Pauline Kergomard

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Pauline Kergomard
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à BordeauxVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
à Saint-MauriceVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Cimetière parisien de BagneuxVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Gustave de PenmarchVoir et modifier les données sur Wikidata
Parenté Jacques Reclus (paternal uncle or aunt (d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Distinctions Officier de la Légion d'honneur (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Pauline Kergomard, née le à Bordeaux et morte le à Saint-Maurice (Val-de-Marne) est inspectrice générale des écoles maternelles, dont elle est la fondatrice en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Née Marie Pauline Jeanne Reclus, dans la famille protestante des Reclus, elle passe deux ans de sa vie, entre 13 et 15 ans, chez son oncle, le pasteur Jacques Reclus et sa tante Zéline Trigant-Marquey, qui tient une école à Orthez. Elle est la cousine germaine d'Élisée Reclus.

Elle devient institutrice à 18 ans.

Installation à Paris[modifier | modifier le code]

En 1861, elle s'installe à Paris et épouse, en 1863, Jules Duplessis-Kergomard, qu'elle rencontre dans les milieux républicains. Elle y tient une école privée et devient la directrice de L'Ami de l'enfance, revue pour les salles d'asile.

Invention de l'école maternelle[modifier | modifier le code]

Inspirée par Marie Pape-Carpantier, Pauline Kergomard est à l'origine de la transformation des salles d'asile, établissements à vocation essentiellement sociale, en écoles maternelles, formant la base du système scolaire. Elle introduit le jeu, qu'elle considère comme pédagogique, et les activités artistiques et sportives. Elle prône une initiation à la lecture, à l'écriture et au calcul, avant cinq ans. Elle s'oppose toutefois à la tendance qui veut faire de ces écoles des lieux d'instruction à part entière, voulant plutôt favoriser le « développement naturel » de l'enfant.

Grâce à l'appui de Ferdinand Buisson, elle devient en 1879 déléguée générale à l’inspection des salles d’asile[1]. En 1881, le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts Jules Ferry la nomme inspectrice générale des écoles maternelles, poste qu'elle occupe jusqu'en 1917. Elle fait acter par les programmes que le jeu est le premier travail du jeune enfant et réclame un mobilier adapté à leur taille, précédant Maria Montessori.

Elle mène « une activité professionnelle d’une intensité tout à fait extraordinaire : inspections dans toute la France ; conférences ; rapports avec les pouvoirs publics, régionaux ou nationaux ; initiatives diverses contre la misère des enfants et pour la promotion des femmes »[1]. Républicaine convaincue, elle n'en est pas moins critique à l'égard de certains hommes politiques, critiquant dans sa correspondance Gabriel Compayré (un « fumiste »), Aristide Briand (un « gouape ») ou encore Gaston Doumergue (une « mâchoire de bestiau »)[1].

Elle crée en 1887 l'Union française pour le sauvetage de l'enfance qui vient en aide aux enfants et adolescents en souffrance. Cette association existe encore aujourd'hui.

Hommages[modifier | modifier le code]

En France, en 2015, 113 établissements scolaires[2], dont de très nombreuses écoles maternelles, portent le nom de Pauline Kergomard, ainsi qu'une rue à Bordeaux, Lyon et Dijon, en France mais aussi à Ducos en Martinique et à Casablanca, au Maroc.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Galerie enfantine des hommes illustres (1879) disponible sur Gallica, [lire en ligne]
  • Les Biens de la terre, causeries enfantines (1879) disponible sur Gallica, [lire en ligne]
  • L'Amiral Coligny (1881)
  • Nouvelles enfantines (1881)
  • Une brouille de peu de durée. Les Convives de Gabrielle. Fileuse et couseuse (1883)
  • Histoire de France des petits enfants (1883)
  • L'Éducation maternelle dans l'école]
  • Cinquante images expliquées (album pour les enfants, 1890) disponible sur Gallica, [lire en ligne]
  • Heureuse rencontre (1895) disponible sur Gallica, [lire en ligne]
  • Les Écoles maternelles, décrets, règlements et circulaires en vigueur (1905) disponible sur Gallica, [lire en ligne]
  • Les Écoles maternelles de 1837 jusqu'en 1910, aperçu rapide (1910)
  • (Co-auteure) L'Enfant de deux à six ans. Notes de pédagogie pratique, avec Henriette-Suzanne Brès, [lire en ligne], site babordnum.fr.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annika Blichmann, Schulreform und Reformschule in Frankreich. Die "École élémentaire Vitruve" im Horizont der Geschichte, Jena 2008, (ISBN 978-3-938203-68-2).
  • Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, 2e version, avril 2015, 440 p., illustrations, tableaux généalogiques, documents.
  • Geneviève Kergomard et Alain Kergomard (éd.), Pauline Kergomard créatrice de la maternelle moderne, correspondances privées, rapports aux ministres, Rodez, Le Fil d’Ariane, 2000, 369 p.
  • Éric Plaisance, Pauline Kergomard et l'école maternelle, PUF, Paris, 1996, 127 p. (Pédagogues et pédagogies ; 11) (ISBN 978-2-13-047724-2).
  • Micheline Vincent-Nkoulou, Pauline Kergomard (1838-1925), figure présente, figure absente, thèse de doctorat en sciences de l'éducation soutenue en septembre 2005 à l'université de Rouen.
  • Micheline Vincent-Nkoulou, « La fabrication des figures de deux pédagogues en histoire de l'éducation : Jean-Frédéric Oberlin et Pauline Kergomard », Carrefours de l'éducation, no 24, février 2007, p. 115-129.

Liens externes[modifier | modifier le code]