Otobong Nkanga

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Otobong Nkanga
Otobong Nkanga, Nottingham Contemporary 1907.JPG
Naissance
Nationalité
Activité
Plasticienne
Artiste visuelle
Performeuse
Distinction
Yanghyun Prize (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Otobong Nkanga, née en 1974 à Kano au Nigeria, est une plasticienne, artiste visuelle et performeuse basée à Paris et Anvers. Son travail explore les notions d'identité, le statut de la femme africaine et les particularités culturelles du Nigéria, pays dont elle est originaire. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions dont le centre Pompidou (Paris), la Tate Modern (Londres), le Kunst-Werke (de) (Berlin), le Stedelijk Museum (Amsterdam) et la biennale de Sharjah (Sharjah)[1]. En 2015, elle remporte le prix de Yanghyun[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle effectue des études artistiques à l'université de Obafemi Awolowo (en), en pays yorouba, puis à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris qu'elle intègre en 1995. Elle devient ensuite artiste en résidence à l'Académie royale des beaux-arts d'Amsterdam (ou Rijksakademie van beeldende kunsten) de 2002 à 2003[4],[5],[6].

Sa première exposition personnelle, Classicism & Beyond, a eu lieu en 2002 dans la célèbre organisation à but non lucratif, le Project Row Houses (en) à Houston, au Texas. Elle fait partie des artistes sélectionnés en 2005 pour l'exposition du centre Pompidou à Paris : Africa Remix, l'art contemporain d'un continent[7]. En 2007 – 2008, en réponse à l'œuvre Baggage (1972 – 2007/2008) de l'artiste américain Allan Kaprow[8], Nkanga a conçu une performance pour la Kunsthalle de Berne, en Suisse. À l'œuvre initiale qui reposait sur des enjeux de déplacements de marchandises d'un point de la planète à un autre, Nkanga y introduit une dimension post-coloniale. Ainsi que l'atteste l'artiste à l'occasion d'un entretien[9], les notions d'identités, de spécificités culturelles sont de nouveau au centre de son geste de ré-appropriation artistique.

Aussi, en 2008, le projet Contained measures of Land a utilisé le sol à la fois comme un symbole du territoire et du conflit. Un an plus tard, pendant sa résidence à Pointe-Noir, au Congo, elle a collecté 8 différents couleurs de terre. Pointe Noire a été colonisé par les portugais et les français. Philippe Pirote, critique d'art, a écrit que Nkanga arrive de créer une sorte de véhicule pour la présentation et la transportation qui ne définit pas la valeur d'usage dans une époque où tout le monde est obsédé par la transformation de resources naturelles aux outils qui serve l'humanité[10].

Son projet, Contained Measures of Tangible Memories qui a commencé en 2010, issu de son premier voyage au Maroc, elle explore les pratiques de teinture. Nkanga essentiellement transform les objets en circulation aux objets d'art[11].

En 2012, elle a créé un dispositif pour une performance ou plutôt une installation intitulé Contained Measures of Kolanut avec deux photos, une d'un arbre qui s'appelle kola et une avec deux filles qui imite les arbres. Nkanga a expliqué que l'arbre Kola est important pour sa culture et est un symbole de spiritualité pour sa culture. Après, Nkanga a proposé de manger soit un écrou marron (Cola accuminata) soit un crème (cola nitida). Ces éléments existaient pour preparer une conversation. Cette type de performance peut durer pendant des heures et demande beaucoup de concentration[12].

La même année, elle a proposé une performance à Tate dans le cadre du programme de performances Politics of Representation où elle a invité les visiteurs à explorer les notions de l'identité, la perception et la mémoire[13]. Elle est présente en 2014 à la Biennale de Berlin[14], en 2015 à la Biennale d'art contemporain de Lyon et est annoncée en 2016 à la Biennale de Sidney[15]. Coraly Suard lui a consacré un documentaire, produit par Arte France[16].

Quelques expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Otobong Nkanga », sur contemporaryand.com (consulté le 7 mars 2015).
  2. (en) Evelyn Okakwu, « Nigerian artist emerges first African winner of Korean award », Premium Times,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Lee Woo-young, « Nigerian artist Otobong Nkanga wins Yanghyun art prize », The Korea Herald,‎ (lire en ligne)
  4. Murphy 2013, p. 3191.
  5. Elisabeth Lebovici, « Rijksakademie van beeldende kunsten: de l'air pour l'art », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. Kidi Bebey, « Pourquoi j'aime le Nigeria », Slate Afrique,‎ (lire en ligne)
  7. « Africa Remix, l'art contemporain d'un continent. Ville et terre », sur le site du Centre Pompidou
  8. Meyer-Hermann, Eva (19..-....)., Allan Kaprow : art as life, Royaume-Uni, Thames & Hudson, (lire en ligne)
  9. (en) « Interview with Otobong Nkanga », sur thewhitereview.org
  10. (en) Virginie Bobin, An Invention of Allan Kaprow for the Present Moment, Bern, Kunsthalle Bern, , 127 p. (ISBN 3857801506), Participation: A Legacy of Allan Kaprow, P.Pirotte pp.9-17
  11. (en) Monika Szewczyk, « Exchange and Some Change:The Imaginative Economies of Otobong Nkanga », Afterall, no 37,‎
  12. (en) Monika Szewczyk, « Exchange and Some Change: The imaginative Economies of Otobong Nkanga », Afterall, a journal of art, context and enquiry, no 37,‎ , p. 41 (lire en ligne)
  13. (en) « Across the Board », sur http://www.tate.org.uk
  14. Philippe Dagen, « La Biennale de Berlin affiche de belles intentions mais peu de belles œuvres », Le Monde,‎
  15. (en) « 20th Biennale of Sydney, Carriageworks », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  16. « Otobong Nkanga, plasticienne », sur Arte
  17. Magali Jauffret, « Photographie. 4e Biennale de la photographie africaine de Bamako. la photographie africaine dans le champ contemporain », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  18. Armelle Canitrot, « Dossier Rencontres de la photographie africaine », La Croix,‎ (lire en ligne)
  19. a, b, c, d, e et f « NKANGA, Otobong », sur ledelarge.fr (consulté le 13 février 2016).
  20. Philippe Dagen, « "Africa Remix" : des singularités et des formes universelles », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  21. Maurice Ulrich, « L'Afrique en art, maintenant », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  22. Valérie Duponchelle, Béatrice De Rochebouet et Sophie de Santis, « Au cœur de la Fiac 2015. Otobong Nkanga au muséum », Le Figaro,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • L'Art et la manière - Otobong Nkanga, documentaire de Coraly Suard, 25 min, Arte France.

Liens externes[modifier | modifier le code]