (Gn 38:1-30) qui s'est prostituée avec son beau-père Juda pour observer la loi du lévirat et concevoir ses enfants ; Ruth (Rt 1:5), la veuve moabite convertie qui fit de même pour épouser Boaz ; et Bethsabée (2S 11-12), désignée par l'expression « celle d'Urie » le Hittite, qui s’est unie de manière illégitime à David et a enfanté un second fils Salomon. Toutefois, Rahab la prostituée n'y est pas mentionnée, seul Matthieu la place parmi les ancêtres de David.

D'autres exégètes soulignent que le point commun à ces quatre femmes est le caractère irrégulier de leur comportement sexuel, qui est ensuite considéré comme justifié[pas clair][6].

C'est en ce sens que Chester Brown adapte l'histoire de Rahab en bande dessinée dans son ouvrage Marie pleurait sur les pieds de Jésus[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Livre de Josué, chapitre 2 et chapitre 7
  2. a et b (en) « Rahab », sur Jewish encyclopedia
  3. Frédéric Manns, « Luc 7,47 et les traditions juives sur Rahab », Revue des Sciences Religieuses, vol. 61, no 1,‎ , p. 1–16 (DOI 10.3406/rscir.1987.3064, lire en ligne, consulté le )
  4. Épître aux Hébreux 11,31.
  5. Épître de Jacques 2,25.
  6. a b et c Thomas P. Osborne, « Les femmes de la généalogie de Jésus dans l'évangile de Matthieu et l'application de la Torah », Revue Théologique de Louvain, vol. 41, no 2,‎ , p. 243–258 (lire en ligne, consulté le )
  7. (Mt 1:1-17), au verset 5
  8. Jean-Michel Maldame, Origines de Jésus, Éditions du Cerf, , 238 p. (ISBN 978-2-204-13187-2, lire en ligne), « Des étrangères. Rahab », p. 25-26.
  9. (en) « Rahab », dans Chad Brand et Eric Mitchell (dir.), Holman Illustrated Bible Dictionary, B&H Publishing Group, , 1800 p. (ISBN 978-0-8054-9935-3, lire en ligne), p. 1331-1332.
  10. Flora Eveno, « Chester Brown et les putes bibliques », sur rtbf.be,

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