Opus spicatum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L’opus spicatum – dit aussi « appareil en épi » (du latin spica, épi) ou en chevron— est réalisé avec des briques ou des pierres plates posées inclinées sur la tranche et disposées alternativement en épi : le joint entre les lits successifs n'est pas horizontal et rectiligne comme dans l'appareil en arête-de-poisson, mais en zigzag car tous les éléments d'une rangée sont emboîtés dans ceux des rangées immédiatement au-dessus et en dessous.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Cet appareil est utilisé à l'époque romaine essentiellement dans les pavages.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il apparaît plus tard dans des murs d'enceintes médiévales et de logis de châteaux en pierre dès le VIe siècle, comme celui de Luc, en Lozère[1] ou du Château de Saint-Pierre-des-Clars, dans l'Aude ou dans l'Hérault[2], en France, et dans d'autres pays européens. En Lorraine,on retrouve cet appareil dans le blocage de deux donjons de la fin du Xe et XIe siècle Fontenoy-le-Château[3] et Vaudémont.


Moyen Âge[modifier | modifier le code]

On le retrouve ensuite au XIIIe siècle, en décoration parmi d'autres motifs dans certaines églises en briques aux Pays-Bas, dans le nord de l'Allemagne et au Danemark[4]. Dans ces mêmes régions il peut orner tout le fronton d'un ou plusieurs pignons d'édifices religieux[5].

À partir du XVe siècle, également, des briques disposées en épi sont utilisées en remplissage du hourdis des maisons à pans de bois en France[6], dans les manoirs et les demeures des bourgeois les plus aisés du Royaume-Uni[7] et, plus communément, à partir du XVIIe siècle où cet appareil remplace le torchis des hourdis des maisons médiévales[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00103838
  2. Florence Journot, Châteaux du Languedoc montagnard aux Xe et XIe siècle (Hérault), t. 10, , p. 39 à 62
  3. Cédric Moulis, Fontenoy-le-Château et la vallée du Côney : Le Donjon de Fontenoy-le-Château p. 221-242, éd. FSSV, 2011, (ISBN 9782952216616)
  4. (de) Damian Kaufman, « Die romanischen Backsteindorfkirchen in der Altmark und im Jerichower Land: Studien zur Kleinkirchenarchitektur an der Mittelelbe und im südlichen Ostseeraum », sur books.google.fr, , p. 210
  5. (de) Paul Nawrocki, « Der frühe dänische Backsteinbau: ein Beitrag zur Architekturgeschichte der Waldemarzeit », sur books.google.fr, , p. 59
  6. Josiane Sartre, Châteaux "brique et pierre" en France : essai d'architecture, Nouvelles Éditions Latines, , 206 p., p. 41
  7. (en) Paul Edmonson, Kevin Colls et William Mitchell, Finding Shakespeare's New Place: An archaeological biography, Oxford University Press, , 236 p., p. 54
  8. (en) Barry Bridgwood et Lindsay Lennie, History, Performance and Conservation, Taylor & Francis, , 352 p. (ISBN 1134078994 et 9781134078998), p. 165

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ministère des Affaires Culturelles, Vocabulaire de l'architecture, principe d'analyse scientifique, Imprimerie nationale,

Articles connexes[modifier | modifier le code]