Internet par satellite

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Antenne internet satellite portable
Antenne internet satellite portable

Internet par satellite est à la fois une méthode d'accès au réseau Internet et un mode de large diffusion via une transmission satellitaire à destination du grand public ou des entreprises.

Principes techniques[modifier | modifier le code]

Le foyer ou le véhicule est équipé d'une antenne de réception satellite (exemple : antenne parabolique) disposant à la fois d'un dispositif de réception (liaison descendante) et d'un système d'émission intégré (liaison montante).

L'antenne est reliée à un récepteur spécial ou démodulateur-modem. Celui-ci est connecté à un ou plusieurs ordinateurs (via cordons Ethernet, USB ou par une liaison sans fil de type Wi-Fi).

Il est nécessaire de souscrire à un abonnement pour l'accès au service auprès d'un opérateur, sur le principe de l'ADSL.

Le débit alloué par l'opérateur peut aller jusqu'à 20 Mb/s et est donc supérieur à la plupart des accès xDSL. Selon l'ARCEP[1], l'éligibilité théorique à l'ADSL en France se décline comme suit : 59 % des lignes téléphoniques permettent un accès ADSL à plus de 8 Mb/s, 16 % sont éligibles à un accès entre 4 et 8 Mb/s, 13 % peuvent accéder entre 2 et 4 Mb/s, enfin 12 % ont moins de 2 Mb/s. Le seuil pour avoir accès aux services de triple play variant de 2 à 5 Mb/s (selon la définition de l'image, SD ou HD).

La tarification des accès à Internet par satellite s'établit généralement en fonction du débit alloué et selon le volume de téléchargement mensuel autorisé (en Gigaoctets).

Les protocoles et normes exploités pour l'accès Internet par satellite sont strictement identiques à ceux utilisés par tous les autres modes de transmission (xDSL, Wi-Fi, WiMAX...).

Lancé fin 2010 et opérationnel depuis , le satellite KA-SAT est le premier satellite européen dont l'unique mission est de fournir un accès à internet à haut débit.

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Ce système permet d'accéder à l'internet quel que soit le lieu couvert par le satellite (y compris en mer, dans le désert, en rase campagne). Il assure une plus grande fiabilité de service du fait qu'il n'est pas tributaire d'intermédiaires (exemple : boucle locale de l'ADSL). Il est possible d'utiliser la parabole dédiée à internet pour la réception de programmes TV diffusés sur les mêmes satellites.

Le coût d'abonnement est équivalent à un accès ADSL (les offres tendent à s'harmoniser), l'installation est plus complexe (même si les opérateurs prétendent qu'elle peut être réalisée par l'abonné lui-même) et le débit est généralement supérieur à celui de l'ADSL téléphonique, particulièrement pour les solutions professionnelles ou d'entreprise.

Sur un accès Internet par satellite, la latence est relativement importante par rapport aux solutions de type ADSL. Le signal doit en effet faire deux aller/retour (un pour envoyer la donnée et un autre pour l'obtenir) entre l'utilisateur et le satellite. Lorsque ce dernier est placé sur orbite géostationnaire (située à 35 786 km), le temps de trajet du signal atteint ainsi plusieurs dixièmes de secondes[2] : Le ping moyen d'une connexion satellite se situe aux alentours de 650 ms, contre 40 ms pour l'ADSL. Cela exclut d'office l'utilisation des jeux vidéo multijoueurs en temps réel, qui nécessitent un échange rapide de données pour actualiser les positions des joueurs. Néanmoins, les jeux vidéo plus classiques et qui ne nécessitent pas de temps réel sont possibles. Les logiciels de voix sont d'une qualité satisfaisante depuis que ce type d'application est priorisé sur les réseaux satellitaires, mais certains logiciels ne sont pas encore adaptés à une telle latence. Lors de la navigation sur le Web, cette latence est compensée par des mécanismes de prefetching qui préchargent des pages.

Une autre spécificité de l'Internet par satellite se traduit par l'émission de quotas par laps de temps (un mois en règle générale), comme sur les accès Internet des réseaux mobile 3G, avec néanmoins des quotas beaucoup plus élevés. Les opérateurs proposent par exemple des quotas d'échange de données de 15 Gio/mois à 25 Gio/mois. Il faut noter que la consommation moyenne d'un Internaute en France est de 16 Go [3], ce type de volume est donc adapté à un usage classique d'internet. Lorsque le quotas est dépassé, la connexion internet est soit interrompue, soit limitée à 128 kb/s (néanmoins le double du bas débit), il est bien sûr possible de recharger son compte en "Gigas" complémentaires. Depuis 2012, des offres sans quotas sont apparues chez certains opérateurs avec des débits descendants de 20 Mbit/s et compris entre 2 et 6 Mbit/s dans le sens montant. Ces offres sont plus chères que les offres xDSL classiques (entre 50 et 75 ), mais peuvent être une bonne alternative pour certaines zones rurales ou l'ADSL ne dépasse pas les 2 Mbit/s.

