Pierluigi Collina

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Pierluigi Collina
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Pierluigi Collina
Pierluigi Collina
Fiche d’identité
Nationalité Drapeau de l'Italie Italie
Grade FIFA
Naissance (56 ans)
à Bologne
Taille 1,84 m (6 0)
Sport Football
Désignations nationales
Années Compétition
1988-1991 Drapeau : Italie Serie C, Serie B
1991-2005 Drapeau : Italie Serie A
Désignations intracontinentales *
Années Compétition
- Coupe UEFA
- 2005 Ligue des champions
2000 Euro
2004 Euro
Désignations internationales **
Années Compétition
1996 Jeux olympiques
1998 Coupe du monde
2002 Coupe du monde
* Compétitions intracontinentales de clubs.
** Compétition internationale d'équipes nationales.

Pierluigi Collina, né le 13 février 1960 à Bologne en Italie, est un arbitre international italien de football.

Considéré comme l'un des meilleurs arbitres de football au monde, Collina connait une forte médiatisation jusqu'à sa retraite sportive en août 2005. Il est par ailleurs conseiller financier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts d'arbitre[modifier | modifier le code]

Pendant son adolescence, Pierluigi Collina joue au football comme défenseur dans une équipe locale, mais est poussé en 1977 à suivre une formation à l'arbitrage, pendant laquelle sont découvertes ses aptitudes à cet exercice. En trois ans, il parvint à arbitrer au plus haut niveau régional, passant à la même époque son service militaire. À l'âge de 24 ans, alors qu’il arbitre au plus haut niveau amateur en Italie, il contracte une forme sévère d'alopécie, lui faisant perdre définitivement tous ses cheveux et ses poils en l'espace de 10 jours[1]. Cet épisode lui fait gagner le surnom de Kojak. Dans une interview à France Football en 2013, il explique qu'il y a eu un long débat autour de lui car « on considérait que l'image d'un arbitre sans cheveux n'était pas une image adéquate pour le Calcio à cette époque-là »[1]. Espérant que sa maladie cesse, les instances italiennes ne le font pas arbitrer pendant trois mois craignant la réaction des spectateurs[1]. Mais après un essai et devant l'indifférence des gens, il est ré-autorisé à arbitrer. Plusieurs années plus tard, Collina déclara que « convaincre qu'un arbitre chauve pouvait bien diriger un match fut une belle victoire »[1]. En parallèle, il fait ses études à l'université de Bologne, obtenant un diplôme d'économie en 1984.

En 1988, Collina est promu à la troisième division (Serie C1 et Serie C2) après un temps relativement court, et au bout de trois nouvelles saisons, il est autorisé à officier lors des matchs de Serie B et de Serie A.

Arbitre international[modifier | modifier le code]

En 1995, après avoir arbitré 43 matchs de Serie A, Collina est placé sur la liste des arbitres de la FIFA. Il commence sa carrière internationale en arbitrant un match de Coupe Intertoto le 15 juillet 1995[2]. Il arbitre ensuite quatre matchs des Jeux olympiques 1996, dont la finale entre l'Argentine et le Nigeria. Il arbitre également la finale de la Ligue des champions 1999, connue pour son renversement de situation dans le temps additionnel, qui se termine par la victoire sur le fil de Manchester United sur le Bayern Munich (2-1). Collina dit « avoir revu ce match un nombre incalculable de fois » et craignait d'aller en prolongations alors qu'il avait jusque-là bien géré la rencontre mais le but d'Ole Gunnar Solskjær à la 90+3e minute scella le score[1].

Le , dernière journée de Séria A, il décide de faire reprendre Juventus-Pérouse, match décisif pour le Scudetto, après une interruption de plus d'une heure due à un énorme orage qui avait rendu la pelouse à la limite du praticable. En tête du championnat au coup d'envoi, la Juventus s'incline finalement 1-0 et laisse le titre à la Lazio. Cette décision lui sera beaucoup reprochée, notamment dans le camp turinois.

En 2002, Pierluigi Collina atteint l'apogée de sa carrière en arbitrant la finale de la Coupe du monde entre le Brésil et l'Allemagne. Au terme de la rencontre, il parvient à récupérer le ballon de finale ainsi que les maillots de Ronaldo (double buteur) et Dietmar Hamann[1]. Par la suite, il arbitre d'autres grands matchs comme le quart-de-finale de Ligue des Champions 2003 entre Manchester United et le Real Madrid (4-3) où il reçoit les félicitations de Sir Alex Ferguson (malgré son élimination) qui lui offre le maillot de David Beckham[1]. Il est également l'arbitre de la finale de la Coupe UEFA 2003-2004 entre Valence et Marseille, au cours de laquelle il expulse Fabien Barthez. Sévèrement critiqué par le gardien français durant l'après-match[3], Collina a pourtant respecté le règlement à la lettre[4].

