Paléoprotéomique

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La paléoprotéomique est l'application de la protéomique (l'analyse des ensembles de protéines) aux matériaux anciens. Les protéomes anciens peuvent être trouvés dans des fossiles, des sédiments[1],[2], etc. Les protéines apportent moins d'informations que l'ADN, mais présentent l'avantage de se conserver potentiellement bien plus longtemps.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première application de cette technologie aux protéines anciennes a été réalisée par le groupe de Peggy Ostrom en 2000[2].

Intérêt[modifier | modifier le code]

L'ADN et les protéines se dégradent avec le temps. Cette dégradation dépend également des conditions environnementales ; elle est notamment accélérée par la chaleur et l'humidité. Il est rare de trouver un ADN ancien exploitable au-delà de 100 000 ans en Eurasie tempérée, et au-delà de 10 000 ans en Afrique et en Asie tropicale. Certaines protéines pourraient mieux se conserver que l'ADN dans certains environnements, de l'ordre de 10 fois plus longtemps[3].

Exemples[modifier | modifier le code]

En 2016 les protéines de fragments osseux trouvés dans la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure (France), dans la même couche stratigraphique que des colliers châtelperroniens, ont été attribuées à l'Homme de Néandertal. Ce résultat a apporté un argument fort en faveur de l'attribution de la culture châtelperronienne à l'Homme de Néandertal[4].

En mai 2019 les protéines d'une molaire de la mandibule de Xiahe, trouvée en Chine et vieille d'au moins 160 000 ans, ont permis de montrer qu'elle appartenait à un homme de Denisova[5],[6]. En octobre la phylogénie des Rhinocéros eurasiatiques du Pléistocène inférieur et moyen a pu être établie grâce au protéome fossile d'un émail dentaire trouvé à Dmanissi, en Géorgie, et vieux d'environ 1,77 Ma[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Matthew Collins, Jane Thomas-Oates, Enrico Cappellini, Mike Buckley et Peggy Ostrom, « Palaeoproteomics: a revolution in ancient biomolecular studies? », The University of York, department of Archaeology,‎ 2005-2008 (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  2. a et b (en) Mike Buckley et Andrew Chamberlain, « Palaeoproteomics | The University of Manchester | Interdisciplinary Centre for Ancient Life », sur ical.manchester.ac.uk (consulté le 26 octobre 2019).
  3. Jean-Jacques Hublin et Catherine Hänni, « Faut-il réécrire les débuts de l’histoire de l’Homme ? », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  4. (en) Lizzie Wade, « Neandertals made jewelry, proteins confirm », Science, vol. 353, no 6306,‎ , p. 1350 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 27708016, DOI 10.1126/science.353.6306.1350).
  5. (en) Ann Gibbons, « Ancient jaw gives elusive Denisovans a face », Science, vol. 364, no 6439,‎ , p. 418-419 (DOI 10.1126/science.364.6439.418).
  6. (en) Fahu Chen, Frido Welker, Chuan-Chou Shen, Shara E. Bailey, Inga Bergmann et al., « A late Middle Pleistocene Denisovan mandible from the Tibetan Plateau », Nature, vol. 569, no 7754,‎ (DOI 10.1038/s41586-019-1139-x, lire en ligne [sur researchgate.net], consulté le 26 octobre 2019).
  7. (en) Enrico Cappellini, Frido Welker, Luca Pandolfi, Jazmín Ramos-Madrigal, Diana Samodova et al., « Early Pleistocene enamel proteome from Dmanisi resolves Stephanorhinus phylogeny », Nature, vol. 574, no 7776,‎ , p. 103-107 (DOI 10.1038/s41586-019-1555-y, lire en ligne [sur biorxiv.org], consulté le 26 octobre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]