Rabban Bar Sauma

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Rabban Bar Sauma (Bar Ṣaumā, syriaque : ܒܪ ܨܘܡܐ, * vers 1220 à Pékin; † janvier 1294 à Bagdad) fut un moine et diplomate nestorien.

Rabban Bar Sauma a voyagé de Beijing à Rome, Paris et Bordeaux, et a rencontré les principaux dirigeants de l'époque.

Vie[modifier | modifier le code]

Bar Ṣaumā naquit dans une famille nestorienne aisée de Pékin. Selon Bar-Hebraeus, il était d’origine ouïghoure ; d’après des sources chinoises, il appartenait au peuple turc des Ongut. Quelques peuples turcs s’étaient liés aux Mongols et faisaient partie de la classe dirigeante de la dynastie Yuan mongole de Chine. D'abord prêtre marié, il divorça et se fit tonsurer moine en 1248 par le métropolite de Pékin, appelé Georges. Il gagna une grande considération comme anachorète et enseignant.

En 1265/66, il entreprit avec son élève Rabban Markos (1244-1317), avec l’assentiment de Kubilai Khan, un pèlerinage à Jérusalem. Du fait de combats en Syrie, ils durent interrompre le voyage en Arménie. Ils se rendirent auprès du catholicos-patriarche Mār Denḥā à Bagdad, qui nomma Markos métropolite de Chine. Après la mort du patriarche en 1281, ce fut son élève Markos qui fut élu à ce poste. Il prit le nom de Mār Yahḇallāhā III (1281–1317). Bar Ṣaumā devint archidiacre et le patriarche l’envoya à la cour de l’ilkhan Abaqa. Quand l’ilkhan Arghoun, fils d'Abaqa, voulut envoyer une ambassade en Europe afin de proposer aux dirigeants occidentaux une alliance contre les Mamelouks, le patriarche lui recommanda son ancien professeur.

Lettre de l’Ilkhan Arghoun à Philippe le Bel, qui mentionne Bar Sauma.

En 1287, il alla d’abord à Byzance, où l’empereur Andronic II Paléologue le reçut, puis à Naples, où il rencontra Charles II d'Anjou[1]. À Rome, le Saint-Siège était vacant, mais il eut une discussion théologique avec l'assemblée des cardinaux. À Paris, il négocia en septembre 1287 avec le roi Philippe le Bel[2] et, à Bordeaux[3], il rencontra le roi d’Angleterre Édouard Ier[4]. Le dimanche des Rameaux 1288, revenu à Rome, il reçut la communion des mains du pape nouvellement élu, Nicolas IV. Au Vatican, on se réjouit beaucoup de ses récits sur la large diffusion du christianisme en Asie et de ce que plusieurs épouses des dirigeants mongols étaient chrétiennes. Cependant, ses efforts en vue d’une alliance avec les dirigeants chrétiens échouèrent. La prise d’Acre par les Mamelouks en 1291 mit un terme à l’ère des croisades.

Après son retour, il s'installa comme chapelain dans la résidence des ilkhans à Tabriz. Il la quitta en 1291, après la mort d'Arghoun, et fonda une église à Maragha.

Le voyage de Bar Ṣaumā n’est pas aussi connu que les voyages à peu près contemporains de Marco Polo dans le sens opposé. Son journal détaillé en persan, traduit en grande partie en syriaque dans l'Histoire de Yahballaha III et de Rabban Sauma (texte anonyme écrit en 1318) est l’unique source extra-européenne sur l’Europe à la phase finale des croisades.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. appelé Irid Chardalo (« Roi Charles II »).
  2. appelé le « roi Fransis».
  3. en Ksonia, c'est-à-dire « en Gascogne ».
  4. le roi d'Ilnagtar.