Retraite et reconversion[modifier | modifier le code]

L'Euro 2004 est son dernier tournoi majeur puisqu'il atteint au début de 2005 l'âge obligatoire de la retraite fixé à 45 ans pour les arbitres internationaux. La fédération italienne fait passer cet âge obligatoire à 46 ans pour permettre à Collina d'officier une saison de plus. Mais il rentre en conflit avec sa fédération à la suite de sa décision de signer un contrat de sponsoring juteux avec Opel dès le début de la saison. Opel étant également le sponsor du Milan AC, cet accord est perçu comme un conflit d'intérêt majeur et Collina est empêché d'arbitrer les matchs de prestige en Italie. Comme réponse, il présente sa démission, mettant ainsi un terme à sa carrière d'arbitre.

Le 28 décembre 2006, il accepte un poste de consultant pour l'association des arbitres italiens.

Depuis 2010, il est le responsable en chef de l'arbitrage à l'UEFA. Son rôle consiste à désigner les arbitres pour l'Euro, la Ligue des Champions, l'Europa League, l'Euro Espoirs et assurer leur préparation[1].

Style et notoriété[modifier | modifier le code]

Considéré comme l'un des meilleurs arbitres au monde et le meilleur de sa génération, Perluigi Collina s'est distingué par ses qualités mais aussi par son caractère sur le terrain[1]. Tout d'abord, son apparence physique captivante (un crâne brillant avec des yeux exorbités) a renforcé son autorité naturelle qu'il affirmait sur le terrain[5]. Forgée dès le plus jeune âge, l'autorité de Collina s’exerçait même sur les plus grands joueurs[1]. Capable de s'interposer de façon virulente dans un conflit comme entre Tomáš Řepka et Edgar Davids[6], il savait aussi assurer une communication et une proximité précieuse avec les footballeurs.

Son charisme, sa poigne et sa théâtralité sur les terrains ont marqué le monde de l’arbitrage à tel point que les médias ont souvent réclamé un successeur de sa trempe[1]. L'absence d'erreur notable dans sa carrière et son expérience ont façonné le respect de ses pairs et du monde du football en général, à son égard. Depuis Collina, presque aucun arbitre n'a pu reproduire et s'attirer cette admiration unanime envers lui. Au fil des années, il est devenu une véritable « star » du sifflet et reste probablement la seule qu'ait eu la profession jusqu'à aujourd'hui[7].

Positions[modifier | modifier le code]

Depuis sa retraite et grâce au poste qu'il occupe à l'UEFA, Perluigi Collina exprime son opinion et participe à la modernisation de l'arbitrage tout en pointant du doigt ces défaillances. Selon lui, il y a trop de pression sur les arbitres. « Souvent, l'arbitrage est un alibi pour justifier une défaite » déplore l'italien[1]. Mais il se montre contre le fait que les arbitres viennent parler aux médias après un match pour se défendre ou justifier leurs décisions : « Les arbitres doivent parler sur le terrain »[1].

Concernant l'arbitrage vidéo, il n'y est pas opposé mais préfère l'arbitrage à cinq (instauré par Michel Platini) dont il se félicite des résultats[1]. Il est aussi favorable à l'instauration d'un carton blanc (exclusion temporaire)[8]. Enfin, il considère que la limite d'âge pour les arbitres, fixée par la FIFA, qui est de 45 ans et dont il a été obligé de suivre, est inadaptée. Pour lui, c'est l'âge biologique et la condition physique qui devraient être pris en compte pour juger si l’arbitrage est en capacité de continuer ou pas[1].

Activités hors du football[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2002, il continue ses activités de consultant financier. Ensuite, il commence à donner des conférences pour des entreprises, où il aborde divers thèmes comme la pression à supporter ou les décisions à prendre, grâce à son passé d'arbitre[1]. Il s'agit de sa principale activité aujourd'hui avec son travail à l'UEFA[1].

En 2004, il reçoit un diplôme honorifique de doctorat en sciences décerné par l'université de Hull (Angleterre) pour « sa contribution au monde du sport »[9].

Bien que Collina soit clairement identifié au football, son sport favori est le basketball. Il est un supporter de longue date de Fortitudo Bologne, qui évolue en LegA (le plus haut niveau du championnat italien) et sur la scène Européenne.

Perluigi Collina reprend parfois le sifflet pour arbitrer des rencontres de charité comme le Match contre la Pauvreté (Match against Poverty), organisé dans le cadre du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), (organisme de l'ONU), qui réunit des grands noms du football (dont Zidane et Ronaldo) et dont les fonds récoltés financent des projets de lutte contre la pauvreté à travers le monde[10].

