Pauline Kergomard

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Pauline Kergomard
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Marie Pauline Jeanne ReclusVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Pauline KergomardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Inspectrice générale des écoles maternelles (1881-1917)
Conjoint
Parentèle
Jacques Reclus (oncle paternel)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Pauline Kergomard, née le à Bordeaux (Gironde) et morte le à Saint-Maurice (Seine, aujourd'hui Val-de-Marne) est inspectrice générale des écoles maternelles, dont elle est la fondatrice en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Née Marie Pauline Jeanne Reclus, dans la famille protestante des Reclus, elle passe deux années, entre 13 et 15 ans, chez son oncle, Jacques Reclus, pasteur du temple protestant d'Orthez, et sa tante Zéline Trigant-Marquey, qui tient une école. Elle est la cousine germaine d'Élisée Reclus.

Elle devient institutrice à 18 ans.

Installation à Paris[modifier | modifier le code]

En 1861, elle s'installe à Paris et épouse, en 1863, Jules Duplessis-Kergomard, dont elle a fait la connaissance dans les milieux républicains. Elle tient une école privée et devient la directrice de L'Ami de l'enfance, revue pour les salles d'asile.

Invention de l'école maternelle[modifier | modifier le code]

Inspirée par Marie Pape-Carpantier, Pauline Kergomard est à l'origine de la transformation des salles d'asile, établissements à vocation essentiellement sociale, en écoles maternelles, formant la base du système scolaire[1]. Elle introduit le jeu, qu'elle considère comme pédagogique, et les activités artistiques et sportives. Elle prône une initiation à la lecture, à l'écriture et au calcul, avant cinq ans. Elle s'oppose toutefois à la tendance qui veut faire de ces écoles des lieux d'instruction à part entière, s'attachant plutôt favoriser le « développement naturel » de l'enfant.

Grâce à l'appui de Ferdinand Buisson, elle devient en 1879 déléguée générale à l’inspection des salles d’asile[2]. En 1881, Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, la nomme inspectrice générale des écoles maternelles, poste qu'elle occupe jusqu'en 1917. Elle fait acter par les programmes que le jeu est le premier travail du jeune enfant et réclame un mobilier adapté à leur taille, précédant Maria Montessori.

Elle mène « une activité professionnelle d’une intensité tout à fait extraordinaire : inspections dans toute la France ; conférences ; rapports avec les pouvoirs publics, régionaux ou nationaux ; initiatives diverses contre la misère des enfants et pour la promotion des femmes »[2]. Républicaine convaincue, elle n'en est pas moins critique à l'égard de certains hommes politiques dans sa correspondance, notamment Gabriel Compayré, Aristide Briand, ou encore Gaston Doumergue[2].

Elle crée en 1887 l'Union française pour le sauvetage de l'enfance qui vient en aide aux enfants et adolescents en souffrance.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de la rue Pauline-Kergomard à Lyon.

En France, en 2015, 113 établissements scolaires[3], dont de très nombreuses écoles maternelles, portent le nom de Pauline Kergomard.

Plusieurs rues, à Bordeaux, Lyon et Dijon, à Ducos (Martinique) et à Casablanca au Maroc, portent son nom.

Un timbre de 1,70 F, édité le 8 mars 1985 lui rend hommage.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Galerie enfantine des hommes illustres (1879) lire en ligne sur Gallica, [lire en ligne]
  • Les Biens de la terre, causeries enfantines (1879) lire en ligne sur Gallica, [lire en ligne]
  • L'Amiral Coligny (1881)
  • Nouvelles enfantines (1881)
  • Une brouille de peu de durée. Les Convives de Gabrielle. Fileuse et couseuse (1883)
  • Histoire de France des petits enfants (1883)
  • L'Éducation maternelle dans l'école]
  • Cinquante images expliquées (album pour les enfants, 1890) lire en ligne sur Gallica, [lire en ligne]
  • Heureuse rencontre (1895) lire en ligne sur Gallica, [lire en ligne]
  • Les Écoles maternelles, décrets, règlements et circulaires en vigueur (1905) lire en ligne sur Gallica, [lire en ligne]
  • Les Écoles maternelles de 1837 jusqu'en 1910, aperçu rapide (1910)
  • (Co-auteure) L'Enfant de deux à six ans. Notes de pédagogie pratique, avec Henriette-Suzanne Brès, [lire en ligne], site babordnum.fr.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sibylle Vincendon, « Architecture des écoles : aux grands maux les modèles oubliés », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. a b et c [compte rendu] Éric Plaisance, « Kergomard (Geneviève et Alain). – Pauline Kergomard Rodez : Fil d’Ariane, 2000 », Histoire de l'éducation, vol. 89,‎ , p. 182-183 (lire en ligne, consulté le 26 août 2020)
  3. Luc Bronner et Maxime Vaudano, "De Jules Ferry à Pierre Perret, l'étonnant palmarès des noms d'écoles, de collèges et de lycées en France, Les décodeurs, sur lemonde.fr, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annika Blichmann, Schulreform und Reformschule in Frankreich. Die "École élémentaire Vitruve" im Horizont der Geschichte, Jena 2008, (ISBN 978-3-938203-68-2).
  • Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, 2e version, 2015, 440 p..
  • Geneviève Kergomard et Alain Kergomard (éd.), Pauline Kergomard créatrice de la maternelle moderne, correspondances privées, rapports aux ministres, Rodez, Le Fil d’Ariane, 2000, 36 p.
  • Éric Plaisance, Pauline Kergomard et l'école maternelle, PUF, Paris, 1996, 127 p. (Pédagogues et pédagogies ; 11) (ISBN 978-2-13-047724-2).
  • Micheline Vincent-Nkoulou, Pauline Kergomard (1838-1925), figure présente, figure absente, thèse de doctorat en sciences de l'éducation, Rouen, 2005 (OCLC 493655250).
  • Micheline Vincent-Nkoulou, « La fabrication des figures de deux pédagogues en histoire de l'éducation : Jean-Frédéric Oberlin et Pauline Kergomard », Carrefours de l'éducation, no 24, , p. 115-129, [lire en ligne].
  • « Pauline Kergomard », dans Les illustres de Bordeaux, vol. 1, Dossiers d'Aquitaine, , 80 p. (ISBN 978-2-84622-232-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]