Piñata

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Les sept piques sur la piñata sont les sept péchés capitaux. La base, qui est un récipient en terre cuite, représente le diable. Le bâton représente les bienfaits de dieu. Les sucreries qui en tombent représentent les bienfaits que donnera dieu après avoir éliminé le mal.
Bris d'une piñata.

La piñata est un récipient qui peut prendre la forme d'une figurine ou de tout autre objet et que l'on remplit de sucreries et de jouets. Une succession d'enfants, les yeux bandés, armés d'un bâton essayent de casser la piñata afin de récupérer les sucreries cachées à l'intérieur.

La piñata est faite à partir de matériaux facilement cassables, tels que la paille, du papier mâché, ou de l'argile. Traditionnellement, elle est faite avec une forme humaine ou animale (souvent un âne).

Un héritage des explorations passées[modifier | modifier le code]

Elle est utilisée depuis 450 ans pour célébrer des fêtes traditionnelles mexicaines tout au long de l'année.

En Chine[modifier | modifier le code]

Une hypothèse suppose que son origine soit attribuée à la culture chinoise. En effet, les chinois auraient été les premiers à créer et utiliser la piñata, pour les fêtes de la Nouvelle Année, qui coincident avec le début du printemps. Ses racines, issues des milieux ruraux et agricoles, expliqueraient les représentations animales des piñatas (vaches et buffles), pendant les célébrations. La tradition chinoise voulait que les piñatas, faites de papiers de différentes couleurs, soient remplies de diverses semences. Le fait d'en extraire les graines, par frappes successives, devait attirer le bon climat pour la saison suivante[1].

En Italie, en Espagne[modifier | modifier le code]

Elle aurait été importée en Italie, au XIVème siècle, par l'explorateur Marco Polo,comme en témoigne son livre "Les voyages de Marco Polo". Ces écrits attestent aussi de cette origine chinoise. Le mot "piñata" a une étymologie italienne : "Pignatta" qui désigne un "récipient fragile". En effet, à la base, il s'agissait d'un simple récipient de céramique, plus ou moins décoré, qu'il fallait briser avec un simple bâton de bois.

Au XIVème siècle, la religion chrétienne s'empare de cette pratique païenne pour la christianiser. C'est pendant la fête de Carême qu'elle devient importante[2].

Vers le Mexique[modifier | modifier le code]

Après être passée par l'Espagne, elle sera finalement exportée au Mexique, par les conquistadors espagnols. A leur grande surprise, une pratique rituelle locale similaire existait déjà, mais n'avait rien de chrétien. Les populations locales s'en servaient pour adorer le dieu Huitzilopochtli, dieu du soleil et de la guerre.

Les missionaires décidèrent donc de l'utiliser, pour bâtir leurs discours d'évangélisation. En y rajoutant des décorations, ils purent attirer leurs futurs paroissiens en attribuant à la piñata, la représentation du diable et du pêché, à combattre.

C'est en cela que les piñatas mexicaines auront une forme particulière avec sept pics représentant les sept pêchés capitaux, auxquels le croyant doit résister (l'avarice, la gourmandise, la paresse, l'orgueuil, l'envie, la colère et la luxure). Ces sept pics rappellent aussi l'étoile du Berger qui a mené les rois mages à Béthléhem[3].

Une fois les yeux bandés, on fait tourner trente-trois fois (représentant les 33 ans de la vie du Christ) la personne sur elle-même, avant qu'elle n'essaie de briser la piñata. Avoir les yeux bandés rappelait, en effet, aux chrétiens, que pour ne pas faillir à la tentation, il fallait avoir l'aptitude à la Foi, une vertu qui permet à l'homme, de croire sans avoir à voir[4].

Petit à petit, cette fête perds ses vertus religieuses pour devenir pratique culturelle spécifique à la "quinceanera" et autres fêtes et anniversaires mexicains[2].

De nos jours, la tradition est plus ou moins fortement présente dans plusieurs régions d'Amérique latine, en Espagne, et dans certains pays anglo-saxons comme les États-Unis, ainsi qu'en Inde.

En France[modifier | modifier le code]

La piñata *
UNESCO-ICH-blue.svg Inventaire du patrimoine culturel
immatériel en France
Célébration du Día mexicano en Allemagne.
Célébration du Día mexicano en Allemagne.
Domaines * Pratiques festives
Savoir-faire
Jeux
Lieu d'inventaire Ile-de-France
Paris
* Descriptif officiel Ministère de la Culture et de la Communication (France)

En France, la piñata devient une pratique traditionnelle d'un goûter d'anniversaire. Réalisée à partir de matériaux facilement cassables, des bonbons et des petits jouets y sont dissimulés. Décorée avec des couleurs vives, elle prend souvent la forme étoilée avec cinq, six ou sept pointes. Elle peut aussi prendre une forme animale, selon les goûts des enfants.

Pour confectionner une piñata, il faut gonfler un ballon sur lequel, on modèle un corps rond en papier mâché. Le papier est ensuite travaillé selon les goûts de chacun. Les cônes de l'étoile, ou toutes éventuelles parties saillantes sont appliquées sur le corps central qui est ensuite recouvert de papier crépon. Cette confection dure environ trois heures.

A l'heure actuelle, ce savoir-faire est transmis par Elena Farah, entre autre, dans une perspective entrepreneuriale et sociale, depuis la moitié des années 1980. Depuis 2006, elle travail avec des detenus, qu'elle à formé, qui travaillent à plein temps, produisant environ 100 piñatas, vendues sur Paris, ou livrées en France, et en Europe.

Aujourd'hui, cette pratique est inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel, par le Ministère de la Culture, depuis 2010[5].

Une pratique codifiée[modifier | modifier le code]

La Chanson Dale, Dale, Dale[modifier | modifier le code]

Au Mexique, pendant le jeu, on chante la chanson « Dale, Dale, Dale ». La seconde strophe varie selon la région mexicaine. Au nord-est du Mexique, on chante :

''Dale, dale, dale,
no pierdas el tino ;
Porque si lo pierdes
pierdes el camino.
Dale, dale, dale,
Dale y no le dió ;
Quítenle la venda,
Porque siguo yo
¡Se acabó!

Traduction :

Frappe-la, frappe-la, frappe-la (ou « vas-y, vas-y, vas-y »)
Ne perds pas ton adresse ;
Parce que si tu la perds
Tu perdras le chemin
Frappe-la, frappe-la, frappe-la,
Frappe-la, et il l’a raté
Enlevez-lui le bandeau
Parce que c'est mon tour
C’est fini !

Au nord-ouest du Mexique (États de Colima, Jalisco, Sonora notamment), la seconde strophe est généralement la suivante :

Dale, dale, dale ;
Ya le diste una ;
Ya le diste dos ;
Ya le diste tres ;
¡Y tu tiempo se acabó!

Traduction :

Frappe-la, frappe-la, frappe-la ;
Tu l'as déjà frappée une fois
Tu l'as déjà frappée deux fois
Tu l'as déjà frappée trois fois
Et ton tour est terminé !

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « El origen de las pinatas (About en espanol) » (consulté le 17 juillet 2017)
  2. a et b (es) « El blog de Gaudena » (consulté le 17 juillet 2017)
  3. « La pinata, une vieille tradition » (consulté le 17 juillet 2017)
  4. « Mexique.Fr » (consulté le 17 juillet 2017)
  5. « Ministère de la Culture » (consulté le 17 juillet 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]