Installation[modifier | modifier le code]

Les pionniers de l'installation de ces solutions en France utilisaient des systèmes unidirectionnels, et ce dès la fin des années 1990 jusqu'au début des années 2000, la requête des données passait par une ligne téléphonique standard (analogique ou Numéris), et la réception des données arrivait sur une antenne parabolique standard. L'inconvénient principal de ce principe était des temps de latence encore plus longs, la requête utilisant une voie terrestre, et aussi une vitesse en émission qui dépendait d'une liaison bas-débit. Cela n'améliorait donc que la vitesse en réception, qui pouvait toutefois atteindre jusqu'à 1 Mbit/s, ce qui n'était déjà pas si mal pour l'époque, car beaucoup de foyers étaient en bas-débit. La partie informatique était souvent complexe à configurer, avec un modem satellite sous forme de carte à insérer dans l'ordinateur, ou bien un modem externe sur port USB, plus facile à installer.

Lorsque sont arrivés les systèmes utilisant une technologie bidirectionnelle, le principe de l'émission-réception des données a permis non seulement d'améliorer la fluidité de la navigation, mais aussi d'offrir des débits de plus en plus importants, notamment à l'émission des requêtes.

En revanche, la partie du travail de l'installateur n'a pas forcément été simplifiée, la rigueur nécessaire à une installation qui fonctionne étant très exigeante, notamment au niveau de la fixation par exemple, dont le mât doit être réalisé parfaitement de niveau. Il est nécessaire en effet de procéder à des réglages très fins sur une monture spéciale, qui concernent notamment l'inclinaison et la déclinaison de l'antenne. De plus, il y a parfois deux câbles à tirer, un pour la voie montante, l'autre pour la voie descendante (néanmoins, certains LNB utilisent un protocole avec un seul câble coaxial sur le modem satellite). Un signal sonore équipe maintenant les LNB pour assurer ce pointage, mais les compétences d'un technicien antenniste sont souvent requises pour obtenir une installation fiable dans le temps. Qualité des connexions, étanchéification des fiches externes, pointage, réglages de contre-polarisation, fixation résistante aux vents, l'ensemble d'un système pouvant avoisiner les quinze kilos.

La mise à jour d'un modem satellite ne se fait pas toujours automatiquement, cela nécessite aussi des connaissances de base en informatique et des connexions réseaux.

Services[modifier | modifier le code]

Ils sont généralement identiques à ceux proposés en xDSL :

Opérateurs[modifier | modifier le code]

En France, les deux opérateurs satellitaires majeurs SES S.A (service Astra2connect) et Eutelsat (service Skylogic) délèguent à des fournisseurs spécialisés la commercialisation des offres.

Les fournisseurs grand public sont :

Dans les années 2010, des mégaconstellations de satellites privées voient le jour. Elles devraient à terme faire passer le nombre d'objets en orbite basse de quelques milliers en 2020 à plusieurs dizaines de milliers[4],[2]. Sont par exemple prévus 12 000 satellites voire 42 000 pour Starlink de SpaceX[2], 3 250 pour Kuiper d'Amazon[5], et 650 à 2 000 pour OneWeb[2],[6]. Cette multiplication des objets en orbite soulève des controverses concernant notamment les risques de débris spatiaux[7] et de pollution lumineuse qu'ils représentent[2],[8],[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Les chiffres clé des communications électroniques en France : Chiffres 2011, ARCEP, juin 2012, 6 pages.
  2. a b c d et e Fabrice Mottez et Lucas Gierczak, « Starlink, un cauchemar pour les astronomes », Pour la science, no 509,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  3. Rapport du Sénateur Maurey
  4. « Combien y a-t-il de satellites au-dessus de nos têtes ? », sur Ça m'intéresse, (consulté le 26 mai 2019).
  5. « Amazon va envoyer des milliers de satellites en orbite pour fournir un accès internet partout sur Terre », Le Journal du geek, 2019-04-06 consulté le=2019-05-26.
  6. (en-US) « OneWeb weighing 2,000 more satellites », sur SpaceNews, (consulté le 18 avril 2020).
  7. Pierre Barthélémy, « Le casse-tête croissant des débris spatiaux », sur Le Monde, (consulté le 28 mai 2019).
  8. « « Arrêtez de détruire notre ciel » : l'armée Starlink dans les viseurs », sur https://www.liberation.fr/, (consulté le 23 novembre 2019)
  9. David Fossé, « L’ESO estime l’impact des constellations de satellites sur ses observatoires », sur Ciel et Espace, (consulté le 31 mars 2020).