Raffarinade

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Le terme raffarinade est un néologisme politique utilisé pour qualifier diverses formules de l'homme politique et ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, en particulier les phrases imagées et les truismes dont il est friand dans ses interventions publiques.

Expression[modifier | modifier le code]

Cette expression est apparue dans le quotidien suisse Le Temps, dans l'éditorial du 7 mai 2002[1], le lendemain de la nomination de Jean-Pierre Raffarin à la tête du gouvernement. Elle a été très employée dans la presse française, notamment par la presse satirique, lorsque l'intéressé était à la tête du gouvernement, de 2002 à 2005. Un ouvrage, Les Raffarinades, consacré uniquement à ce sujet a même été publié en 2002.

Exemples[modifier | modifier le code]

Lapalissades[modifier | modifier le code]

« Les jeunes sont destinés à devenir des adultes[2],[3]. »

« L'avenir est une suite de quotidiens[2],[3]. »

« Il est curieux de constater en France que les veuves vivent plus longtemps que leurs maris[2],[3]. »

« L'enjeu des régionales, c'est la région[3]. »

« L'Europe à laquelle nous devons penser demain, ce n'est pas l'Europe d'hier[4]. »

« Il y a un projet de loi qu'on a arrête à temps. C'était : quand on ne travaillera plus le lendemain du jour de repos, la fatigue sera vaincue[5]. »

« Sorties de route »[modifier | modifier le code]

« Win the “yes” needs the “no” to win against the “no” (« Le oui a besoin du non pour gagner contre le non »)[3],[4]. »

— Au sujet du référendum sur le Traité établissant une constitution pour l'Europe.

« Mon oui est plus qu’un non au non[4]. »

« Ne soyons pas frileux, ne soyons pas frigides [avec l’Europe][4]. »

« Je vous recommande la positive attitude[6],[3]. »

— Allusion à une chanson de Lorie.

« Je dis aux jeunes : la fête, c’est la vie. La vie, c’est ton visage[4] ! »

« Nous avons un trimestre de quatre mois[3]. »

« Si on met la voiture France à l'envers, nous n'aurons plus la capacité de rebondir[7],[3]. »

Leçons de vie[modifier | modifier le code]

« La modestie, ça ne se proclame pas, ça se vit[2],[3]. »

« Notre route est droite, mais la pente est forte[3]. »

« La gravité de la crise, c'est la crise de la gravité[3]. »

« La faiblesse de vocabulaire signifie la faiblesse de penser[3]. »

« La route, elle est faite pour bouger, pas pour mourir[2]. »

« Il faut avoir conscience de la profondeur de la question du sens[8]. »

« Il existe aussi une intelligence de la main (...) et elle communique directement avec le cœur[4]. »

« L'humour, c'est comme la télévision : y a des professionnels[3]. »

— Réplique lancée au chroniqueur de télévision Cyrille Eldin qui ironisait sur la situation à l'UMP.

Propos politiques[modifier | modifier le code]

« Le citoyen est un piéton de la République[2],[3]. »

« La politique, ce n’est pas un sport, ce n’est pas une équipe contre une autre : on est tous l’équipe de France[4]. »

« La France est forte quand c’est une force qui va et qui sait où elle va[4]. »

« La Marseillaise sera d’autant moins sifflée qu’elle sera entonnée par tous[4]. »

« La rue doit s'exprimer, mais ce n'est pas la rue qui gouverne[2]. »

« Je suis le pilote de l'Airbus gouvernemental[2]. »

« Quand le cheval trébuche, c'est le cavalier qui doit se sentir responsable[3]. »

« On n'a pas besoin d'être en pyjama pour exprimer ses convictions[9]. »

— À propos d'un jeu de télé-réalité politique souhaité un moment par TF1.

« Il vaut mieux un bilatéral approfondi qu’un multilatéral confus[10]. »

« Qui sème la division récolte le socialisme[11],[3]. »

« (À Nicolas Sarkozy) Travaille tes silences, baisse d'un ton[3]. »

« (À Bernadette Chirac) Merci de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable, commune par commune[2],[4]. »

« (À propos de Ségolène Royal) Ségolène, elle séduit au loin et irrite au près[3]. »

« Il vaut mieux pour Poitou-Charentes être au nord du sud qu'au sud du nord[12]. »

Autodérision[modifier | modifier le code]

« J'ai mes rondeurs mais j'ai mon énergie[2]. »

« Le tour de taille n’est pas un handicap au Sénat[13],[3]. »

« Je ne suis pas énarque, je parle directement comme je suis[2]. »

« Est-ce que j'ai l'air d'un psychosé ?[2],[4] »

« Je ne travaille pas pour moi, je n'ai pas un ego hypertrophié[2]. »

« Il faut sauter des haies et finalement, je saute les haies les unes après les autres[2]. »

« J'aimerais un jour être globe-trotter[2]. »

« Je n’aime pas beaucoup ne pas être dans le logiciel central de moi-même[4]. »

« On annonce toujours mon départ pour la semaine prochaine. Finalement j’ai quelque résistance[4]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La télévision, vue par Marie-Claude Martin. L'inconnu d'avant-hier », Marie-Claude Martin, Le Temps.ch, 7 mai 2002.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o [PDF] « Maximes et raffarinades de Jean-Pierre Raffarin », Agence France-Presse
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s « Le very best-of des Raffarinades », BFMTV.com, 27 juin 2017.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m « Jean-Pierre Raffarin et ses meilleures "raffarinades" », sur Libération.fr,
  5. Anne Queinnec, « Qu'est ce qu'il s'agit là dedans ? », p. 85
  6. Article de L'Humanité, 21 janvier 2005.
  7. Le Canard enchaîné, 6 décembre 2006.
  8. « Jean-Louis Borloo sacré homme politique le plus drôle de l’année », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  9. « Politique-réalité : Raffarin “conseille amicalement” à ses ministres de s'abstenir », Stratégies.fr, 4 septembre 2003.
  10. « Prix du “Press Club”, humour et politique », Diagorapress.fr, 27 mars 2007.
  11. « Le sale anniversaire du président », Le Parisien.fr, 29 janvier 2010.
  12. Lors du « 19/20 » Poitou-Charentes, le 8 décembre 2008.
  13. « Prix Press Club Humour et politique 2009 », Press Club.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]