Au top de sa carrière, Collina gagnait environ 160 000 € par an en Italie et 50 000 € (en brut) comme arbitre international[1].

Pierluigi Collina rencontre sa future femme Gianna en 1988 à Versilia. Après avoir vécu plusieurs années ensemble, ils déménagent et se marient dans la ville de Viareggio. Depuis leur mariage,le couple a eu deux filles : Franscesca Romana et Carolina.

En 2003, il publie son autobiographie Le Mie Regole del Gioco qui sera traduite en anglais (My Rules of the Game) et en français (Mes règles du jeu). Dans ce livre, il revient sur sa préparation, ses méthodes et la façon dont il aborde les matchs. Il porte également son avis sur l'arbitrage et son environnement. Il révèle que son joueur préféré est David Beckham.

Durant et après sa carrière, Perluigi Collina a tourné dans plusieurs publicités pour différentes marques : Adidas, MasterCard[11], Vauxhall[12], Opel, Pivara MB (marque de bière serbe)[13], Aria (opérateur téléphonique turc) ou encore pour des mets japonais (takoyaki)[14].

Il est choisi pour être la figure de couverture sur la jaquette du jeu vidéo populaire Pro Evolution Soccer 3, sorti en octobre 2003 (et par la suite Pro Evolution Soccer 4 aux côtés de Francesco Totti et Thierry Henry[15]) où il apparait en gros plan, sifflet à la bouche avec sa signature[16]. Ce qui est un fait inhabituel puisque, d'habitude, les jaquettes de jeux de football étaient réservés aux joueurs vedettes[17]. Il est, à ce jour, le seul arbitre à être apparu en tête d'affiche sur une couverture d'un jeu vidéo de football. En outre, il est également présent comme un arbitre à « débloquer » dans le jeu rival FIFA 2005.

Distinctions personnelles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mes règles du jeu : Ce que le football m'a appris de la vie (Mie Regole Del Gioco. Quello Che Il)
  • The Rules of the Game by Collina, Pierluigi 1st (first)
  • Figure Fanatico Pierluigi Collina

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Yoann Riou, « Entretien - Perluigi Collina : "C'est facile d'accuser les arbitres" », France Football, no 3507,‎ , p. 4-7
  2. voir l'Équipe Magazine n°1124 du 06/12/2003
  3. Aurelie Beaudouin, « Barthez : « L'arbitre a gâché la fête » », sur football365.fr,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  4. Dominique Séverac, « Marseille, roi de la polémique L'expulsion de Barthez Les lois du jeu Bouchet envoie une lettre à l'UEFA Retour sur terre », sur leparisien.fr, Le Parisien,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  5. Patrick Boudreault, « Collina: la star du sifflet officie à Gerland », sur ladepeche.fr, La Dépêche du Midi,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  6. « Pierluigi Collina - The greatest referee ever! », sur youtube.com, YouTube,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  7. « Pourquoi sommes-nous nostalgiques de Collina ? », sur webfootballclub.fr,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  8. Louis Berenger, « Collina favorable au carton blanc », sur footmercato.net,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  9. « The referee's a...doctor? », sur bbc.co.uk, BBC News,‎ (consulté le 30 octobre 2015)
  10. « Un Match contre la Pauvreté riche en stars », sur fifa.com, FIFA,‎ (consulté le 30 octobre 2015)
  11. http://lebuzz.eurosport.fr/football/quand-un-urban-se-transforme-en-affiche-de-ligue-des-champions-12593/
  12. http://www.caradisiac.com/Pierluigi-Collina-se-met-a-la-publicite-7883.htm
  13. https://www.youtube.com/watch?v=agFxWBVhYcg
  14. http://sport.repubblica.it/news/sport/calcio-collina-protagonista-spot-tv-in-giappone/71620
  15. http://image.jeuxvideo.com/images/pc/p/e/pes4pc0f.jpg
  16. http://image.jeuxvideo.com/images/p2/p/e/pes3p20f.jpg
  17. http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/l-arbitre-superstar_493631.html
  18. Erik Garin, « IFFHS - Various Annual Awards », sur rsssf.com, IFFHS,‎ (consulté le 29 octobre 2015)
  19. https://web.archive.org/web/20130515095258/http://www.assocalciatori.it/Pagine/AlbodOro/tabid/161/language/en-US/Default.aspx
  20. http://www.gazzetta.it/Calcio/27-10-2015/hall-of-fame-vialli-mancini-facchetti-ronaldo-herrera-agnelli-tardelli-ferlaino-130676725232.shtml