Connectome

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Le connectome est un plan complet des connexions neuronales d'un cerveau.

La production et l'étude des connectomes est la connectomique. À l'échelle microscopique, elle décrit la disposition des neurones et des synapses dans tout ou partie du système nerveux d'un organisme. À l'échelle "macroscopique", elle étudie la connectivité fonctionnelle et structurelle entre toutes les aires corticales et les structures sous-corticales.

Le projet du connectome humain[modifier | modifier le code]

Financé par l'Institut national de la santé des États-Unis, il cherche à produire un plan du réseau de cerveaux d'humains adultes en bonne santé.

Connectome animal[modifier | modifier le code]

Des chercheurs utilisent aussi le modèle animal, insecte notamment[1].

Un projet a par exemple été de reconstruire toutes les connexions neuronales et synaptiques d'un espèces modèle : C. elegans[2],[3]). Des connectomes partiels des rétines de souris [4] et des cortex visuels primaires de souris[5]. Ses résultats, produit par Bock et de son équipe sont disponibles en données ouvertes[6].

La contrôlabilité des systèmes complexes a fait l'objet d'études récentes qui offrent un nouveau cadre mathématique pour explorer la nature des liens susceptibles d'exister entre structure et fonction des réseaux biologiques, sociaux et technologiques[7],[8],[9]. Jusqu'en 2016, ces principes de contrôle étaient surtout connus par la théorie, mais rarement par des preuves expérimentales de leur validité. De telles preuves sont peu à peu apportées par des expériences utilisant le nématode Caenorhabditis elegans en observant l'effet de l'ablation au laser de certains neurones sur le comportement locomoteur de l'animal. Il devient possible de mieux d'associer un certain nombre de classes neuronales à certains mouvements et comportements ou fonctions[10].

Origine, utilisations et définition du terme « connectome »[modifier | modifier le code]

En 2005, le Dr Olaf Sporns à l'Université de l'Indiana et le Dr Patric Hagmann de l'hôpital universitaire de Lausanne ont proposé simultanément et indépendamment le terme « connectome » pour désigner le plan des connexions neuronales d'un cerveau.

Ce mot est directement inspiré de l'effort fourni pour séquencer le code génétique humain : construire un génome.

La connectomique (Hagmann, 2005) a été définie comme la science qui s'intéresse à l'assemblage et l'analyse de données de connectomes. Dans leur article de 2005, le connectome humain[réf. nécessaire], une description structurelle du cerveau humain, Sporns et ses collègues écrivent : « Pour comprendre le fonctionnement d'un réseau, on doit connaître ses éléments et ses interconnexions. Le but de cet article est de discuter des stratégies de recherche dans le but de faire une description complète de la structure d'un réseau d'éléments et de connexions qui forment le cerveau humain. Nous proposons d'appeler ces données "connectome", et nous pensons qu'il est fondamentalement important dans les neurosciences cognitives et en neuropsychologie. Le connectome augmentera considérablement notre compréhension des processus émergents fonctionnels à partir des structures cérébrales et il fournira de nouvelles idées sur les mécanismes qu'utilise le cerveau si les structures cérébrales sont endommagées. »

Le connectome à différentes échelles[modifier | modifier le code]

Un connectome optimal serait la cartographie précise des connexions de chaque neurone ce qui est techniquement très long, très coûteux et nécessite le stockage et l'utilisation d'une quantité volumineuse de données. Un cerveau humain contient au moins 10 10 neurones liés par 1014 connexions synaptiques. Par comparaison, le nombre de paires de bases dans un génome humain est de 3x109. On peut imaginer des approches à différentes échelles faites de manière parallèle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eichler, K., Li, F., Litwin-Kumar, A., Park, Y., Andrade, I., Schneider-Mizell, C. M., ... & Fetter, R. D. (2017). The complete connectome of a learning and memory centre in an insect brain. Nature, 548(7666), 175 |résumé.
  2. (en) J. G. White, E. Southgate, J. N. Thomson et S. Brenner, « The Structure of the Nervous System of the Nematode Caenorhabditis elegans », Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 314, no 1165,‎ , p. 1–340 (DOI 10.1098/rstb.1986.0056, Bibcode 1986RSPTB.314....1W)
  3. (en) L. R. Varshney, B. L. Chen, E. Paniagua, D. H. Hall et D. B. Chklovskii, « Structural Properties of the Caenorhabditis elegans Neuronal Network », PLoS Computational Biology, vol. 7, no 2,‎ , e1001066 (PMID 21304930, PMCID 3033362, DOI 10.1371/journal.pcbi.1001066)
  4. (en) « Wiring specificity in the direction-selectivity circuit of the retina. », Nature, vol. 471, no 7337,‎ 2011 mar 10, p. 183–8 (DOI 10.1038/nature09818, Bibcode 2011Natur.471..183B)
  5. Davi D. Bock et al., « Network anatomy and in vivo physiology of visual cortical neurons », Nature, vol. 471, no 7337,‎ , p. 177-182 (ISSN 0028-0836, PMID 21390124, DOI 10.1038/nature09802, lire en ligne)
  6. Voir sur cette page : Open Connectome Project.
  7. Caldarelli, G. (2007). Scale-free networks: complex webs in nature and technology. Oxford University Press
  8. Cohen, R., & Havlin, S. (2010). Complex networks: structure, robustness and function. Cambridge university press.
  9. Liu, Y. Y., & Barabási, A. L. (2015). Control principles of complex networks. arXiv preprint. arXiv preprint arXiv:1508.05384.
  10. Gang Yan, Petra E. Vértes, Emma K. Towlson, Yee Lian Chew, Denise S. Walker + et al. (2017) Network control principles predict neuron function in the Caenorhabditis elegans connectome | Nature | Doi:10.1038/nature24056 | résumé

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

bibliographie[modifier | modifier le code]